QCM : Séries positives, Riemann, Bertrand en L2 de maths

Séries positives, Riemann, Bertrand – QCM en Licence 2 sur Maths-pdf.fr Couverture : Livre de contrôles corrigés de maths L2 en PDF Télécharger en PDF Le livre des 25 contrôles corrigés en L2 PDF à imprimer Voir le livre ›


Ce QCM Bertrand L2 passe en revue les outils qui tranchent la nature d’une série à termes positifs. Il part de la divergence grossière, des sommes géométriques et télescopiques, puis du lien entre convergence et sommes partielles majorées. Viennent ensuite la comparaison et l’équivalence, les séries de Riemann et de Bertrand, l’encadrement par des intégrales et les règles du quotient et de la racine. Les dernières questions demandent un équivalent du reste ou des sommes partielles.

Réponds d’abord sans le cours, au brouillon, en notant pour chaque série le critère choisi et ses hypothèses : signe constant, limite du rapport, monotonie de la fonction comparée. Lis ensuite les explications. Elles refont le calcul attendu et désignent l’erreur cachée derrière chaque mauvaise réponse, souvent une hypothèse de positivité oubliée.

Les 12 questions

Question 1

Que peut-on dire de la série dont le terme d’indice \(n\) vaut \(u_n=\dfrac{n}{2n+1}\) ?

  1. Elle diverge grossièrement.
  2. Elle converge, car \(u_n\) est bornée.
  3. Elle converge et sa somme vaut \(\frac{1}{2}\).
  4. Elle diverge, mais pas grossièrement.

Réponse A.

Le terme \(u_n\) tend vers \(\frac{1}{2}\), qui n’est pas nul. Par conséquent, la série diverge grossièrement : ses sommes partielles se comportent comme \(\frac{n}{2}\). Le piège de la somme égale à \(\frac{1}{2}\) confond la limite du terme avec la somme de la série. Quant à un terme borné, il ne suffit jamais à garantir la convergence.

Question 2

Que vaut \(\displaystyle\sum_{n=2}^{+\infty}\left(\frac{3}{5}\right)^{n}\) ?

  1. \(\frac{5}{2}\)
  2. \(\frac{3}{2}\)
  3. \(\frac{9}{10}\)
  4. \(\frac{9}{25}\)

Réponse C.

La raison \(\frac{3}{5}\) appartient à \(]-1,1[\), donc la série converge. On met en facteur le terme d’indice 2 : la somme vaut \(\frac{9}{25}\times\frac{5}{2}=\frac{9}{10}\). La réponse \(\frac{5}{2}\) correspond à un départ en \(n=0\), et \(\frac{3}{2}\) à un départ en \(n=1\) : ces pièges ignorent l’indice initial. Enfin, \(\frac{9}{25}\) n’est que le premier terme.

Question 3

Après décomposition en éléments simples, que vaut \(\displaystyle\sum_{n=1}^{+\infty}\frac{1}{n(n+3)}\) ?

  1. \(\frac{11}{18}\)
  2. \(\frac{11}{6}\)
  3. \(\frac{1}{3}\)
  4. \(\frac{1}{2}\)

Réponse A.

On écrit \(\frac{1}{n(n+3)}=\frac{1}{3}\left(\frac{1}{n}-\frac{1}{n+3}\right)\). Le télescopage porte sur trois rangs : il survit donc \(1+\frac{1}{2}+\frac{1}{3}=\frac{11}{6}\), multiplié par \(\frac{1}{3}\). On trouve \(\frac{11}{18}\). Le piège \(\frac{11}{6}\) perd ce facteur \(\frac{1}{3}\). La valeur \(\frac{1}{3}\) suppose à tort qu’un seul terme survit, comme pour un décalage d’un rang.

Question 4

Soit \((u_n)\) une suite de réels positifs. Parmi ces propriétés, laquelle équivaut à la convergence de \(\sum u_n\) ?

  1. La suite \((u_n)\) tend vers 0.
  2. La suite des sommes partielles est majorée.
  3. La suite \((u_n)\) décroît et tend vers 0.
  4. On a \(u_{n+1}<u_n\) pour tout \(n\).

Réponse B.

Comme chaque terme est positif, la suite des sommes partielles croît. Or une suite croissante converge si et seulement si elle est majorée. Le terme qui tend vers 0 n’est qu’une condition nécessaire : la série harmonique le prouve. De même, la décroissance vers 0 ne suffit pas, puisque \(\frac{1}{n}\) la vérifie et fournit pourtant une série divergente.

Question 5

Quel comportement a la série de terme \(u_n=\sqrt{n+2}-\sqrt{n}\) ?

  1. Elle converge, car \(u_n\) tend vers 0.
  2. Elle converge, car \(u_n\sim\frac{2}{n}\).
  3. Elle diverge, car \(u_n\sim\frac{1}{\sqrt{n}}\).
  4. Elle converge, car elle est télescopique.

Réponse C.

Avec la quantité conjuguée, \(u_n=\frac{2}{\sqrt{n+2}+\sqrt{n}}\). Ce terme positif est équivalent à \(\frac{1}{\sqrt{n}}\), terme de Riemann d’exposant \(\frac{1}{2}\leq 1\). Donc la série diverge. Le piège télescopique mérite attention : une telle somme converge seulement si la suite \(\sqrt{n}\) admet une limite finie, ce qui est faux. Enfin, \(u_n\to 0\) ne prouve rien.

Question 6

Le critère « si \(u_n\sim v_n\), alors \(\sum u_n\) et \(\sum v_n\) ont même nature » exige une hypothèse. Laquelle ?

  1. \(u_n\) et \(v_n\) décroissent à partir d’un certain rang.
  2. \(v_n\) garde un signe fixe à partir d’un certain rang.
  3. \(u_n\) et \(v_n\) tendent toutes deux vers 0.
  4. \(u_n-v_n\) tend vers 0 quand \(n\) tend vers l’infini.

Réponse B.

Sans signe fixe, le critère tombe. Prenons \(u_n=(-1)^n n^{-1/3}\) et \(v_n=u_n+n^{-2/3}\) : elles sont équivalentes, puisque l’ajout est négligeable devant \(u_n\). Cependant, la série des \(u_n\) converge par le critère des séries alternées, alors que celle des \(v_n\) diverge. Le piège \(u_n-v_n\to 0\) est trop faible. Enfin, la monotonie n’intervient pas.

Question 7

Pour quels réels \(a\) et \(b\) la série de Bertrand de terme \(\frac{1}{k^{a}(\ln k)^{b}}\), pour \(k\geq 2\), converge-t-elle ?

  1. \(a>1\) et \(b>1\)
  2. \(a>1\), ou bien \(a=1\) et \(b>1\)
  3. \(a\geq 1\) et \(b>1\)
  4. \(a>1\), ou bien \(a=1\) et \(b\geq 1\)

Réponse B.

Si \(a>1\), on compare à \(k^{-c}\) avec \(1<c<a\) : le logarithme ne pèse rien, quel que soit \(b\). Si \(a=1\), l’encadrement intégral fait intervenir \(\int\frac{\mathrm{d}t}{t(\ln t)^{b}}\), finie seulement pour \(b>1\). Par conséquent, exiger \(b>1\) quand \(a>1\) est un piège. De plus, le cas \(a=b=1\) diverge.

Question 8

En encadrant par une intégrale, quel équivalent obtient-on pour \(S_N=\displaystyle\sum_{n=2}^{N}\frac{1}{n\sqrt{\ln n}}\) quand \(N\to+\infty\) ?

  1. \(\sqrt{\ln N}\)
  2. \(\ln(\ln N)\)
  3. \(\frac{2}{3}(\ln N)^{3/2}\)
  4. \(2\sqrt{\ln N}\)

Réponse D.

La fonction \(t\mapsto\frac{1}{t\sqrt{\ln t}}\) est positive et décroissante sur \([2,+\infty[\). On peut donc encadrer \(S_N\) par des intégrales, et une primitive vaut \(2\sqrt{\ln t}\). Ainsi \(S_N\sim 2\sqrt{\ln N}\). Le piège \(\sqrt{\ln N}\) oublie le facteur 2. Quant à \(\frac{2}{3}(\ln N)^{3/2}\), il intègre \(\frac{\sqrt{\ln t}}{t}\) : la racine est passée du dénominateur au numérateur.

Question 9

On applique la règle de d’Alembert au terme \(u_n=\dfrac{2^n\,n!}{n^n}\). Quel résultat obtient-on ?

  1. Le rapport tend vers \(\frac{2}{e}\), donc la série converge.
  2. Le rapport tend vers \(2e\), donc la série diverge.
  3. Le rapport tend vers 2, donc la série diverge.
  4. Le rapport tend vers 1, donc on ne peut conclure.

Réponse A.

On simplifie le quotient : \(\frac{u_{n+1}}{u_n}=2\left(\frac{n}{n+1}\right)^{n}\). Or \(\left(1+\frac{1}{n}\right)^{-n}\) tend vers \(\frac{1}{e}\), donc le rapport tend vers \(\frac{2}{e}\), environ \(0{,}74\). Comme ce nombre est inférieur à 1, la série converge. Le piège 2 remplace \(\frac{n}{n+1}\) par 1 alors que l’exposant explose. La réponse \(2e\) inverse la limite.

Question 10

On étudie \(u_n=\left(1-\dfrac{2}{n}\right)^{n^2}\), pour \(n\geq 3\), avec la règle de Cauchy. Quelle conclusion est correcte ?

  1. Le terme tend vers \(e^{-2}\), donc la série diverge grossièrement.
  2. La racine \(n\)-ième tend vers 1, donc on ne peut conclure.
  3. La racine \(n\)-ième tend vers \(e^{2}\), donc la série diverge.
  4. La racine \(n\)-ième tend vers \(e^{-2}\), donc la série converge.

Réponse D.

La racine \(n\)-ième de \(u_n\) vaut \(\left(1-\frac{2}{n}\right)^{n}\), qui tend vers \(e^{-2}<1\). Par conséquent, la série converge. Le piège de la divergence grossière confond \(u_n\) avec sa racine : en réalité, \(u_n\) tend vers 0. La limite 1 vient, elle aussi, d’un remplacement abusif de \(1-\frac{2}{n}\) par 1 sous un exposant qui grandit.

Question 11

Quel est un équivalent du reste \(R_n=\displaystyle\sum_{k>n}\frac{1}{k^3}\) quand \(n\to+\infty\) ?

  1. \(\frac{1}{n^3}\)
  2. \(\frac{1}{n^2}\)
  3. \(\frac{1}{2n^2}\)
  4. \(\frac{1}{3n^3}\)

Réponse C.

La fonction \(t\mapsto t^{-3}\) décroît. On compare donc \(R_n\) aux intégrales de \(t^{-3}\) sur \([n+1,+\infty[\) et sur \([n,+\infty[\), qui valent \(\frac{1}{2(n+1)^2}\) et \(\frac{1}{2n^2}\). Ainsi \(R_n\sim\frac{1}{2n^2}\). Le piège \(\frac{1}{n^3}\) prend le premier terme du reste pour le reste entier. Quant à \(\frac{1}{n^2}\), il oublie le facteur \(\frac{1}{2}\) de la primitive.

Question 12

Par sommation des relations de comparaison, quel est un équivalent de \(\displaystyle\sum_{k=1}^{n}\ln\left(1+k^{-1/3}\right)\) ?

  1. \(n^{2/3}\)
  2. \(\frac{2}{3}n^{2/3}\)
  3. \(\ln n\)
  4. \(\frac{3}{2}n^{2/3}\)

Réponse D.

Le terme est positif et équivalent à \(k^{-1/3}\), terme d’une série divergente. Le théorème de sommation s’applique donc : les sommes partielles sont équivalentes. Or la somme des \(k^{-1/3}\) se compare à \(\int_1^n t^{-1/3}\,\mathrm{d}t\), qui est équivalente à \(\frac{3}{2}n^{2/3}\). Le piège \(\frac{2}{3}n^{2/3}\) inverse le coefficient de la primitive. Enfin, \(\ln n\) confond ce terme avec \(\frac{1}{k}\).

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