QCM : Applications linéaires et rang en L1 de maths
Ce QCM rang L1 reprend les outils de base de l’algèbre linéaire en dimension finie. Les premières questions demandent de reconnaître une application linéaire, de calculer un noyau et de relier injectivité et noyau. Ensuite, le théorème du rang sert à trouver des dimensions sans calcul, et l’image d’une base permet d’obtenir un rang. La fin du questionnaire traite des projecteurs, des symétries, d’un contre-exemple en dimension infinie et des équations d’hyperplans.
Réponds d’abord sans le cours, avec un brouillon pour les petits systèmes. Ensuite, lis chaque explication : elle justifie la bonne réponse et nomme l’erreur visée, par exemple compter des vecteurs liés comme indépendants, confondre projecteur et symétrie, ou appliquer un résultat de dimension finie là où il ne vaut plus.
Les 12 questions
Question 1
Parmi ces applications de \(\mathbb{R}^2\) dans \(\mathbb{R}^2\), laquelle est linéaire ?
- \((x,y)\mapsto(x+1,y)\)
- \((x,y)\mapsto(x-y,3x)\)
- \((x,y)\mapsto(xy,x)\)
- \((x,y)\mapsto(x+y,|y|)\)
Réponse B.
Chaque coordonnée de la bonne réponse est une combinaison linéaire de \(x\) et \(y\), donc l’application est linéaire. En revanche, \((x+1,y)\) envoie \((0,0)\) sur \((1,0)\) : une application linéaire fixe toujours le vecteur nul. Ensuite, le produit \(xy\) n’est pas additif. Enfin, la valeur absolue ne respecte pas la multiplication par \(-1\).
Question 2
Soit \(g\) l’application de \(\mathbb{R}^3\) vers \(\mathbb{R}^2\) définie par \(g(x,y,z)=(2x-z,\,x+y+z)\). Que vaut \(\operatorname{Ker}g\) ?
- \(\{(0,0,0)\}\)
- \(\operatorname{Vect}\big((1,3,2)\big)\)
- \(\operatorname{Vect}\big((1,-3,2)\big)\)
- \(\operatorname{Vect}\big((1,0,2),(0,1,-1)\big)\)
Réponse C.
Le système \(2x-z=0\), \(x+y+z=0\) donne \(z=2x\), puis \(y=-3x\). Les solutions forment donc la droite dirigée par \((1,-3,2)\). Le piège \(\{0\}\) est exclu d’emblée : partant de la dimension \(3\) vers la dimension \(2\), \(g\) ne peut pas être injective. Ensuite, \((1,3,2)\) contient une erreur de signe. Enfin, le plan proposé ne vérifie que la première équation.
Question 3
Soit \(f\) linéaire et injective de \(E\) dans \(F\), et \((u_1,\dots,u_p)\) une famille libre de \(E\). La famille \(\big(f(u_1),\dots,f(u_p)\big)\) est :
- libre dans \(F\)
- génératrice de \(F\)
- une base de \(F\)
- liée dans \(F\)
Réponse A.
Si une combinaison \(\sum\lambda_kf(u_k)\) est nulle, la linéarité la transforme en \(f\big(\sum\lambda_ku_k\big)=0\). Comme le noyau est réduit à zéro, \(\sum\lambda_ku_k=0\), donc tous les \(\lambda_k\) sont nuls. Le piège « génératrice » relève de la surjectivité, qui n’est pas supposée. De même, rien ne garantit une base de \(F\). Enfin, « liée » contredit le calcul.
Question 4
Une application linéaire \(f:\mathbb{R}^5\to\mathbb{R}^3\) est surjective. Quelle est la dimension de son noyau ?
- \(3\)
- \(0\)
- \(2\)
- \(8\)
Réponse C.
Le théorème du rang donne \(\dim\operatorname{Ker}f+\operatorname{rg}f=\dim\mathbb{R}^5=5\). Comme \(f\) est surjective, son rang vaut \(3\), donc le noyau est de dimension \(5-3=2\). Le piège \(3\) confond le noyau avec l’image. Ensuite, \(0\) suppose à tort qu’une surjection est injective. Enfin, \(8\) additionne les dimensions au lieu de les soustraire.
Question 5
Un endomorphisme \(u\) de l’espace \(\mathbb{R}^3\) envoie les vecteurs de la base canonique sur \((1,0,1)\), \((0,1,1)\) et \((1,1,2)\). Que peut-on dire ?
- Rang \(3\), donc \(u\) est un isomorphisme
- Rang \(2\), donc \(u\) est surjectif sans être injectif
- Rang \(1\), donc son noyau est un plan
- Rang \(2\), donc \(u\) n’est ni injectif ni surjectif
Réponse D.
Les trois vecteurs donnés engendrent l’image de \(u\). Or le troisième est la somme des deux premiers, qui ne sont pas proportionnels : le rang vaut donc \(2\). Le piège du rang \(3\) compte trois vecteurs sans vérifier leur indépendance. Ensuite, un rang \(2\) dans \(\mathbb{R}^3\) interdit la surjectivité. De plus, pour un endomorphisme en dimension finie, injectivité et surjectivité vont ensemble.
Question 6
Si \(\dim E=3\) et \(\dim F=4\), quelle est la dimension de \(\mathcal{L}(E,F)\) ?
- \(7\)
- \(64\)
- \(12\)
- \(4\)
Réponse C.
Une application linéaire de \(E\) dans \(F\) correspond à une matrice à \(4\) lignes et \(3\) colonnes, une fois des bases fixées. Par conséquent, \(\mathcal{L}(E,F)\) a la même dimension que l’espace de ces matrices, soit \(3\times 4=12\). Le piège \(7\) additionne les dimensions, comme pour un produit cartésien. Ensuite, \(64=4^3\) compte des applications d’ensembles finis. Enfin, \(4\) ne retient que l’espace d’arrivée.
Question 7
Sur \(\mathbb{R}[X]\), l’endomorphisme de dérivation \(D:P\mapsto P^{\prime}\) est :
- injectif mais pas surjectif
- surjectif mais pas injectif
- à la fois injectif et surjectif
- ni injectif ni surjectif
Réponse B.
Tout polynôme admet une primitive polynomiale, donc \(D\) est surjective. Cependant, les constantes non nulles ont une dérivée nulle, si bien que le noyau n’est pas réduit à \(\{0\}\). Cet exemple montre que l’équivalence entre injectivité et surjectivité d’un endomorphisme exige la dimension finie. Le piège « bijectif » applique justement ce résultat hors de son cadre.
Question 8
Lequel de ces endomorphismes de \(\mathbb{R}^2\) est un projecteur ?
- \((x,y)\mapsto(y,x)\)
- \((x,y)\mapsto(0,x)\)
- \((x,y)\mapsto(2x,0)\)
- \((x,y)\mapsto(x-y,0)\)
Réponse D.
Un projecteur vérifie \(p\circ p=p\). Pour la bonne réponse, appliquer deux fois donne \((x-y-0,0)=(x-y,0)\), donc la condition est remplie. En revanche, l’échange des coordonnées vérifie \(s\circ s=\mathrm{id}\) : c’est une symétrie. Ensuite, \((0,x)\) composé avec lui-même donne l’application nulle. Enfin, \((2x,0)\) appliqué deux fois donne \((4x,0)\).
Question 9
Soit \(s\) une symétrie de \(E\). Quel endomorphisme est le projecteur sur \(\operatorname{Ker}(s-\mathrm{id})\) parallèlement à \(\operatorname{Ker}(s+\mathrm{id})\) ?
- \(\frac{1}{2}(\mathrm{id}-s)\)
- \(\mathrm{id}+s\)
- \(s\circ s\)
- \(\frac{1}{2}(\mathrm{id}+s)\)
Réponse D.
Tout vecteur s’écrit \(u=a+b\), avec \(s(a)=a\) et \(s(b)=-b\). Alors \(u+s(u)=2a\), donc \(\frac{1}{2}(\mathrm{id}+s)\) renvoie bien la composante \(a\). Le piège \(\frac{1}{2}(\mathrm{id}-s)\) donne l’autre projecteur, sur \(\operatorname{Ker}(s+\mathrm{id})\). Ensuite, \(\mathrm{id}+s\) oublie le facteur \(\frac{1}{2}\). Enfin, \(s\circ s\) est l’identité.
Question 10
Pour un projecteur \(p\) de \(E\), à quel sous-espace l’image \(\operatorname{Im}p\) est-elle égale ?
- \(\operatorname{Ker}(p-\mathrm{id})\)
- \(\operatorname{Ker}p\)
- \(\operatorname{Ker}(p+\mathrm{id})\)
- \(\operatorname{Im}(p-\mathrm{id})\)
Réponse A.
Si \(v=p(u)\), alors \(p(v)=p\circ p(u)=p(u)=v\), donc \(v\) est invariant. Inversement, un vecteur invariant est sa propre image. Ainsi, l’image est l’ensemble des vecteurs fixes. Le piège \(\operatorname{Ker}p\) donne la direction de la projection. Par ailleurs, \(\operatorname{Im}(p-\mathrm{id})\) coïncide justement avec ce noyau. Enfin, \(\operatorname{Ker}(p+\mathrm{id})\) concerne les symétries.
Question 11
Quelle équation définit l’hyperplan \(H=\operatorname{Vect}\big((1,1,0),(0,1,1)\big)\) de \(\mathbb{R}^3\) ?
- \(x+y+z=0\)
- \(x-y+z=0\)
- \(x-y-z=0\)
- \(x+y-z=0\)
Réponse B.
On cherche une forme \(ax+by+cz\) qui s’annule sur les deux générateurs, car \(H\) en est alors le noyau. Or \(1-1+0=0\) et \(0-1+1=0\), ce qui valide \(x-y+z=0\). Le piège \(x+y+z=0\) n’annule pas \((1,1,0)\). De même, \(x-y-z\) prend la valeur \(-2\) en \((0,1,1)\). Ainsi, tester chaque générateur suffit à trancher.
Question 12
Dans \(\mathbb{R}^5\), quelle est la dimension de l’intersection de deux hyperplans distincts ?
- \(3\)
- \(4\)
- \(2\)
- \(1\)
Réponse A.
Chaque hyperplan est de dimension \(4\). Comme ils sont distincts, leur somme contient strictement chacun d’eux, donc elle vaut \(\mathbb{R}^5\). La formule de Grassmann donne alors \(4+4-5=3\). Le piège \(4\) suppose les hyperplans égaux. Ensuite, \(2\) retranche deux fois au lieu d’une. Autrement dit, deux équations indépendantes font perdre exactement deux dimensions.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de L1 de maths sur applications linéaires et rang
- S’exercer : exercices corrigés sur applications linéaires et rang
- QCM précédent : QCM : Espaces vectoriels, bases, dimension en L1 de maths
- QCM suivant : QCM : Matrices de passage en L1 de maths
- Tous les chapitres : le sommaire de la L1 de maths


























