QCM : Relations d’équivalence et d’ordre en L1 de maths

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Ce QCM équivalence L1 vérifie que tu sais manipuler une relation binaire sur un ensemble. Les premières questions portent sur la réflexivité, la symétrie, l’antisymétrie et la transitivité, testées sur des graphes finis. On passe ensuite aux classes d’équivalence, aux partitions et à un premier ensemble quotient. La seconde moitié traite des relations d’ordre : divisibilité, inclusion, ordre produit, puis majorants, plus grand élément et borne supérieure.

Travaille d’abord sans le cours. Pour chaque relation, cherche un contre-exemple avant de conclure qu’une propriété est vraie, car c’est souvent là que se cache le piège. Lis ensuite les explications : elles justifient la bonne réponse et disent quelle confusion produit chacune des autres, par exemple entre élément maximal et plus grand élément.

Les 12 questions

Question 1

Sur \(E=\{a,b,c\}\), la relation \(\mathcal{R}\) a pour graphe \(\{(a,a),(b,b),(a,b)\}\). Quelle affirmation est vraie ?

  1. Elle n’est pas transitive, car le couple \((b,a)\) manque.
  2. Elle n’est pas antisymétrique, car \(a\) est en relation avec \(b\).
  3. Elle n’est pas réflexive, car le couple \((c,c)\) manque.
  4. C’est une relation d’ordre partiel sur \(E\).

Réponse C.

La réflexivité exige \((x,x)\) pour tout \(x\) de \(E\), y compris \(c\) : elle échoue donc. En revanche, la transitivité tient, puisque les seules chaînes possibles retombent sur \((a,b)\). L’antisymétrie tient aussi, car \((b,a)\) est absent. Ainsi, la relation n’est pas un ordre sur \(E\) faute de réflexivité. Le piège sur \((b,a)\) confond transitivité et symétrie.

Question 2

Une relation \(\mathcal{R}\) sur un ensemble \(E\) est à la fois symétrique et antisymétrique. Que peut-on en déduire ?

  1. C’est forcément la relation d’égalité sur \(E\).
  2. Son graphe est forcément vide.
  3. Son graphe est inclus dans la diagonale \(\{(x,x),\ x\in E\}\).
  4. Une telle relation ne peut pas exister.

Réponse C.

Si \(x\,\mathcal{R}\,y\), la symétrie donne \(y\,\mathcal{R}\,x\), puis l’antisymétrie impose \(x=y\). Par conséquent, tout couple du graphe est diagonal. Cependant, rien n’oblige tous les couples \((x,x)\) à y figurer : sans réflexivité, ce n’est pas forcément l’égalité. Le graphe vide et l’égalité sont deux cas particuliers, donc ni l’un ni l’autre n’est imposé.

Question 3

Sur \(\mathbb{N}^*\), on considère la divisibilité : \(a\mid b\) lorsque \(b\) est un multiple de \(a\). Quelle affirmation est exacte ?

  1. C’est un ordre total, car deux entiers ont toujours un multiple commun.
  2. C’est un ordre partiel : par exemple, 4 et 6 sont incomparables.
  3. Ce n’est pas un ordre, car l’antisymétrie échoue.
  4. C’est une relation d’équivalence, car 1 divise tout entier.

Réponse B.

La divisibilité est réflexive et transitive. De plus, sur \(\mathbb{N}^*\), \(a\mid b\) et \(b\mid a\) donnent \(a=b\) : c’est donc un ordre. Il n’est pas total, puisque 4 ne divise pas 6 et 6 ne divise pas 4. Le piège de l’antisymétrie vient de \(\mathbb{Z}\), où 3 et \(-3\) se divisent mutuellement. Enfin, la relation n’est pas symétrique.

Question 4

Sur \(\mathbb{Z}\), on pose \(x\,\mathcal{R}\,y\) si et seulement si 3 divise \(x+2y\). Que peut-on dire ?

  1. C’est une équivalence à trois classes, car \(x+2y\equiv x-y \pmod 3\).
  2. Ce n’est pas une équivalence, car la relation n’est pas symétrique.
  3. C’est une équivalence à deux classes, selon la parité de \(x+y\).
  4. C’est une équivalence avec une infinité de classes.

Réponse A.

Comme \(2\equiv -1\) modulo 3, la condition équivaut à \(x\equiv y \pmod 3\). Ainsi, \(\mathcal{R}\) n’est autre que la congruence modulo 3, avec les classes de 0, 1 et 2. L’écriture \(x+2y\) semble dissymétrique, d’où le piège de la symétrie. Or \(y+2x=3(x+y)-(x+2y)\), qui est bien divisible par 3 dès que \(x+2y\) l’est.

Question 5

Combien existe-t-il de relations d’équivalence distinctes sur un ensemble à trois éléments ?

  1. 6
  2. 3
  3. 8
  4. 5

Réponse D.

Une relation d’équivalence correspond exactement à une partition de l’ensemble en classes. Pour \(\{a,b,c\}\), on trouve une seule classe, trois partitions du type une paire plus un singleton, et la partition en trois singletons : cela fait 5. La réponse 6 compte les permutations, et 3 oublie les deux partitions extrêmes. Quant à 8, c’est le nombre de parties de l’ensemble.

Question 6

Sur \(\mathbb{R}^2\), on pose \((x,y)\sim(x^{\prime},y^{\prime})\) lorsque \(y-x^2=y^{\prime}-x^{\prime 2}\). Les classes sont des paraboles. Avec quel ensemble l’ensemble quotient est-il naturellement en bijection ?

  1. \([0,+\infty[\), via la classe de \((x,y)\mapsto x^2\)
  2. \(\mathbb{R}^2\), via la classe de \((x,y)\mapsto(x,y)\)
  3. \(\mathbb{R}^*\), via la classe de \((x,y)\mapsto y-x^2\)
  4. \(\mathbb{R}\), via la classe de \((x,y)\mapsto y-x^2\)

Réponse D.

La relation est de la forme \(f(x,y)=f(x^{\prime},y^{\prime})\) avec \(f(x,y)=y-x^2\). Chaque classe correspond donc à une valeur de \(f\). Or \(f\) atteint tout réel \(c\), par exemple en \((0,c)\). Par conséquent, le quotient s’identifie à \(\mathbb{R}\). Le piège \(\mathbb{R}^*\) oublie la parabole \(y=x^2\), et \([0,+\infty[\) regarde le mauvais invariant.

Question 7

Dans \(\mathbb{N}^*\) ordonné par la divisibilité, quelle est la borne supérieure de la partie \(\{4,6\}\) ?

  1. 6
  2. 12
  3. 24
  4. 2

Réponse B.

Un majorant de \(\{4,6\}\) pour la divisibilité est un multiple commun de 4 et de 6, donc un multiple de 12. Le plus petit de ces majorants, au sens de la divisibilité, est ainsi 12, le PPCM. La réponse 6 utilise l’ordre usuel, alors que 4 ne divise pas 6. Le produit 24 est un majorant, mais pas le plus petit. Enfin, 2 est la borne inférieure.

Question 8

Dans \(\mathcal{P}(\{1,2,3\})\) ordonné par l’inclusion, on considère \(A=\{\{1\},\{1,2\},\{1,3\}\}\). Quelle affirmation est vraie ?

  1. \(A\) a pour plus grand élément \(\{1,2,3\}\).
  2. \(A\) n’a ni plus petit ni plus grand élément.
  3. \(A\) a un plus petit élément mais pas de plus grand élément.
  4. \(A\) a deux plus grands éléments, \(\{1,2\}\) et \(\{1,3\}\).

Réponse C.

Le singleton \(\{1\}\) est inclus dans chaque élément de \(A\) : c’est donc le plus petit élément. En revanche, \(\{1,2\}\) et \(\{1,3\}\) sont incomparables, si bien qu’aucun ne contient l’autre. Ce sont deux éléments maximaux, pas des plus grands éléments, qui seraient d’ailleurs uniques. Enfin, \(\{1,2,3\}\) est la borne supérieure de \(A\), mais il n’appartient pas à \(A\).

Question 9

Dans \(\mathbb{Q}\) muni de l’ordre usuel, que dire de \(B=\{x\in\mathbb{Q},\ x>0 \text{ et } x^3<5\}\) ?

  1. \(B\) a pour borne supérieure \(\sqrt[3]{5}\) dans \(\mathbb{Q}\).
  2. \(B\) est majorée mais n’a pas de borne supérieure dans \(\mathbb{Q}\).
  3. \(B\) n’est pas majorée dans \(\mathbb{Q}\).
  4. \(B\) a un plus grand élément, car elle est majorée.

Réponse B.

Le rationnel 2 majore \(B\), puisque \(2^3=8\). Cependant, la borne supérieure dans \(\mathbb{R}\) serait \(\sqrt[3]{5}\), qui est irrationnel. Dans \(\mathbb{Q}\), tout majorant rationnel peut donc être remplacé par un majorant rationnel plus petit. Ainsi, il n’existe pas de plus petit majorant. Proposer \(\sqrt[3]{5}\) oublie que ce nombre n’est pas rationnel. Par ailleurs, être majorée ne garantit jamais un maximum.

Question 10

Sur \(\mathbb{R}^2\), on pose \((a,b)\preccurlyeq(c,d)\) lorsque \(a\leqslant c\) et \(b\leqslant d\). De quoi s’agit-il ?

  1. D’un ordre partiel : \((0,1)\) et \((1,0)\) sont incomparables.
  2. D’un ordre total, comme l’ordre lexicographique.
  3. D’une relation non antisymétrique, donc pas d’un ordre.
  4. D’un ordre total, car \(\leqslant\) est total sur \(\mathbb{R}\).

Réponse A.

Les trois propriétés d’un ordre se vérifient coordonnée par coordonnée : on obtient donc l’ordre produit. Pourtant, \((0,1)\) et \((1,0)\) ne se comparent dans aucun sens, car chaque couple gagne sur une coordonnée. Par conséquent, cet ordre est partiel. Le piège classique transporte la totalité de \(\leqslant\) sur \(\mathbb{R}\) au produit, ou le confond avec l’ordre lexicographique, qui est total.

Question 11

Dans un ensemble ordonné \(E\), un élément \(m\) est maximal si aucun élément de \(E\) ne lui est strictement supérieur. Quelle affirmation est toujours vraie ?

  1. Si l’ordre est total, \(m\) est le plus grand élément de \(E\).
  2. \(m\) est le plus grand élément de \(E\).
  3. \(m\) est l’unique élément maximal de \(E\).
  4. \(m\) majore toute partie finie de \(E\).

Réponse A.

Dans un ordre total, tout \(x\) est comparable à \(m\). Or \(x\) ne peut pas être strictement au-dessus, donc \(x\leqslant m\) : ainsi, \(m\) est le plus grand élément. Dans un ordre partiel, en revanche, deux éléments maximaux peuvent coexister, comme \(\{1,2\}\) et \(\{1,3\}\) pour l’inclusion. Par conséquent, ni l’unicité ni le rôle de majorant ne sont garantis en général.

Question 12

Laquelle de ces relations sur \(\mathbb{R}\) est une relation d’équivalence ?

  1. \(x\,\mathcal{R}\,y \iff |x-y|\leqslant 1\)
  2. \(x\,\mathcal{R}\,y \iff xy\geqslant 0\)
  3. \(x\,\mathcal{R}\,y \iff x-y\in\mathbb{N}\)
  4. \(x\,\mathcal{R}\,y \iff \sin x=\sin y\)

Réponse D.

Toute relation du type \(f(x)=f(y)\) hérite de la réflexivité, de la symétrie et de la transitivité de l’égalité : c’est donc une équivalence. En revanche, \(|x-y|\leqslant 1\) n’est pas transitive, puisque 0 est proche de 1, lui-même proche de 2. De même, \(xy\geqslant 0\) échoue avec \(1\), \(0\) et \(-1\). Enfin, \(x-y\in\mathbb{N}\) n’est pas symétrique.

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