Relations d’équivalence et d’ordre en L1 de maths : exercices corrigés
Ces exercices relations L1 entraînent les quatre gestes du chapitre : vérifier les propriétés d’une relation, décrire les classes d’une équivalence, reconnaître un ordre partiel et chercher une borne supérieure. Les exemples varient volontairement : congruences, divisibilité, inclusion, fonctions réelles, couples de réels et même un ensemble de parties.
Les exercices sont rangés par difficulté croissante. Commencez par la série « Pour démarrer », qui fixe les définitions sur de petits ensembles finis. Ensuite, la série « Pour s’entraîner » mêle calcul et démonstration. Enfin, « Pour approfondir » propose des dénombrements, des contre-exemples et un problème sur les préordres. Pour progresser, écrivez une vraie tentative sur papier, même incomplète, puis comparez-la à la solution rédigée. Notez surtout les quantificateurs oubliés : ce sont eux qui coûtent le plus de points au partiel.
Pour démarrer
Exercice 1 – Quatre relations sur un ensemble à quatre éléments
Sur \(E = \{1, 2, 3, 4\}\), on considère les relations dont les graphes sont :
- \(R_1 = \{(1,1),(2,2),(3,3),(4,4),(1,2),(2,1),(3,4),(4,3)\}\) ;
- \(R_2 = \{(1,1),(2,2),(3,3),(4,4),(1,2),(2,3),(1,3),(1,4)\}\) ;
- \(R_3 = \{(1,1),(1,2),(2,3),(3,1)\}\), représentée par le diagramme ci-dessous ;
- \(R_4 = \{(1,3),(3,1),(2,4),(4,2)\}\).

- Pour chaque relation, dire si elle est réflexive, symétrique, antisymétrique, transitive. Justifier chaque réponse négative par un contre-exemple.
- Identifier la relation d’équivalence et donner ses classes.
- Identifier la relation d’ordre. Est-elle totale ?
Exercice 2 – Le chiffre des unités
Sur \(\mathbb{N}\), on pose \(a \sim b\) lorsque \(a\) et \(b\) ont le même chiffre des unités en écriture décimale.
- Montrer que \(\sim\) est une relation d’équivalence.
- Montrer que \(a \sim b\) équivaut à \(10 \mid b – a\).
- Décrire la classe de \(7\) et préciser le nombre de classes.
- Les entiers \(2026\) et \(1996\) sont-ils équivalents ? Et \(2026\) et \(2062\) ?
Exercice 3 – Une partie de N* ordonnée par la divisibilité
On munit \(\mathbb{N}^*\) de la divisibilité et on considère \(A = \{2, 3, 4, 6, 12, 18\}\).
- Dessiner le diagramme de Hasse de \(A\) pour l’ordre induit.
- La partie \(A\) a-t-elle un plus grand élément ? un plus petit élément ?
- Déterminer l’ensemble des majorants de \(A\) dans \(\mathbb{N}^*\), puis \(\sup A\).
- Déterminer \(\inf A\).
Exercice 4 – Une congruence déguisée
Sur \(\mathbb{Z}\), on pose \(x \,\mathcal{R}\, y\) lorsque \(3\) divise \(x + 2y\).
- Montrer que \(\mathcal{R}\) est réflexive et symétrique.
- Montrer que \(\mathcal{R}\) est transitive.
- Montrer que \(x \,\mathcal{R}\, y \iff x \equiv y \ [3]\), puis décrire les classes.
Exercice 5 – Les parties d’un ensemble à trois éléments
On ordonne \(\mathcal{P}(\{1,2,3\})\) par l’inclusion.
- Justifier que cet ordre est partiel.
- Déterminer le plus grand et le plus petit élément de \(\mathcal{P}(\{1,2,3\})\).
- Soit \(A = \{\{1\}, \{2\}\}\). Donner les majorants et les minorants de \(A\), puis \(\sup A\) et \(\inf A\). La partie \(A\) a-t-elle un plus grand élément ?
- Compter les couples \((X, Y)\) de parties de \(\{1,2,3\}\) tels que \(X \subset Y\).
Exercice 6 – Symétrique et antisymétrique à la fois
Soit \(\mathcal{R}\) une relation sur un ensemble \(E\).
- Montrer que si \(\mathcal{R}\) est symétrique et antisymétrique, alors \(x \,\mathcal{R}\, y\) entraîne \(x = y\).
- En déduire qu’une relation réflexive, symétrique et antisymétrique est l’égalité.
- Donner, sur \(\{1,2,3\}\), une relation qui n’est ni symétrique ni antisymétrique.
Pour s’entraîner
Exercice 7 – Classes définies par la fonction x exp(-x)
Soit \(f : \mathbb{R} \to \mathbb{R}\) définie par \(f(x) = x\,e^{-x}\). On pose \(x \sim y\) lorsque \(f(x) = f(y)\).

- Justifier que \(\sim\) est une relation d’équivalence.
- Étudier les variations de \(f\), ses limites en \(-\infty\) et \(+\infty\), et son signe.
- Montrer que la classe d’un réel \(x \leqslant 0\) est \(\{x\}\), et que celle de \(1\) est \(\{1\}\).
- Montrer que toute autre classe contient exactement deux éléments.
- Déterminer la classe de \(\ln 2\). On pourra chercher l’autre élément sous la forme \(2\ln 2\).
Exercice 8 – Des paraboles comme classes
Sur \(\mathbb{R}^2\), on pose \((x,y) \sim (x^{\prime},y^{\prime})\) lorsque \(y – x^2 = y^{\prime} – x^{\prime 2}\).
- Montrer que \(\sim\) est une relation d’équivalence.
- Décrire géométriquement la classe de \((1,3)\), puis une classe quelconque.
- Montrer que chaque classe rencontre l’axe des ordonnées en exactement un point.
- En déduire une bijection entre l’ensemble quotient \(\mathbb{R}^2/\sim\) et \(\mathbb{R}\).
Exercice 9 – Égalité à une puissance de 2 près
Sur \(\mathbb{N}^*\), on pose \(a \sim b\) lorsqu’il existe \(k \in \mathbb{Z}\) tel que \(a = 2^k b\). On admet que tout \(n \in \mathbb{N}^*\) s’écrit de façon unique \(n = 2^v m\) avec \(v \in \mathbb{N}\) et \(m\) impair ; on appelle \(m\) la partie impaire de \(n\).
- Montrer que \(\sim\) est une relation d’équivalence.
- Montrer que \(a \sim b\) si et seulement si \(a\) et \(b\) ont la même partie impaire.
- Décrire la classe de \(12\).
- Combien de classes contiennent au moins un élément de \(\{1, 2, \dots, 20\}\) ?
Exercice 10 – Ordre lexicographique et ordre produit
Sur \(\mathbb{R}^2\), on note \(\leqslant_p\) l’ordre produit et \(\leqslant_{\ell}\) l’ordre lexicographique, définis dans le cours.
- Montrer que \(\leqslant_{\ell}\) est une relation d’ordre total.
- Soit \(A = \{(0,1), (1,0)\}\). Déterminer \(\sup A\) pour l’ordre produit, puis pour l’ordre lexicographique. Dans chaque cas, \(A\) a-t-elle un plus grand élément ?
- Pour l’ordre lexicographique, on pose \(B = \{(0, y) \mid y \in \mathbb{R}\}\). Montrer que \(B\) est majorée mais n’admet pas de borne supérieure.
Exercice 11 – Comparer des fonctions point par point
Sur l’ensemble \(\mathcal{F}\) des fonctions de \(\mathbb{R}\) dans \(\mathbb{R}\), on pose \(f \leqslant g\) lorsque \(f(x) \leqslant g(x)\) pour tout réel \(x\).
- Montrer que \(\leqslant\) est une relation d’ordre sur \(\mathcal{F}\).
- Montrer que \(\cos\) et \(\sin\) ne sont pas comparables. L’ordre est-il total ?
- Montrer que \(\sup\{\cos, \sin\}\) existe et vaut \(h : x \mapsto \max(\cos x, \sin x)\).
- Déterminer de même \(\inf\{\cos, \sin\}\).
Exercice 12 – Le rôle surprenant de 0 pour la divisibilité
On munit \(\mathbb{N}\), zéro compris, de la divisibilité : \(a \mid b\) s’il existe \(k \in \mathbb{N}\) tel que \(b = ka\).
- Montrer que c’est une relation d’ordre sur \(\mathbb{N}\).
- Montrer que \(\mathbb{N}\) possède un plus petit et un plus grand élément pour cet ordre.
- Déterminer \(\sup\{12, 20, 45\}\) et \(\inf\{12, 20, 45\}\) en justifiant.
Exercice 13 – Être proches ne suffit pas
Sur \(\mathbb{R}\), on pose \(x \,\mathcal{R}\, y\) lorsque \(|x – y| \leqslant 1\).
- Montrer que \(\mathcal{R}\) est réflexive et symétrique, mais pas transitive.
- Soit \(\sim\) une relation d’équivalence sur \(\mathbb{R}\) qui contient \(\mathcal{R}\), c’est-à-dire telle que \(x \,\mathcal{R}\, y\) entraîne \(x \sim y\). Montrer que \(x \sim x + n\) pour tout réel \(x\) et tout entier naturel \(n\).
- En déduire que \(\sim\) n’a qu’une seule classe.
Exercice 14 – Calculer dans Z/6Z
- Dresser la table de multiplication de \(\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\).
- Trouver les classes \(\overline{a}\) non nulles telles qu’il existe \(\overline{b} \neq \overline{0}\) avec \(\overline{a}\,\overline{b} = \overline{0}\).
- Montrer que la règle \(\overline{a} \mapsto (a \bmod 4)\), de \(\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\) vers \(\{0,1,2,3\}\), ne définit pas une application.
- Montrer en revanche que \(\overline{a} \mapsto (a \bmod 3)\) définit bien une application de \(\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\) vers \(\{0,1,2\}\).
Exercice 15 – D’une partition à une relation
Sur \(E = \{1, 2, \dots, 8\}\), on considère \(P = \{\{1,4,7\}, \{2,5,8\}, \{3,6\}\}\).
- Vérifier que \(P\) est une partition de \(E\).
- On note \(\sim\) la relation d’équivalence associée. Exprimer \(x \sim y\) à l’aide d’une congruence.
- Combien de couples \((x, y) \in E^2\) vérifient \(x \sim y\) ?
- Dans le quadrillage \(E \times E\), le graphe de \(\sim\) est-il symétrique par rapport à la diagonale ? Justifier.
Pour approfondir
Exercice 16 – Compter les relations sur quatre éléments
Soit \(E = \{a, b, c, d\}\).
- Combien existe-t-il de relations binaires sur \(E\) ? Combien sont réflexives ?
- Combien de relations sur \(E\) sont symétriques ?
- En utilisant le lien entre équivalences et partitions, compter les relations d’équivalence sur \(\{a, b, c\}\), puis sur \(E\).
Exercice 17 – Intersection et réunion de deux équivalences
On note \(\equiv_2\) et \(\equiv_3\) les congruences modulo \(2\) et modulo \(3\) sur \(\mathbb{Z}\).
- Soient \(\sim_1\) et \(\sim_2\) deux équivalences sur un ensemble \(E\). Montrer que la relation « \(x \sim_1 y\) et \(x \sim_2 y\) » est une équivalence.
- Montrer que l’intersection de \(\equiv_2\) et \(\equiv_3\) est la congruence modulo \(6\).
- Montrer que la relation « \(x \equiv_2 y\) ou \(x \equiv_3 y\) » n’est pas transitive.
- Montrer que la seule équivalence contenant à la fois \(\equiv_2\) et \(\equiv_3\) est la relation totale \(\mathbb{Z} \times \mathbb{Z}\).
Exercice 18 – Existence des bornes selon l’ordre choisi
- Soit \(X\) un ensemble et \((A_i)_{i \in I}\) une famille non vide de parties de \(X\). Montrer que, dans \((\mathcal{P}(X), \subset)\), cette famille a pour borne supérieure \(\bigcup_{i \in I} A_i\) et pour borne inférieure \(\bigcap_{i \in I} A_i\).
- Dans \((\mathbb{N}^*, \mid)\), on pose \(D = \{2^k \mid k \in \mathbb{N}\}\). Montrer que \(D\) n’a aucun majorant.
- Dans \((\mathbb{N}, \mid)\), zéro compris, déterminer les majorants de \(D\) et \(\sup D\).
- Dans \((\mathbb{R}, \leqslant)\), la partie \(D\) a-t-elle une borne supérieure ? Comparer les trois situations.
Exercice 19 – Problème : d’un préordre à un ordre
Un préordre sur \(E\) est une relation \(\preccurlyeq\) réflexive et transitive. On pose \(x \sim y\) lorsque \(x \preccurlyeq y\) et \(y \preccurlyeq x\).
- Montrer que \(\sim\) est une relation d’équivalence sur \(E\).
- Soient \(x \sim x^{\prime}\) et \(y \sim y^{\prime}\). Montrer que \(x \preccurlyeq y\) entraîne \(x^{\prime} \preccurlyeq y^{\prime}\).
- Sur le quotient \(E/\sim\), on pose \(\overline{x} \leqslant \overline{y}\) lorsque \(x \preccurlyeq y\). Justifier que cette définition ne dépend pas des représentants, puis montrer que c’est une relation d’ordre.
- Application : sur \(\mathbb{Z}\), on pose \(a \preccurlyeq b\) lorsque \(a \mid b\). Vérifier que c’est un préordre qui n’est pas un ordre, décrire les classes de \(\sim\), puis montrer que \(\overline{a} \mapsto |a|\) est une bijection de \(\mathbb{Z}/\sim\) sur \(\mathbb{N}\) qui transforme \(\leqslant\) en divisibilité.
- Seconde application : sur \(\mathbb{R}\), on pose \(x \preccurlyeq y\) lorsque \(|x| \leqslant |y|\). Décrire les classes et montrer que l’ordre obtenu sur le quotient est total.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de L1 de maths sur relations d'équivalence et d'ordre
- Bases utiles : Ensembles, applications et bijections
- Chapitre d’avant : Ensembles, applications et bijections
- Chapitre d’après : Récurrence, symboles Σ et coefficients binomiaux
- Vérifier ses acquis : QCM de L1 de maths sur relations d'équivalence et d'ordre
- Contrôle corrigé en temps limité : Images réciproques et relations d'ordre : contrôle de maths en L1
- Tous les chapitres : le sommaire de la L1 de maths
- Après le bac : les maths post-bac, de la MPSI à la L3
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