QCM : Injections, surjections et relations en maths sup (MPSI)
Ce QCM surjections MPSI reprend le vocabulaire ensembliste du début d’année et les preuves qui en découlent. Les premières questions portent sur l’ensemble des parties, le complémentaire, le produit cartésien et les partitions. On passe ensuite aux images directes et réciproques, avec les inclusions qui ne deviennent des égalités que sous hypothèse. Le cœur du questionnaire fait étudier une application de \(\mathbb{N}\) dans \(\mathbb{N}\), une composée bijective et l’inverse d’une composée. Enfin, les dernières questions utilisent les fonctions indicatrices, un système de représentants pour une équivalence sur \(\mathbb{R}\) et la différence entre ordre partiel et ordre total.
Réponds sans le cours, et cherche toi-même un contre-exemple avant d’éliminer une proposition. Lis ensuite chaque explication : elle justifie la réponse et montre quelle confusion produit chaque piège, par exemple entre appartenance et inclusion ou entre image et antécédent.
Les 12 questions
Question 1
On pose \(T=\{7,9\}\). Quelle affirmation est vraie ?
- Le nombre 7 est un élément de \(\mathcal{P}(T)\)
- Le singleton \(\{7\}\) est inclus dans \(\mathcal{P}(T)\)
- La partie vide est un élément de \(\mathcal{P}(T)\)
- \(\mathcal{P}(T)\) a trois éléments
Réponse C.
Les éléments de \(\mathcal{P}(T)\) sont les quatre parties de \(T\) : la partie vide, les deux singletons et \(T\) lui-même. Par conséquent, la partie vide y figure bien. Le piège sur le nombre 7 confond un élément de \(T\) avec le singleton \(\{7\}\). De même, l’inclusion de \(\{7\}\) voudrait dire que 7 est une partie de \(T\). Enfin, trois éléments oublie l’ensemble vide ou \(T\).
Question 2
Dans un ensemble \(\Omega\), on note \(U^c\) le complémentaire de \(U\). Que vaut \((U\cap V)^c\) ?
- \(U^c\cap V^c\)
- \(U^c\cup V\)
- \(U^c\cup V^c\)
- \(U\cup V\)
Réponse C.
Un point échappe à l’intersection dès qu’il manque à l’une des deux parties. Ainsi, on obtient la réunion des deux complémentaires, selon une loi de De Morgan. La réponse \(U^c\cap V^c\) est le complémentaire de la réunion, pas de l’intersection. Par ailleurs, \(U^c\cup V\) ne complémente qu’une seule partie : c’est l’ensemble associé à l’implication « être dans \(U\) entraîne être dans \(V\) ».
Question 3
Soient \(P,R\) deux parties de \(X\) et \(Q,S\) deux parties de \(Y\). Quelle égalité est toujours vraie ?
- \((P\times Q)\cup(R\times S)=(P\cup R)\times(Q\cup S)\)
- \(P\times(Q\cup S)=(P\times Q)\cap(P\times S)\)
- \((P\times Q)\cap(R\times S)=(P\cap Q)\times(R\cap S)\)
- \((P\times Q)\cap(R\times S)=(P\cap R)\times(Q\cap S)\)
Réponse D.
Un couple \((u,v)\) est dans les deux produits exactement quand \(u\in P\cap R\) et \(v\in Q\cap S\). Cependant, la version avec les réunions échoue : pour \(P=S=\{0\}\) et \(Q=R=\{1\}\), le couple \((0,0)\) est à droite mais pas à gauche. Ensuite, un produit par une réunion donne une réunion, pas une intersection. Enfin, \(P\cap Q\) mélange des parties de deux ensembles différents.
Question 4
Laquelle de ces familles est une partition de \(\mathbb{Z}\) ?
- \(\{\mathbb{N},\ -\mathbb{N}\}\)
- \(\{2\mathbb{Z},\ 2\mathbb{Z}+1\}\)
- \(\{2\mathbb{Z},\ 2\mathbb{Z}+1,\ \varnothing\}\)
- \(\{3\mathbb{Z},\ 3\mathbb{Z}+1\}\)
Réponse B.
Pour former une partition, il faut des morceaux tous non vides, sans point commun deux par deux, et qui recouvrent l’ensemble. Les pairs et les impairs remplissent ces trois conditions. Le piège \(\{\mathbb{N},-\mathbb{N}\}\) échoue car 0 appartient aux deux parties. Ensuite, l’ajout de la partie vide est interdit par la définition. Enfin, les entiers congrus à 2 modulo 3 ne sont couverts par aucune des deux parties restantes.
Question 5
On note \(f\) la fonction carré, définie sur tout \(\mathbb{R}\). Que vaut l’image réciproque \(f^{-1}([1,4])\) ?
- \([1,2]\)
- \([-2,-1]\cup[1,2]\)
- \([1,16]\)
- \([-2,2]\)
Réponse B.
On cherche les réels \(x\) tels que \(1\leq x^2\leq4\), c’est-à-dire \(1\leq|x|\leq2\). Il faut donc garder les antécédents négatifs. Le piège \([1,2]\) les oublie. Ensuite, \([1,16]\) est l’image directe \(f([1,4])\), qui n’est pas demandée. Quant à \([-2,2]\), il contient \(0\), dont le carré n’est pas dans \([1,4]\). Notons que cette notation ne suppose aucune bijection réciproque.
Question 6
Soient \(f:E\to F\), \(A\subset E\) et \(B\subset F\). Quelle relation est vraie sans hypothèse sur \(f\) ?
- \(f^{-1}\big(f(A)\big)\subset A\)
- \(B\subset f\big(f^{-1}(B)\big)\)
- L’image de \(A\cap C\) est toujours égale à \(f(A)\cap f(C)\)
- \(A\subset f^{-1}\big(f(A)\big)\)
Réponse D.
Tout \(x\in A\) a son image dans \(f(A)\), donc \(x\) est un antécédent d’un élément de \(f(A)\). L’inclusion inverse demande l’injectivité : avec la fonction carré, \(f^{-1}(f(\{1\}))=\{-1,1\}\). De même, \(B\subset f(f^{-1}(B))\) exige la surjectivité. Enfin, l’image d’une intersection est seulement incluse dans l’intersection des images, comme le montrent \(\{-1\}\) et \(\{1\}\).
Question 7
Que dire de l’application \(\mathbb{N}\to\mathbb{N}\), \(n\mapsto 2n\) ?
- Elle est bijective
- Elle est injective mais pas surjective
- Elle est surjective mais pas injective
- Elle n’est ni injective ni surjective
Réponse B.
Si \(2n=2m\), alors \(n=m\) : l’application est donc injective. Cependant, l’entier 1 n’a aucun antécédent, car il est impair, si bien que la surjectivité échoue. Le piège « bijective » vient de l’intuition qu’il y a autant de pairs que d’entiers, ce qui est vrai en cardinal mais ne concerne pas cette application précise. La même formule définie de \(\mathbb{N}\) dans \(2\mathbb{N}\) serait bijective.
Question 8
Soient \(f:E\to F\) et \(g:F\to G\) telles que \(g\circ f\) soit bijective. Que peut-on affirmer à coup sûr ?
- \(f\) est injective et \(g\) est surjective
- \(f\) et \(g\) sont bijectives
- \(f\) est surjective et \(g\) est injective
- \(g\) est injective
Réponse A.
Deux points de même image par \(f\) ont aussi même image par la composée, qui est injective : ils sont donc égaux. Par ailleurs, chaque point de \(G\) est atteint par la composée, donc a fortiori par \(g\). Rien de plus n’est garanti. Prenons en effet \(E\) et \(G\) réduits à un point et \(F\) à deux points : la composée est bijective, mais \(f\) rate un point et \(g\) confond les deux.
Question 9
Si \(f:E\to F\) et \(g:F\to G\) sont bijectives, que vaut \((g\circ f)^{-1}\) ?
- \(g^{-1}\circ f^{-1}\)
- \(f\circ g\)
- \(f^{-1}\circ g^{-1}\)
- \(g^{-1}\circ f\)
Réponse C.
En composant \(g\circ f\) avec \(f^{-1}\circ g^{-1}\) dans les deux sens, les termes du milieu se simplifient et il reste l’identité. Pour revenir en arrière, on défait d’abord la dernière opération. Le piège \(g^{-1}\circ f^{-1}\) garde l’ordre initial ; en général, il n’est même pas défini, puisque \(f^{-1}\) part de \(F\) et arrive dans \(E\). Ainsi, l’ordre des réciproques s’inverse toujours.
Question 10
Pour deux parties \(K,L\) de \(\Omega\), on note \(\chi_K\) et \(\chi_L\) leurs fonctions caractéristiques. Laquelle est celle de la différence symétrique \(K\,\Delta\,L\) ?
- \(\chi_K+\chi_L-\chi_K\chi_L\)
- \(\chi_K-\chi_L\)
- \(\chi_K+\chi_L\)
- \(\chi_K+\chi_L-2\chi_K\chi_L\)
Réponse D.
On teste les quatre situations possibles. Pour un point de \(K\cap L\), l’expression vaut \(1+1-2=0\) ; elle vaut 1 pour un point d’une seule des deux parties, et 0 ailleurs. On retrouve donc la différence symétrique. Le piège avec un seul produit retranché décrit la réunion. Par ailleurs, \(\chi_K-\chi_L\) peut valoir \(-1\), et la simple somme peut valoir 2.
Question 11
Sur \(\mathbb{R}\), deux réels sont dits équivalents lorsque leur écart est un entier relatif. Quel ensemble contient exactement un élément de chaque classe ?
- \([0,1[\)
- \([0,1]\)
- \(\mathbb{Z}\)
- \([0,2[\)
Réponse A.
La classe de \(x\) est \(x+\mathbb{Z}\), qui contient un unique représentant \(x-\lfloor x\rfloor\) dans \([0,1[\). Le piège \([0,1]\) contient 0 et 1, qui sont dans la même classe. De même, \([0,2[\) contient deux représentants de chaque classe, par exemple \(0{,}5\) et \(1{,}5\). Enfin, \(\mathbb{Z}\) est une seule classe, celle de 0, et ne rencontre aucune autre classe.
Question 12
Que dire de la relation « \(a\) divise \(b\) » ?
- C’est un ordre partiel sur \(\mathbb{N}\), mais pas un ordre sur \(\mathbb{Z}\)
- C’est un ordre total sur \(\mathbb{N}\)
- C’est un ordre partiel sur \(\mathbb{N}\) et sur \(\mathbb{Z}\)
- C’est une relation d’équivalence sur \(\mathbb{N}\)
Réponse A.
Sur \(\mathbb{N}\), la divisibilité est réflexive, transitive et antisymétrique. Cependant, 2 et 3 ne sont pas comparables : l’ordre n’est donc pas total. Sur \(\mathbb{Z}\), en revanche, \(2\) divise \(-2\) et réciproquement, alors que \(2\neq-2\), ce qui ruine l’antisymétrie. Enfin, la relation n’est pas symétrique, puisque 1 divise 2 sans que 2 divise 1.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths sup (MPSI) sur injections, surjections et relations
- S’exercer : exercices corrigés sur injections, surjections et relations
- QCM précédent : QCM : Quantificateurs et raisonnements en maths sup (MPSI)
- QCM suivant : QCM : Sommes, produits et binôme en maths sup (MPSI)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths sup (MPSI)
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