Bases et dimension de sous-espaces : corrigé du contrôle de maths en L1

Bases et dimension de sous-espaces – Corrigé du contrôle en Licence 1 sur Maths-pdf.fr Couverture : Livre de contrôles corrigés de maths L1 en PDF Télécharger en PDF Le livre des 25 contrôles corrigés en L1 PDF à imprimer Voir le livre ›


Voici le corrigé du contrôle de maths en L1 sur le thème « bases et dimension de sous-espaces », question par question.

Cette correction est rédigée comme une copie de licence soignée. Chaque preuve de sous-espace vérifie le vecteur nul puis la stabilité, et chaque réfutation repose sur un contre-exemple chiffré. Ainsi, vous verrez comment obtenir un rang par une relation de liaison, puis une équation cartésienne de l’espace engendré.

Pour les polynômes, la correction relie les conditions imposées aux racines multiples, ce qui donne directement une base. Pour les suites, elle détaille la récurrence double qui prouve le caractère générateur. De plus, le problème montre pourquoi la formule de Grassmann évite des calculs inutiles. Refaites d’abord chaque exercice seul, puis comparez votre rédaction au barème détaillé fourni après chaque exercice.

L’énoncé complet se trouve ici : Bases et dimension de sous-espaces : contrôle de maths en L1.

Barème du contrôle corrigé : bases et dimension de sous-espaces

Exercice Points
1. Quatre parties à examiner 3 points
2. Une famille de quatre vecteurs 4 points
3. Polynômes et suites récurrentes 4 points
4. Deux plans supplémentaires 3 points
5. Problème : intersection et somme dans un espace de polynômes 6 points
Total 20 points

Le corrigé détaillé : bases et dimension de sous-espaces

Exercice 1 – Quatre parties à examiner (3 points)

Pour chaque partie, on teste d’abord la présence du vecteur nul, puis la stabilité par combinaison linéaire.

  1. Le vecteur nul vérifie \(2 \times 0 – 0 + 3 \times 0 = 0\), donc il appartient à \(A\). Soient ensuite \(v = (x, y, z, t)\) et \(v^{\prime} = (x^{\prime}, y^{\prime}, z^{\prime}, t^{\prime})\) dans \(A\), et \(\lambda\) un réel. Le vecteur \(\lambda v + v^{\prime}\) a pour coordonnées \((\lambda x + x^{\prime}, \lambda y + y^{\prime}, \lambda z + z^{\prime}, \lambda t + t^{\prime})\). Or :
    \(2(\lambda x + x^{\prime}) – (\lambda y + y^{\prime}) + 3(\lambda t + t^{\prime}) = \lambda(2x – y + 3t) + (2x^{\prime} – y^{\prime} + 3t^{\prime}) = \lambda \times 0 + 0 = 0\).
    Ainsi \(\lambda v + v^{\prime} \in A\). Par conséquent, \(A\) est un sous-espace vectoriel de \(\mathbb{R}^4\).
  2. Pour le vecteur nul, on obtient \(0 + 0 + 0 + 0 = 0 \neq 1\). Comme un sous-espace contient toujours le vecteur nul, \(B\) n’est pas un sous-espace vectoriel.
  3. Questions 3 et 4 : un contre-exemple, puis des polynômes

    Prenons \(a = (1, 0, 0, 1)\) et \(b = (1, 0, 0, -1)\). On a \(1^2 = 1^2\) et \(1^2 = (-1)^2\), donc \(a\) et \(b\) sont dans \(C\). En revanche, \(a + b = (2, 0, 0, 0)\) vérifie \(2^2 = 4 \neq 0 = 0^2\), donc \(a + b \notin C\). La partie \(C\) n’est pas stable par addition : \(C\) n’est pas un sous-espace vectoriel. La figure montre que \(C\) contient deux droites, mais que leur réunion ne contient pas la somme \(a + b\).

Les droites t = x et t = -x, les vecteurs a et b portés par chacune, et leur somme a + b hors des deux droites
  1. Le polynôme nul vérifie \(0 + 0 = 0\), donc il appartient à \(D\). Soient \(P\) et \(Q\) dans \(D\) et \(\lambda\) réel. Comme la dérivée de \(\lambda P + Q\) vaut \(\lambda P^{\prime} + Q^{\prime}\), on en tire :
    \((\lambda P + Q)(1) + (\lambda P + Q)^{\prime}(0) = \lambda\left(P(1) + P^{\prime}(0)\right) + \left(Q(1) + Q^{\prime}(0)\right) = 0\).
    Donc \(D\) est un sous-espace vectoriel de \(\mathbb{R}_3[X]\).

Piège classique : une partie peut contenir le vecteur nul sans être un sous-espace, comme \(C\). Le vecteur nul est une condition nécessaire, mais il faut aussi la stabilité.

Barème : 1) 1 point (0,25 pour le vecteur nul, 0,75 pour la stabilité) ; 2) 0,5 point ; 3) 0,5 point pour un contre-exemple explicite et vérifié ; 4) 1 point (0,25 pour le polynôme nul, 0,75 pour la stabilité).

Exercice 2 – Une famille de quatre vecteurs (4 points)

  1. On calcule \(2u_1 = (2, 4, 0, -2)\), puis \(2u_1 – u_2 = (2, 3, -1, -4)\). Donc \(u_3 = 2u_1 – u_2\). La relation \(2u_1 – u_2 – u_3 + 0 \times u_4 = 0\) a des coefficients non tous nuls : la famille \((u_1, u_2, u_3, u_4)\) est liée.
  2. Soient \(\alpha\), \(\beta\), \(\gamma\) réels tels que \(\alpha u_1 + \beta u_2 + \gamma u_4 = 0\). Coordonnée par coordonnée, on obtient le système :
    \(\alpha + \gamma = 0\) ; \(2\alpha + \beta + \gamma = 0\) ; \(\beta + \gamma = 0\) ; \(-\alpha + 2\beta + \gamma = 0\).
    Les première et troisième équations donnent \(\alpha = -\gamma\) et \(\beta = -\gamma\). La deuxième devient alors \(-2\gamma – \gamma + \gamma = -2\gamma = 0\), d’où \(\gamma = 0\), puis \(\alpha = \beta = 0\). La famille \((u_1, u_2, u_4)\) est donc libre.
    De plus, \(u_3 \in \mathrm{Vect}(u_1, u_2)\), si bien que \(G = \mathrm{Vect}(u_1, u_2, u_4)\). Ainsi \((u_1, u_2, u_4)\) est une base de \(G\), le rang de la famille initiale vaut \(3\) et \(\dim G = 3\).
  3. Questions 3 et 4 : une équation de G, puis une base complétée

    On cherche \(a\), \(b\), \(c\), \(d\) tels que \(ax + by + cz + dt = 0\) soit vérifiée par \(u_1\), \(u_2\) et \(u_4\) :
    \(a + 2b – d = 0\) ; \(b + c + 2d = 0\) ; \(a + b + c + d = 0\).
    La première donne \(a = d – 2b\). En reportant dans la troisième, on trouve \(c = b – 2d\). Alors la deuxième s’écrit \(b + b – 2d + 2d = 2b = 0\), donc \(b = 0\), \(a = d\) et \(c = -2d\). Avec \(d = 1\), on obtient l’équation \(x – 2z + t = 0\).
    Soit \(K\) l’ensemble des solutions de cette équation. Ses vecteurs s’écrivent \((2z – t, y, z, t) = y(0, 1, 0, 0) + z(2, 0, 1, 0) + t(-1, 0, 0, 1)\). Ces trois vecteurs forment une famille libre, car leurs deuxième, troisième et quatrième coordonnées sont échelonnées. Donc \(\dim K = 3\). Or \(u_1\), \(u_2\), \(u_4\) sont dans \(K\), donc \(G \subset K\), et les deux dimensions valent \(3\). Par conséquent, \(G = K\) : une équation de \(G\) est \(x – 2z + t = 0\).

  4. Le vecteur \(e_1 = (1, 0, 0, 0)\) donne \(1 – 0 + 0 = 1 \neq 0\), donc \(e_1 \notin G\). Supposons \(\alpha u_1 + \beta u_2 + \gamma u_4 + \delta e_1 = 0\). Si \(\delta\) était non nul, \(e_1\) serait combinaison de vecteurs de \(G\), ce qui est faux. Donc \(\delta = 0\), puis \(\alpha = \beta = \gamma = 0\) car \((u_1, u_2, u_4)\) est libre. Nous disposons ainsi de \(4\) vecteurs indépendants, autant que la dimension de \(\mathbb{R}^4\). Donc \((u_1, u_2, u_4, e_1)\) est une base de \(\mathbb{R}^4\).

Piège classique : tous les vecteurs de la base canonique ne conviennent pas. Par exemple, \(e_2 = (0, 1, 0, 0)\) vérifie l’équation de \(G\), donc il appartient à \(G\) et ne complète pas la base.

Barème : 1) 1 point, partagé entre la relation trouvée et le mot « liée » ; 2) 1 point, dont la moitié sur la résolution du système ; 3) 1 point, la moitié pour les coefficients et le reste pour la comparaison des dimensions ; 4) 1 point.

Exercice 3 – Polynômes et suites récurrentes (4 points)

Partie A : un sous-espace de polynômes

  1. Soit \(P \in \mathbb{R}_3[X]\). Les conditions \(P(2) = 0\) et \(P^{\prime}(2) = 0\) signifient que \(2\) est racine de \(P\) d’ordre au moins \(2\), c’est-à-dire que \((X – 2)^2\) divise \(P\). Comme \(\deg P \leq 3\), le quotient est de degré au plus \(1\), donc \(P = (X – 2)^2(aX + b)\). Réciproquement, un tel polynôme est de degré au plus \(3\) et admet \(2\) comme racine double, donc il appartient à \(F\).
    Ainsi \(F = \mathrm{Vect}\left((X – 2)^2, X(X – 2)^2\right)\). Ces deux polynômes sont de degrés distincts \(2\) et \(3\), donc ils forment une famille libre. Une base de \(F\) est \(\left((X – 2)^2, X(X – 2)^2\right)\), et \(\dim F = 2\).
  2. Les quatre polynômes \(1\), \(X – 2\), \((X – 2)^2\), \((X – 2)^3\) sont de degrés \(0\), \(1\), \(2\), \(3\), tous distincts. Or des polynômes non nuls échelonnés en degré sont toujours indépendants. Cette famille compte \(4\) éléments dans \(\mathbb{R}_3[X]\), qui est de dimension \(4\) : c’est donc une base.
    Ensuite, la formule du binôme appliquée à \(X^3 = \left((X – 2) + 2\right)^3\) donne :
    \(X^3 = (X – 2)^3 + 6(X – 2)^2 + 12(X – 2) + 8\).
    On peut contrôler ce résultat par la formule de Taylor en \(2\) : \(P(2) = 8\), \(P^{\prime}(2) = 12\), \(\frac{P^{\prime\prime}(2)}{2} = 6\) et \(\frac{P^{\prime\prime\prime}(2)}{6} = 1\). Les coordonnées de \(X^3\) dans cette base sont \((8, 12, 6, 1)\).

Partie B : les suites récurrentes

  1. La suite nulle vérifie la relation, car \(0 = 0 + 6 \times 0\). Si \(u\) et \(v\) sont dans \(S\) et \(\lambda\) est réel, alors pour tout \(n\) :
    \(\lambda u_{n+2} + v_{n+2} = \lambda(u_{n+1} + 6u_n) + (v_{n+1} + 6v_n) = (\lambda u_{n+1} + v_{n+1}) + 6(\lambda u_n + v_n)\).
    Donc \(S\) est un sous-espace vectoriel. De plus, \(g_{n+1} + 6g_n = 3 \times 3^n + 6 \times 3^n = 9 \times 3^n = g_{n+2}\). De même, \(h_{n+1} + 6h_n = -2(-2)^n + 6(-2)^n = 4(-2)^n = h_{n+2}\). Ainsi \(g\) et \(h\) appartiennent à \(S\).
  2. Supposons \(\alpha g + \beta h = 0\). Au rang \(0\), on obtient \(\alpha + \beta = 0\), puis au rang \(1\), \(3\alpha – 2\beta = 0\). En remplaçant \(\beta\) par \(-\alpha\), il vient \(5\alpha = 0\), donc \(\alpha = \beta = 0\). La famille \((g, h)\) est libre.
  3. On veut \(\alpha + \beta = u_0\) et \(3\alpha – 2\beta = u_1\). Le double de la première, ajouté à la seconde, fournit \(5\alpha = 2u_0 + u_1\). Donc \(\alpha = \frac{2u_0 + u_1}{5}\) et \(\beta = u_0 – \alpha = \frac{3u_0 – u_1}{5}\).
    Alors \(w = u – \alpha g – \beta h\) appartient à \(S\), car \(S\) est un sous-espace, et \(w_0 = w_1 = 0\). Une récurrence double établit alors la nullité de tous les termes : elle est acquise aux rangs \(0\) et \(1\). Si \(w_n = w_{n+1} = 0\), alors \(w_{n+2} = w_{n+1} + 6w_n = 0\). Par conséquent, \(w\) est la suite nulle et \(u = \alpha g + \beta h\).
    La famille \((g, h)\) est donc génératrice de \(S\) et libre. C’est une base de \(S\), et \(\dim S = 2\).

Barème : A1) 1 point, la racine double comptant autant que la base ; A2) 1 point, réparti entre l’argument des degrés et le développement de \(X^3\) ; B1) 0,5 point ; B2) 0,5 point ; B3) 1 point, à égalité entre le calcul de \(\alpha\), \(\beta\) et la récurrence double.

Exercice 4 – Deux plans supplémentaires (3 points)

  1. Un vecteur \((x, y, z, t)\) est dans \(F\) si et seulement si \(y = -x\) et \(t = z\). Il s’écrit alors \((x, -x, z, z) = x(1, -1, 0, 0) + z(0, 0, 1, 1)\). Ces deux vecteurs ne sont pas colinéaires, car le premier a ses deux dernières coordonnées nulles et pas le second. Donc \(\left((1, -1, 0, 0), (0, 0, 1, 1)\right)\) est une base de \(F\), et \(\dim F = 2\).
  2. D’abord, \(w_1\) et \(w_2\) ne sont pas colinéaires, donc \(\dim H = 2\). Ensuite, soit \(v = \alpha w_1 + \beta w_2 = (\alpha, \beta, \alpha, \beta)\) un vecteur de \(F \cap H\). Les équations de \(F\) donnent \(\alpha + \beta = 0\) et \(\alpha – \beta = 0\), donc \(\alpha = \beta = 0\). Ainsi \(F \cap H = \{0\}\) et la somme \(F + H\) est directe.
    Enfin, \(\dim(F \oplus H) = 2 + 2 = 4 = \dim \mathbb{R}^4\), donc \(F \oplus H = \mathbb{R}^4\). Les sous-espaces \(F\) et \(H\) sont supplémentaires dans \(\mathbb{R}^4\).
  3. On cherche \(k = (\alpha, \beta, \alpha, \beta)\) tel que \(f = v – k = (3 – \alpha, 1 – \beta, 2 – \alpha, -\beta)\) soit dans \(F\). Les conditions s’écrivent \(4 – \alpha – \beta = 0\) et \(2 – \alpha + \beta = 0\), donc \(\alpha + \beta = 4\) et \(\alpha – \beta = 2\). On obtient \(\alpha = 3\) et \(\beta = 1\). Donc \(v = (0, 0, -1, -1) + (3, 1, 3, 1)\), et l’on vérifie bien que \((0, 0, -1, -1)\) est dans \(F\).

Barème : 1) 1 point, dont la moitié réservée à la non-colinéarité ; 2) 1,5 point, soit un demi-point chacun pour \(\dim H\), le calcul de \(F \cap H\) et le bilan des dimensions ; 3) 0,5 point.

Exercice 5 – Problème : intersection et somme dans un espace de polynômes (6 points)

  1. Le polynôme nul prend la valeur \(0\) en \(1\) et en \(-1\), donc il appartient à \(U\). Si \(P\) et \(R\) sont dans \(U\) et \(\lambda\) est réel, alors \((\lambda P + R)(1) = \lambda P(1) + R(1) = \lambda P(-1) + R(-1) = (\lambda P + R)(-1)\). Donc \(U\) est un sous-espace vectoriel de \(E\).
    Pour \(P = a + bX + cX^2 + dX^3\), on a \(P(1) = a + b + c + d\) et \(P(-1) = a – b + c – d\). La condition \(P(1) = P(-1)\) équivaut donc à \(2b + 2d = 0\), soit \(d = -b\). Alors \(P = a + cX^2 + b(X – X^3)\), et \(U = \mathrm{Vect}(1, X^2, X – X^3)\). Ces trois polynômes ont des degrés distincts \(0\), \(2\) et \(3\), si bien qu’ils forment une famille libre. Ainsi \((1, X^2, X – X^3)\) est une base de \(U\), et \(\dim U = 3\).
  2. En \(0\), les deux polynômes valent \(0\). En \(2\), on trouve \(4 – 4 = 0\) et \(8 – 8 = 0\). Ils appartiennent donc à \(V\).
    Réciproquement, soit \(P \in V\). Les réels \(0\) et \(2\) sont deux racines distinctes de \(P\), donc \(X(X – 2)\) divise \(P\). Comme \(\deg P \leq 3\), on peut écrire \(P = X(X – 2)(\alpha X + \beta) = \alpha(X^3 – 2X^2) + \beta(X^2 – 2X)\). La famille est donc génératrice de \(V\). Elle est aussi libre, car ses deux polynômes sont de degrés \(3\) et \(2\). Par conséquent, \((X^2 – 2X, X^3 – 2X^2)\) est une base de \(V\), et \(\dim V = 2\).
  3. Question 3 : l’intersection de U et V

    Un polynôme de \(V\) s’écrit \(P = \alpha(X^3 – 2X^2) + \beta(X^2 – 2X) = \alpha X^3 + (\beta – 2\alpha)X^2 – 2\beta X\). Ses coefficients sont donc \(b = -2\beta\) et \(d = \alpha\). D’après la question 1, \(P \in U\) si et seulement si \(d = -b\), c’est-à-dire \(\alpha = 2\beta\). On obtient alors :
    \(P = 2\beta(X^3 – 2X^2) + \beta(X^2 – 2X) = \beta(2X^3 – 3X^2 – 2X)\).
    Posons \(Q = 2X^3 – 3X^2 – 2X\). On vérifie que \(Q(1) = 2 – 3 – 2 = -3\) et \(Q(-1) = -2 – 3 + 2 = -3\), puis \(Q(0) = 0\) et \(Q(2) = 16 – 12 – 4 = 0\). Donc \(U \cap V = \mathrm{Vect}(Q)\), de base \((Q)\) et de dimension \(1\). La figure illustre les quatre valeurs vérifiées.

Courbe du polynôme Q = 2X au cube moins 3X au carré moins 2X, qui vaut -3 en -1 et en 1 et s'annule en 0 et 2
  1. Questions 4 et 5 : sommes et supplémentaires

    La formule de Grassmann donne \(\dim(U + V) = \dim U + \dim V – \dim(U \cap V) = 3 + 2 – 1 = 4\). Or \(U + V\) est un sous-espace de \(E\), lui aussi de dimension \(4\). Donc \(U + V = E\). Cependant, \(U \cap V\) n’est pas réduit au polynôme nul : la somme n’est pas directe.

  2. Le polynôme \(X\) vaut \(1\) en \(1\) et \(-1\) en \(-1\), donc \(X \notin U\). Si \(\lambda X \in U\), alors \(\lambda = -\lambda\), donc \(\lambda = 0\) : ainsi \(U \cap D = \{0\}\). De plus, \(\dim U + \dim D = 3 + 1 = 4 = \dim E\). Par conséquent, \(E = U \oplus D\).
    Ensuite, on cherche \(\lambda\) tel que \(X^3 – \lambda X \in U\). Avec \(b = -\lambda\) et \(d = 1\), la condition \(d = -b\) impose \(\lambda = 1\). Donc \(X^3 = (X^3 – X) + X\), où \(X^3 – X \in U\), puisque ce polynôme s’annule en \(1\) et en \(-1\), et où \(X \in D\).

Piège classique : \(U + V = E\) ne signifie pas que \(U\) et \(V\) sont supplémentaires. Il faut aussi une intersection nulle, ce qui est faux ici.

Barème : 1) 1,5 point, un demi-point par étape (structure, relation \(d = -b\), base) ; 2) 1 point ; 3) 1,5 point, dont un point sur le calcul menant à \(\alpha = 2\beta\) ; 4) 1 point ; 5) 1 point, équitablement réparti entre \(E = U \oplus D\) et l’écriture de \(X^3\).

À retenir de ce contrôle

  • Une partie qui ne contient pas le vecteur nul, ou qui est définie par une équation non linéaire, n’est en général pas un sous-espace vectoriel.
  • Pour trouver un rang, on élimine un à un les vecteurs qui dépendent des autres, jusqu’à ce que les vecteurs restants soient indépendants.
  • Dans un espace de dimension n, une famille libre de n vecteurs est une base, donc il suffit de prouver la liberté.
  • Deux sous-espaces F et G sont supplémentaires dans E dès que leur intersection est nulle et que dim F + dim G = dim E.
  • La formule de Grassmann dim(F + G) = dim F + dim G − dim(F ∩ G) relie la somme et l’intersection de deux sous-espaces.

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