QCM : Réels, inégalités et Archimède en L1 de maths

Réels, inégalités et Archimède – QCM en Licence 1 sur Maths-pdf.fr Couverture : Livre de contrôles corrigés de maths L1 en PDF Télécharger en PDF Le livre des 25 contrôles corrigés en L1 PDF à imprimer Voir le livre ›


Ce QCM Archimède L1 porte sur les propriétés de l’ensemble des réels qui servent dans toute l’analyse. Il commence par les règles sur les inégalités : somme, produit, carré, valeur absolue et résolution sur un intervalle. Il se poursuit avec la partie entière, puis les majorants, les bornes et la caractérisation de la borne supérieure par epsilon. Les dernières questions mobilisent la propriété d’Archimède et la densité des rationnels et des irrationnels.

Réponds d’abord sans le cours, en cherchant un contre-exemple chiffré dès qu’une règle te paraît douteuse. C’est en effet le meilleur moyen de démasquer un piège sur les signes. Lis ensuite les explications : elles justifient chaque bonne réponse et précisent l’erreur qui conduit aux autres, par exemple une multiplication d’inégalités entre nombres négatifs.

Les 12 questions

Question 1

Soient \(a,b,c,d\) des réels avec \(a\leqslant b\) et \(c\leqslant d\). Quelle inégalité est vraie dans tous les cas ?

  1. \(a+c\leqslant b+d\)
  2. \(a-c\leqslant b-d\)
  3. \(ac\leqslant bd\)
  4. \(a-d\geqslant b-c\)

Réponse A.

On peut toujours additionner deux inégalités de même sens. En revanche, on ne peut pas les soustraire : avec \(a=b=c=0\) et \(d=1\), on obtiendrait \(0\leqslant -1\). De même, le produit exige des nombres positifs, puisque \(a=c=-3\) et \(b=d=0\) donnent \(9\leqslant 0\). Enfin, \(a-d\leqslant b-c\) est vraie, si bien que l’inégalité inverse est fausse en général.

Question 2

On sait que \(-3\leqslant x\leqslant 2\). Quel est l’ensemble exact des valeurs possibles de \(x^2\) ?

  1. \([4,9]\)
  2. \([0,4]\)
  3. \([-9,4]\)
  4. \([0,9]\)

Réponse D.

La fonction carré n’est pas monotone sur \([-3,2]\), qui contient 0. Il faut donc séparer : sur \([-3,0]\), \(x^2\) décrit \([0,9]\), et sur \([0,2]\), il décrit \([0,4]\). La réunion vaut ainsi \([0,9]\). Le piège \([4,9]\) élève simplement les bornes au carré. Quant à \([0,4]\), il ne regarde que la partie positive de l’intervalle.

Question 3

Quel est l’ensemble des réels \(x\) tels que \(|2x-3|<5\) ?

  1. \(]-1,4[\)
  2. \(]-4,1[\)
  3. \(]-\infty,4[\)
  4. \(]1,4[\)

Réponse A.

L’inégalité \(|u|<5\) équivaut à \(-5<u<5\). Ici, on obtient \(-2<2x<8\), donc \(-1<x<4\). Autrement dit, ce sont les réels à distance strictement inférieure à \(\frac{5}{2}\) de \(\frac{3}{2}\). Le piège \(]-\infty,4[\) ne garde que la moitié de l’encadrement. Par ailleurs, \(]-4,1[\) provient d’une erreur de signe sur 3.

Question 4

Laquelle de ces inégalités est vraie pour tous réels \(x\) et \(y\) ?

  1. \(|x-y|\leqslant|x|-|y|\)
  2. \(|x+y|\geqslant|x|+|y|\)
  3. \(|x-y|\leqslant\big||x|-|y|\big|\)
  4. \(\big||x|-|y|\big|\leqslant|x-y|\)

Réponse D.

C’est la seconde forme de l’inégalité triangulaire. On l’obtient en écrivant \(|x|\leqslant|x-y|+|y|\), puis la même chose en échangeant les rôles. L’inégalité \(|x-y|\leqslant|x|-|y|\) échoue avec \(x=0\) et \(y=1\). Celle portant sur \(|x+y|\) renverse l’inégalité triangulaire. Enfin, majorer \(|x-y|\) par l’écart des valeurs absolues échoue avec \(x=1\) et \(y=-1\), puisqu’elle donnerait \(2\leqslant 0\).

Question 5

En notant \(\lfloor t\rfloor\) la partie entière du réel \(t\), que vaut \(\lfloor -\frac{7}{3}\rfloor+\lfloor \frac{7}{3}\rfloor\) ?

  1. \(0\)
  2. \(-1\)
  3. \(1\)
  4. \(-2\)

Réponse B.

La partie entière est le plus grand entier inférieur ou égal au nombre. Comme \(-\frac{7}{3}\approx -2{,}33\), on obtient \(\lfloor -\frac{7}{3}\rfloor=-3\), et non \(-2\). Par ailleurs, \(\lfloor \frac{7}{3}\rfloor=2\), donc la somme vaut \(-1\). La réponse 0 confond partie entière et troncature, qui supprime simplement les décimales. Ainsi, pour un non-entier, la somme \(\lfloor -t\rfloor+\lfloor t\rfloor\) vaut toujours \(-1\).

Question 6

Lorsque \(x\) parcourt \(\mathbb{R}\), quelles valeurs prend \(\lfloor 2x\rfloor-2\lfloor x\rfloor\) ?

  1. Seulement \(0\)
  2. Exactement \(-1\), \(0\) et \(1\)
  3. Exactement \(0\), \(1\) et \(2\)
  4. Exactement \(0\) et \(1\)

Réponse D.

On écrit \(x=n+r\), avec \(n=\lfloor x\rfloor\) et \(r\in[0,1[\). Alors \(\lfloor 2x\rfloor=2n+\lfloor 2r\rfloor\), si bien que l’expression vaut \(\lfloor 2r\rfloor\). Or \(2r\in[0,2[\), donc elle vaut 0 si \(r<\frac{1}{2}\) et 1 sinon. Le piège « seulement 0 » croit que la partie entière est linéaire. Enfin, la valeur 2 exigerait \(r\geqslant 1\).

Question 7

Soit \(A=\left\{\dfrac{n-1}{n+2},\ n\in\mathbb{N}\right\}\). Quelle affirmation est exacte ?

  1. \(\sup A=1\), non atteint, et \(\min A=-\frac{1}{2}\)
  2. \(\max A=1\) et \(\min A=-\frac{1}{2}\)
  3. \(\sup A=1\), non atteint, et \(\inf A=0\)
  4. \(A\) est majorée mais n’a pas de borne supérieure

Réponse A.

On écrit \(\frac{n-1}{n+2}=1-\frac{3}{n+2}\), qui croît avec \(n\). Le minimum est donc atteint en \(n=0\) et vaut \(-\frac{1}{2}\). De plus, les termes restent strictement inférieurs à 1 et s’en approchent autant qu’on veut : 1 est la borne supérieure, mais pas un maximum. Le piège \(\inf A=0\) fait commencer \(n\) à 1. Enfin, toute partie non vide majorée de \(\mathbb{R}\) possède une borne supérieure.

Question 8

Soit \(A\) une partie non vide de \(\mathbb{R}\) et \(M\) un majorant de \(A\). Quelle condition supplémentaire équivaut à \(M=\sup A\) ?

  1. \(\exists\varepsilon>0,\ \forall a\in A,\ a>M-\varepsilon\)
  2. \(\forall\varepsilon>0,\ \exists a\in A,\ a>M+\varepsilon\)
  3. \(\forall\varepsilon>0,\ \exists a\in A,\ a>M-\varepsilon\)
  4. \(\forall\varepsilon>0,\ \forall a\in A,\ a>M-\varepsilon\)

Réponse C.

Dire que \(M\) est le plus petit majorant revient à dire qu’aucun \(M-\varepsilon\) n’est majorant. Par conséquent, pour chaque \(\varepsilon>0\), un élément de \(A\) dépasse \(M-\varepsilon\). La version avec \(M+\varepsilon\) contredit le fait que \(M\) majore \(A\). Le quantificateur universel sur \(a\) imposerait que tout élément vaille \(M\). Enfin, l’inversion des quantificateurs ne dit presque rien.

Question 9

Laquelle de ces parties de \(\mathbb{R}\) n’a pas de borne supérieure dans \(\mathbb{R}\) ?

  1. \(\{x\in\mathbb{Q},\ x^2<3\}\)
  2. \(\{n^2-10n,\ n\in\mathbb{N}\}\)
  3. \(\{\sin n,\ n\in\mathbb{N}\}\)
  4. \(\left\{(-1)^n\frac{n}{n+1},\ n\in\mathbb{N}\right\}\)

Réponse B.

L’axiome de la borne supérieure garantit un sup à toute partie non vide et majorée. Les trois pièges sont non vides et majorés, respectivement par 2, par 1 et par 1 : ils ont donc une borne supérieure réelle. Celle du premier, \(\sqrt{3}\), n’est simplement pas rationnelle. En revanche, \(n^2-10n\) tend vers \(+\infty\), malgré des premières valeurs négatives : cet ensemble n’est pas majoré.

Question 10

Quel est le plus petit entier naturel \(n\) tel que \(n\times 0{,}07>2\) ?

  1. \(28\)
  2. \(29\)
  3. \(30\)
  4. \(3\)

Réponse B.

La propriété d’Archimède assure qu’un tel entier existe, puisque \(0{,}07>0\). On cherche ensuite \(n>\frac{2}{0{,}07}=\frac{200}{7}\approx 28{,}57\), donc le plus petit convient avec \(n=29\). En effet, \(29\times 0{,}07=2{,}03\). Le piège 28 prend la partie entière sans ajouter 1, puisque \(28\times 0{,}07=1{,}96\). Enfin, 3 confond \(0{,}07\) et \(0{,}7\).

Question 11

Soient \(a<b\) deux réels et \(n\in\mathbb{N}^*\) tel que \(n(b-a)>1\). Quel nombre est à coup sûr un rationnel de \(]a,b[\) ?

  1. \(\frac{\lfloor na\rfloor}{n}\)
  2. \(\frac{\lfloor nb\rfloor}{n}\)
  3. \(\frac{\lfloor na\rfloor+1}{n}\)
  4. \(\frac{a+b}{2}\)

Réponse C.

Posons \(p=\lfloor na\rfloor+1\). On a \(na<p\leqslant na+1\), donc \(a<\frac{p}{n}\leqslant a+\frac{1}{n}<b\). Ainsi, \(\frac{p}{n}\) convient : c’est le cœur de la densité de \(\mathbb{Q}\). Cependant, \(\frac{\lfloor na\rfloor}{n}\) est inférieur ou égal à \(a\). De plus, \(\frac{\lfloor nb\rfloor}{n}\) peut valoir \(b\) lorsque \(nb\) est entier. Enfin, le milieu n’est pas rationnel en général.

Question 12

Laquelle de ces affirmations sur les nombres irrationnels est vraie ?

  1. La somme de deux irrationnels est toujours irrationnelle.
  2. Le produit d’un rationnel par un irrationnel est toujours irrationnel.
  3. Entre deux rationnels distincts, il existe toujours un irrationnel.
  4. Le carré d’un irrationnel est toujours irrationnel.

Réponse C.

L’ensemble \(\mathbb{R}\setminus\mathbb{Q}\) est dense dans \(\mathbb{R}\) : par exemple, \(r+\frac{\sqrt{2}}{k}\) tombe entre \(r\) et \(s\) pour \(k\) assez grand. En revanche, \(\sqrt{2}+(1-\sqrt{2})=1\) réfute la somme. Le produit échoue avec le rationnel 0, oubli fréquent. Enfin, le carré de \(\sqrt{5}\) vaut 5, qui est rationnel.

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