QCM : Sous-espaces et supplémentaires en maths sup (MPSI)
Ce QCM supplémentaires MPSI porte sur le premier chapitre d’algèbre linéaire. Il fait d’abord reconnaître un sous-espace vectoriel dans \(\mathbb{R}^3\), dans un espace de fonctions, dans \(\mathbb{K}[X]\) et parmi les matrices. Il interroge ensuite sur la réunion et l’intersection de deux sous-espaces, sur les combinaisons linéaires et sur la description d’un sous-espace engendré. La seconde moitié traite de la somme directe, du critère valable pour deux sous-espaces et de son échec pour trois, puis d’une décomposition obtenue par analyse-synthèse.
Réponds d’abord sans le cours, en cherchant pour chaque ensemble un vecteur nul absent ou une somme qui sort de l’ensemble. Lis ensuite les explications : elles justifient la réponse et nomment l’erreur visée, par exemple une stabilité oubliée ou une intersection nulle prise pour une somme directe.
Les 12 questions
Question 1
Lequel de ces ensembles est un sous-espace vectoriel de \(\mathbb{R}^3\) ?
- \(\{(x,y,z)\mid x+2y=z+1\}\)
- \(\{(x,y,z)\mid xy=0\}\)
- \(\{(x,y,z)\mid x+2y=z\}\)
- \(\{(x,y,z)\mid x\ge0\}\)
Réponse C.
L’ensemble \(x+2y-z=0\) est le noyau d’une forme linéaire, donc un sous-espace. Celui défini par \(x+2y=z+1\) ne contient pas le vecteur nul. L’ensemble \(xy=0\) contient \((1,0,0)\) et \((0,1,0)\), mais pas leur somme : il n’est donc pas stable par addition. Enfin, la condition \(x\ge0\) n’est pas stable par multiplication par \(-1\).
Question 2
Lequel de ces ensembles est un sous-espace vectoriel de \(\mathbb{R}^{\mathbb{R}}\) ?
- Les fonctions \(f\) telles que \(f(0)=1\)
- Les fonctions monotones sur \(\mathbb{R}\)
- Les fonctions positives sur \(\mathbb{R}\)
- Les fonctions \(f\) telles que \(f(1)=2f(0)\)
Réponse D.
La relation \(f(1)-2f(0)=0\) est linéaire en \(f\) : elle contient la fonction nulle et reste vraie pour toute combinaison linéaire. En revanche, la condition \(f(0)=1\) exclut la fonction nulle. Par ailleurs, \(x\mapsto x^3\) et \(x\mapsto -x\) sont monotones, alors que leur somme ne l’est pas. Enfin, l’opposé d’une fonction positive non nulle n’est plus positif.
Question 3
Lequel de ces ensembles n’est pas un sous-espace vectoriel de \(\mathbb{R}[X]\) ?
- Les polynômes de degré au plus \(3\)
- Les multiples de \(X^2+1\)
- Les polynômes \(P\) tels que \(P(2)=0\)
- Les polynômes de degré exactement \(3\)
Réponse D.
Le polynôme nul n’est pas de degré \(3\). De plus, \(X^3\) et \(-X^3+X\) ont pour somme \(X\) : la stabilité échoue donc aussi. En revanche, les polynômes de degré au plus \(3\) forment \(\mathbb{R}_3[X]\), un sous-espace. Les multiples de \(X^2+1\) sont stables par combinaison linéaire. Enfin, l’évaluation en \(2\) est linéaire, si bien que la condition \(P(2)=0\) définit un sous-espace.
Question 4
Lequel de ces ensembles est un sous-espace vectoriel de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) ?
- Les matrices inversibles
- Les matrices de trace nulle
- Les matrices de déterminant nul
- Les matrices \(M\) telles que \(M^2=0\)
Réponse B.
La trace est linéaire, donc son noyau est un sous-espace. Les matrices inversibles excluent la matrice nulle. Par ailleurs, \(E_{11}\) et \(E_{22}\) sont de déterminant nul, alors que leur somme \(I_2\) est inversible. De même, \(E_{12}\) et \(E_{21}\) vérifient \(M^2=0\), cependant leur somme a pour carré \(I_2\). Ces deux conditions ne sont donc pas linéaires.
Question 5
Soit \(F\) et \(G\) deux sous-espaces d’un espace vectoriel \(E\). À quelle condition \(F\cup G\) est-il un sous-espace de \(E\) ?
- Toujours, comme pour \(F\cap G\)
- Si et seulement si \(F\cap G=\{0\}\)
- Si et seulement si \(F=G\)
- Si et seulement si \(F\subset G\) ou \(G\subset F\)
Réponse D.
Si aucun n’est inclus dans l’autre, on prend \(x\in F\setminus G\) et \(y\in G\setminus F\). Alors \(x+y\) n’est ni dans \(F\), sinon \(y\) y serait, ni dans \(G\). La réunion n’est donc pas stable. Ainsi, contrairement à l’intersection, la réunion n’est pas toujours un sous-espace. La condition \(F\cap G=\{0\}\) confond avec la somme directe. Enfin, \(F=G\) suffit mais n’est pas nécessaire.
Question 6
Dans \(\mathbb{R}^3\), on pose \(u=(1,1,1)\), \(v=(0,2,1)\) et \(w=(1,5,3)\). Que peut-on dire de \(w\) ?
- \(w=2u+v\)
- \(w=u+2v\)
- \(w=-u+3v\)
- \(w\notin\operatorname{Vect}(u,v)\)
Réponse B.
On cherche \(a,b\) tels que \(au+bv=(a,\,a+2b,\,a+b)=(1,5,3)\). La première coordonnée impose \(a=1\), puis la deuxième donne \(b=2\). On vérifie enfin la troisième : \(1+2=3\). Par conséquent, \(w\) appartient bien à \(\operatorname{Vect}(u,v)\). La combinaison \(2u+v\) vaut \((2,4,3)\). Quant à \(-u+3v\), elle vaut \((-1,5,2)\).
Question 7
Dans \(\mathbb{R}^{\mathbb{R}}\), le sous-espace \(\operatorname{Vect}(\cos^2,\sin^2)\) contient :
- la fonction \(x\mapsto\cos(2x)\)
- la fonction \(x\mapsto\sin(2x)\)
- la fonction \(x\mapsto\cos x\)
- uniquement des fonctions constantes
Réponse A.
On a \(\cos^2-\sin^2=\cos(2\,\cdot)\) et \(\cos^2+\sin^2=1\). Donc \(\operatorname{Vect}(\cos^2,\sin^2)=\operatorname{Vect}(1,\cos(2\,\cdot))\). Toutes ses fonctions sont paires, ce qui exclut \(x\mapsto\sin(2x)\), confondue ici avec un produit \(\sin\cos\). De plus, elles sont \(\pi\)-périodiques, ce qui exclut \(\cos\). Enfin, l’identité \(\cos^2+\sin^2=1\) ne rend pas constantes toutes les combinaisons.
Question 8
Dans \(\mathbb{R}^3\), on pose \(F=\{(x,y,z)\mid x=y\}\) et \(G=\{(x,y,z)\mid y+z=0\}\). Que vaut \(F\cap G\) ?
- \(\{0\}\)
- \(\operatorname{Vect}\big((1,1,1)\big)\)
- \(\operatorname{Vect}\big((1,1,-1)\big)\)
- \(\operatorname{Vect}\big((1,-1,1)\big)\)
Réponse C.
Un vecteur de l’intersection vérifie à la fois \(x=y\) et \(z=-y\). Il s’écrit donc \((y,y,-y)=y(1,1,-1)\). Deux plans distincts de \(\mathbb{R}^3\) se coupent selon une droite, et non selon \(\{0\}\). Le vecteur \((1,1,1)\) est bien dans \(F\), mais \(1+1\neq0\). Quant à \((1,-1,1)\), il est dans \(G\) sans être dans \(F\).
Question 9
Dans \(\mathbb{R}^3\), soit le plan \(P=\{(x,y,z)\mid x-y+2z=0\}\). Quelle droite est un supplémentaire de \(P\) ?
- \(\operatorname{Vect}\big((1,1,0)\big)\)
- \(\operatorname{Vect}\big((2,0,-1)\big)\)
- \(\operatorname{Vect}\big((1,0,1)\big)\)
- \(\operatorname{Vect}\big((0,2,1)\big)\)
Réponse C.
Une droite \(\operatorname{Vect}(u)\) est supplémentaire de \(P\) si et seulement si \(u\notin P\), puisque les dimensions \(2\) et \(1\) ont pour somme \(3\). Or \(1-0+2=3\neq0\), donc \((1,0,1)\) convient. Les trois autres vecteurs vérifient l’équation : par exemple \(2-0-2=0\). Ces droites sont donc contenues dans \(P\). Ainsi, il ne suffit pas de choisir une droite « différente » du plan.
Question 10
Soit \(F_1,F_2,F_3\) trois sous-espaces de \(E\). Quelle condition garantit que la somme \(F_1+F_2+F_3\) est directe ?
- \(0\) s’écrit seulement \(0+0+0\) avec des termes dans \(F_1,F_2,F_3\)
- Les intersections deux à deux sont réduites à \(\{0\}\)
- L’intersection \(F_1\cap F_2\cap F_3\) est réduite à \(\{0\}\)
- La somme \(F_1+F_2\) est directe
Réponse A.
Par définition, la somme est directe si la décomposition de chaque vecteur est unique. Par linéarité, il suffit de le vérifier pour le vecteur nul. Cependant, trois droites distinctes de \(\mathbb{R}^2\) ont des intersections deux à deux nulles, et pourtant \((1,0)+(0,1)-(1,1)=0\). Ainsi le critère par intersection ne vaut que pour deux sous-espaces. L’intersection globale, ou une seule paire, en dit encore moins.
Question 11
On décompose \(f:x\mapsto e^{2x}+x\) selon \(\mathbb{R}^{\mathbb{R}}=\mathcal{P}\oplus\mathcal{I}\) (fonctions paires et impaires). Quelle est sa composante paire ?
- \(x\mapsto\operatorname{sh}(2x)+x\)
- \(x\mapsto\operatorname{ch}(2x)\)
- \(x\mapsto\operatorname{ch}(2x)+x\)
- \(x\mapsto\frac{1}{2}e^{2x}\)
Réponse B.
L’analyse impose la composante paire \(x\mapsto\frac{f(x)+f(-x)}{2}\). Ici, \(f(-x)=e^{-2x}-x\), donc les termes en \(x\) s’annulent et il reste \(\operatorname{ch}(2x)\). La réponse \(\operatorname{sh}(2x)+x\) est la composante impaire. Garder \(+x\) dans la partie paire oublie que \(x\) est impaire. Enfin, \(\frac{1}{2}e^{2x}\) n’est pas paire : elle divise \(f\) par deux sans symétriser.
Question 12
On montre que \(F=\{f\mid f(0)=f(1)=0\}\) et \(G\), l’ensemble des fonctions affines, sont supplémentaires dans \(\mathbb{R}^{\mathbb{R}}\). Quelle est la composante de \(f\) dans \(G\) ?
- \(x\mapsto f(0)+\big(f(1)-f(0)\big)x\)
- \(x\mapsto f(0)+f(1)\,x\)
- \(x\mapsto f(1)+\big(f(0)-f(1)\big)x\)
- \(x\mapsto f(0)\,x+f(1)\)
Réponse A.
Analyse : si \(f=h+g\) avec \(h\in F\) et \(g\) affine, alors \(g(0)=f(0)\) et \(g(1)=f(1)\). Une fonction affine étant fixée par deux valeurs, \(g\) est unique. Synthèse : on vérifie ensuite que \(f-g\) s’annule en \(0\) et en \(1\). La réponse \(f(0)+f(1)x\) vaut \(f(0)+f(1)\) en \(1\). Quant à \(f(1)+(f(0)-f(1))x\), elle échange les valeurs en \(0\) et en \(1\).
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths sup (MPSI) sur sous-espaces et supplémentaires
- S’exercer : exercices corrigés sur sous-espaces et supplémentaires
- QCM précédent : QCM : Calcul de développements limités en maths sup (MPSI)
- QCM suivant : QCM : Dimension et formule de Grassmann en maths sup (MPSI)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths sup (MPSI)
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