Corrigé des exercices : Compacité séquentielle et connexité en L3 de maths
Ce corrigé connexité L3 rédige entièrement les 19 exercices de la fiche, au niveau attendu dans une copie d’examen. Chaque solution s’ouvre sur une idée clé, puis vérifie les hypothèses avant de nommer le théorème employé.
Trois réflexes reviennent souvent. D’abord, une compacité se prouve par extraction de sous-suites ou par recouvrements ouverts, jamais par « fermé et borné » hors de la dimension finie. Ensuite, une connexité s’établit le plus souvent par un chemin explicite ou par une fonction continue vers deux valeurs. Enfin, les contre-exemples sont donnés avec leurs calculs complets. Des figures illustrent les solutions géométriques, notamment le sinus du topologue et la convergence de Dini.
Pour démarrer
Corrigé de l’exercice 1 – Une suite convergente et sa limite
Idée clé : tout se joue autour du point \(\ell\), qui attire tous les termes sauf un nombre fini.
- Soit \((v_j)\) une suite de \(K\). Premier cas : la suite visite une infinité de fois un même point de \(K\). On retient ces termes, qui forment une sous-suite constante, évidemment convergente dans \(K\). Second cas : chaque point de \(K\) n’est visité qu’un nombre fini de fois. Alors \(v_j\neq\ell\) sauf pour un nombre fini d’indices, et l’on peut écrire, pour \(j\) assez grand, \(v_j=u_{k_j}\). Comme chaque \(u_k\) n’apparaît qu’un nombre fini de fois, on extrait une sous-suite où les indices \(k_j\) sont strictement croissants. Cette sous-suite de \((u_k)\) tend vers \(\ell\in K\). Donc K est séquentiellement compact.
- Considérons des ouverts \((U_i)\) dont la réunion contient \(K\). On choisit un indice \(i_0\) avec \(\ell\in U_{i_0}\) ; cet ouvert contient une boule \(B(\ell,r)\). Par convergence, il existe \(N\) tel que \(u_k\in B(\ell,r)\) pour \(k\geqslant N\). Il reste les points \(u_0,\dots,u_{N-1}\), et chaque \(u_k\) appartient à un ouvert \(U_{j_k}\). Les \(N+1\) ouverts \(U_{i_0},U_{j_0},\dots,U_{j_{N-1}}\) recouvrent K : la propriété de Borel-Lebesgue est vérifiée.
- La suite \(\tfrac1{k+1}\) tend vers 0, qui n’appartient pas à \(\{\tfrac1{k+1}\}\). Cette partie n’est donc pas fermée. Elle n’est pas compacte, alors qu’en ajoutant 0 on obtient un compact.
Corrigé de l’exercice 2 – Compacts du plan ou non
Idée clé : dans \(\mathbb{R}^2\), de dimension finie, on vérifie séparément « fermé » et « borné ».
- La partie \(A\) est l’intersection de \(\{y-x^2\geqslant0\}\) et de \(\{2-x^2-y\geqslant0\}\), images réciproques de \([0,+\infty[\) par des fonctions continues. Elle est donc fermée. De plus, \(x^2\leqslant2-x^2\) impose \(|x|\leqslant1\), puis \(0\leqslant y\leqslant2\). A est fermée et bornée, donc compacte.
- Un point avec \(x=0\) vérifie \(xy=0<1\). Ainsi, \(B=\{xy\geqslant1\}\cap\{x\geqslant0\}\), qui est fermé. En revanche, les points \((k,\tfrac1k)\) sont dans \(B\) et ne restent pas bornés. B est fermée mais pas compacte.
- La partie \(C\) est bornée, car \(0<x\leqslant1\) et \(|\sin\tfrac1x|\leqslant1\). Cependant, les points \(\big(\tfrac1{k\pi},0\big)\) sont dans \(C\) et tendent vers \((0,0)\), qui n’est pas dans \(C\). C n’est pas fermée, donc pas compacte.
- La partie \(D\) est l’image réciproque de \(\{1\}\) par une fonction polynomiale : elle est fermée. Par ailleurs, \(x^4\leqslant1\) et \(y^4\leqslant1\), donc \(D\subset[-1,1]^2\). D est compacte.
Corrigé de l’exercice 3 – Recouvrements sans sous-recouvrement fini
Idée clé : une famille croissante d’ouverts a pour réunion finie son plus grand élément ; il suffit qu’aucun ne contienne tout.
- Tout réel \(x\geqslant0\) vérifie \(x<k\) pour \(k>x\), donc \(x\in V_k\). Ensuite, une sous-famille finie \(V_{k_1},\dots,V_{k_m}\) a pour réunion \(V_N\), avec \(N=\max k_i\). Or \(N\notin V_N\). Aucune sous-famille finie ne recouvre \([0,+\infty[\).
- Pour \(k\geqslant2\), posons \(W_k=\,]-1+\tfrac1k,1-\tfrac1k[\). Tout \(x\in\,]-1,1[\) vérifie \(|x|<1-\tfrac1k\) pour \(k\) grand. Une réunion finie vaut \(W_N\), qui ne contient pas \(1-\tfrac1{2N}\). Les \(W_k\) forment un recouvrement ouvert de \(]-1,1[\) sans sous-recouvrement fini.
- Soit \(\{a_1,\dots,a_m\}\) une partie finie et \((U_i)\) un recouvrement ouvert. Chaque \(a_p\) est dans un certain \(U_{i_p}\). Les \(m\) ouverts \(U_{i_1},\dots,U_{i_m}\) suffisent.
Corrigé de l’exercice 4 – Parties non connexes de R
Idée clé : une fonction continue non constante à valeurs dans \(\{0,1\}\) prouve la non-connexité.
- Posons \(g=0\) sur \([0,1]\) et \(g=1\) sur \([2,3]\). Chaque point de \(A=[0,1]\cup[2,3]\) a un voisinage dans \(A\) où \(g\) est constante, donc \(g\) est continue. Elle n’est pas constante. A n’est pas connexe.
- Posons \(g(q)=0\) si \(q<\sqrt2\) et \(g(q)=1\) si \(q>\sqrt2\), pour \(q\in\mathbb{Q}\). Comme \(\sqrt2\) est irrationnel, \(g\) est définie sur tout \(\mathbb{Q}\). Autour de chaque rationnel, un petit intervalle évite \(\sqrt2\), et \(g\) y est constante. La fonction g est continue et non constante, donc \(\mathbb{Q}\) n’est pas connexe.
- Le segment \([0,1]\) est connexe et compact. Son image par \(f\) continue est donc connexe, c’est-à-dire un intervalle de \(\mathbb{R}\). Elle est aussi compacte, donc fermée et bornée. L’image est un intervalle fermé borné : un segment \([m,M]\).
Corrigé de l’exercice 5 – Points fixes et racines par valeurs intermédiaires
Idée clé : une fonction continue sur un intervalle qui change de signe s’annule.
- Posons \(h(x)=f(x)-x\), continue sur \([0,1]\). D’une part, \(h(0)=f(0)\geqslant0\). D’autre part, \(h(1)=f(1)-1\leqslant0\). Par le théorème des valeurs intermédiaires, \(h\) s’annule. f admet un point fixe.
- On calcule \(P(-2)=-25\), \(P(-1)=3\), \(P(0)=1\), \(P(1)=-1\) et \(P(2)=27\). Le polynôme change de signe sur \(]-2,-1[\), sur \(]0,1[\) et sur \(]1,2[\). P possède au moins une racine dans chacun de ces trois intervalles. De plus, \(P^{\prime}(x)=5x^4-3\) s’annule deux fois seulement, donc \(P\) a au plus trois racines réelles, d’après le théorème de Rolle.
Corrigé de l’exercice 6 – Chemins dans le cercle et la couronne
Idée clé : en coordonnées polaires, on interpole séparément le module et l’argument.
- Posons \(\gamma(t)=e^{i((1-t)\alpha+t\beta)}\) pour \(t\in[0,1]\). Cette application est continue, de module 1, avec \(\gamma(0)=a\) et \(\gamma(1)=b\). Le cercle \(\mathbb{U}\) est connexe par arcs.
- Écrivons \(a=re^{i\alpha}\) et \(b=se^{i\beta}\), avec \(r,s\in[1,2]\). Posons \(\gamma(t)=\big((1-t)r+ts\big)e^{i((1-t)\alpha+t\beta)}\). Son module est une moyenne de \(r\) et de \(s\), donc il reste dans \([1,2]\). C est connexe par arcs, donc connexe.
- Les points \(-\tfrac32\) et \(\tfrac32\) sont dans \(C\). Pourtant, leur milieu 0 n’y est pas. La couronne n’est pas convexe, bien qu’elle soit connexe par arcs.
Pour s’entraîner
Corrigé de l’exercice 7 – Maximum d’une fonction radiale sur le plan
Idée clé : la fonction devient petite loin de l’origine, ce qui ramène la recherche du maximum à un disque compact.
Posons \(\varphi(s)=se^{-s}\) pour \(s\geqslant0\), de sorte que \(g(x,y)=\varphi(x^2+y^2)\). On a \(\varphi^{\prime}(s)=(1-s)e^{-s}\) : \(\varphi\) croît sur \([0,1]\) et décroît sur \([1,+\infty[\).
- D’abord, \(g(1,0)=e^{-1}\). Ensuite, \(\varphi(4)=4e^{-4}\approx0{,}073\), qui est inférieur à \(e^{-1}\approx0{,}368\). Comme \(\varphi\) décroît sur \([4,+\infty[\), on a \(\varphi(s)<e^{-1}\) pour \(s>4\). Le choix \(R=2\) convient.
- Le disque fermé \(\overline{D}\) de rayon 2 est compact, et \(g\) y est continue. Elle y atteint donc un maximum \(M\) en un point \(p\), et \(M\geqslant g(1,0)=e^{-1}\). Hors de \(\overline{D}\), on a \(g<e^{-1}\leqslant M\). Par conséquent, M est le maximum de g sur tout le plan.
- D’après les variations de \(\varphi\), le maximum de \(\varphi\) sur \([0,+\infty[\) vaut \(\varphi(1)=e^{-1}\), atteint seulement en \(s=1\). Par ailleurs, \(g\geqslant0\) et \(g(x,y)=0\) seulement à l’origine. Le maximum vaut \(1/e\), atteint sur le cercle unité ; le minimum vaut 0, atteint seulement en (0, 0).
La figure trace le profil \(r\mapsto r^2e^{-r^2}\) : la valeur \(1/e\) n’est plus approchée au-delà du rayon 2.

Corrigé de l’exercice 8 – Distance entre un compact et un fermé
Idée clé : la fonction « distance au fermé » est continue et strictement positive sur le compact, donc minorée par un réel strictement positif.
- Pour tout \(y\in F\), \(d(x,F)\leqslant d(x,y)\leqslant d(x,x^{\prime})+d(x^{\prime},y)\). En passant à la borne inférieure sur \(y\), on obtient \(d(x,F)-d(x^{\prime},F)\leqslant d(x,x^{\prime})\). Les rôles étant symétriques, l’inégalité en valeur absolue suit. Ensuite, \(d(x,F)=0\) signifie qu’il existe \(y_k\in F\) avec \(d(x,y_k)\to0\), c’est-à-dire \(x\in\overline F\). Si F est fermé, \(d(x,F)=0\) équivaut à \(x\in F\).
- La fonction \(x\mapsto d(x,F)\) est 1-lipschitzienne, donc continue. Elle atteint sur le compact \(K\) un minimum \(m=d(a,F)\), avec \(a\in K\). Comme \(a\notin F\) et \(F\) est fermé, \(m>0\). Enfin, pour \(x\in K\) et \(y\in F\), on a \(d(x,y)\geqslant d(x,F)\geqslant m\). La distance entre K et F vaut au moins m, qui est strictement positif.
- Prenons \(F_1=\mathbb{R}\times\{0\}\) et \(F_2=\{(x,\tfrac1x) : x>0\}\). Ce sont deux fermés disjoints. Pourtant, les points \((k,0)\) et \((k,\tfrac1k)\) sont à distance \(\tfrac1k\). La distance entre \(F_1\) et \(F_2\) est nulle : sans compacité, le résultat tombe.

Corrigé de l’exercice 9 – Continuité uniforme sur une demi-droite
Idée clé : on recolle un compact et une zone lipschitzienne qui se chevauchent sur une longueur 1.
- Soit \(\varepsilon>0\). Par le théorème de Heine, il existe \(\delta_0>0\) qui convient pour la racine carrée sur \([0,2]\). Par ailleurs, pour \(x,y\geqslant1\), \(|\sqrt x-\sqrt y|=\dfrac{|x-y|}{\sqrt x+\sqrt y}\leqslant\dfrac{|x-y|}{2}\). On prend \(\delta=\min(\delta_0,1,2\varepsilon)\) et deux réels tels que \(|x-y|<\delta\). Lorsque \(x\) et \(y\) tombent tous deux dans \([0,2]\), le choix de \(\delta_0\) conclut. Dans le cas contraire, l’un des deux dépasse 2, donc l’autre dépasse 1. Alors \(|\sqrt x-\sqrt y|\leqslant\tfrac\delta2\leqslant\varepsilon\). La racine carrée est uniformément continue sur \([0,+\infty[\).
- Posons \(x_k=k+\tfrac1k\) et \(y_k=k\). Alors \(x_k-y_k=\tfrac1k\to0\), mais \(x_k^2-y_k^2=2+\tfrac1{k^2}\geqslant2\). Avec \(\varepsilon=1\), il est donc impossible de trouver un \(\delta\) adapté. Ainsi, \(x\mapsto x^2\) n’a pas la continuité uniforme sur \(\mathbb{R}\).
- Posons \(a_k=\sqrt{k\pi+\pi/2}\) et \(b_k=\sqrt{k\pi}\). On a \(a_k-b_k=\dfrac{\pi/2}{a_k+b_k}\to0\). Cependant, \(\sin(a_k^2)=\sin(k\pi+\tfrac\pi2)=\pm1\) et \(\sin(b_k^2)=0\). L’écart des images reste égal à 1, donc \(x\mapsto\sin(x^2)\) n’est pas uniformément continue.
Corrigé de l’exercice 10 – Fonction ayant une limite à l’infini
Idée clé : loin, la fonction est presque constante ; près de 0, le théorème de Heine s’applique sur un segment.
- Soit \(\varepsilon>0\). On choisit \(A\) tel que \(|f(x)-\ell|<\tfrac\varepsilon2\) pour \(x\geqslant A\). Le théorème de Heine sur \([0,A+1]\) fournit \(\delta_0\). On prend \(\delta=\min(\delta_0,1)\). Soit \(x\leqslant y\) tels que \(y-x<\delta\). Lorsque \(y\leqslant A+1\), les réels \(x\) et \(y\) appartiennent au segment, et \(\delta_0\) suffit. Dans l’autre cas, \(x>y-1>A\), et \(|f(x)-f(y)|\leqslant|f(x)-\ell|+|\ell-f(y)|<\varepsilon\). f est uniformément continue.
- La fonction \(h\) est continue sur \([0,+\infty[\), et \(|h(x)|\leqslant\tfrac1{1+x}\) tend vers 0. D’après la question 1, h est uniformément continue.
- On dérive : \(h^{\prime}(x)=\dfrac{3x^2\cos(x^3)}{1+x}-\dfrac{\sin(x^3)}{(1+x)^2}\). En \(x_k=(2k\pi)^{1/3}\), on a \(\cos(x_k^3)=1\) et \(\sin(x_k^3)=0\), donc \(h^{\prime}(x_k)=\dfrac{3x_k^2}{1+x_k}\to+\infty\). Or une fonction dérivable et \(L\)-lipschitzienne vérifie \(|h^{\prime}|\leqslant L\). h n’est pas lipschitzienne : l’uniforme continuité est une propriété strictement plus faible.
Corrigé de l’exercice 11 – Point fixe d’une application strictement contractante
Idée clé : on minimise l’écart entre un point et son image ; la compacité remplace ici la complétude du théorème de Banach.
- L’hypothèse entraîne \(d(f(x),f(y))\leqslant d(x,y)\), donc \(f\) est continue. Ensuite, l’inégalité triangulaire donne \(|\varphi(x)-\varphi(y)|\leqslant d(x,y)+d(f(x),f(y))\leqslant2d(x,y)\). Ainsi, \(\varphi\) est continue. Sur le compact K, elle atteint un minimum en un point a.
- Supposons \(f(a)\neq a\). Alors \(\varphi(f(a))=d(f(a),f(f(a)))<d(a,f(a))=\varphi(a)\), ce qui contredit la minimalité. Donc \(f(a)=a\). Si \(b\neq a\) était un autre point fixe, on aurait \(d(a,b)=d(f(a),f(b))<d(a,b)\), ce qui est absurde. f admet un unique point fixe.
- On a \(f^{\prime}(x)=1-x\geqslant0\) sur \([0,1]\), donc \(f\) croît de \(f(0)=0\) à \(f(1)=\tfrac12\). Ainsi, \(f([0,1])\subset[0,1]\). Ensuite, \(f(x)-f(y)=(x-y)\big(1-\tfrac{x+y}{2}\big)\). Pour \(x\neq y\) dans \([0,1]\), on a \(0<x+y\leqslant2\), d’où un facteur dans \([0,1[\) et l’inégalité stricte. En revanche, \(\dfrac{f(x)-f(0)}{x}=1-\tfrac x2\) tend vers 1 quand \(x\to0\). Aucune constante \(k<1\) ne convient. f vérifie l’hypothèse sans être une contraction ; son unique point fixe est 0.
- Pour \(1\leqslant x<y\), on a \(xy>1\), et \(g(x)-g(y)=(x-y)\big(1-\tfrac1{xy}\big)\), avec un facteur dans \(]0,1[\). De plus, \(g\) envoie \([1,+\infty[\) dans \([2,+\infty[\). Pourtant, \(x+\tfrac1x=x\) n’a pas de solution. Il manque la compacité : \([1,+\infty[\) n’est pas borné.
Corrigé de l’exercice 12 – Produits et graphes connexes par arcs
Idée clé : on fabrique les chemins coordonnée par coordonnée.
- Soit \((a,b)\) et \((a^{\prime},b^{\prime})\) dans \(A\times B\). On prend un chemin \(\gamma\) de \(a\) à \(a^{\prime}\) dans \(A\) et un chemin \(\eta\) de \(b\) à \(b^{\prime}\) dans \(B\). L’application \(t\mapsto(\gamma(t),\eta(t))\) est continue pour la distance produit, car ses deux composantes le sont. A × B est connexe par arcs.
- Pour \(a,b\in I\), le segment \([a,b]\) est inclus dans \(I\). Le chemin \(t\mapsto\big(u(t),f(u(t))\big)\), avec \(u(t)=(1-t)a+tb\), est continu et relie \((a,f(a))\) à \((b,f(b))\) en restant sur le graphe. Le graphe de f est connexe par arcs.
- La fonction \(x\mapsto\sin\tfrac1x\) est continue sur l’intervalle \(]0,1]\). Son graphe est connexe par arcs, donc connexe.
Corrigé de l’exercice 13 – Connexité de quelques ensembles de matrices
Idée clé : le déterminant sépare, la convexité et le paramétrage par un angle relient.
- Le déterminant est continu sur \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\), car polynomial en les coefficients. Il vaut 1 en \(I_n\) et \(-1\) en \(\mathrm{diag}(-1,1,\dots,1)\), mais il ne s’annule jamais sur \(GL_n(\mathbb{R})\). Si \(GL_n(\mathbb{R})\) était connexe, son image serait un intervalle contenant \(-1\) et 1, donc 0. \(GL_n(\mathbb{R})\) n’est pas connexe.
- Soit \(A,B\in T_n^{+}\) et \(t\in[0,1]\). La matrice \((1-t)A+tB\) est triangulaire supérieure. Ses coefficients diagonaux \((1-t)a_{ii}+tb_{ii}\) sont strictement positifs, comme moyennes de réels strictement positifs. Ainsi, \(T_n^{+}\) est convexe. Il est donc connexe par arcs, grâce aux segments.
- Notons \(R_\theta\) la rotation d’angle \(\theta\). L’application \(\theta\mapsto R_\theta\) est continue, car ses coefficients le sont. Le chemin \(t\mapsto R_{(1-t)\alpha+t\beta}\) relie \(R_\alpha\) à \(R_\beta\). De plus, par périodicité, \(SO_2(\mathbb{R})\) est l’image du segment \([0,2\pi]\), qui est compact. \(SO_2(\mathbb{R})\) est connexe par arcs et compact.
Corrigé de l’exercice 14 – Espaces non homéomorphes
Idée clé : un homéomorphisme conserve la compacité, la connexité, et la connexité après retrait d’un point.
- Supposons \(h : \mathbb{U}\to[0,1]\) un homéomorphisme et posons \(z_0=h^{-1}(\tfrac12)\). Alors \(h\) induit un homéomorphisme de \(\mathbb{U}\setminus\{z_0\}\) sur \([0,\tfrac12[\cup]\tfrac12,1]\). Or, si \(z_0=e^{i\theta_0}\), la partie \(\mathbb{U}\setminus\{z_0\}\) est l’image de \(]\theta_0,\theta_0+2\pi[\) par \(t\mapsto e^{it}\) : elle est connexe. Son image devrait l’être aussi, alors que ce n’est pas un intervalle. Le cercle et le segment ne sont pas homéomorphes.
- Supposons \(h : [0,1[\to\,]0,1[\) un homéomorphisme. En retirant 0, on obtient un homéomorphisme de \(]0,1[\), connexe, sur \(]0,1[\setminus\{h(0)\}\), qui n’est pas un intervalle. C’est contradictoire : les deux intervalles ne sont pas homéomorphes.
- Si \(h : [0,1]\to\mathbb{R}\) était un homéomorphisme, \(\mathbb{R}=h([0,1])\) serait compact, comme image continue d’un compact. Or \(\mathbb{R}\) n’est pas borné, donc pas compact.
Corrigé de l’exercice 15 – Points antipodaux de même valeur
Idée clé : la fonction \(g\) est impaire sur un connexe, donc elle prend des valeurs opposées et s’annule.
- On calcule \(g(-z)=f(-z)-f(z)=-g(z)\). La fonction g est impaire.
- Le cercle \(\mathbb{U}\) est connexe par arcs, donc connexe, et \(g\) est continue. Fixons \(z_0\in\mathbb{U}\). Alors \(g(\mathbb{U})\) est un intervalle qui contient \(g(z_0)\) et \(-g(z_0)\). Il contient donc 0. Il existe z tel que \(f(z)=f(-z)\).
- Si la température varie continûment le long de l’équateur, deux points diamétralement opposés ont la même température. Ce résultat est le cas de la dimension 1 du théorème de Borsuk-Ulam.
La figure représente un exemple de fonction \(f\) en fonction de l’angle, avec la différence \(g\), qui change de signe.

Pour approfondir
Corrigé de l’exercice 16 – Nombre de Lebesgue et précompacité
Idée clé : chaque propriété se prouve par l’absurde, en construisant une suite sans valeur d’adhérence ou dont la valeur d’adhérence mène à une contradiction.
- Supposons qu’aucun \(\rho\) ne convienne. Pour chaque \(k\geqslant1\), on choisit \(x_k\) tel que \(B(x_k,\tfrac1k)\) ne soit contenue dans aucun \(U_i\). Une sous-suite \(x_{\varphi(k)}\) converge vers un point \(a\). Ce point est dans un ouvert \(U_j\), qui contient une boule \(B(a,\eta)\). Pour \(k\) assez grand, \(d(x_{\varphi(k)},a)<\tfrac\eta2\) et \(\tfrac1{\varphi(k)}<\tfrac\eta2\). Alors, pour \(y\in B(x_{\varphi(k)},\tfrac1{\varphi(k)})\), on a \(d(y,a)<\eta\). Ainsi, cette boule est incluse dans \(U_j\), ce qui contredit le choix des \(x_k\). Un nombre de Lebesgue \(\rho>0\) existe.
- Supposons qu’un rayon \(r\) ne convienne pas. On choisit \(x_0\), puis, par récurrence, \(x_{k+1}\) hors de \(B(x_0,r)\cup\dots\cup B(x_k,r)\), ce qui est possible puisque ces boules ne recouvrent pas \(X\). Alors \(d(x_j,x_k)\geqslant r\) pour \(j\neq k\). Or toute suite extraite garde des termes espacés d’au moins \(r\) : elle ne peut pas converger. X est précompact.
- Soit \((U_i)\) un recouvrement ouvert et \(\rho\) un nombre de Lebesgue. Par la question 2, des boules \(B(x_1,\rho),\dots,B(x_m,\rho)\) recouvrent \(X\). Chacune est incluse dans un ouvert \(U_{i_p}\). Les ouverts \(U_{i_1},\dots,U_{i_m}\) forment un sous-recouvrement fini.
- Prenons \(\rho=\tfrac14\) et \(x\in[0,2]\). Si \(x\leqslant\tfrac34\), la boule \(B(x,\tfrac14)\) est formée de points de \([0,2]\) strictement inférieurs à \(x+\tfrac14\leqslant1\), donc elle est dans \(U_1\). Si \(x>\tfrac34\), ses points sont strictement supérieurs à \(x-\tfrac14>\tfrac12\), donc elle est dans \(U_2\). À l’inverse, si \(\rho>\tfrac14\), la boule \(B(\tfrac34,\rho)\) contient 1, qui n’est pas dans \(U_1\), et \(\tfrac12\), qui n’est pas dans \(U_2\). Le nombre \(\tfrac14\) est le plus grand nombre de Lebesgue de ce recouvrement.
Corrigé de l’exercice 17 – Compacité dans l’espace des suites de carré sommable
Idée clé : en dimension infinie, la compacité vient d’un contrôle uniforme des queues, qui ramène le problème à la dimension finie.
- Soit \(X\) compact. Une suite de Cauchy de \(X\) admet une sous-suite convergente. Or une suite de Cauchy possédant une valeur d’adhérence tend vers celle-ci. Donc \(X\) est complet. Par ailleurs, pour \(r>0\), les boules \(B(x,r)\), \(x\in X\), recouvrent \(X\). La propriété de Borel-Lebesgue en extrait un nombre fini. X est complet et précompact.
- Les vecteurs \(e_k\) sont dans la boule unité fermée et vérifient \(\|e_j-e_k\|_2=\sqrt2\) pour \(j\neq k\). Une sous-suite convergente devrait avoir des termes de plus en plus proches, ce qui est exclu. Par conséquent, la boule fermée de rayon 1 de \(\ell^2\) n’est pas compacte.
- Soit \(x^{(m)}\in Q\) qui converge vers \(x\) dans \(\ell^2\). Pour chaque \(k\), on a \(|x^{(m)}_k-x_k|\leqslant\|x^{(m)}-x\|_2\), donc \(x^{(m)}_k\to x_k\). En passant à la limite dans \(|x^{(m)}_k|\leqslant2^{-k}\), on obtient \(|x_k|\leqslant2^{-k}\). Q est fermé.
- Comme \(\sum_{k>N}4^{-k}=\tfrac{4^{-N}}{3}\), un tel \(N\) existe. Notons \(P_N(x)=(x_1,\dots,x_N,0,0,\dots)\). Pour \(x\in Q\), on a \(\|x-P_N(x)\|_2^2\leqslant\sum_{k>N}4^{-k}\leqslant\tfrac{\varepsilon^2}{4}\), donc \(\|x-P_N(x)\|_2\leqslant\tfrac\varepsilon2\). Ensuite, \(P_N(Q)\) est une partie bornée d’un espace de dimension \(N\), donc précompacte. Elle est recouverte par des boules \(B(c_1,\tfrac\varepsilon2),\dots,B(c_m,\tfrac\varepsilon2)\). Pour \(x\in Q\), si \(P_N(x)\in B(c_p,\tfrac\varepsilon2)\), alors \(\|x-c_p\|_2<\tfrac\varepsilon2+\tfrac\varepsilon2=\varepsilon\). Ainsi, \(Q\) est précompact. Enfin, \(Q\) est fermé dans l’espace complet \(\ell^2\), donc complet. Q est compact, bien qu’il soit de dimension infinie.
Corrigé de l’exercice 18 – Le sinus du topologue
Idée clé : un chemin qui quitte le segment vertical devrait suivre des oscillations infinies, ce que la continuité interdit.
- Soit \(c\in[-1,1]\) et \(x_k=\dfrac1{\arcsin c+2k\pi}\), pour \(k\geqslant1\). Ces réels sont dans \(]0,1]\), tendent vers 0, et vérifient \(\sin\tfrac1{x_k}=c\). Donc \((0,c)\in\overline G\). Réciproquement, soit \((a,b)\) limite de points \((x_k,\sin\tfrac1{x_k})\) de \(G\). Alors \(a\in[0,1]\). Si \(a>0\), la continuité de \(x\mapsto\sin\tfrac1x\) en \(a\) donne \(b=\sin\tfrac1a\). Si \(a=0\), on a seulement \(|b|\leqslant1\). Ainsi \(\overline G=G\cup(\{0\}\times[-1,1])\).
- D’après l’exercice 12, \(G\) est connexe. L’adhérence d’un connexe est connexe, donc \(\overline G\) l’est. De plus, \(\overline G\) est fermé et contenu dans \([0,1]\times[-1,1]\). Il est connexe et compact.
- L’ensemble \(Z=\gamma_1^{-1}(\{0\})\) est fermé, puisque \(\gamma_1\) est continue. Il contient 0, donc il contient sa borne supérieure : \(\gamma_1(t_0)=0\). Comme \(\gamma_1(1)=1\), on a \(t_0<1\). Enfin, pour \(t>t_0\), \(\gamma_1(t)\neq0\), et les points de \(\overline G\) ont une abscisse positive. Donc \(\gamma_1(t)>0\) pour \(t>t_0\).
- Soit \(\delta\in\,]0,1-t_0]\) et \(a=\gamma_1(t_0+\delta)>0\). Par les valeurs intermédiaires, \(\gamma_1\) prend sur \([t_0,t_0+\delta]\) toutes les valeurs de \([0,a]\). On choisit \(k\) tel que \(\tfrac{1}{\pi/2+2k\pi}<a\). Il existe alors \(s\) et \(s^{\prime}\) dans \(]t_0,t_0+\delta]\) avec \(\gamma_1(s)=\tfrac1{\pi/2+2k\pi}\) et \(\gamma_1(s^{\prime})=\tfrac1{3\pi/2+2k\pi}\). Ces points ont une abscisse strictement positive, donc ils sont dans \(G\). Ainsi, \(\gamma_2(s)=1\) et \(\gamma_2(s^{\prime})=-1\). Par conséquent, \(\gamma_2\) n’a pas de limite en \(t_0\), ce qui contredit sa continuité. Aucun chemin ne relie \((0,0)\) à \((1,\sin1)\) : \(\overline G\) est connexe sans être connexe par arcs.
Corrigé de l’exercice 19 – Problème sur le théorème de Dini
Idée clé : les ensembles où l’écart est déjà petit forment un recouvrement ouvert croissant ; la propriété de Borel-Lebesgue en garde un seul.
Partie A.
- La fonction \(f-f_k\) est continue, donc \(U_k=(f-f_k)^{-1}(]-\infty,\varepsilon[)\) est un ouvert de \(K\). Comme \(f_k\leqslant f_{k+1}\), on a \(f-f_{k+1}\leqslant f-f_k\), d’où \(U_k\subset U_{k+1}\). Enfin, pour \(x\in K\), \(f_k(x)\to f(x)\), donc \(x\in U_k\) pour \(k\) grand. Les \(U_k\) forment un recouvrement ouvert croissant de K.
- Par la propriété de Borel-Lebesgue, un nombre fini \(U_{k_1},\dots,U_{k_m}\) recouvre \(K\). Comme la suite est croissante, leur réunion vaut \(U_N\) avec \(N=\max k_i\). Donc \(U_N=K\).
- La suite \((f_k(x))\) est croissante et tend vers \(f(x)\), donc \(f_k\leqslant f\). Pour \(k\geqslant N\), on a alors \(0\leqslant f-f_k\leqslant f-f_N<\varepsilon\) sur \(K\). Ainsi \(\sup_K|f-f_k|\leqslant\varepsilon\) pour \(k\geqslant N\) : la convergence est uniforme.
Passons à la partie B.
- Pour \(x\in[0,1[\), la suite \(x^k\) décroît vers 0. Donc \(g_k(x)=1-x^k\) croît vers 1, fonction continue. Cependant, \(\sup_{[0,1[}|1-g_k|=\sup_{[0,1[}x^k=1\) pour tout \(k\). La convergence est simple mais pas uniforme.
- Il manque la compacité : \([0,1[\) n’est pas fermé. Sur \([0,1]\), on a \(g_k(1)=0\) pour tout \(k\). La limite simple vaut alors 1 sur \([0,1[\) et 0 en 1. Elle n’est plus continue, et c’est cette fois l’hypothèse de continuité de la limite qui tombe.
Enfin, la partie C applique le théorème.
- On développe : \(\sqrt x-p_{k+1}=\big(\sqrt x-p_k\big)-\tfrac12\big(\sqrt x-p_k\big)\big(\sqrt x+p_k\big)\), puisque \(x-p_k^2=(\sqrt x-p_k)(\sqrt x+p_k)\). On factorise par \(\sqrt x-p_k\) et l’identité suit.
- Pour \(k=0\), on a bien \(0\leqslant p_0(x)\leqslant\sqrt x\). Supposons \(0\leqslant p_k(x)\leqslant\sqrt x\). Comme \(\sqrt x\leqslant1\), le facteur \(1-\tfrac{\sqrt x+p_k(x)}{2}\) est dans \([0,1]\). Donc \(0\leqslant\sqrt x-p_{k+1}(x)\leqslant\sqrt x-p_k(x)\). Il en résulte \(p_k(x)\leqslant p_{k+1}(x)\leqslant\sqrt x\). La suite \((p_k(x))\) est croissante et majorée par \(\sqrt x\).
- Pour \(x\) fixé, la suite converge vers une limite \(\lambda\in[0,\sqrt x]\). En passant à la limite dans la récurrence, \(x-\lambda^2=0\), donc \(\lambda=\sqrt x\). Les \(p_k\) sont des polynômes, donc continus. La suite est croissante, la limite est continue et \([0,1]\) est compact. Par le théorème de Dini, \((p_k)\) converge uniformément vers la racine carrée sur \([0,1]\).
La figure montre les premiers polynômes \(p_k\), qui montent vers la courbe de la racine carrée. L’écart maximal se loge près de l’origine, où la courbe de la racine carrée devient verticale.

Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de L3 de maths sur compacité séquentielle et connexité
- S’exercer : exercices corrigés de L3 de maths sur compacité séquentielle et connexité
- Bases utiles : Espaces de Banach et opérateurs linéaires continus
- Chapitre d’avant : Espaces de Banach et opérateurs linéaires continus
- Chapitre d’après : Tribus boréliennes et mesure de Lebesgue sur R
- Vérifier ses acquis : QCM de L3 de maths sur compacité séquentielle et connexité
- Contrôle corrigé en temps limité : Recouvrements finis et parties connexes : contrôle de maths en L3
- Un autre sujet noté sur 20 : Examen de topologie du semestre 5 : contrôle de maths en L3
- Le même thème en maths spé (MP) : Compacité, connexité et applications linéaires continues
- Tous les chapitres : le sommaire de la L3 de maths
- Après le bac : les maths post-bac, de la MPSI à la L3
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