QCM : Pivot de Gauss et matrices en L1 de maths

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Ce QCM matrices L1 reprend tout le chapitre sur les systèmes linéaires et le calcul matriciel. Les douze questions commencent par les opérations élémentaires et la lecture géométrique d’un système, puis passent au produit de matrices, à la transposée, aux inconnues secondaires, au rang et à l’inverse obtenu par le pivot. La dernière question demande une discussion selon un paramètre.

Travaille d’abord sans cours, avec un brouillon : la plupart des calculs se font en moins d’une minute. Ensuite, lis chaque explication, y compris pour les réponses justes. En effet, les propositions fausses reproduisent des erreurs réelles : produit calculé terme à terme, transposée d’un produit dans le mauvais ordre, identité remarquable appliquée comme si les matrices commutaient, signe oublié en remontant un système échelonné. Repère celles qui t’ont piégé et reprends ces points.

Les 12 questions

Question 1

On travaille sur un système linéaire de lignes \(L_1\), \(L_2\), \(L_3\). Laquelle de ces transformations ne garantit pas d’obtenir un système équivalent ?

  1. Faire \(L_2\leftarrow L_2-3L_1\), puis \(L_3\leftarrow L_3+L_1\)
  2. Échanger \(L_1\) et \(L_3\), puis \(L_2\) et \(L_3\)
  3. Faire \(L_2\leftarrow -2L_2\), puis \(L_1\leftarrow L_1-L_2\)
  4. Faire simultanément \(L_1\leftarrow L_1+L_2\) et \(L_2\leftarrow L_2+L_1\)

Réponse D.

Les trois opérations élémentaires sont réversibles : échange, multiplication par un réel non nul, ajout d’un multiple d’une autre ligne. Les trois enchaînements proposés en sont formés. Cependant, faire les deux remplacements simultanément produit deux lignes identiques égales à \(L_1+L_2\). On perd donc une équation, et l’ensemble des solutions peut grossir. Le piège est de croire que toute combinaison de lignes est permise.

Question 2

Dans \(\mathbb{R}^3\), quel est l’ensemble des solutions du système formé par \(x+y-z=1\) et \(2x-y+z=4\) ?

  1. Un point
  2. Une droite
  3. Un plan
  4. L’ensemble vide

Réponse B.

Chaque équation définit un plan, et ces deux plans ne sont pas parallèles, car leurs vecteurs normaux \((1,1,-1)\) et \((2,-1,1)\) ne sont pas colinéaires. Leur intersection est donc une droite. Concrètement, la somme des lignes donne \(x=\frac{5}{3}\), puis \(y-z=-\frac{2}{3}\) laisse un paramètre libre. Le piège « un point » vient de l’idée fausse qu’un système a toujours une seule solution.

Question 3

On pose \(A=\begin{pmatrix}1&2\\0&-1\end{pmatrix}\) et \(B=\begin{pmatrix}3&0\\1&4\end{pmatrix}\). Que vaut le produit \(AB\) ?

  1. \(\begin{pmatrix}3&6\\1&-2\end{pmatrix}\)
  2. \(\begin{pmatrix}3&0\\0&-4\end{pmatrix}\)
  3. \(\begin{pmatrix}5&8\\-1&-4\end{pmatrix}\)
  4. \(\begin{pmatrix}5&8\\1&-4\end{pmatrix}\)

Réponse C.

Le coefficient \((i,j)\) de \(AB\) est le produit de la ligne \(i\) de \(A\) par la colonne \(j\) de \(B\). Ainsi la première ligne donne \(3+2=5\) et \(0+8=8\), la seconde \(-1\) et \(-4\). La matrice de première ligne \((3,6)\) est \(BA\), différent de \(AB\). La matrice diagonale multiplie terme à terme. Celle qui a \(1\) en bas à gauche oublie le signe de \(0\times 3+(-1)\times 1\).

Question 4

Soit \(A\) de taille \(n\times p\) et \(B\) de taille \(p\times q\). Quelle égalité est toujours vraie ?

  1. \((AB)^{T}=A^{T}B^{T}\)
  2. \((AB)^{T}=AB\)
  3. \((AB)^{T}=BA\)
  4. \((AB)^{T}=B^{T}A^{T}\)

Réponse D.

La transposée d’un produit inverse l’ordre des facteurs. D’ailleurs, \(A^{T}B^{T}\) n’est en général même pas défini, puisque \(A^{T}\) est de taille \(p\times n\) et \(B^{T}\) de taille \(q\times p\). Par conséquent, l’ordre \(B^{T}A^{T}\) est le seul compatible avec les tailles. Enfin, écrire \(AB\) ou \(BA\) revient à confondre transposition et symétrie, ou à ignorer la transposée.

Question 5

Pour deux matrices carrées \(A\) et \(B\) de même taille, que vaut \((A+B)^2\) en général ?

  1. \(A^2+2AB+B^2\)
  2. \(A^2+AB+BA+B^2\)
  3. \(A^2+B^2\)
  4. \(A^2+2BA+B^2\)

Réponse B.

On développe \((A+B)(A+B)\) en respectant l’ordre des facteurs, ce qui donne bien \(A^2+AB+BA+B^2\). Le produit matriciel n’étant pas commutatif, on ne peut regrouper \(AB\) et \(BA\) que si \(A\) et \(B\) commutent. Ainsi l’identité remarquable du lycée est un piège. Quant à \(A^2+B^2\), elle oublie complètement les termes croisés.

Question 6

Soit \(T\) une matrice carrée triangulaire supérieure. À quelle condition \(T\) est-elle inversible ?

  1. Tous ses coefficients diagonaux sont non nuls.
  2. Au moins un coefficient diagonal est non nul.
  3. Tous ses coefficients au-dessus de la diagonale sont nuls.
  4. Sa trace est non nulle.

Réponse A.

Une matrice triangulaire est déjà échelonnée. Si tous les coefficients diagonaux sont non nuls, ils servent de pivots et la remontée fournit l’inverse. En revanche, un zéro sur la diagonale fait perdre un pivot, donc le rang devient strictement inférieur à la taille. Le piège de la trace est fréquent : \(\begin{pmatrix}1&0\\0&0\end{pmatrix}\) a une trace non nulle sans être inversible.

Question 7

Le système échelonné formé par \(x+2y-z+t=1\) et \(z+3t=2\) a pour inconnues \(x,y,z,t\). Quelles sont ses inconnues secondaires ?

  1. \(x\) et \(z\)
  2. \(z\) et \(t\)
  3. \(y\) et \(t\)
  4. \(t\) seulement

Réponse C.

Les inconnues principales sont celles des pivots, c’est-à-dire la première inconnue de chaque ligne non nulle : ici \(x\) et \(z\). Les autres, \(y\) et \(t\), sont secondaires et servent de paramètres. Le piège \(x\) et \(z\) inverse les deux notions. Par ailleurs, choisir \(z\) et \(t\) revient à prendre les inconnues de la dernière ligne, ce qui ne correspond à aucune règle.

Question 8

On résout le système échelonné formé par \(x+y-z=2\) et \(y+2z=1\), en prenant \(z=\lambda\) comme paramètre réel. Quel est l’ensemble des solutions ?

  1. \(\{(1+3\lambda,\ 1-2\lambda,\ \lambda)\}\)
  2. \(\{(1+\lambda,\ 1-2\lambda,\ \lambda)\}\)
  3. \(\{(1+3\lambda,\ 1+2\lambda,\ \lambda)\}\)
  4. \(\{(1-3\lambda,\ 1-2\lambda,\ \lambda)\}\)

Réponse A.

La seconde ligne donne \(y=1-2\lambda\). On remonte ensuite dans la première : \(x=2-y+z=2-(1-2\lambda)+\lambda=1+3\lambda\). La réponse \(1+\lambda\) oublie de distribuer le signe moins devant la parenthèse. La réponse \(1+2\lambda\) se trompe de signe en isolant \(y\). Enfin, \(1-3\lambda\) vient d’un \(z\) passé du mauvais côté de l’égalité.

Question 9

Quel est le rang de la matrice \(M=\begin{pmatrix}1&2&3\\2&4&6\\1&0&1\end{pmatrix}\) ?

  1. \(3\)
  2. \(2\)
  3. \(1\)
  4. \(0\)

Réponse B.

La deuxième ligne vaut deux fois la première. Donc l’opération \(L_2\leftarrow L_2-2L_1\) l’annule. Ensuite, \(L_3\leftarrow L_3-L_1\) donne \((0,-2,-2)\), qui fournit un second pivot. Il reste ainsi deux pivots, et le rang vaut \(2\). Le piège \(3\) compte les lignes sans échelonner. À l’inverse, \(1\) suppose à tort que toutes les lignes sont proportionnelles.

Question 10

On applique le pivot de Gauss à \((A\mid I_2)\) avec \(A=\begin{pmatrix}2&1\\5&3\end{pmatrix}\). Quelle matrice obtient-on à droite ?

  1. \(\begin{pmatrix}3&-1\\-5&2\end{pmatrix}\)
  2. \(\begin{pmatrix}3&-5\\-1&2\end{pmatrix}\)
  3. \(\begin{pmatrix}-3&1\\5&-2\end{pmatrix}\)
  4. \(\begin{pmatrix}2&-1\\-5&3\end{pmatrix}\)

Réponse A.

Le pivot transforme \(A\) en \(I_2\) et, en parallèle, \(I_2\) en \(A^{-1}\). Ici, \(2\times 3-1\times 5=1\), donc l’inverse est \(\begin{pmatrix}3&-1\\-5&2\end{pmatrix}\). Vérification : le produit par \(A\) redonne bien \(I_2\). La matrice de première ligne \((3,-5)\) est la transposée de l’inverse. Celle aux signes tous changés est son opposé. Celle qui commence par \(2\) oublie d’échanger les coefficients diagonaux.

Question 11

Soit \(A\) une matrice carrée de taille \(3\) et de rang \(2\), et \(B\) une colonne de \(\mathbb{R}^3\). Que peut-on dire du système \(AX=B\) ?

  1. Il a exactement une solution, quel que soit \(B\).
  2. Il a une infinité de solutions, quel que soit \(B\).
  3. Selon \(B\), il n’a aucune solution ou en a une infinité.
  4. Il n’a aucune solution, quel que soit \(B\).

Réponse C.

Après échelonnement, il reste deux pivots et une ligne de gauche nulle. Si le second membre de cette ligne vaut \(0\), le système est compatible, et l’inconnue secondaire donne une infinité de solutions. Sinon, on obtient \(0=c\) avec \(c\) non nul, donc aucune solution. L’unicité exige un rang \(3\). Le piège est d’oublier la condition de compatibilité.

Question 12

Selon le réel \(m\), combien le système formé par \(x+2y=1\) et \(3x+my=4\) a-t-il de solutions ?

  1. Une seule si \(m\neq 6\), une infinité si \(m=6\)
  2. Une seule si \(m\neq 2\), aucune si \(m=2\)
  3. Une seule pour toute valeur de \(m\)
  4. Une seule si \(m\neq 6\), aucune si \(m=6\)

Réponse D.

L’opération \(L_2\leftarrow L_2-3L_1\) donne \((m-6)y=1\). Si \(m\neq 6\), on obtient une unique valeur de \(y\), puis de \(x\). En revanche, si \(m=6\), la ligne devient \(0=1\), donc aucune solution. Le piège « une infinité » oublie de regarder le second membre. Quant à \(m=2\), il vient d’une élimination faite sans le facteur \(3\).

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