QCM : DSE et rayon de convergence en L2 de maths
Ce QCM DSE L2 vérifie la maîtrise des séries entières. Il commence par le calcul d’un rayon de convergence avec la règle de d’Alembert, le lemme d’Abel et le comportement au bord du disque. Il continue avec les opérations sur les séries, la dérivation terme à terme, les développements usuels et le lien avec la série de Taylor. Les dernières questions portent sur la convergence normale, la résolution d’une équation différentielle et une fonction lisse qui n’est pas développable.
Pour bien t’en servir, réponds d’abord sans le cours, en écrivant les premiers termes des séries au brouillon. Avant de valider, demande-toi si la réponse dépend du bord du disque ou d’une hypothèse oubliée. Ensuite, lis chaque explication : elle justifie le bon choix et détaille l’erreur cachée derrière chaque piège.
Les 12 questions
Question 1
Quel est le rayon de convergence de la série entière \(\displaystyle\sum_{n\geqslant 0}\frac{2^n}{n+1}z^n\) ?
- \(2\)
- \(\frac{1}{2}\)
- \(1\)
- \(0\)
Réponse B.
Avec \(a_n=\frac{2^n}{n+1}\), le quotient \(\frac{a_{n+1}}{a_n}=2\,\frac{n+1}{n+2}\) tend vers \(2\). D’après la règle de d’Alembert, le rayon est donc l’inverse de cette limite, soit \(\frac{1}{2}\). Le piège \(2\) oublie de prendre l’inverse. La réponse \(1\) ne voit que le facteur \(\frac{1}{n+1}\), qui ne modifie pas le rayon. Enfin, \(0\) surestime l’effet de \(2^n\).
Question 2
On sait seulement que la suite \((a_n2^n)\) est bornée. Que peut-on affirmer sur le rayon \(R\) de \(\sum a_nz^n\) ?
- \(R=2\)
- \(R\leqslant 2\)
- \(R\geqslant 2\)
- \(R\geqslant\frac{1}{2}\)
Réponse C.
Le lemme d’Abel affirme que si \((a_nr^n)\) est bornée, alors la série converge absolument pour tout \(|z|<r\). Par conséquent, \(R\geqslant 2\). Cependant, rien n’empêche le rayon d’être plus grand : la suite nulle en est un exemple. Le piège \(R\leqslant 2\) renverse l’inégalité, ce qui demanderait une suite non bornée. Enfin, \(\frac{1}{2}\) inverse la valeur de \(r\) sans raison.
Question 3
Quel est le rayon de convergence de \(\displaystyle\sum_{n\geqslant 0}4^nz^{2n}\) ?
- \(\frac{1}{4}\)
- \(2\)
- \(\frac{1}{16}\)
- \(\frac{1}{2}\)
Réponse D.
La série ne contient que des puissances paires : il vaut mieux poser \(u=4z^2\). On obtient une série géométrique \(\sum u^n\), qui converge si et seulement si \(4|z|^2<1\), c’est-à-dire \(|z|<\frac{1}{2}\). Le piège \(\frac{1}{4}\) applique d’Alembert au coefficient \(4^n\) comme si l’exposant de \(z\) était \(n\). Ensuite, \(2\) oublie l’inverse, et \(\frac{1}{16}\) élève au carré au lieu de prendre la racine.
Question 4
Sur \(\mathbb{R}\), quel est l’ensemble des \(x\) pour lesquels \(\displaystyle\sum_{n\geqslant 1}\frac{x^n}{n\,2^n}\) converge ?
- \(]-2,2[\)
- \([-2,2]\)
- \([-2,2[\)
- \(]-2,2]\)
Réponse C.
Le rayon vaut \(2\) par d’Alembert, et seul le bord demande une étude. En \(x=2\), on obtient la série harmonique, qui diverge. En revanche, en \(x=-2\), on obtient \(\sum\frac{(-1)^n}{n}\), qui converge par le critère des séries alternées. Le piège \(]-2,2[\) suppose qu’une série diverge toujours au bord. Les deux autres se trompent sur l’une des extrémités.
Question 5
Les séries \(\sum a_nz^n\) et \(\sum b_nz^n\) ont pour rayons \(2\) et \(3\). Quel est le rayon de \(\sum(a_n+b_n)z^n\) ?
- \(3\)
- \(5\)
- \(6\)
- \(2\)
Réponse D.
La somme converge pour \(|z|<2\), donc son rayon est au moins \(2\). De plus, pour \(2<|z|<3\), la série \(\sum b_nz^n\) converge tandis que \(\sum a_nz^n\) diverge ; ainsi, la somme diverge. Le rayon vaut donc exactement \(2\), le minimum des deux, car ils sont distincts. Le piège \(3\) prend le maximum. Additionner ou multiplier les rayons n’a aucun sens.
Question 6
Quel est le coefficient de \(x^4\) dans le développement en série entière de \(\ln(1+2x)\) ?
- \(4\)
- \(-\frac{1}{4}\)
- \(\frac{2}{3}\)
- \(-4\)
Réponse D.
Pour \(|u|<1\), on a \(\ln(1+u)=\sum_{n\geqslant 1}(-1)^{n+1}\frac{u^n}{n}\). Avec \(u=2x\), le terme de rang \(4\) vaut \(-\frac{(2x)^4}{4}=-4x^4\). Le piège \(4\) oublie que les termes pairs sont négatifs. La valeur \(-\frac{1}{4}\) néglige le facteur \(2^4\). Enfin, \(\frac{2}{3}\) divise \(16\) par \(4!\), comme pour l’exponentielle.
Question 7
Pour \(|x|<1\), que vaut la somme \(\displaystyle\sum_{n\geqslant 1}nx^n\) ?
- \(\frac{x}{(1-x)^2}\)
- \(\frac{1}{(1-x)^2}\)
- \(\frac{x}{1-x}\)
- \(-\ln(1-x)\)
Réponse A.
On dérive terme à terme la série géométrique sur l’intervalle ouvert de convergence : \(\sum_{n\geqslant 1}nx^{n-1}=\frac{1}{(1-x)^2}\). Il reste ensuite à multiplier par \(x\) pour retrouver \(nx^n\). Le piège \(\frac{1}{(1-x)^2}\) oublie cette multiplication. La réponse \(\frac{x}{1-x}\) supprime le facteur \(n\). Enfin, \(-\ln(1-x)\) provient d’une intégration au lieu d’une dérivation.
Question 8
Que vaut la dérivée cinquième \(\arctan^{(5)}(0)\) ?
- \(24\)
- \(\frac{1}{5}\)
- \(120\)
- \(-24\)
Réponse A.
Le développement \(\arctan x=x-\frac{x^3}{3}+\frac{x^5}{5}-\cdots\) est la série de Taylor en \(0\). Par unicité des coefficients, \(\frac{f^{(5)}(0)}{5!}=\frac{1}{5}\), donc \(f^{(5)}(0)=\frac{120}{5}=24\). Le piège \(\frac{1}{5}\) confond coefficient et dérivée. La valeur \(120\) oublie le dénominateur \(5\). Enfin, \(-24\) se trompe sur l’alternance des signes, positive au rang \(5\).
Question 9
Pour tout réel \(x\), que vaut \(\displaystyle\sum_{n\geqslant 0}\frac{n+1}{n!}x^n\) ?
- \(xe^x\)
- \((x+1)e^x\)
- \(e^x\)
- \((x+2)e^x\)
Réponse B.
On sépare la somme en deux. D’une part, \(\sum\frac{x^n}{n!}=e^x\). D’autre part, \(\sum_{n\geqslant 1}\frac{n}{n!}x^n=x\sum_{n\geqslant 1}\frac{x^{n-1}}{(n-1)!}=xe^x\). Par conséquent, la somme vaut \((x+1)e^x\). Le piège \(xe^x\) oublie la partie constante du numérateur. La réponse \(e^x\) l’oublie dans l’autre sens. Enfin, \((x+2)e^x\) compte deux fois l’exponentielle.
Question 10
Comment converge la série \(\sum x^n\) sur l’intervalle \(]-1,1[\) ?
- Normalement sur \(]-1,1[\) tout entier
- Normalement sur tout \([-r,r]\) avec \(0<r<1\), mais pas uniformément sur \(]-1,1[\)
- Uniformément sur \(]-1,1[\), mais pas normalement
- Normalement sur \([0,r]\) seulement, avec \(0<r<1\)
Réponse B.
Sur \([-r,r]\), on a \(|x^n|\leqslant r^n\), terme général d’une série convergente : la convergence y est donc normale. Cependant, le reste vaut \(\frac{x^{n+1}}{1-x}\), dont la borne supérieure sur \(]-1,1[\) est infinie. Ainsi, la convergence n’est pas uniforme sur l’intervalle ouvert entier. Le piège classique étend aux bords du disque une propriété qui ne vaut que sur les compacts.
Question 11
On cherche \(y=\sum a_nx^n\) solution de \(y^{\prime}=2xy\) avec \(y(0)=1\). Quelle relation obtient-on pour \(n\geqslant 1\) ?
- \((n+1)a_{n+1}=2a_{n-1}\)
- \((n+1)a_{n+1}=2a_n\)
- \(a_{n+1}=2a_{n-1}\)
- \(na_n=2a_{n+1}\)
Réponse A.
Le coefficient de \(x^n\) dans \(y^{\prime}\) est \((n+1)a_{n+1}\). Dans \(2xy\), il vaut \(2a_{n-1}\), car la multiplication par \(x\) décale les indices. On en déduit \(a_1=0\), puis \(a_{2k}=\frac{1}{k!}\), donc \(y=e^{x^2}\). Le piège \(2a_n\) oublie ce décalage. La réponse sans \(n+1\) dérive mal la série, et la dernière inverse les rôles.
Question 12
On pose \(f(x)=e^{-1/x^2}\) pour \(x\neq 0\) et \(f(0)=0\). Cette fonction est \(C^\infty\) et toutes ses dérivées en \(0\) sont nulles. Que peut-on en conclure ?
- La série de Taylor de \(f\) en \(0\) est de rayon nul
- \(f\) est développable en \(0\), de rayon infini
- \(f\) n’est pas développable en série entière en \(0\)
- \(f\) est nulle sur un voisinage de \(0\)
Réponse C.
Si \(f\) était développable en \(0\), sa série serait forcément sa série de Taylor, ici identiquement nulle. Or \(f(x)>0\) pour \(x\neq 0\), donc \(f\) ne coïncide avec aucune série entière près de \(0\). Le piège du rayon nul se trompe : la série nulle converge partout. En somme, être de classe \(C^\infty\) ne suffit pas pour être développable.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de L2 de maths sur DSE et rayon de convergence
- S’exercer : exercices corrigés sur DSE et rayon de convergence
- QCM précédent : QCM : Convergence simple et uniforme en L2 de maths
- QCM suivant : QCM : Fonction Gamma et intégrale de Gauss en L2 de maths
- Tous les chapitres : le sommaire de la L2 de maths


























