QCM : Noyau, image et rang en maths sup (MPSI)

Noyau, image et rang – QCM en Maths sup (MPSI) sur Maths-pdf.fr Couverture : Livre de contrôles corrigés de maths MPSI en PDF Télécharger en PDF Le livre des 25 contrôles corrigés en MPSI PDF à imprimer Voir le livre ›


Ce QCM noyau MPSI reprend les méthodes noyau-image attendues en colle. Il commence par reconnaître une application linéaire, calculer un noyau et relier l’injectivité au noyau. Il aborde ensuite l’image réciproque d’un sous-espace, la construction d’une application à partir de l’image d’une base, puis le groupe linéaire et les isomorphismes. La fin porte sur la dimension de \(\mathcal{L}(E,F)\), le théorème du rang et ses usages pour obtenir des inclusions ou majorer un rang.

Réponds d’abord sans le cours, en écrivant les dimensions de chaque espace au brouillon avant de conclure. Lis ensuite les explications : elles justifient la bonne réponse et nomment l’erreur visée par chaque piège, par exemple un argument valable en dimension finie appliqué à \(\mathbb{R}[X]\) ou un ordre de composition inversé.

Les 12 questions

Question 1

Parmi ces transformations du plan \(\mathbb{R}^2\), une seule respecte la linéarité. Laquelle ?

  1. \((x,y)\mapsto(x+1,y)\)
  2. \((x,y)\mapsto(x-y,3x)\)
  3. \((x,y)\mapsto(xy,x)\)
  4. \((x,y)\mapsto(|x|,y)\)

Réponse B.

Chaque coordonnée de la bonne réponse est une combinaison linéaire de \(x\) et \(y\), donc l’application est linéaire. En revanche, une application linéaire envoie 0 sur 0 ; or \((x+1,y)\) envoie l’origine sur \((1,0)\). Le produit \(xy\) n’est pas linéaire : doubler le vecteur quadruple ce terme. Enfin, la valeur absolue ne respecte pas la multiplication par \(-1\).

Question 2

On définit \(f(x,y,z)=(x+y,\,y-z)\) de \(\mathbb{R}^3\) dans \(\mathbb{R}^2\). Que vaut \(\operatorname{Ker} f\) ?

  1. \(\operatorname{Vect}((1,-1,1))\)
  2. \(\operatorname{Vect}((1,1,1))\)
  3. \(\{0\}\)
  4. \(\operatorname{Vect}((-1,1,1))\)

Réponse D.

Le noyau est formé des vecteurs vérifiant \(x+y=0\) et \(y-z=0\). Ainsi \(x=-y\) et \(z=y\), d’où les vecteurs \(y(-1,1,1)\). Le vecteur \((1,-1,1)\) annule la première équation mais donne \(y-z=-2\). De plus, le noyau ne peut pas être nul : une application de \(\mathbb{R}^3\) vers \(\mathbb{R}^2\) a un rang au plus 2, donc un noyau de dimension au moins 1.

Question 3

Pour \(f\in\mathcal{L}(E,F)\), laquelle de ces conditions équivaut à l’injectivité de \(f\) ?

  1. \(f(0)=0\)
  2. \(\operatorname{Im} f=F\)
  3. \(\operatorname{Ker} f=\{0\}\)
  4. \(\operatorname{Ker} f\) est une droite

Réponse C.

Si \(f(x)=f(y)\), alors \(f(x-y)=0\) par linéarité. Par conséquent, l’injectivité revient à dire que seul 0 a pour image 0. La condition \(f(0)=0\) est vraie pour toute application linéaire, donc elle ne caractérise rien. Par ailleurs, \(\operatorname{Im} f=F\) traduit la surjectivité. Enfin, un noyau de dimension 1 contient des vecteurs non nuls d’image nulle, ce qui empêche l’injectivité.

Question 4

Soit \(f\in\mathcal{L}(E,F)\) et \(B\) un sous-espace de \(F\). Que peut-on dire de l’image réciproque \(f^{-1}(B)\) ?

  1. C’est un sous-espace de \(E\) qui contient \(\operatorname{Ker} f\)
  2. C’est un sous-espace de \(E\) inclus dans \(\operatorname{Ker} f\)
  3. C’est un sous-espace de \(F\) qui contient \(B\)
  4. Elle n’est définie que si \(f\) est bijective

Réponse A.

L’image réciproque est un sous-espace de \(E\), car \(f\) est linéaire et \(B\) stable par combinaison linéaire. De plus, \(0\in B\), donc tout vecteur du noyau est envoyé dans \(B\) : ainsi \(\operatorname{Ker} f\subset f^{-1}(B)\). L’inclusion inverse est fausse, par exemple avec \(B=F\). Le piège sur la bijectivité confond la notation \(f^{-1}(B)\), toujours définie, avec une application réciproque.

Question 5

Combien existe-t-il d’éléments \(f\) de \(\mathcal{L}(\mathbb{R}^2,\mathbb{R}^3)\) tels que \(f(1,0)=(1,2,3)\) et \(f(0,1)=(0,1,0)\) ?

  1. Aucune, faute de dimensions égales
  2. Une infinité
  3. Deux, selon l’ordre de la base
  4. Exactement une

Réponse D.

Fixer les images des vecteurs d’une base, sans aucune contrainte sur elles, fixe une application linéaire et une seule. Comme on impose ici les images de la base canonique, la solution existe et elle est unique : \(f(x,y)=(x,2x+y,3x)\). L’égalité des dimensions n’est requise que pour un isomorphisme, pas pour l’existence. Par ailleurs, l’infinité correspond au cas où l’on ne fixe l’image que d’une partie de la base.

Question 6

Un endomorphisme \(f\) du plan vérifie \(f(1,1)=(2,0)\) et \(f(1,-1)=(0,4)\). Que vaut \(f(3,1)\) ?

  1. \((6,4)\)
  2. \((4,4)\)
  3. \((4,-4)\)
  4. \((2,4)\)

Réponse B.

On décompose dans la base donnée : \((3,1)=2(1,1)+1\cdot(1,-1)\). Par linéarité, \(f(3,1)=2(2,0)+(0,4)=(4,4)\). La réponse \((6,4)\) prend à tort les coordonnées canoniques 3 et 1 comme coefficients. Ensuite, \((4,-4)\) vient d’une erreur de signe sur le second coefficient. Enfin, \((2,4)\) additionne simplement les deux images, sans aucun coefficient.

Question 7

Les applications \(f\) et \(g\) appartiennent au groupe \(GL(E)\). Que vaut \((g\circ f)^{-1}\) ?

  1. \(g^{-1}\circ f^{-1}\)
  2. \(f^{-1}\circ g^{-1}\)
  3. \(f\circ g\)
  4. \(g\circ f\) n’est pas toujours inversible

Réponse B.

On vérifie directement : \((g\circ f)\circ(f^{-1}\circ g^{-1})=g\circ g^{-1}=\operatorname{id}_E\), et de même dans l’autre sens. Ainsi, \(GL(E)\) est stable par composition, et l’inverse d’une composée renverse l’ordre. Le piège \(g^{-1}\circ f^{-1}\) garde l’ordre initial, ce qui est faux sauf si les applications commutent. Par ailleurs, \(f\circ g\) oublie complètement de prendre les réciproques.

Question 8

Lequel de ces espaces est isomorphe à \(\mathbb{R}_3[X]\) ?

  1. \(\mathbb{R}^3\)
  2. \(\mathbb{R}_4[X]\)
  3. \(\mathbb{R}^4\)
  4. \(\mathcal{M}_{2,3}(\mathbb{R})\)

Réponse C.

En dimension finie, trouver un isomorphisme revient à comparer les dimensions : il faut et il suffit qu’elles coïncident. Or \(\mathbb{R}_3[X]\) admet la base \((1,X,X^2,X^3)\), donc il est de dimension 4, comme \(\mathbb{R}^4\). La réponse \(\mathbb{R}^3\) confond le degré maximal avec la dimension. De même, \(\mathbb{R}_4[X]\) est de dimension 5. Enfin, l’espace des matrices à 2 lignes et 3 colonnes est de dimension 6.

Question 9

Quelle est la dimension de \(\mathcal{L}(\mathbb{R}^4,\mathbb{R}_2[X])\) ?

  1. \(7\)
  2. \(8\)
  3. \(12\)
  4. \(4\)

Réponse C.

Si \(E\) et \(F\) sont de dimensions \(p\) et \(q\), le choix de bases associe à chaque application une matrice à \(q\) lignes et \(p\) colonnes, d’où la dimension \(pq\). Ici, \(\dim\mathbb{R}_2[X]=3\), donc on obtient \(4\times3=12\). La réponse 7 additionne les dimensions au lieu de les multiplier. En outre, 8 prend 2 pour la dimension de \(\mathbb{R}_2[X]\), en oubliant le polynôme constant.

Question 10

L’application \(f\in\mathcal{L}(\mathbb{R}^5,\mathbb{R}^3)\) est de rang 3. Quelle est la dimension de \(\operatorname{Ker} f\) ?

  1. \(2\)
  2. \(0\)
  3. \(3\)
  4. \(8\)

Réponse A.

Le théorème du rang porte sur l’espace de départ, ici de dimension 5. On obtient \(5=\dim\operatorname{Ker} f+3\), donc le noyau est de dimension 2. Sous forme géométrique, la restriction de \(f\) à n’importe quel supplémentaire de ce noyau réalise une bijection sur l’image. La réponse 0 croit à tort que la surjectivité entraîne l’injectivité, ce qui exige des dimensions égales. Enfin, 8 additionne les dimensions au lieu de soustraire.

Question 11

Sur \(\mathbb{R}[X]\), l’application de dérivation \(D:P\mapsto P^{\prime}\) est :

  1. injective mais non surjective
  2. bijective, donc inversible
  3. ni injective ni surjective
  4. surjective mais non injective

Réponse D.

Tout polynôme admet une primitive polynomiale, donc \(D\) est surjective. Cependant, les constantes non nulles ont une dérivée nulle : le noyau n’est pas réduit à 0. Ainsi, l’équivalence entre injectivité et surjectivité, valable pour un endomorphisme en dimension finie, tombe en défaut ici, car \(\mathbb{R}[X]\) est de dimension infinie. Le piège « injective » confond la dérivation avec la multiplication par \(X\).

Question 12

L’endomorphisme \(f\) de \(\mathbb{R}^7\) vérifie \(f\circ f=0\). Quelle est la plus grande valeur possible de \(\operatorname{rg} f\) ?

  1. \(3\)
  2. \(4\)
  3. \(7\)
  4. \(0\)

Réponse A.

La relation \(f\circ f=0\) signifie que \(\operatorname{Im} f\subset\operatorname{Ker} f\). Donc \(\operatorname{rg} f\le\dim\operatorname{Ker} f=7-\operatorname{rg} f\), d’où \(\operatorname{rg} f\le3{,}5\), soit au plus 3. Cette valeur est atteinte en envoyant trois vecteurs de base sur trois autres et le reste sur 0. La réponse 4 arrondit au-dessus. Par ailleurs, 0 confond \(f\circ f=0\) avec \(f=0\).

Pour aller plus loin

Voter.. post

Nombre de fichiers PDF téléchargés.  Maths PDF c'est 16 224 763 cours et exercices de maths téléchargés en PDF et 4 250 exercices.

Télécharger les manuels scolaires de maths en PDF du CP à la Terminale