QCM : Continuité et bijection continue en L1 de maths
Ce QCM continuité L1 suit le chapitre qui fait passer des limites de fonctions aux grands théorèmes. Il commence par les limites à gauche et à droite, le prolongement par continuité et la caractérisation séquentielle, outil de choix face à une fonction qui oscille. Viennent ensuite le théorème des valeurs intermédiaires, les bornes atteintes sur un segment et le théorème de la bijection continue. Les dernières questions abordent la continuité uniforme, avec le passage d’un segment à un intervalle ouvert.
Réponds d’abord sans le cours, en vérifiant à chaque fois les hypothèses : intervalle fermé ou non, continuité partout ou seulement aux bornes. Lis ensuite les explications. Elles détaillent le raisonnement attendu et pointent l’erreur derrière chaque piège, souvent une hypothèse oubliée ou une limite calculée d’un seul côté.
Les 12 questions
Question 1
On pose \(f(x)=\dfrac{x^2-4}{|x-2|}\) pour \(x\neq 2\). Que se passe-t-il en 2 ?
- \(f\) admet la limite \(4\) en 2.
- \(f\) admet la limite \(0\) en 2.
- Limite \(-4\) à droite, \(4\) à gauche : pas de limite en 2.
- Limite \(4\) à droite, \(-4\) à gauche : pas de limite en 2.
Réponse D.
On factorise : \(x^2-4=(x-2)(x+2)\). Pour \(x>2\), on a \(|x-2|=x-2\), donc \(f(x)=x+2\), qui tend vers 4. En revanche, pour \(x<2\), \(f(x)=-(x+2)\), qui tend vers \(-4\). Les deux limites latérales diffèrent, si bien que \(f\) n’a pas de limite en 2. Le piège 4 ne regarde qu’un côté, et le dernier inverse les signes.
Question 2
La fonction \(g(x)=\dfrac{\sqrt{1+6x}-1}{x}\), définie au voisinage de 0 sauf en 0, se prolonge par continuité en 0. Quelle valeur faut-il poser ?
- \(g(0)=6\)
- \(g(0)=3\)
- \(g(0)=\frac{1}{2}\)
- \(g(0)=0\)
Réponse B.
On multiplie par la quantité conjuguée : \(g(x)=\frac{6x}{x(\sqrt{1+6x}+1)}=\frac{6}{\sqrt{1+6x}+1}\). Cette expression tend vers \(\frac{6}{2}=3\). On peut aussi y voir un taux d’accroissement, celui de \(\sqrt{1+6x}\) en 0. Le piège 6 oublie le facteur \(\frac{1}{2}\) de la dérivée d’une racine. Quant à 0, il vient d’un numérateur qui tend vers 0, sans regarder le dénominateur.
Question 3
Pour montrer que \(x\mapsto\sin\frac{\pi}{2x}\) ne converge pas quand \(x\) tend vers 0, quel couple de suites choisir ?
- \(x_n=\frac{1}{4n+1}\) et \(y_n=\frac{1}{8n+1}\)
- \(x_n=\frac{1}{2n}\) et \(y_n=\frac{1}{4n}\)
- \(x_n=4n+1\) et \(y_n=4n+3\)
- \(x_n=\frac{1}{4n+1}\) et \(y_n=\frac{1}{4n+3}\)
Réponse D.
Les deux suites tendent vers 0. De plus, \(\frac{\pi}{2x_n}=2n\pi+\frac{\pi}{2}\) donne l’image 1, tandis que \(\frac{\pi}{2y_n}=2n\pi+\frac{3\pi}{2}\) donne \(-1\). Deux limites distinctes interdisent donc toute limite en 0. Avec \(\frac{1}{8n+1}\), on retrouve l’image 1, sans contradiction. Les inverses de \(2n\) et \(4n\) donnent deux fois 0. Enfin, \(4n+1\) tend vers \(+\infty\), et non vers 0.
Question 4
La fonction \(f\) est continue en \(a\) et la fonction \(g\) ne l’est pas. Que dire de \(f+g\) en \(a\) ?
- Elle peut être continue en \(a\).
- Elle est continue en \(a\) si \(f(a)=0\).
- Elle n’est jamais continue en \(a\).
- Elle est continue en \(a\) si \(g\) est bornée.
Réponse C.
Raisonnons par l’absurde. Si \(f+g\) était continue en \(a\), alors \(g=(f+g)-f\) serait une différence de fonctions continues en \(a\). Par conséquent, \(g\) serait continue, ce qui est exclu. Les conditions \(f(a)=0\) ou \(g\) bornée ne changent rien à cet argument. Attention cependant : pour un produit, la conclusion est fausse, car \(0\times g\) est continue.
Question 5
Sur \(]-1,2[\), en quels points la fonction \(h(x)=x\lfloor x\rfloor\) est-elle discontinue ?
- En \(1\) seulement
- En \(0\) et en \(1\)
- En \(0\) seulement
- En aucun point
Réponse A.
Hors des entiers, \(h\) est un produit de fonctions continues. En 0, on a \(h(x)=-x\) à gauche et \(h(x)=0\) à droite : les deux limites valent 0, donc \(h\) est continue malgré le saut de la partie entière. En revanche, en 1, la limite à gauche vaut 0 et la limite à droite vaut 1. Le piège consiste donc à croire que tout saut de \(\lfloor x\rfloor\) se transmet.
Question 6
Avec \(P(x)=x^5-3x+1\), on calcule \(P(-2)\), \(P(0)\), \(P(1)\) et \(P(2)\). Que garantit alors le théorème des valeurs intermédiaires ?
- Exactement une racine réelle
- Au moins une racine réelle seulement
- Au moins trois racines réelles
- Au moins cinq racines réelles
Réponse C.
On trouve \(P(-2)=-25\), \(P(0)=1\), \(P(1)=-1\) et \(P(2)=27\). Il y a donc trois changements de signe, et la fonction polynôme est continue. Ainsi, le TVI fournit une racine dans chacun des intervalles \(]-2,0[\), \(]0,1[\) et \(]1,2[\). Le degré impair garantit seulement une racine, d’où le piège. Enfin, rien ne prouve ici l’existence de cinq racines réelles.
Question 7
Dans le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à \(f\) sur \([a,b]\), quelle hypothèse est indispensable ?
- La dérivabilité de \(f\) sur \(]a,b[\)
- La stricte monotonie de \(f\) sur \([a,b]\)
- La continuité de \(f\) aux seuls points \(a\) et \(b\)
- La continuité de \(f\) sur tout l’intervalle \([a,b]\)
Réponse D.
Une seule discontinuité suffit à sauter une valeur : la fonction qui vaut \(-1\) sur \([-1,0[\) et 1 sur \([0,1]\) change de signe sans s’annuler. La continuité aux extrémités ne protège donc de rien. En revanche, la dérivabilité est inutile, car la valeur absolue vérifie le théorème. De même, la monotonie stricte sert seulement à obtenir l’unicité de l’antécédent.
Question 8
Laquelle de ces fonctions atteint sa borne supérieure sur l’ensemble indiqué ?
- \(x\mapsto x\) sur \([0,1[\)
- \(x\mapsto x(1-x)\) sur \([0,1]\)
- \(x\mapsto\arctan x\) sur \(\mathbb{R}\)
- \(x\mapsto -\frac{1}{x}\) sur \([1,+\infty[\)
Réponse B.
Sur un intervalle fermé borné, une fonction continue possède un maximum effectivement atteint : ici, le maximum \(\frac{1}{4}\) est atteint en \(\frac{1}{2}\). Les trois pièges sont continus et bornés, mais pas sur un segment. En effet, la borne 1 de \(x\) sur \([0,1[\) n’est pas atteinte. De même, l’arc tangente reste sous \(\frac{\pi}{2}\). Enfin, \(-\frac{1}{x}\) reste strictement négative tout en tendant vers 0.
Question 9
On pose \(f(x)=x+e^x\) pour \(x\in\mathbb{R}\). Quelle affirmation est exacte ?
- \(f\) est une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(\mathbb{R}\), de réciproque continue croissante.
- \(f\) est une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(]0,+\infty[\).
- \(f\) est bijective, mais sa réciproque peut être discontinue.
- \(f\) n’est pas bijective, faute de réciproque explicite.
Réponse A.
Sa dérivée \(1+e^x\) est strictement positive, donc \(f\) est continue et strictement croissante. Ses limites aux deux bouts de \(\mathbb{R}\) sont \(-\infty\) et \(+\infty\). Le théorème de la bijection fournit donc une bijection sur \(\mathbb{R}\), avec une réciproque continue de même monotonie. Le piège \(]0,+\infty[\) pense à l’image de l’exponentielle seule. Enfin, une formule explicite n’est jamais exigée.
Question 10
Toujours avec \(f(x)=x+e^x\), que vaut \(f^{-1}(1)\) ?
- \(0\)
- \(1+e\)
- \(\frac{1}{1+e}\)
- \(1\)
Réponse A.
On cherche l’unique réel \(x\) tel que \(x+e^x=1\). Or \(f(0)=0+1=1\), donc \(f^{-1}(1)=0\), et l’unicité vient de la bijectivité. Le piège \(1+e\) calcule \(f(1)\) au lieu de \(f^{-1}(1)\). De même, \(\frac{1}{1+e}\) confond la réciproque avec l’inverse \(\frac{1}{f(1)}\). Enfin, 1 suppose à tort que \(f\) fixe 1.
Question 11
Laquelle de ces fonctions est uniformément continue sur l’ensemble indiqué ?
- \(x\mapsto x^2\) sur \(\mathbb{R}\)
- \(x\mapsto\frac{1}{x}\) sur \(]0,1]\)
- \(x\mapsto\sqrt{x}\) sur \([0,+\infty[\)
- \(x\mapsto\sin(x^2)\) sur \(\mathbb{R}\)
Réponse C.
Si \(0\leqslant y\leqslant x\), alors \((\sqrt{x}-\sqrt{y})^2\leqslant(\sqrt{x}-\sqrt{y})(\sqrt{x}+\sqrt{y})=x-y\). Ainsi, choisir l’écart \(\varepsilon^2\) convient partout, ce qui prouve la continuité uniforme malgré la pente infinie en 0. En revanche, \(x^2\) varie de plus en plus vite à l’infini. De même, \(\frac{1}{x}\) explose près de 0. Enfin, \(\sin(x^2)\) oscille de plus en plus vite, bien qu’elle soit bornée.
Question 12
Soit \(f\) continue sur \(]0,1]\). Quelle condition suffit pour que \(f\) soit uniformément continue sur \(]0,1]\) ?
- \(f\) est bornée sur \(]0,1]\).
- \(f\) admet une limite finie en \(0\).
- \(f\) est monotone sur \(]0,1]\).
- \(f\) est dérivable sur \(]0,1]\).
Réponse B.
Une limite finie en 0 permet de définir \(f(0)\) sans créer de saut. On obtient ainsi une fonction continue sur \([0,1]\), fermé et borné, que Heine rend uniformément continue, et sa restriction l’est aussi. En revanche, \(\sin\frac{1}{x}\) est bornée et dérivable, mais pas uniformément continue. De même, \(\frac{1}{x}\) est monotone et échoue. Par conséquent, seule la limite en 0 permet de conclure.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de L1 de maths sur continuité et bijection continue
- S’exercer : exercices corrigés sur continuité et bijection continue
- QCM précédent : QCM : Suites et définition epsilon en L1 de maths
- QCM suivant : QCM : Dérivabilité, Rolle et TAF en L1 de maths
- Tous les chapitres : le sommaire de la L1 de maths


























