QCM : Dimension et formule de Grassmann en maths sup (MPSI)
Ce QCM Grassmann MPSI entraîne le réflexe qui fait gagner du temps en concours : compter avant de calculer. Il commence par les familles libres, liées et génératrices, puis par les bases et les coordonnées, y compris dans une famille de polynômes à degrés échelonnés. Il aborde ensuite le théorème de la base incomplète, la caractérisation des bases par la dimension, le rang d’une famille et la dimension d’un sous-espace. La fin porte sur la formule de Grassmann et les supplémentaires.
Réponds d’abord sans le cours, en comparant le nombre de vecteurs à la dimension avant tout calcul. Lis ensuite les explications : elles justifient la bonne réponse et décrivent l’erreur visée par chaque piège, comme une condition nécessaire prise pour suffisante ou une équation redondante comptée deux fois.
Les 12 questions
Question 1
Dans \(\mathbb{R}^3\), laquelle de ces familles est libre ?
- \(((1,0,1),(0,1,1),(1,1,0))\)
- \(((1,0,1),(0,1,1),(1,1,2))\)
- \(((1,2,3),(2,4,6))\)
- \(((1,1,1),(0,0,0))\)
Réponse A.
Pour la bonne famille, la relation \(a(1,0,1)+b(0,1,1)+c(1,1,0)=0\) donne \(a+c=0\), \(b+c=0\) et \(a+b=0\), donc \(a=b=c=0\). En revanche, \((1,1,2)\) est la somme des deux premiers vecteurs, ce qui rend l’autre triplet lié. De même, deux vecteurs colinéaires forment une famille liée. Enfin, toute famille contenant le vecteur nul est liée, quel que soit le nombre de vecteurs.
Question 2
Que peut-on dire d’une famille de quatre vecteurs de \(\mathbb{R}^3\) ?
- Elle est toujours génératrice
- Elle est libre si ses vecteurs sont deux à deux non colinéaires
- Elle est une base dès qu’elle est génératrice
- Elle est toujours liée
Réponse D.
Dans un espace de dimension 3, une famille libre a au plus 3 vecteurs. Par conséquent, quatre vecteurs sont toujours liés. Cependant, ils peuvent ne pas engendrer l’espace, par exemple s’ils sont tous dans un même plan. Le piège « deux à deux non colinéaires » confond liberté et absence de colinéarité par paires. Enfin, une base de \(\mathbb{R}^3\) compte exactement 3 vecteurs.
Question 3
Dans la base \(((1,1),(1,-1))\) de \(\mathbb{R}^2\), quelles sont les coordonnées du vecteur \((3,1)\) ?
- \((3,1)\)
- \((1,2)\)
- \((2,1)\)
- \((2,-1)\)
Réponse C.
On cherche \(a\) et \(b\) tels que \(a(1,1)+b(1,-1)=(3,1)\). Ainsi \(a+b=3\) et \(a-b=1\), donc \(a=2\) et \(b=1\). La réponse \((3,1)\) donne les coordonnées dans la base canonique, et non dans la base proposée. Par ailleurs, \((1,2)\) inverse l’ordre des vecteurs de la base. Enfin, \((2,-1)\) vient d’une erreur de signe dans la seconde équation.
Question 4
La famille \((1,X-1,(X-1)^2)\) est une base de \(\mathbb{R}_2[X]\). Quelles sont les coordonnées de \(X^2\) dans cette base ?
- \((0,0,1)\)
- \((1,2,1)\)
- \((1,-2,1)\)
- \((1,2,-1)\)
Réponse B.
La famille est échelonnée en degré, donc c’est bien une base. Ensuite, on écrit \(X=(X-1)+1\) et l’on développe : \(X^2=(X-1)^2+2(X-1)+1\). Les coordonnées sont donc \((1,2,1)\). La réponse \((0,0,1)\) donne celles de \((X-1)^2\), pas de \(X^2\). De plus, \((1,-2,1)\) provient de l’écriture erronée \(X=(X-1)-1\), qui change le signe du terme central.
Question 5
Dans un espace \(E\) de dimension finie, que dit le théorème de la base incomplète ?
- Toute famille génératrice se complète en base avec des vecteurs d’une famille libre
- Toute famille libre se complète en base avec des vecteurs d’une autre famille libre
- Toute famille libre se complète en base par le seul ajout du vecteur nul
- Toute famille libre se complète en base avec des vecteurs d’une famille génératrice
Réponse D.
On part d’une famille libre et l’on ajoute, un par un, des vecteurs pris dans une famille génératrice qui ne sont pas dans le sous-espace déjà engendré. Ainsi, on obtient une base. Compléter une famille génératrice n’a pas de sens : on en extrait une base. Par ailleurs, une seconde famille libre ne suffit pas, car elle peut ne pas engendrer \(E\). Enfin, ajouter le vecteur nul rend toute famille liée.
Question 6
On dispose de \(n+1\) polynômes \(P_0,\dots,P_n\) de \(\mathbb{R}_n[X]\). Pour prouver qu’ils forment une base, il suffit de montrer que :
- la famille \((P_0,\dots,P_n)\) est libre
- chaque \(P_k\) est non nul
- les \(P_k\) sont deux à deux non colinéaires
- la famille engendre \(\mathbb{R}_{n-1}[X]\)
Réponse A.
L’espace \(\mathbb{R}_n[X]\) est de dimension \(n+1\). Or, une famille de \(n+1\) vecteurs y est une base dès qu’elle est libre, ou dès qu’elle est génératrice. Cet argument de dimension évite une moitié de la preuve. En revanche, des vecteurs non nuls et deux à deux non colinéaires peuvent encore être liés, comme \(1\), \(X\) et \(1+X\). Enfin, engendrer \(\mathbb{R}_{n-1}[X]\) ne suffit pas pour engendrer \(\mathbb{R}_n[X]\).
Question 7
Quelle est la dimension de l’espace \(\mathcal{S}_3(\mathbb{R})\) des matrices symétriques réelles de taille 3 ?
- \(9\)
- \(6\)
- \(3\)
- \(5\)
Réponse B.
Une matrice symétrique est déterminée par ses coefficients diagonaux et ceux situés au-dessus de la diagonale. Il y en a \(3+3=6\), d’où une base formée des \(E_{ii}\) et des \(E_{ij}+E_{ji}\) pour \(i<j\). La réponse 9 donne la dimension de tout \(\mathcal{M}_3(\mathbb{R})\). Par ailleurs, 3 correspond aux matrices antisymétriques, ou aux seules diagonales. Ainsi, on retrouve \(6+3=9\).
Question 8
Quel est le rang de la famille \(((1,2,-1),(2,4,-2),(0,1,1),(1,3,0))\) de \(\mathbb{R}^3\) ?
- \(3\)
- \(4\)
- \(2\)
- \(1\)
Réponse C.
Le deuxième vecteur, \((2,4,-2)\), est le double de \((1,2,-1)\). De plus, \((1,3,0)=(1,2,-1)+(0,1,1)\). La famille engendre donc le même espace que \(((1,2,-1),(0,1,1))\), qui est libre : le rang vaut 2. La réponse 4 compte les vecteurs au lieu de la dimension engendrée, alors qu’elle ne peut dépasser 3 dans \(\mathbb{R}^3\). En outre, 3 oublie la seconde relation.
Question 9
Quelle est la dimension du sous-espace de \(\mathbb{R}^4\) défini par \(x+y=0\), \(z-t=0\) et \(x+y+z-t=0\) ?
- \(1\)
- \(2\)
- \(3\)
- \(4\)
Réponse B.
La troisième équation est la somme des deux premières : elle n’apporte aucune contrainte nouvelle. Il reste donc deux équations indépendantes, et la dimension vaut \(4-2=2\). D’ailleurs, les vecteurs \((1,-1,0,0)\) et \((0,0,1,1)\) forment une base. La réponse 1 retire une dimension par équation sans vérifier leur indépendance. Par ailleurs, 3 suppose une seule contrainte effective.
Question 10
Dans \(\mathbb{R}^5\), les sous-espaces \(F\) et \(G\) sont de dimensions 3 et 4. Que peut-on affirmer ?
- \(\dim(F\cap G)\ge2\)
- \(\dim(F\cap G)=2\)
- \(\dim(F\cap G)\ge1\) seulement
- \(F\cap G\) peut être réduit à \(\{0\}\)
Réponse A.
La formule de Grassmann donne \(\dim(F\cap G)=3+4-\dim(F+G)\). Or \(F+G\) est inclus dans \(\mathbb{R}^5\), donc \(\dim(F+G)\le5\), et ainsi \(\dim(F\cap G)\ge2\). L’égalité est fausse en général : si \(F\subset G\), l’intersection vaut \(F\), de dimension 3. Par conséquent, croire l’intersection réduite à \(\{0\}\) ignore complètement ce comptage de dimensions.
Question 11
Les sous-espaces \(F\) et \(G\) sont deux plans vectoriels distincts de \(\mathbb{R}^3\). Que vaut \(\dim(F\cap G)\) ?
- \(0\)
- \(2\)
- \(3\)
- \(1\)
Réponse D.
Puisque les plans sont distincts, \(F+G\) contient strictement \(F\), donc \(\dim(F+G)=3\). Grassmann donne alors \(\dim(F\cap G)=2+2-3=1\) : l’intersection est une droite. La réponse 0 vient de l’intuition du plan affine, où deux plans peuvent sembler sans point commun. Cependant, deux sous-espaces vectoriels contiennent toujours 0. Enfin, 2 supposerait les plans confondus.
Question 12
Les sous-espaces \(F\) et \(G\) d’un espace \(E\) de dimension finie sont supplémentaires si et seulement si :
- \(\dim F+\dim G=\dim E\) seulement
- \(F\cap G=\{0\}\) seulement
- \(F\cap G=\{0\}\) et \(\dim F+\dim G=\dim E\)
- \(F+G=E\) et \(\dim F\le\dim G\)
Réponse C.
Grassmann montre que, si \(F\cap G=\{0\}\) et si les dimensions s’additionnent en \(\dim E\), alors \(F+G=E\). La concaténation d’une base de \(F\) et d’une base de \(G\) forme alors une base adaptée. En revanche, deux droites confondues de \(\mathbb{R}^2\) vérifient la seule condition de dimension. De même, deux droites distinctes de \(\mathbb{R}^3\) ont une intersection nulle sans engendrer l’espace.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths sup (MPSI) sur dimension et formule de Grassmann
- S’exercer : exercices corrigés sur dimension et formule de Grassmann
- QCM précédent : QCM : Sous-espaces et supplémentaires en maths sup (MPSI)
- QCM suivant : QCM : Noyau, image et rang en maths sup (MPSI)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths sup (MPSI)
Ressources de maths en Maths sup (MPSI)
Cours
Tout voirEDL du premier et du second ordre en maths sup (MPSI)
Limite d’une suite et convergence en maths sup (MPSI)
Continuité et valeurs intermédiaires en maths sup (MPSI)
Sous-espaces et supplémentaires en maths sup (MPSI)
Dimension et formule de Grassmann en maths sup (MPSI)
Racines d’un polynôme et Viète en maths sup (MPSI)
Exercices corrigés
Tout voirContrôles
Tout voirQCM
Tout voir

























