QCM : Compacité séquentielle et connexité en L3 de maths

Compacité séquentielle et connexité – QCM en Licence 3 sur Maths-pdf.fr Couverture : Livre de contrôles corrigés de maths L3 en PDF Télécharger en PDF Le livre des 25 contrôles corrigés en L3 PDF à imprimer Voir le livre ›


Ce QCM connexité L3 réunit les deux grandes notions topologiques du semestre. D’un côté, la compacité : propriété de Borel-Lebesgue, version séquentielle et équivalence des deux dans un espace métrique, compacts de la dimension finie, bornes atteintes et théorème de Heine. De l’autre, la connexité : parties connexes de \(\mathbb{R}\), image continue d’un connexe, connexité par arcs et valeurs intermédiaires. Les questions avancent du plus élémentaire au plus délicat.

Pour un entraînement efficace, réponds aux douze questions sans cours ni notes, en dessinant chaque partie quand c’est possible. Ensuite, lis toutes les explications : elles justifient la bonne réponse et signalent le contre-exemple ou l’hypothèse oubliée derrière chaque piège. Reprends enfin le théorème concerné pour chaque erreur.

Les 12 questions

Question 1

Les intervalles ouverts \(]1/n,\,2[\), pour \(n\geq 1\), recouvrent \(]0,1]\). Qu’en déduit-on ?

  1. \(]0,1]\) n’est pas compact, faute de sous-recouvrement fini
  2. \(]0,1]\) est compact, car le recouvrement est dénombrable
  3. \(]0,1]\) est compact, car il est borné dans \(\mathbb{R}\)
  4. \(]0,1]\) n’est pas compact, car il n’est pas ouvert

Réponse A.

Un nombre fini de ces intervalles a pour réunion \(]1/N,2[\), qui manque les points proches de 0. Donc aucun sous-recouvrement fini n’existe, et la propriété de Borel-Lebesgue échoue. Le caractère borné ne suffit pas : il faut aussi être fermé. Par ailleurs, \([0,1]\) n’est pas ouvert et pourtant il est compact, ce qui écarte le dernier argument.

Question 2

Laquelle de ces parties de \(\mathbb{R}\) est compacte ?

  1. \(\{1/n : n\geq 1\}\)
  2. \(\{0\}\cup\{1/n : n\geq 1\}\)
  3. \(\mathbb{N}\)
  4. \([0,1[\)

Réponse B.

Toute suite de \(\{0\}\cup\{1/n\}\) prend une valeur une infinité de fois, ou bien contient des termes \(1/n\) avec \(n\) arbitrairement grand ; dans les deux cas, une sous-suite converge dans l’ensemble. En revanche, sans le point 0, la suite \(1/n\) n’a plus de valeur d’adhérence dans la partie. De même, \(\mathbb{N}\) n’est pas borné, et \([0,1[\) perd la limite 1.

Question 3

Dans un espace métrique, une partie vérifie la propriété de Borel-Lebesgue si et seulement si :

  1. toute suite de la partie a une sous-suite qui y converge
  2. elle est fermée et bornée
  3. elle est complète pour la distance induite
  4. toute suite bornée de la partie y converge

Réponse A.

En espace métrique, compacité au sens des recouvrements et compacité séquentielle coïncident ; c’est le théorème d’équivalence du cours. Cependant, « fermé et borné » ne suffit qu’en dimension finie : la boule unité de \(\ell^1\) en est un contre-exemple. De même, la complétude ne suffit pas, puisque \(\mathbb{R}\) est complet sans être compact. Enfin, une suite bornée peut osciller sans converger.

Question 4

Laquelle de ces parties de \(\mathbb{R}^2\) est compacte ?

  1. \(\{(x,y) : xy=1\}\)
  2. \(\{(x,y) : x^2+y^2<1\}\)
  3. \(\{(x,\sin(1/x)) : 0<x\leq 1\}\)
  4. \(\{(x,y) : x^2+y^4\leq 1\}\)

Réponse D.

En dimension finie, les compacts sont exactement les fermés bornés. La première partie est fermée, comme image réciproque d’un fermé par une fonction continue, et bornée, car \(|x|\leq 1\) et \(|y|\leq 1\). En revanche, l’hyperbole est fermée mais non bornée. De plus, le disque ouvert n’est pas fermé, et le graphe de \(\sin(1/x)\) n’est pas fermé non plus : il lui manque un segment de l’axe vertical.

Question 5

Laquelle de ces fonctions continues n’atteint pas sa borne supérieure ?

  1. \(x\mapsto x\,e^{-x}\) sur \([0,+\infty[\)
  2. \(x\mapsto\arctan x\) sur \(\mathbb{R}\)
  3. \(x\mapsto\sin x\) sur \(\mathbb{R}\)
  4. \(x\mapsto x(1-x)\) sur \([0,1]\)

Réponse B.

L’arctangente est strictement croissante, de borne supérieure \(\pi/2\), jamais atteinte. En revanche, \(x\,e^{-x}\) atteint son maximum \(1/e\) en \(x=1\), même si son domaine n’est pas compact. Ainsi la compacité est suffisante mais pas nécessaire. Par ailleurs, le sinus vaut 1 en \(\pi/2\), et le troisième cas relève directement du théorème des bornes atteintes, avec un maximum \(1/4\).

Question 6

Soit \(K\) une partie compacte non vide d’un espace métrique \(E\), et \(x\in E\). Que peut-on affirmer ?

  1. Il existe un unique \(y\in K\) tel que \(d(x,y)=d(x,K)\)
  2. On a \(d(x,K)>0\) pour tout \(x\in E\)
  3. Il existe \(y\in K\) tel que \(d(x,y)=d(x,K)\)
  4. Un tel \(y\) existe seulement si \(E\) est normé

Réponse C.

L’application \(y\mapsto d(x,y)\) est continue sur le compact \(K\), donc elle atteint son minimum, qui vaut \(d(x,K)\). Cependant, l’unicité est fausse : le centre d’un cercle est à égale distance de tous ses points. De plus, \(d(x,K)\) est nulle dès que \(x\in K\). Par conséquent, aucune structure vectorielle n’est nécessaire, seule la compacité compte.

Question 7

Le théorème de Heine affirme qu’une fonction continue sur un espace métrique compact, à valeurs dans un espace métrique, est :

  1. lipschitzienne
  2. injective
  3. contractante
  4. uniformément continue

Réponse D.

Heine donne la continuité uniforme, et rien de plus. En effet, \(x\mapsto\sqrt{x}\) est continue sur le compact \([0,1]\), donc uniformément continue, mais elle n’est pas lipschitzienne près de 0. Le piège classique est de confondre ces deux propriétés. Par ailleurs, une fonction constante est continue sur un compact sans être injective, et \(x\mapsto 2x\) sur \([0,1]\) n’est pas contractante.

Question 8

Laquelle de ces parties de \(\mathbb{R}\) est connexe ?

  1. \([0,1]\cup[2,3]\)
  2. \(\mathbb{Q}\)
  3. \(\{t\in\mathbb{R} : 2-t^2\geq 0\}\)
  4. \(\mathbb{R}^{*}\)

Réponse C.

Les connexes de \(\mathbb{R}\) sont exactement les intervalles. Or \(2-t^2\geq 0\) décrit le segment \([-\sqrt{2},\sqrt{2}]\), donc cette partie est connexe. En revanche, \([0,1]\cup[2,3]\) et \(\mathbb{R}^{*}\) contiennent deux points sans contenir un point situé entre eux. De même, \(\mathbb{Q}\) contient 0 et 2 sans contenir \(\sqrt{2}\) : la densité ne remplace pas la connexité.

Question 9

Pourquoi le groupe \(GL_n(\mathbb{R})\) des matrices inversibles n’est-il pas connexe ?

  1. Il n’est pas fermé dans l’espace \(M_n(\mathbb{R})\)
  2. Il n’est pas borné dans l’espace \(M_n(\mathbb{R})\)
  3. Le déterminant, continu, l’envoie sur \(\mathbb{R}^{*}\), qui n’est pas connexe
  4. Il est ouvert dans l’espace \(M_n(\mathbb{R})\)

Réponse C.

L’image continue d’un connexe est connexe. Or le déterminant est continu et surjectif de \(GL_n(\mathbb{R})\) sur \(\mathbb{R}^{*}\), qui n’est pas un intervalle. Donc \(GL_n(\mathbb{R})\) n’est pas connexe. Les trois autres propriétés sont vraies, mais elles ne disent rien de la connexité : par exemple, une boule ouverte est ouverte, non fermée, et pourtant connexe.

Question 10

Soit \(\Gamma\) le graphe de \(x\mapsto\sin(1/x)\) sur \(]0,1]\). Son adhérence dans \(\mathbb{R}^2\) est :

  1. connexe par arcs, donc connexe
  2. connexe, mais pas connexe par arcs
  3. ni connexe, ni connexe par arcs
  4. connexe par arcs, mais pas connexe

Réponse B.

Le graphe \(\Gamma\) est connexe, comme image continue d’un intervalle, et l’adhérence d’un connexe reste connexe. Cependant, aucun chemin continu ne relie le point \((0,0)\) au point \((1,\sin 1)\), car la courbe oscille trop près de l’axe vertical. Ainsi la connexité n’entraîne pas la connexité par arcs. Enfin, « connexe par arcs, mais pas connexe » est impossible, puisque connexe par arcs implique connexe.

Question 11

Soit \(f:[0,1]\to[0,1]\) une application continue. Que peut-on affirmer ?

  1. \(f\) admet un unique point fixe
  2. \(f\) admet un point fixe seulement si elle est monotone
  3. \(f\) peut n’avoir aucun point fixe
  4. \(f\) admet au moins un point fixe

Réponse D.

On pose \(g(x)=f(x)-x\). Alors \(g(0)\geq 0\) et \(g(1)\leq 0\). Par conséquent, le théorème des valeurs intermédiaires fournit un zéro de \(g\), c’est-à-dire un point fixe de \(f\). En revanche, l’identité montre que l’unicité est fausse. De plus, aucune monotonie n’est requise : seuls comptent la connexité de \([0,1]\) et le fait que \(f\) envoie le segment dans lui-même.

Question 12

Quel argument montre que \(\mathbb{R}\) et \(\mathbb{R}^2\) ne sont pas homéomorphes ?

  1. \(\mathbb{R}\) privé d’un point n’est pas connexe, alors que \(\mathbb{R}^2\) privé d’un point l’est
  2. \(\mathbb{R}^2\) n’est pas connexe par arcs, alors que \(\mathbb{R}\) l’est
  3. \(\mathbb{R}\) est complet, alors que \(\mathbb{R}^2\) ne l’est pas
  4. \(\mathbb{R}\) et \(\mathbb{R}^2\) n’ont pas le même cardinal

Réponse A.

Un homéomorphisme \(h\) de \(\mathbb{R}^2\) sur \(\mathbb{R}\) induirait un homéomorphisme entre \(\mathbb{R}^2\) privé d’un point et \(\mathbb{R}\) privé de son image. Or le premier est connexe par arcs, tandis que le second est réunion de deux demi-droites disjointes. Les autres arguments sont faux : \(\mathbb{R}^2\) est complet et connexe par arcs, et les deux ensembles ont le même cardinal.

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