QCM : Groupes quotients en L3 de maths

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Ce QCM quotients L3 teste ta maîtrise des sous-groupes distingués et de la construction du groupe quotient. Il part des classes à gauche et à droite et du théorème de Lagrange, puis il demande d’identifier des quotients grâce aux théorèmes d’isomorphisme. La fin du questionnaire s’attaque aux groupes de référence : groupes cycliques, groupe symétrique et signature, groupe alterné, puis calculs dans un groupe diédral.

Réponds d’abord aux douze questions sans ouvrir le cours, avec un brouillon pour composer les permutations et écrire les classes. Ensuite, lis chaque explication, même lorsque ta réponse est juste. Elle donne l’argument attendu et décrit l’erreur qui mène à chacun des pièges. Si tu confonds encore classes à gauche et à droite, refais la question correspondante avec un autre exemple avant de passer à la suite.

Les 12 questions

Question 1

Soit \(G\) un groupe fini d’ordre 24 et \(H\) un sous-groupe d’ordre 6. Combien \(H\) possède-t-il de classes à gauche distinctes dans \(G\) ?

  1. \(18\)
  2. \(6\)
  3. \(4\)
  4. \(144\)

Réponse C.

Deux classes \(gH\) et \(g^{\prime}H\) sont soit égales, soit disjointes, et chacune compte \(|H|=6\) éléments. Elles se partagent donc les 24 éléments de \(G\) : il y en a \(24/6=4\), et ce nombre s’appelle l’indice de \(H\). La réponse 18 soustrait les ordres au lieu de les diviser. Quant à 6, elle confond le nombre de classes avec leur taille commune.

Question 2

Dans \(S_3\), on compose de droite à gauche. On pose \(H=\{\mathrm{id},(1\;2)\}\) et \(\sigma=(1\;3)\). Laquelle de ces affirmations est vraie ?

  1. \(\sigma H\neq H\sigma\), donc \(H\) n’est pas distingué dans \(S_3\)
  2. \(\sigma H=H\sigma\), donc \(H\) est distingué dans \(S_3\)
  3. \(\sigma H\) et \(H\sigma\) sont disjointes
  4. \(\sigma H=H\), car \(\sigma\) est une transposition

Réponse A.

On calcule \((1\;3)(1\;2)=(1\;2\;3)\), donc \(\sigma H=\{(1\;3),(1\;2\;3)\}\). De même, \((1\;2)(1\;3)=(1\;3\;2)\), donc \(H\sigma=\{(1\;3),(1\;3\;2)\}\). Ces classes diffèrent, ce qui empêche \(H\) d’être distingué. Elles ne sont pas disjointes pour autant, puisque \(\sigma\) appartient aux deux. Enfin, \(\sigma\notin H\), donc \(\sigma H\neq H\).

Question 3

Soit \(H\) un sous-groupe d’un groupe \(G\). Laquelle de ces conditions suffit à garantir que \(H\) est distingué dans \(G\) ?

  1. \(H\) est un groupe abélien
  2. \(H\) est d’ordre 2
  3. \(H\) est d’indice 2 dans \(G\)
  4. \(H\) est un groupe cyclique

Réponse C.

Si \(H\) est d’indice 2, les deux classes à gauche sont \(H\) et \(G\setminus H\) ; il en va de même à droite. Ainsi, \(gH=Hg\) pour tout \(g\), et \(H\) est distingué. Le piège est de confondre la commutativité de \(H\) avec celle de \(G\). D’ailleurs, le sous-groupe \(\{\mathrm{id},(1\;2)\}\) de \(S_3\) est d’ordre 2, cyclique et abélien, sans être distingué.

Question 4

On pose \(G=\mathbb{Z}/18\mathbb{Z}\) et l’on note \(K\) le sous-groupe de \(G\) engendré par la classe de 6. Le quotient \(G/K\) est isomorphe à quel groupe ?

  1. \(\mathbb{Z}/3\mathbb{Z}\)
  2. \(\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\)
  3. \(S_3\)
  4. \(\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}\)

Réponse B.

Ici, \(K=\{0,6,12\}\) a trois éléments, donc \(G/K\) en compte six. De plus, l’image de la classe de 1 engendre le quotient, qui est donc cyclique d’ordre 6. Répondre \(\mathbb{Z}/3\mathbb{Z}\) confond le quotient avec \(K\). Le groupe \(S_3\) a le bon cardinal ; cependant, un quotient de groupe commutatif reste commutatif. Enfin, 12 vient d’une soustraction \(18-6\).

Question 5

On considère le morphisme \(z\mapsto|z|\) du groupe multiplicatif \(\mathbb{C}^*\) vers \(\mathbb{R}_+^*\). D’après le premier théorème d’isomorphisme, \(\mathbb{C}^*/\mathbb{U}\) est isomorphe à :

  1. \(\mathbb{U}\), muni de la multiplication
  2. \(\mathbb{R}^*\), muni de la multiplication
  3. \(\mathbb{C}\), muni de l’addition
  4. \(\mathbb{R}_+^*\), muni de la multiplication

Réponse D.

Le module est multiplicatif, et son noyau est formé des complexes de module 1, c’est-à-dire \(\mathbb{U}\). Il est surjectif, car tout réel \(a>0\) est le module de lui-même. Par conséquent, le quotient s’identifie à l’image \(\mathbb{R}_+^*\). Le piège \(\mathbb{U}\) confond le noyau et l’image. Quant à \(\mathbb{R}^*\), il contient des négatifs, qui ne sont jamais des modules.

Question 6

Dans le groupe additif \(\mathbb{Z}^2\), on note \(L\) le sous-groupe engendré par \((1,1)\). À quel groupe connu \(\mathbb{Z}^2/L\) s’identifie-t-il ?

  1. Au groupe additif \(\mathbb{Z}/2\mathbb{Z}\)
  2. Au groupe additif \(\mathbb{Z}^2\)
  3. Au groupe trivial \(\{0\}\)
  4. Au groupe additif \(\mathbb{Z}\)

Réponse D.

L’application \((a,b)\mapsto a-b\) est un morphisme surjectif de \(\mathbb{Z}^2\) sur \(\mathbb{Z}\). Son noyau contient les couples \((a,a)\), donc il coïncide avec \(L\). Ainsi, le quotient s’identifie à \(\mathbb{Z}\). Le piège \(\mathbb{Z}/2\mathbb{Z}\) vient d’une confusion avec le quotient par \(2\mathbb{Z}\). En outre, le quotient n’est pas trivial, puisque \((1,0)\) n’appartient pas à \(L\).

Question 7

Combien d’éléments du groupe cyclique \(\mathbb{Z}/30\mathbb{Z}\) en sont des générateurs ?

  1. \(8\)
  2. \(29\)
  3. \(15\)
  4. \(3\)

Réponse A.

La classe de \(k\) engendre le groupe exactement lorsque \(k\) et 30 sont premiers entre eux. On garde donc 1, 7, 11, 13, 17, 19, 23 et 29, soit huit classes, ce qui donne bien \(\varphi(30)=8\). La réponse 29 suppose que tout élément non nul convient, ce qui n’arrive que modulo un nombre premier. De même, 15 ne retire que les nombres pairs.

Question 8

Dans \(S_8\), quels sont l’ordre et la parité de la permutation \(\sigma=(1\;2\;3\;4\;5\;6)(7\;8)\) ?

  1. Ordre 6, permutation paire
  2. Ordre 6, permutation impaire
  3. Ordre 8, permutation paire
  4. Ordre 8, permutation impaire

Réponse A.

Les deux cycles agissent sur des supports disjoints ; ils commutent donc, et \(\sigma^m=\mathrm{id}\) exige que 6 et 2 divisent \(m\). Ainsi, \(\sigma\) est d’ordre 6. Un cycle de longueur \(k\) se décompose en \(k-1\) transpositions, d’où \(5+1=6\) transpositions : \(\sigma\) est paire. Attention au piège : chaque cycle, de longueur paire, est impair, et seul leur produit est pair. L’ordre 8 additionne les longueurs.

Question 9

Laquelle de ces affirmations sur le groupe alterné \(A_4\), d’ordre 12, est vraie ?

  1. \(A_4\) est un groupe simple
  2. \(A_4\) ne possède aucun sous-groupe d’ordre 6
  3. \(A_4\) est un groupe abélien
  4. \(A_4\) est engendré par les transpositions

Réponse B.

Un sous-groupe d’ordre 6 serait d’indice 2, donc distingué, et contiendrait le carré de chaque élément. Or tout 3-cycle \(c\) vérifie \(c=(c^2)^2\), si bien que les huit 3-cycles y figureraient : c’est trop. Lagrange n’admet donc pas de réciproque. En revanche, \(A_4\) n’est pas simple, puisque le groupe de Klein y est distingué. De plus, les transpositions sont impaires, donc hors de \(A_4\).

Question 10

Le sous-groupe de Klein \(V\) de \(S_4\), formé de l’identité et des trois doubles transpositions, est distingué. À quel groupe le quotient \(S_4/V\) est-il isomorphe ?

  1. \(\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\)
  2. \(S_3\)
  3. \(\mathbb{Z}/3\mathbb{Z}\)
  4. \(V\)

Réponse B.

Le quotient a \(24/4=6\) éléments. Cependant, il n’est pas commutatif : le commutateur de \((1\;2)\) et \((1\;3)\) est un 3-cycle, qui n’appartient pas à \(V\). Or \(S_3\) est, à isomorphisme près, l’unique groupe non commutatif à six éléments. Le piège \(\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\) ne regarde que le cardinal. Quant à \(\mathbb{Z}/3\mathbb{Z}\), il s’agit du quotient de \(A_4\) par \(V\).

Question 11

Dans le groupe diédral \(D_6\), d’ordre 12, on note \(r\) la rotation d’angle \(\frac{\pi}{3}\) et \(s\) une symétrie, de sorte que \(srs=r^{-1}\). Que vaut \(s\,r^2\,s\,r^3\) ?

  1. \(r^5\)
  2. \(s\,r\)
  3. \(s\,r^5\)
  4. \(r\)

Réponse D.

La relation \(srs=r^{-1}\) donne, par récurrence, \(sr^ks=r^{-k}\) puisque \(s^2=e\). Ainsi, \(s\,r^2\,s\,r^3=r^{-2}r^3=r\). La réponse \(r^5\) fait comme si \(r\) et \(s\) commutaient. Par ailleurs, le produit contient deux symétries ; c’est donc une rotation, ce qui écarte \(s\,r\) et \(s\,r^5\) d’emblée.

Question 12

Avec les mêmes notations, quel est le centre du groupe diédral \(D_6\) ?

  1. \(\{e\}\)
  2. \(\{e,r,r^2,r^3,r^4,r^5\}\)
  3. \(\{e,r^3\}\)
  4. \(\{e,s\}\)

Réponse C.

Une symétrie \(sr^k\) ne commute jamais avec \(r\), car \(r\,sr^k=sr^{k-1}\neq sr^{k+1}\). Une rotation \(r^k\) commute avec \(s\) si et seulement si \(r^k=r^{-k}\), soit \(r^{2k}=e\). Par conséquent, le centre vaut \(\{e,r^3\}\), le demi-tour. Le centre trivial ne vaut que pour \(n\) impair. Enfin, le sous-groupe des rotations est distingué, mais il n’est pas central.

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