Injections, surjections et relations en maths sup (MPSI) : cours et méthodes
Après la logique, ce chapitre sur les injections surjections MPSI fixe le vocabulaire des ensembles que vous utiliserez toute l’année. Nous y voyons les opérations sur les parties, les partitions et les fonctions indicatrices, très efficaces pour prouver une égalité d’ensembles. Ensuite, nous distinguons avec soin image directe et image réciproque.
Le cœur du cours porte sur les injections, les surjections et les bijections. Pour chaque notion, une méthode en étapes indique quoi écrire, puis un exemple la met en œuvre. Enfin, nous étudions les relations d’équivalence, dont les classes partitionnent l’ensemble, et les relations d’ordre, totales ou partielles.
Ces outils servent ensuite partout : en arithmétique avec les congruences, en algèbre linéaire avec les noyaux et les images, en analyse avec les fonctions réciproques. Ce chapitre se travaille donc dès les premières semaines.
Ce que vous saurez faire
- Démontrer une égalité d’ensembles par double inclusion ou par les fonctions indicatrices.
- Reconnaître une partition et décrire un produit cartésien.
- Calculer une image directe et une image réciproque, sans confondre les deux notions.
- Prouver qu’une application est injective, surjective ou bijective en revenant aux définitions.
- Exploiter une composée pour transférer injectivité et surjectivité.
- Vérifier qu’une relation est d’équivalence ou d’ordre, puis décrire ses classes ou comparer ses éléments.
1. Ensembles et opérations
Nous ne cherchons pas ici une théorie axiomatique des ensembles. Nous fixons plutôt un vocabulaire précis, utilisé dans tous les chapitres de l’année. Un ensemble est une collection d’objets, appelés ses éléments, et l’on écrit \(x \in X\) pour dire que \(x\) appartient à \(X\).
1.1 Parties d’un ensemble
L’écriture \(U \subset V\) signifie que chaque élément de \(U\) se trouve aussi dans \(V\) : \(U\) est alors une partie, ou un sous-ensemble, de \(V\). L’égalité \(U = V\) revient à la double inclusion \(U \subset V\) et \(V \subset U\). Toutes les parties de \(X\), réunies, forment un nouvel ensemble noté \(\mathcal{P}(X)\).
Pour prouver \(U \subset V\), on écrit « Soit \(x \in U\). » puis on établit \(x \in V\). Pour prouver \(U = V\), on mène deux fois ce raisonnement, dans un sens puis dans l’autre. On peut aussi enchaîner des équivalences, mais chacune doit alors être vraiment réversible.
Ainsi, \(U \in \mathcal{P}(X)\) signifie exactement \(U \subset X\). Par exemple, pour \(X = \{a, b\}\), on a \(\mathcal{P}(X) = \{\varnothing, \{a\}, \{b\}, \{a, b\}\}\). De plus, l’ensemble vide est inclus dans tout ensemble, puisqu’aucun de ses éléments ne peut contredire l’inclusion.
Piège à éviter :
Les symboles \(\in\) et \(\subset\) ne s’échangent jamais. Pour \(X = \{a, b\}\), on écrit \(a \in X\) et \(\{a\} \subset X\), mais aussi \(\{a\} \in \mathcal{P}(X)\). En revanche, \(a \subset X\) n’a pas de sens, car \(a\) n’est pas un ensemble de ce contexte.
1.2 Réunion, intersection, complémentaire, produit
Soient \(U\) et \(V\) deux parties d’un ensemble \(X\). On définit :
- la réunion \(U \cup V\), formée des éléments qui sont dans \(U\) ou dans \(V\) ;
- l’intersection \(U \cap V\), formée des éléments communs à \(U\) et \(V\) ;
- la différence \(U \setminus V\), formée des éléments de \(U\) qui ne sont pas dans \(V\) ;
- le complémentaire \(\overline{U} = X \setminus U\).
Enfin, pour deux ensembles \(X\) et \(Y\), le produit cartésien \(X \times Y\) est l’ensemble des couples \((x, y)\) avec \(x \in X\) et \(y \in Y\).
La figure représente trois de ces opérations dans un même ensemble \(X\).

Pour toutes parties \(U\), \(V\), \(W\) de \(X\) :
\[\overline{U \cup V} = \overline{U} \cap \overline{V}, \qquad \overline{U \cap V} = \overline{U} \cup \overline{V}, \qquad U \cap (V \cup W) = (U \cap V) \cup (U \cap W).\]
Ces égalités traduisent les lois de négation vues au chapitre de logique. En effet, \(x \notin U \cup V\) signifie « \(x \notin U\) et \(x \notin V\) ».
1.3 Partitions
Une partition de \(X\) est une famille de parties de \(X\), toutes non vides, deux à deux disjointes, dont la réunion vaut \(X\). Autrement dit, chaque élément de \(X\) appartient à une et une seule de ces parties.
Par exemple, les trois parties \(\mathbb{R}_{-}^{*}\), \(\{0\}\) et \(\mathbb{R}_{+}^{*}\) forment une partition de \(\mathbb{R}\). De même, les entiers pairs et les entiers impairs partagent \(\mathbb{Z}\) en deux blocs. Cependant, \([0, 1]\) et \([1, 2]\) ne forment pas une partition de \([0, 2]\), car \(1\) appartient aux deux.
2. Applications et fonctions indicatrices
Une application \(f \colon X \to Y\) associe à chaque élément \(x\) de \(X\) un unique élément \(f(x)\) de \(Y\). L’ensemble \(X\) est l’ensemble de départ, et \(Y\) l’ensemble d’arrivée. Quant à une famille \((x_i)_{i \in I}\) d’éléments de \(X\), c’est simplement une façon indicée de noter l’application \(i \mapsto x_i\), définie sur l’ensemble d’indices \(I\).
Deux applications sont égales si elles ont mêmes ensembles de départ et d’arrivée, et mêmes valeurs en tout point. Ainsi, \(x \mapsto x^2\) de \(\mathbb{R}\) dans \(\mathbb{R}\) et \(x \mapsto x^2\) de \(\mathbb{R}\) dans \(\mathbb{R}_+\) sont deux applications distinctes. Cette nuance compte dès que l’on parle de surjectivité.
Soit \(U\) une partie de \(X\). La fonction indicatrice de \(U\) est l’application \(\mathbf{1}_U : X \to \{0, 1\}\) qui vaut \(1\) sur \(U\) et \(0\) ailleurs.
Pour toutes parties \(U\) et \(V\) de \(X\), on a \(U = V\) si et seulement si \(\mathbf{1}_U = \mathbf{1}_V\). De plus :
\[\mathbf{1}_{U \cap V} = \mathbf{1}_U \mathbf{1}_V, \qquad \mathbf{1}_{\overline{U}} = 1 – \mathbf{1}_U, \qquad \mathbf{1}_{U \cup V} = \mathbf{1}_U + \mathbf{1}_V – \mathbf{1}_U \mathbf{1}_V.\]
Pour établir une égalité d’ensembles avec les indicatrices :
- on traduit chaque membre en une expression polynomiale en \(\mathbf{1}_U\), \(\mathbf{1}_V\), \(\mathbf{1}_W\) ;
- on développe, en utilisant \(\mathbf{1}_U^2 = \mathbf{1}_U\), puisque \(0^2 = 0\) et \(1^2 = 1\) ;
- on constate que les deux expressions coïncident ;
- on conclut par l’égalité des indicatrices.
Montrons que \(U \setminus (V \cap W) = (U \setminus V) \cup (U \setminus W)\). Notons \(a\), \(b\), \(c\) les trois indicatrices. D’abord, \(U \setminus H = U \cap \overline{H}\), donc le membre de gauche a pour indicatrice \(a(1 – bc)\).
Ensuite, \(U \setminus V\) et \(U \setminus W\) ont pour indicatrices \(a(1 – b)\) et \(a(1 – c)\). Leur réunion a donc pour indicatrice :
\[a(1 – b) + a(1 – c) – a^2(1 – b)(1 – c) = 2a – ab – ac – a(1 – b – c + bc) = a – abc.\]
On retrouve \(a(1 – bc)\). Par conséquent, les deux ensembles sont égaux.
3. Image directe et image réciproque
On fixe une application \(f\) de \(X\) vers \(Y\). Une partie \(U\) de l’ensemble de départ fournit l’ensemble \(f(U) = \{f(a) \mid a \in U\}\) de toutes ses images : c’est son image directe, contenue dans \(Y\). À l’inverse, une partie \(W\) de l’ensemble d’arrivée fournit \(f^{-1}(W) = \{t \in X \mid f(t) \in W\}\), ensemble des éléments qui atterrissent dans \(W\) : c’est son image réciproque, contenue dans \(X\).
Retenons les réflexes de rédaction. D’une part, « \(y \in f(U)\) » se traduit par « il existe \(x \in U\) tel que \(y = f(x)\) ». D’autre part, « \(x \in f^{-1}(W)\) » se traduit par « \(f(x) \in W\) ». La notation \(f^{-1}(W)\) a un sens pour toute application, même non bijective.
Soit \(h \colon \mathbb{R} \to \mathbb{R}\), \(h(x) = 4 – x^2\), et \(W = [0, 3]\). On a \(x \in h^{-1}(W)\) si et seulement si \(0 \leq 4 – x^2 \leq 3\), c’est-à-dire \(1 \leq x^2 \leq 4\). Donc \(h^{-1}(W) = [-2, -1] \cup [1, 2]\).
Ensuite, calculons \(h([-1, 2])\). Sur \([-1, 0]\), \(h\) croît de \(3\) à \(4\). Sur \([0, 2]\), elle décroît de \(4\) à \(0\). Ainsi, \(h([-1, 2]) = [0, 4]\).

Pour \(U, V \subset X\) et \(W, T \subset Y\) :
- \(f(U \cup V) = f(U) \cup f(V)\) et \(f(U \cap V) \subset f(U) \cap f(V)\) ;
- \(f^{-1}(W \cup T) = f^{-1}(W) \cup f^{-1}(T)\) et \(f^{-1}(W \cap T) = f^{-1}(W) \cap f^{-1}(T)\) ;
- \(f^{-1}(Y \setminus W) = X \setminus f^{-1}(W)\).
L’image réciproque respecte donc toutes les opérations, alors que l’image directe ne respecte pas l’intersection. Pour \(h\) ci-dessus, \(h(\{-1\}) \cap h(\{1\}) = \{3\}\), tandis que \(h(\{-1\} \cap \{1\}) = h(\varnothing) = \varnothing\).
4. Injections, surjections et bijections
4.1 Définitions et méthodes
Soit \(f\) une application de \(X\) vers \(Y\). On dit que :
- \(f\) est injective lorsque deux éléments qui ont la même image sont égaux : \(\forall x_1, x_2 \in X,\ \bigl(f(x_1) = f(x_2) \Rightarrow x_1 = x_2\bigr)\) ;
- \(f\) est surjective lorsque chaque élément de \(Y\) est atteint : \(\forall z \in Y,\ \exists t \in X,\ f(t) = z\), ce qui s’écrit aussi \(f(X) = Y\) ;
- \(f\) est bijective lorsqu’elle a les deux propriétés ; ainsi, chaque élément de \(Y\) possède un antécédent et un seul.
Les diagrammes suivants montrent les trois situations sur des ensembles finis. Une injection n’envoie jamais deux flèches sur un même point. Une surjection atteint chaque point d’arrivée.

- Injectivité. On fixe \(x, x^{\prime}\) avec \(f(x) = f(x^{\prime})\), puis on calcule jusqu’à obtenir \(x = x^{\prime}\). Une fonction réelle strictement monotone est aussi injective.
- Non-injectivité. On exhibe deux éléments distincts de même image.
- Surjectivité. On fixe \(y \in Y\) et l’on résout \(f(x) = y\) d’inconnue \(x \in X\), en vérifiant que la solution est bien dans \(X\).
- Bijectivité. On montre que l’équation \(f(x) = y\) a une unique solution, ce qui donne aussi la réciproque.
Soit \(\sigma : \mathbb{Z} \to \mathbb{N}\) définie par \(\sigma(n) = 2n\) si \(n \geq 0\) et \(\sigma(n) = -2n – 1\) si \(n < 0\). Ainsi, \(\sigma\) envoie les entiers positifs sur les pairs et les négatifs stricts sur les impairs.
Soit \(m \in \mathbb{N}\). Si \(m\) est pair, l’équation \(\sigma(n) = m\) impose \(n \geq 0\), car sinon \(\sigma(n)\) serait impair. Elle a alors pour unique solution \(n = m/2\). Si \(m\) est impair, elle impose \(n < 0\) et donne \(n = -(m + 1)/2\), qui est bien strictement négatif. Chaque \(m\) a donc un unique antécédent : \(\sigma\) est une bijection.
4.2 Composée et réciproque
Soient \(f \colon X \to Y\) et \(g \colon Y \to Z\). Si \(f\) et \(g\) sont injectives, alors \(g \circ f\) l’est. Si \(f\) et \(g\) sont surjectives, alors \(g \circ f\) l’est. Enfin, si \(f\) et \(g\) sont bijectives, alors \(g \circ f\) est bijective et \((g \circ f)^{-1} = f^{-1} \circ g^{-1}\).
Supposons \(f\) et \(g\) injectives et \(g(f(x)) = g(f(x^{\prime}))\). L’injectivité de \(g\) donne \(f(x) = f(x^{\prime})\), puis celle de \(f\) donne \(x = x^{\prime}\). Supposons ensuite \(f\) et \(g\) surjectives et soit \(z \in Z\). On choisit \(y \in Y\) avec \(g(y) = z\), puis \(x \in X\) avec \(f(x) = y\). Alors \(g \circ f(x) = z\). Enfin, \((f^{-1} \circ g^{-1}) \circ (g \circ f) = \mathrm{id}_X\) et \((g \circ f) \circ (f^{-1} \circ g^{-1}) = \mathrm{id}_Z\), d’où la formule.
Pour établir la bijectivité de \(f\), il suffit de trouver une application \(g\) de \(Y\) vers \(X\) qui « défait » \(f\) des deux côtés : \(g\) composée après \(f\) donne l’identité de \(X\), et \(f\) composée après \(g\) donne celle de \(Y\). Une telle \(g\) est forcément unique, et c’est \(f^{-1}\). Ce critère dispense de traiter injectivité et surjectivité l’une après l’autre.
Piège à éviter :
L’ordre s’inverse : la réciproque de \(g \circ f\) est \(f^{-1} \circ g^{-1}\), et non \(g^{-1} \circ f^{-1}\). Pensez à l’image des chaussettes et des chaussures : on retire en dernier ce que l’on a mis en premier.
5. Relations d’équivalence
Une relation binaire \(\mathcal{R}\) sur \(X\) est une relation d’équivalence si elle est réflexive (\(x \mathcal{R} x\)), symétrique (\(x \mathcal{R} y \Rightarrow y \mathcal{R} x\)) et transitive (\(x \mathcal{R} y\) et \(y \mathcal{R} z\) entraînent \(x \mathcal{R} z\)). La classe de \(x\) est l’ensemble \(\mathrm{cl}(x) = \{y \in X,\ x \mathcal{R} y\}\).
Les classes d’une relation d’équivalence sur \(X\) forment une partition de \(X\).
D’abord, chaque classe est non vide, car \(x \in \mathrm{cl}(x)\) par réflexivité. Pour la même raison, la réunion des classes vaut \(X\). Ensuite, supposons que \(\mathrm{cl}(x)\) et \(\mathrm{cl}(y)\) aient un élément commun \(z\). Soit \(t \in \mathrm{cl}(x)\). Par symétrie et transitivité, on obtient \(t \mathcal{R} x\), puis \(x \mathcal{R} z\), puis \(z \mathcal{R} y\), donc \(y \mathcal{R} t\). Ainsi \(\mathrm{cl}(x) \subset \mathrm{cl}(y)\), et l’inclusion inverse se montre de même. Deux classes sont donc disjointes ou égales.
Sur \(\mathbb{R}^2\), posons \((x_1, y_1) \mathcal{R} (x_2, y_2)\) si \(x_1^2 + y_1^2 = x_2^2 + y_2^2\). Cette relation s’écrit \(N(p) = N(p^{\prime})\), avec \(N(x, y) = x^2 + y^2\). Elle hérite donc des trois propriétés de l’égalité : c’est une relation d’équivalence.
La classe d’un point \(p\) est le cercle de centre \(O\) qui passe par \(p\). Par exemple, la classe de \((0, 0)\) se réduit à ce seul point. Les cercles concentriques réalisent bien une partition du plan.

Plus généralement, toute relation de la forme « \(\varphi(x) = \varphi(y)\) » est une relation d’équivalence. C’est le cas de la congruence modulo \(n\) sur \(\mathbb{Z}\), où \(\varphi\) donne le reste dans la division par \(n\). Elle possède alors \(n\) classes.
- On cherche d’abord si la relation s’écrit « \(\varphi(x) = \varphi(y)\) » pour une fonction \(\varphi\) bien choisie. Si oui, les trois propriétés sont acquises d’un coup.
- Sinon, on vérifie séparément réflexivité, symétrie et transitivité, en fixant des éléments quelconques.
- Pour décrire la classe de \(x\), on résout l’équation d’inconnue \(y\) donnée par « \(x \mathcal{R} y\) ».
- On termine en choisissant un représentant simple par classe, puis en vérifiant que chaque élément tombe dans une seule d’entre elles.
Par exemple, sur \(\mathbb{Z}\), posons \(m \mathcal{R} n\) si \(m – n\) est pair. La fonction \(\varphi\) qui donne le reste dans la division par \(2\) convient, donc la relation est une équivalence. Ensuite, la classe de \(0\) est l’ensemble des entiers pairs, et celle de \(1\) l’ensemble des impairs. On retrouve ainsi la partition de \(\mathbb{Z}\) vue en partie 1.
Remarque :
À l’inverse, toute partition d’un ensemble définit une relation d’équivalence : deux éléments sont en relation quand ils appartiennent au même bloc. Partitions et relations d’équivalence sont donc deux façons de décrire la même structure. Ce point de vue reviendra en arithmétique, puis en algèbre avec les groupes quotients.
6. Relations d’ordre
Une relation \(\preccurlyeq\) sur \(X\) est une relation d’ordre si elle est réflexive, antisymétrique (\(x \preccurlyeq y\) et \(y \preccurlyeq x\) entraînent \(x = y\)) et transitive. L’ordre est total si deux éléments quelconques sont toujours comparables. Sinon, on dit qu’il est partiel.
Sur la droite réelle, deux nombres se comparent toujours : la relation \(\leq\) est donc totale. Il en va autrement pour l’inclusion entre parties. Par exemple, dans \(\mathcal{P}(\{a, b\})\), aucune des deux parties \(\{a\}\) et \(\{b\}\) ne contient l’autre. Ainsi, l’inclusion est seulement partielle dès que l’ensemble de base compte au moins deux éléments.
Sur \(\mathbb{R}^2\), posons \((x, y) \trianglelefteq (x^{\prime}, y^{\prime})\) si \(x \leq x^{\prime}\) et \(y \leq y^{\prime}\). D’abord, la réflexivité et la transitivité viennent de celles de \(\leq\), coordonnée par coordonnée. Ensuite, si les deux comparaisons ont lieu dans les deux sens, chaque coordonnée est égale, d’où l’antisymétrie.
Cet ordre n’est cependant pas total. En effet, les points \((1, 0)\) et \((0, 1)\) ne sont pas comparables : le premier est plus à droite, le second plus haut. Géométriquement, les points supérieurs à \((a, b)\) remplissent le quart de plan situé au nord-est de ce point.
La divisibilité est un ordre sur \(\mathbb{N}^{*}\), mais pas sur \(\mathbb{Z}\). En effet, \(5\) divise \(-5\) et \(-5\) divise \(5\), alors que \(5 \neq -5\). L’antisymétrie tombe en défaut. Par ailleurs, la relation « \(<\) » sur \(\mathbb{R}\) n’est pas un ordre au sens du cours, puisqu’elle n’est pas réflexive.
Soit \(U\) une partie de \(X\) muni d’un ordre \(\preccurlyeq\). Un élément \(M\) de \(X\) est un majorant de \(U\) si \(a \preccurlyeq M\) pour tout \(a \in U\). Si, de plus, \(M\) appartient à \(U\), on dit que \(M\) est le plus grand élément de \(U\). On définit de même minorant et plus petit élément.
Remarque :
Un plus grand élément est unique s’il existe, par antisymétrie. Cependant, il n’existe pas toujours. Par exemple, pour la divisibilité, la partie \(\{4, 6\}\) n’a pas de plus grand élément, mais elle admet \(12\) comme majorant, et même tous les multiples de \(12\).
Les erreurs fréquentes
- Écrire \(a \subset X\) au lieu de \(a \in X\), ou \(\{a\} \in X\) au lieu de \(\{a\} \subset X\).
- Croire que \(f^{-1}(W)\) suppose \(f\) bijective : l’image réciproque existe pour toute application.
- Prouver une surjectivité en résolvant \(f(x) = y\) sans vérifier que la solution est dans l’ensemble de départ.
- Oublier qu’une partition exige des parties non vides et deux à deux disjointes.
- Inverser l’ordre dans \((g \circ f)^{-1}\), ou oublier l’antisymétrie dans une relation d’ordre.
Fiche mémo
- \(U = V\) : double inclusion, ou égalité des indicatrices.
- \(\mathbf{1}_{U \cap V} = \mathbf{1}_U \mathbf{1}_V\), \(\mathbf{1}_{\overline{U}} = 1 – \mathbf{1}_U\), \(\mathbf{1}_U^2 = \mathbf{1}_U\).
- \(y \in f(U)\) : il existe \(x \in U\) avec \(y = f(x)\). \(x \in f^{-1}(W)\) : \(f(x) \in W\).
- L’image réciproque respecte réunion, intersection et complémentaire.
- Injective : \(f(x) = f(x^{\prime}) \Rightarrow x = x^{\prime}\). Surjective : \(f(X) = Y\).
- Bijective : une unique solution à \(f(x) = y\) pour chaque \(y\).
- \((g \circ f)^{-1} = f^{-1} \circ g^{-1}\).
- Équivalence : réflexive, symétrique, transitive ; ses classes partitionnent \(X\).
- Ordre : réflexive, antisymétrique, transitive ; total ou partiel.
Questions fréquentes
Comment montrer rapidement qu'une application est bijective ?
Le plus souvent, on fixe un élément y de l’ensemble d’arrivée et l’on résout l’équation f(x) = y. Si cette équation a toujours une unique solution dans l’ensemble de départ, l’application est bijective et l’on obtient la réciproque. On peut aussi exhiber une application g telle que g ∘ f et f ∘ g soient les identités.
Peut-on écrire l'image réciproque d'une partie pour une fonction non bijective ?
Oui. L’image réciproque d’une partie C est l’ensemble des éléments dont l’image tombe dans C, et elle existe pour toute application. Elle peut d’ailleurs être vide. Seule la notation de la fonction réciproque appliquée à un élément exige la bijectivité.
Quelle différence entre une relation d'équivalence et une relation d'ordre ?
Les deux sont réflexives et transitives. Une relation d’équivalence est en plus symétrique, et elle regroupe les éléments en classes. Une relation d’ordre est antisymétrique, et elle sert à comparer les éléments entre eux.
Les fonctions indicatrices sont-elles exigibles en MPSI ?
Oui, elles figurent au programme. Elles transforment une égalité d’ensembles en un calcul algébrique simple, où l’on utilise que le carré d’une indicatrice lui est égal. Elles servent aussi plus tard en dénombrement et en probabilités.
Pour aller plus loin
- S’exercer : exercices corrigés de maths sup (MPSI) sur injections, surjections et relations
- Bases utiles : Quantificateurs, raisonnements et rédaction
- Chapitre d’avant : Quantificateurs, raisonnements et rédaction
- Chapitre d’après : Calculer avec Σ et Π : télescopage et binôme
- Vérifier ses acquis : QCM de maths sup (MPSI) sur injections, surjections et relations
- Contrôle corrigé en temps limité : Quantificateurs, injections et surjections : contrôle de maths en MPSI
- Tous les chapitres : le sommaire de maths sup (MPSI)
- Après le bac : les maths post-bac, de la MPSI à la L3
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