QCM : Hessienne et extrema libres en L2 de maths
Ce QCM hessienne L2 porte sur le calcul différentiel d’ordre 2 et la recherche d’extrema. Il commence par des dérivées partielles secondes, les hypothèses du théorème de Schwarz et l’écriture d’une matrice hessienne. Il passe ensuite au développement de Taylor-Young et à la recherche des points critiques. La seconde moitié classe ces points : minimum, maximum ou point col, avec les cas où la hessienne ne permet pas de conclure. Enfin, une question traite un extremum global sur un disque fermé.
Réponds d’abord sans le cours, en posant au brouillon le gradient puis le déterminant de la hessienne. Ensuite, lis chaque explication. Elle refait le calcul, rappelle l’hypothèse qui compte et désigne le piège visé : facteur 2 de la forme quadratique, extremum local pris pour global, point du bord oublié.
Les 12 questions
Question 1
On pose \(f(x,y)=x^3y^2\). Que vaut la dérivée partielle seconde \(\dfrac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y}(x,y)\) ?
- \(6xy^2\)
- \(6x^2y\)
- \(3x^2y\)
- \(2x^3\)
Réponse B.
On dérive d’abord par rapport à \(y\) : on obtient \(2x^3y\). Ensuite, la dérivée par rapport à \(x\) donne \(6x^2y\). L’ordre n’importe pas ici, car \(f\) est polynomiale. Le piège \(6xy^2\) correspond à \(\frac{\partial^2 f}{\partial x^2}\), où l’on dérive deux fois en \(x\). Quant à \(2x^3\), c’est la dérivée seconde en \(y\) seul.
Question 2
Le théorème de Schwarz affirme l’égalité des dérivées croisées d’une fonction \(f\) de deux variables. Quelle hypothèse suffit ?
- \(f\) est de classe \(C^1\) sur un ouvert
- \(f\) admet des dérivées partielles secondes en tout point
- \(f\) est continue et différentiable sur un ouvert
- \(f\) est de classe \(C^2\) sur un ouvert
Réponse D.
Le théorème demande que les dérivées secondes existent et soient continues sur un ouvert. Par conséquent, l’hypothèse \(C^2\) suffit. La simple existence des dérivées secondes ne suffit pas : il existe des fonctions dont les dérivées croisées diffèrent à l’origine. De même, l’hypothèse \(C^1\) ne parle que des dérivées premières. Ainsi, elle ne garantit rien à l’ordre 2.
Question 3
Quelle est la matrice hessienne de \(f(x,y)=x^2+3xy-y^2\) en tout point ?
- \(\begin{pmatrix}2&\frac{3}{2}\\\frac{3}{2}&-2\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}2&3\\3&2\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}2&3\\3&-2\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}1&3\\3&-1\end{pmatrix}\)
Réponse C.
On trouve \(\frac{\partial^2 f}{\partial x^2}=2\), \(\frac{\partial^2 f}{\partial y^2}=-2\) et une dérivée croisée égale à 3. Le piège avec \(\frac{3}{2}\) donne en fait la matrice de la forme quadratique \(f\), qui vaut la moitié de la hessienne. Ensuite, le coefficient 2 en bas à droite oublie le signe moins. Enfin, la diagonale 1 et \(-1\) recopie les coefficients sans dériver.
Question 4
Quel est le terme d’ordre 2 du développement de Taylor-Young de \(f(x,y)=e^{x+2y}\) en \((0,0)\) ?
- \(\frac{1}{2}x^2+2xy+2y^2\)
- \(x^2+4xy+4y^2\)
- \(\frac{1}{2}x^2+xy+2y^2\)
- \(\frac{1}{2}x^2+2y^2\)
Réponse A.
Avec \(u=x+2y\), on a \(e^u=1+u+\frac{u^2}{2}+o(u^2)\). Donc le terme d’ordre 2 vaut \(\frac{1}{2}(x+2y)^2=\frac{1}{2}x^2+2xy+2y^2\). Le piège sans le facteur \(\frac{1}{2}\) oublie la factorielle de Taylor. Ensuite, le coefficient \(xy\) ne vaut pas 1, car le double produit vaut \(4xy\) avant division. Enfin, oublier le terme croisé revient à mal développer le carré.
Question 5
Quels sont les points critiques de \(f(x,y)=x^3-3x+y^2\) ?
- \((1,0)\) seulement
- \((0,0)\) seulement
- \((1,0)\) et \((-1,0)\)
- \((1,0)\), \((-1,0)\) et \((0,0)\)
Réponse C.
Le gradient vaut \((3x^2-3,\,2y)\). Il s’annule si et seulement si \(x^2=1\) et \(y=0\). Ainsi, on obtient deux points critiques. Le piège \((1,0)\) seul oublie la racine négative de \(x^2=1\). Quant à l’origine, elle annule bien \(2y\), cependant la première coordonnée du gradient y vaut \(-3\).
Question 6
Soit \(f\) de classe \(C^1\) sur une partie \(K\) du plan. Quelle affirmation sur la condition nécessaire d’extremum est vraie ?
- Un point où le gradient s’annule est toujours un extremum local
- Un extremum local en un point intérieur à \(K\) annule le gradient
- Un extremum atteint sur le bord de \(K\) annule le gradient
- Un gradient nul en un point impose une hessienne nulle
Réponse B.
En un point intérieur, chaque fonction partielle d’une variable a un extremum local, donc sa dérivée est nulle. La réciproque est fausse : \(x^2-y^2\) a un gradient nul en l’origine sans extremum. Sur le bord, l’argument tombe, car on ne peut pas se déplacer dans toutes les directions. Enfin, \(x^2+y^2\) a un gradient nul en 0 et une hessienne non nulle.
Question 7
On reprend \(f(x,y)=x^3-3x+y^2\), de points critiques \((1,0)\) et \((-1,0)\). Quelle est la nature de ces points ?
- Minimum local non global en \((1,0)\), point col en \((-1,0)\)
- Minimum global en \((1,0)\), point col en \((-1,0)\)
- Point col en \((1,0)\), minimum local en \((-1,0)\)
- Minimum local en \((1,0)\), maximum local en \((-1,0)\)
Réponse A.
La hessienne vaut \(\mathrm{diag}(6x,2)\). En \((1,0)\), elle vaut \(\mathrm{diag}(6,2)\), définie positive : c’est donc un minimum local. En \((-1,0)\), les valeurs propres \(-6\) et 2 sont de signes opposés, d’où un point col. Ce minimum n’est cependant pas global, car \(f(x,0)\) tend vers \(-\infty\) quand \(x\) tend vers \(-\infty\). Le piège du maximum oublie le terme \(y^2\).
Question 8
La fonction \(f(x,y)=x^2+4xy+y^2\) a un unique point critique, l’origine. Quelle est sa nature ?
- Un minimum local strict
- Un maximum local strict
- Un point col
- Un point où la hessienne ne conclut pas
Réponse C.
La hessienne vaut \(\begin{pmatrix}2&4\\4&2\end{pmatrix}\), de déterminant \(4-16=-12\). Un déterminant strictement négatif signale des valeurs propres de signes opposés, donc un col. D’ailleurs, \(f(t,-t)=-2t^2\) et \(f(t,t)=6t^2\). Le piège du minimum ne regarde que la diagonale positive. Enfin, la hessienne ne laisse un doute que si son déterminant est nul.
Question 9
En \((0,0)\), on étudie \(f(x,y)=x^2+y^4\). Que peut-on dire de ce point critique et de sa hessienne ?
- La hessienne ne conclut pas, mais \(f\) y admet un minimum global
- La hessienne conclut à un minimum local strict
- La hessienne conclut à un point col
- La hessienne ne conclut pas, et \(f\) n’y a pas d’extremum
Réponse A.
On trouve une hessienne \(\mathrm{diag}(2,0)\), de déterminant nul. Par conséquent, le critère d’ordre 2 ne tranche pas. On revient alors à la fonction : \(f\geq 0=f(0,0)\) partout, d’où un minimum global. Le piège du minimum strict conclut trop vite à partir d’une valeur propre positive. À l’inverse, \(x^2-y^4\) a la même hessienne et un col.
Question 10
Pour une fonction \(f\) de deux variables, on calcule en \((0,0)\) les deux dérivées croisées : l’une vaut 1, l’autre vaut \(-1\). Que peut-on en déduire ?
- \(f\) n’est pas continue en l’origine
- \(f\) n’est pas de classe \(C^2\) au voisinage de l’origine
- \(f\) n’a pas de dérivées partielles premières en l’origine
- Le théorème de Schwarz est mis en défaut
Réponse B.
Si \(f\) était \(C^2\) au voisinage de l’origine, le théorème de Schwarz donnerait des dérivées croisées égales. Par contraposée, \(f\) n’est pas \(C^2\). Le théorème n’est donc pas mis en défaut, puisque son hypothèse manque. Par ailleurs, l’exemple classique \(\frac{xy(x^2-y^2)}{x^2+y^2}\) est continu et même \(C^1\). Ainsi, les deux autres pièges sont faux.
Question 11
On cherche l’extremum global de \(f(x,y)=x^2+y^2-2x\) sur le disque unité fermé. Quel est son maximum ?
- 4, atteint en \((-1,0)\)
- 1, atteint en \((0,1)\)
- \(-1\), atteint en \((1,0)\)
- 3, atteint en \((-1,0)\)
Réponse D.
Le disque est compact, donc le maximum existe. Le seul point critique, \((1,0)\), est sur le bord. Sur le cercle, \(x^2+y^2=1\), d’où \(f=1-2x\), maximal en \(x=-1\) : on obtient 3. Le piège 4 vient de \((x-1)^2\), en oubliant le \(-1\) de la forme canonique. Quant à \(-1\), c’est le minimum et non le maximum.
Question 12
Soit \(f(x,y)=x^3+y^3-6xy\). Ses points critiques sont \((0,0)\) et \((2,2)\). Que donne l’étude des points critiques ?
- Col en \((0,0)\), minimum global en \((2,2)\)
- Minimum local en \((0,0)\), col en \((2,2)\)
- Maximum local en \((0,0)\), minimum local en \((2,2)\)
- Col en \((0,0)\), minimum local non global en \((2,2)\)
Réponse D.
La hessienne vaut \(\begin{pmatrix}6x&-6\\-6&6y\end{pmatrix}\). En l’origine, son déterminant vaut \(-36\), donc c’est un col. En \((2,2)\), il vaut \(144-36=108\), avec une diagonale positive : c’est donc un minimum local, où \(f=-8\). Cependant, \(f(x,0)=x^3\) tend vers \(-\infty\). Par conséquent, ce minimum n’est pas global, ce qui élimine la réponse « minimum global ».
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de L2 de maths sur hessienne et extrema libres
- S’exercer : exercices corrigés sur hessienne et extrema libres
- QCM précédent : QCM : Différentielle et jacobienne en L2 de maths
- QCM suivant : QCM : Univers dénombrable et Bayes en L2 de maths
- Tous les chapitres : le sommaire de la L2 de maths


























