QCM : Dérivabilité, Rolle et TAF en L1 de maths

Dérivabilité, Rolle et TAF – QCM en Licence 1 sur Maths-pdf.fr Couverture : Livre de contrôles corrigés de maths L1 en PDF Télécharger en PDF Le livre des 25 contrôles corrigés en L1 PDF à imprimer Voir le livre ›


Ce QCM Rolle L1 passe en revue le chapitre sur la dérivation d’une fonction d’une variable réelle. Les douze questions vont du nombre dérivé et de la dérivabilité à gauche ou à droite jusqu’au théorème de Rolle, à l’inégalité des accroissements finis et à la formule de Leibniz pour les dérivées successives. Plusieurs pièges portent sur les hypothèses oubliées : continuité sur le segment, dérivabilité sur l’intervalle ouvert, intervalle non connexe.

Pour en tirer profit, réponds d’abord sans ouvrir le cours, au brouillon, en notant ton choix pour chaque question. Ensuite seulement, lis les explications : elles justifient la bonne réponse et décrivent l’erreur qui conduit à chaque piège. Si tu bloques sur une question, reviens à la définition par le taux d’accroissement, puis refais le calcul.

Les 12 questions

Question 1

Soit \(f(x)=x^3+2x\). Que vaut le taux d’accroissement \(\dfrac{f(1+h)-f(1)}{h}\) pour \(h\neq 0\) ?

  1. \(5+3h\)
  2. \(3+3h+h^2\)
  3. \(5h+3h^2+h^3\)
  4. \(5+3h+h^2\)

Réponse D.

On développe \((1+h)^3=1+3h+3h^2+h^3\), donc \(f(1+h)-f(1)=5h+3h^2+h^3\). Ainsi, après division par \(h\), on obtient \(5+3h+h^2\), qui tend vers \(f^{\prime}(1)=5\). Le piège \(5h+3h^2+h^3\) oublie la division par \(h\) ; la réponse \(3+3h+h^2\) oublie le terme \(2x\).

Question 2

On pose \(g(x)=x\,|x-2|\). En \(a=2\), que dire de \(g\) ?

  1. Dérivable en 2 avec \(g^{\prime}(2)=0\)
  2. Dérivée à gauche \(2\), à droite \(-2\) : non dérivable
  3. Dérivée à gauche \(-2\), à droite \(2\) : \(g\) non dérivable en 2
  4. Non continue en 2, donc non dérivable

Réponse C.

Pour \(x>2\), \(g(x)=x^2-2x\), de dérivée \(2x-2\), soit \(2\) en 2. Pour \(x<2\), \(g(x)=2x-x^2\), de dérivée \(2-2x\), soit \(-2\). Par conséquent, les deux dérivées latérales diffèrent. Cependant \(g\) reste continue en 2 : le piège « non continue » confond continuité et dérivabilité, et le piège « à gauche 2 » inverse les côtés.

Question 3

Soit \(u\) dérivable sur \(\mathbb{R}\) avec \(u(0)=1\) et \(u^{\prime}(0)=3\). On pose \(F(x)=\ln\big(u(x)^2+1\big)\). Que vaut \(F^{\prime}(0)\) ?

  1. \(\tfrac{3}{2}\)
  2. \(6\)
  3. \(3\)
  4. \(\tfrac{1}{2}\)

Réponse C.

Par la règle de la composée, \(F^{\prime}(x)=\dfrac{2u(x)u^{\prime}(x)}{u(x)^2+1}\). En 0, cela donne \(\dfrac{2\times 1\times 3}{2}=3\). Le piège \(6\) oublie le dénominateur, tandis que \(\tfrac{3}{2}\) oublie le facteur 2 venant de la dérivée du carré. Enfin, \(\tfrac12\) revient à ne pas dériver la fonction intérieure.

Question 4

La fonction \(h(x)=x^5+x+1\) est une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(\mathbb{R}\). Que vaut \((h^{-1})^{\prime}(3)\) ?

  1. \(\tfrac{1}{6}\)
  2. \(6\)
  3. \(\tfrac{1}{406}\)
  4. \(\tfrac{1}{3}\)

Réponse A.

On cherche d’abord l’antécédent : \(h(1)=3\), donc \(h^{-1}(3)=1\). Ensuite \(h^{\prime}(x)=5x^4+1\) vaut 6 en 1, et ne s’annule pas. Ainsi \((h^{-1})^{\prime}(3)=\dfrac{1}{h^{\prime}(1)}=\dfrac16\). Le piège \(\tfrac{1}{406}\) évalue \(h^{\prime}\) en 3 au lieu de l’antécédent ; la réponse 6 oublie d’inverser.

Question 5

Soit \(f\) dérivable sur \(]0,1[\) et \(c\in\,]0,1[\) tel que \(f^{\prime}(c)=0\). Que peut-on affirmer ?

  1. \(f\) admet un extremum local en \(c\)
  2. Rien de plus : \(c\) peut ne pas être un extremum local
  3. \(f\) admet un maximum ou un minimum global en \(c\)
  4. \(f\) change de monotonie en \(c\)

Réponse B.

La condition \(f^{\prime}(c)=0\) est nécessaire pour un extremum local en un point intérieur, mais elle n’est pas suffisante. En effet, \(x\mapsto (x-\tfrac12)^3\) a une dérivée nulle en \(\tfrac12\) et reste strictement croissante. Le piège principal consiste donc à prendre la réciproque du théorème pour vraie ; le changement de monotonie échoue sur le même contre-exemple.

Question 6

Parmi ces fonctions définies sur \([-1,1]\), laquelle vérifie toutes les hypothèses du théorème de Rolle ?

  1. \(x\mapsto |x|\)
  2. \(x\mapsto x^3\)
  3. \(x\mapsto x\) si \(x\neq 1\), et \(-1\) en \(1\)
  4. \(x\mapsto x^4-x^2\)

Réponse D.

Le polynôme \(x^4-x^2\) est continu, dérivable, et prend la valeur 0 aux deux bornes. Au contraire, \(|x|\) a bien des valeurs égales aux bornes, mais n’est pas dérivable en 0. Ensuite, \(x^3\) vaut \(-1\) et \(1\) aux bornes. Enfin, la fonction modifiée en 1 a des valeurs égales mais n’est pas continue en 1 : c’est l’hypothèse de continuité sur le segment qui manque.

Question 7

Pour \(f(x)=x^2\) sur \([1,4]\), quel réel \(c\) fournit l’égalité des accroissements finis \(f(4)-f(1)=3f^{\prime}(c)\) ?

  1. \(c=\tfrac{5}{2}\)
  2. \(c=5\)
  3. \(c=2\)
  4. \(c=\tfrac{3}{2}\)

Réponse A.

On a \(f(4)-f(1)=15\), donc il faut \(2c\times 3=15\), soit \(c=\tfrac52\). Pour une parabole, ce point est d’ailleurs toujours le milieu du segment. Le piège \(c=5\) résout \(f^{\prime}(c)=10\) en oubliant de diviser par 2 ; de plus, il sort de l’intervalle. La valeur \(\tfrac32\) est la demi-longueur, et non le milieu.

Question 8

On sait que \(f\) est dérivable sur \(\mathbb{R}^*\) et que \(f^{\prime}(x)=0\) pour tout \(x\neq 0\). Que peut-on conclure ?

  1. \(f\) est constante sur \(\mathbb{R}^*\)
  2. \(f\) est nulle sur \(\mathbb{R}^*\)
  3. \(f\) est constante sur \(]-\infty,0[\) et sur \(]0,+\infty[\), pas forcément la même
  4. \(f\) est constante sur \(\mathbb{R}^*\) si elle est bornée

Réponse C.

Le lien entre dérivée nulle et fonction constante repose sur les accroissements finis, donc il n’est valable que sur un intervalle. Or \(\mathbb{R}^*\) n’en est pas un. Ainsi la fonction qui vaut \(-1\) sur les négatifs et \(4\) sur les positifs convient, et elle est bornée. Le piège consiste à oublier l’hypothèse d’intervalle.

Question 9

Grâce à l’inégalité des accroissements finis appliquée à \(\arctan\), quelle majoration obtient-on pour tous réels \(a\) et \(b\) ?

  1. \(|\arctan b-\arctan a|\leqslant \tfrac{1}{2}|b-a|\)
  2. \(|\arctan b-\arctan a|\geqslant |b-a|\)
  3. \(|\arctan b-\arctan a|\leqslant |b^2-a^2|\)
  4. \(|\arctan b-\arctan a|\leqslant |b-a|\)

Réponse D.

La dérivée \(\dfrac{1}{1+x^2}\) est comprise entre 0 et 1, et le maximum 1 est atteint en 0. Par conséquent, l’inégalité des accroissements finis donne la constante 1. Le facteur \(\tfrac12\) serait faux : il suffit de prendre \(a\) et \(b\) proches de 0. Enfin, l’inégalité dans l’autre sens contredit la borne de la dérivée.

Question 10

Soit \(f\) dérivable sur \(\mathbb{R}\) avec \(f^{\prime}(x)\geqslant 0\) partout, et \(f^{\prime}(x)=0\) seulement aux entiers. Que dire de \(f\) ?

  1. \(f\) est croissante, mais pas strictement
  2. \(f\) est strictement croissante sur \(\mathbb{R}\)
  3. \(f\) est constante au voisinage de chaque entier
  4. On ne peut rien dire sur la monotonie

Réponse B.

Une dérivée positive qui ne s’annule qu’en des points isolés donne une fonction strictement croissante. En effet, si \(f(x)=f(y)\) avec \(x<y\), alors \(f\) serait constante sur \([x,y]\), donc \(f^{\prime}\) y serait nulle partout. Cependant l’ensemble des entiers ne contient aucun intervalle non trivial. Le piège croit qu’un seul zéro de \(f^{\prime}\) suffit à casser la stricte monotonie.

Question 11

Que vaut la dérivée cinquième de \(x\mapsto x^2 e^{-x}\) ?

  1. \(-(x^2-10x+20)e^{-x}\)
  2. \((x^2-10x+20)e^{-x}\)
  3. \(-(x^2-5x+20)e^{-x}\)
  4. \(-(x^2-10x+10)e^{-x}\)

Réponse A.

Par la formule de Leibniz, seuls trois termes restent : \(\binom50 x^2(-1)^5e^{-x}+\binom51 2x(-1)^4e^{-x}+\binom52 2(-1)^3e^{-x}\). Cela donne \((-x^2+10x-20)e^{-x}\). Le piège sans signe moins oublie \((-1)^5\). La réponse \(-5x\) oublie le facteur 2 de \((x^2)^{\prime}\), et la constante 10 oublie celui de \((x^2)^{\prime\prime}\).

Question 12

On définit \(f(x)=x^3\sin\!\big(\tfrac1x\big)\) pour \(x\neq 0\) et \(f(0)=0\). Quelle est la meilleure affirmation ?

  1. \(f\) est dérivable en 0, mais \(f^{\prime}\) n’est pas continue en 0
  2. \(f\) est de classe \(C^1\) sur \(\mathbb{R}\), mais pas deux fois dérivable en 0
  3. \(f\) est de classe \(C^2\) sur \(\mathbb{R}\)
  4. \(f\) n’est pas dérivable en 0

Réponse B.

Le taux \(x^2\sin(1/x)\) tend vers 0, donc \(f^{\prime}(0)=0\). Pour \(x\neq 0\), \(f^{\prime}(x)=3x^2\sin(1/x)-x\cos(1/x)\) tend aussi vers 0 : ainsi \(f\) est \(C^1\). En revanche, \(f^{\prime}(x)/x=3x\sin(1/x)-\cos(1/x)\) n’a pas de limite. Le piège « \(f^{\prime}\) non continue » décrit plutôt \(x^2\sin(1/x)\), avec un exposant trop petit.

Pour aller plus loin

Voter.. post

Nombre de fichiers PDF téléchargés.  Maths PDF c'est 16 224 782 cours et exercices de maths téléchargés en PDF et 4 250 exercices.

Télécharger les manuels scolaires de maths en PDF du CP à la Terminale