Examen final de probabilités : corrigé du contrôle de maths en L3

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Voici le corrigé du contrôle de maths en L3 sur le thème « examen final de probabilités », question par question.

Ce corrigé détaille chaque question comme le ferait une copie d’examen de premier rang : les hypothèses sont vérifiées, puis le théorème utilisé est cité par son nom. Commencez par comparer vos preuves de cours aux nôtres, car le jury y sanctionne surtout les étapes oubliées. Les calculs sur le couple gaussien passent tous par la fonction caractéristique, ce qui évite de manipuler des densités. Pour les modes de convergence, le corrigé distingue avec soin les deux lemmes de Borel-Cantelli et leurs hypothèses. Dans le problème, une figure compare aussi les densités de Laplace, de Cauchy et de la loi normale. Chaque exercice se termine enfin par un barème détaillé et, si besoin, par l’erreur fréquente à éviter le jour de l’examen.

L’énoncé complet se trouve ici : Examen final de probabilités : contrôle de maths en L3.

Barème du contrôle corrigé : examen final de probabilités

Exercice Points
1. Trois démonstrations de cours 5 points
2. Un couple gaussien et sa droite de régression 3,5 points
3. Des pics rares et des modes de convergence 3 points
4. Capteurs défaillants et intervalle de confiance 3 points
5. Problème : de la loi de Laplace à la loi de Cauchy 5,5 points
Total 20 points

Le corrigé détaillé : examen final de probabilités

Exercice 1 – Trois démonstrations de cours (5 points)

  1. Par définition, \(\limsup_n A_n = \bigcap_{n \geq 1} \bigcup_{k \geq n} A_k\). Pour tout \(n\), cet ensemble est donc inclus dans \(\bigcup_{k \geq n} A_k\). La sous-additivité dénombrable de \(\mathbb{P}\) donne alors \(\mathbb{P}\left(\limsup_n A_n\right) \leq \sum_{k \geq n} \mathbb{P}(A_k)\). Or cette somme de queue tend vers \(0\) quand \(n\) grandit, puisque la série des \(\mathbb{P}(A_k)\) converge. Ainsi \(\mathbb{P}\left(\limsup_n A_n\right) = 0\) : presque sûrement, seul un nombre fini des \(A_n\) se réalise.
  2. Fixons \(\varepsilon > 0\) et posons \(Y_n = \mathbf{1}_{\{|X_n – X| > \varepsilon\}}\). Pour \(\omega\) dans l’événement presque sûr où \(X_n(\omega) \to X(\omega)\), l’écart \(|X_n(\omega) – X(\omega)|\) finit par rester sous \(\varepsilon\), si bien que la suite \(Y_n(\omega)\) est nulle pour \(n\) assez grand. La suite \((Y_n)\) tend donc vers \(0\) presque sûrement. De plus, \(|Y_n| \leq 1\), et la constante \(1\) est intégrable sur un espace de probabilité. Le théorème de convergence dominée donne donc \(\mathbb{E}[Y_n] = \mathbb{P}(|X_n – X| > \varepsilon) \to 0\). Par conséquent, \(X_n\) converge en probabilité vers \(X\).
  3. Dérivation sous le signe intégral

    Notons \(g(x) = \frac{1}{\sqrt{2\pi}}\mathrm{e}^{-x^2/2}\), de sorte que \(\varphi_Z(t) = \int_{\mathbb{R}} \mathrm{e}^{itx} g(x)\, \mathrm{d}x\). La fonction \(t \mapsto \mathrm{e}^{itx} g(x)\) est dérivable, de dérivée \(ix\,\mathrm{e}^{itx} g(x)\), dont le module est majoré par \(|x|\,g(x)\), indépendamment de \(t\). Comme \(|x|\,g(x)\) est intégrable, le théorème de dérivation sous l’intégrale s’applique : \(\varphi_Z^{\prime}(t) = \int_{\mathbb{R}} ix\,\mathrm{e}^{itx} g(x)\, \mathrm{d}x\).

    Une intégration par parties

    Puisque \(g^{\prime}(x) = -x\,g(x)\), on écrit \(\varphi_Z^{\prime}(t) = -i\int_{\mathbb{R}} \mathrm{e}^{itx} g^{\prime}(x)\, \mathrm{d}x\). Le terme de bord \(\mathrm{e}^{itx}g(x)\) tend vers \(0\) en \(\pm\infty\), donc \(\varphi_Z^{\prime}(t) = -i\left(-\int_{\mathbb{R}} it\,\mathrm{e}^{itx} g(x)\, \mathrm{d}x\right) = i^2 t\,\varphi_Z(t)\). Ainsi \(\varphi_Z^{\prime}(t) = -t\,\varphi_Z(t)\).

    Résolution de l’équation différentielle

    La fonction \(\psi(t) = \mathrm{e}^{t^2/2}\varphi_Z(t)\) a pour dérivée \(\psi^{\prime}(t) = \mathrm{e}^{t^2/2}\left(t\varphi_Z(t) + \varphi_Z^{\prime}(t)\right) = 0\), donc elle est constante, égale à \(\psi(0) = \varphi_Z(0) = 1\). On conclut que \(\varphi_Z(t) = \mathrm{e}^{-t^2/2}\).

Barème : 1) 1,5 point, soit un demi-point chacun pour l’écriture de la limite supérieure, la sous-additivité et le passage à la limite ; 2) 1,5 point (0,5 pour la convergence presque sûre de l’indicatrice, 1 pour la domination justifiée) ; 3) 2 points (0,75 pour la domination, 0,75 pour l’intégration par parties, 0,5 pour la conclusion).

Piège classique : invoquer le second lemme de Borel-Cantelli à la question 1, alors que le premier ne demande aucune indépendance.

Exercice 2 – Un couple gaussien et sa droite de régression (3,5 points)

  1. La matrice \(\Gamma\) est symétrique. Sa forme quadratique s’écrit \(4s^2 + 4st + 5t^2 = (2s + t)^2 + 4t^2\), qui est positive et ne s’annule qu’en \((0, 0)\) : \(\Gamma\) est définie positive, ce que confirment \(\det \Gamma = 16 > 0\) et \(\operatorname{tr} \Gamma = 9 > 0\). Pour un vecteur gaussien centré, la fonction caractéristique vaut l’exponentielle de moins la moitié de cette forme quadratique, donc \(\varphi_{(X, Y)}(s, t) = \exp\left(-\frac{4s^2 + 4st + 5t^2}{2}\right)\).
  2. Pour tout réel \(u\), on a \(\varphi_{X – 2Y}(u) = \mathbb{E}\left[\mathrm{e}^{i(uX – 2uY)}\right] = \varphi_{(X, Y)}(u, -2u)\). Or \(4u^2 – 8u^2 + 20u^2 = 16u^2\), d’où \(\varphi_{X – 2Y}(u) = \mathrm{e}^{-8u^2}\), qui est celle d’une gaussienne centrée de variance \(16\). Par injectivité de \(\mu \mapsto \varphi_\mu\), la variable \(X – 2Y\) est de loi \(\mathcal{N}(0, 16)\).
  3. Choix du coefficient

    Le couple \((X, Y – aX)\) s’obtient en appliquant à \((X, Y)\) la matrice \(\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ -a & 1 \end{pmatrix}\) : toute combinaison linéaire de ses composantes est une combinaison de \(X\) et \(Y\), donc gaussienne, et ce couple est gaussien. De plus, \(\operatorname{Cov}(X, Y – aX) = \operatorname{Cov}(X, Y) – a\operatorname{Var}(X) = 2 – 4a\), qui s’annule pour \(a = \frac{1}{2}\).

    Indépendance et loi du résidu

    Les composantes d’un vecteur gaussien non corrélées sont indépendantes. Ainsi, pour \(a = \frac{1}{2}\), les variables \(X\) et \(Y – \frac{X}{2}\) sont indépendantes. Enfin, \(\operatorname{Var}\left(Y – \frac{X}{2}\right) = 5 – 2 \times \frac{1}{2} \times 2 + \frac{1}{4} \times 4 = 4\), donc \(Y – \frac{X}{2}\) suit la loi \(\mathcal{N}(0, 4)\).

  4. On écrit \(Y = \frac{X}{2} + \left(Y – \frac{X}{2}\right)\). Le premier terme est \(\sigma(X)\)-mesurable, et le second est indépendant de \(X\) et centré. Donc \(\mathbb{E}[Y \mid X] = \frac{X}{2}\). La droite tracée est la droite de régression de \(Y\) en \(X\) : elle passe d’ailleurs par les points des ellipses où la tangente est verticale.

Barème : 1) 1 point (0,5 pour la positivité, 0,5 pour la formule) ; 2) 0,75 point ; 3) 1 point (0,25 pour le caractère gaussien, 0,25 pour la covariance, 0,25 pour le théorème cité, 0,25 pour la variance) ; 4) 0,75 point.

Piège classique : déduire l’indépendance du seul calcul \(2 – 4a = 0\) en oubliant de vérifier que le couple \((X, Y – aX)\) est gaussien.

Exercice 3 – Des pics rares et des modes de convergence (3 points)

  1. Pour \(\varepsilon > 0\), l’événement \(\{|X_n| > \varepsilon\}\) est inclus dans \(\{X_n \neq 0\} = \{U_n \leq \frac{1}{n}\}\). Ainsi \(\mathbb{P}(|X_n| > \varepsilon) \leq \frac{1}{n} \to 0\). Donc \(X_n\) converge en probabilité vers \(0\).
  2. On a \(\mathbb{E}[X_n] = n\,\mathbb{P}\left(U_n \leq \frac{1}{n}\right) = 1\). Supposons que \(X_n\) converge dans \(L^1\) vers une variable \(X\). Elle convergerait alors en probabilité vers \(X\), donc \(X = 0\) presque sûrement par unicité de la limite. Pourtant \(\mathbb{E}|X_n – 0| = 1\) ne tend pas vers \(0\). Aucune convergence dans \(L^1\) n’est donc possible.
  3. Les événements \(A_n = \{U_n \leq \frac{1}{n}\}\) sont indépendants, car les \(U_n\) le sont, et \(\sum_n \mathbb{P}(A_n) = \sum_n \frac{1}{n} = +\infty\). Le second lemme de Borel-Cantelli donne alors \(\mathbb{P}\left(\limsup_n A_n\right) = 1\). Presque sûrement, on a donc \(X_n = n\) pour une infinité d’indices, si bien que \(X_n(\omega)\) ne tend pas vers \(0\). Or une limite presque sûre serait aussi la limite en probabilité, c’est-à-dire \(0\). Par conséquent, \((X_n)\) ne converge pas presque sûrement.
  4. Désormais \(\sum_n \mathbb{P}(X_n \neq 0) = \sum_n \frac{1}{n^2} < +\infty\). Le premier lemme de Borel-Cantelli montre que, presque sûrement, \(X_n = 0\) à partir d’un certain rang : \(X_n \to 0\) presque sûrement. De plus \(\mathbb{E}|X_n| = \frac{n}{n^2} = \frac{1}{n} \to 0\), donc \(X_n \to 0\) dans \(L^1\). En revanche \(\mathbb{E}[X_n^2] = \frac{n^2}{n^2} = 1\) ; comme une limite dans \(L^2\) serait nulle, il n’y a pas convergence dans \(L^2\).

Barème : 1) 0,5 point ; 2) 0,5 point (0,25 pour l’espérance, 0,25 pour l’argument d’unicité) ; 3) 1 point (0,5 pour l’indépendance et la divergence, 0,5 pour la conclusion) ; 4) 1 point (0,5 pour la convergence presque sûre, 0,25 pour \(L^1\), 0,25 pour \(L^2\)).

Exercice 4 – Capteurs défaillants et intervalle de confiance (3 points)

  1. Notons \(B_k\) l’indicatrice de la défaillance du capteur \(k\) : les \(B_k\) sont indépendantes, de loi de Bernoulli de paramètre \(p\), d’espérance \(p\) et de variance \(p(1 – p) > 0\). Le théorème central limite affirme alors que \(Z_n = \frac{\sqrt{n}\left(\overline{X}_n – p\right)}{\sqrt{p(1 – p)}}\) converge en loi vers \(\mathcal{N}(0, 1)\).
  2. Une inclusion d’événements

    L’événement \(\left\{\left|\overline{X}_n – p\right| \leq \frac{1}{\sqrt{n}}\right\}\) s’écrit \(\left\{|Z_n| \leq \frac{1}{\sqrt{p(1 – p)}}\right\}\). Or \(p(1 – p) \leq \frac{1}{4}\), donc \(\frac{1}{\sqrt{p(1 – p)}} \geq 2\), et cet événement contient \(\{|Z_n| \leq 2\}\).

    Passage à la limite

    Les points \(-2\) et \(2\) sont des points de continuité de \(\Phi\), car la loi normale est à densité. La convergence en loi donne donc \(\mathbb{P}(|Z_n| \leq 2) \to \Phi(2) – \Phi(-2) = 2\Phi(2) – 1\). Ainsi \(\liminf_n \mathbb{P}\left(\left|\overline{X}_n – p\right| \leq \frac{1}{\sqrt{n}}\right) \geq 2\Phi(2) – 1 \approx 0{,}954\).

  3. Ici \(\overline{X}_{400} = \frac{64}{400} = 0{,}16\) et \(\frac{1}{\sqrt{400}} = \frac{1}{20} = 0{,}05\). L’intervalle \(\left[\overline{X}_n – \frac{1}{\sqrt{n}}, \overline{X}_n + \frac{1}{\sqrt{n}}\right]\) contient \(p\) avec une probabilité asymptotique au moins égale à \(0{,}954\). Un intervalle de confiance au niveau \(95\,\%\) environ est donc \([0{,}11 ; 0{,}21]\).
  4. La demi-largeur vaut \(\frac{1}{\sqrt{n}}\), et l’on veut \(\frac{1}{\sqrt{n}} \leq 0{,}02\), soit \(\sqrt{n} \geq 50\), c’est-à-dire \(n \geq 2500\). Il faut donc tester au moins \(2500\) capteurs.

Barème : énoncé du théorème central limite avec ses hypothèses, 0,5 point ; minoration asymptotique, 1 point, partagé à égalité entre l’inclusion d’événements et l’argument de continuité de \(\Phi\) ; intervalle numérique, 0,75 point ; taille d’échantillon, 0,75 point.

Piège classique : remplacer \(p\) par \(\overline{X}_n\) sous la racine sans le justifier ; la majoration \(p(1 – p) \leq \frac{1}{4}\) évite justement cette étape.

Exercice 5 – Problème : de la loi de Laplace à la loi de Cauchy (5,5 points)

Partie A – Fonction caractéristique de Laplace

  1. On découpe l’intégrale en deux, chacune étant absolument convergente : \(\varphi_L(t) = \frac{1}{2}\int_0^{+\infty} \mathrm{e}^{(it – 1)x}\, \mathrm{d}x + \frac{1}{2}\int_0^{+\infty} \mathrm{e}^{(-it – 1)x}\, \mathrm{d}x\). Comme la partie réelle de \(it – 1\) vaut \(-1\), on obtient \(\int_0^{+\infty} \mathrm{e}^{(it – 1)x}\, \mathrm{d}x = \frac{1}{1 – it}\), puis de même avec \(-t\). Ainsi \(\varphi_L(t) = \frac{1}{2}\left(\frac{1}{1 – it} + \frac{1}{1 + it}\right) = \frac{1}{2} \times \frac{2}{1 + t^2}\). Donc \(\varphi_L(t) = \frac{1}{1 + t^2}\).
  2. Le même calcul donne \(\varphi_{E_1}(t) = \frac{1}{1 – it}\) et \(\varphi_{-E_2}(t) = \varphi_{E_2}(-t) = \frac{1}{1 + it}\). Comme \(E_1\) et \(E_2\) sont indépendantes, \(\varphi_{E_1 – E_2}\) se factorise en \(\varphi_{E_1}\varphi_{-E_2}\) :\(\varphi_{E_1 – E_2}(t) = \frac{1}{(1 – it)(1 + it)} = \frac{1}{1 + t^2}\). Deux lois ayant la même transformée de Fourier coïncident : \(E_1 – E_2\) est bien de loi de Laplace.

Inversion et loi de Cauchy (partie B)

  1. La fonction \(\varphi_L\) est intégrable sur \(\mathbb{R}\), d’intégrale \(\pi\). Par la formule d’inversion, pour tout réel \(x\), \(\frac{1}{2}\mathrm{e}^{-|x|} = \frac{1}{2\pi}\int_{\mathbb{R}} \frac{\mathrm{e}^{-itx}}{1 + t^2}\, \mathrm{d}t\). En multipliant par \(2\) et en changeant \(x\) en \(-x\), on obtient \(\int_{\mathbb{R}} \mathrm{e}^{itx}\,\frac{1}{\pi(1 + t^2)}\, \mathrm{d}t = \mathrm{e}^{-|x|}\). Le membre de gauche est exactement \(\varphi_C(x)\). Ainsi \(\varphi_C(t) = \mathrm{e}^{-|t|}\).
  2. Loi de la moyenne empirique

    Par indépendance, \(\varphi_{M_n}(t) = \left(\varphi_C\left(\frac{t}{n}\right)\right)^n = \left(\mathrm{e}^{-|t|/n}\right)^n = \mathrm{e}^{-|t|}\). Pour tout \(n\), \(M_n\) suit donc la loi de Cauchy.

    Pas de limite constante

    Si \(M_n\) convergeait en probabilité vers une constante \(m\), elle convergerait aussi en loi vers \(m\), donc \(\varphi_{M_n}(t) \to \mathrm{e}^{itm}\), de module \(1\). Or \(\left|\varphi_{M_n}(1)\right| = \mathrm{e}^{-1} < 1\) pour tout \(n\) : c’est absurde. Ainsi \(M_n\) ne converge en probabilité vers aucune constante. La loi des grands nombres exige en effet \(\mathbb{E}|C_1| < +\infty\), alors que \(\frac{|x|}{\pi(1 + x^2)}\) est équivalent à \(\frac{1}{\pi|x|}\) en l’infini, qui n’est pas intégrable.

Partie C – Retour au cas de variance finie

  1. Le moment d’ordre deux

    Par parité, \(\mathbb{E}[L_1^2] = \int_0^{+\infty} x^2\mathrm{e}^{-x}\, \mathrm{d}x = \Gamma(3) = 2\). On retrouve d’ailleurs ce résultat avec \(\varphi_L(t) = 1 – t^2 + o(t^2)\), car \(\mathbb{E}[L_1^2] = -\varphi_L^{\prime\prime}(0) = 2\).

    Convergence des fonctions caractéristiques

    Par indépendance, \(\varphi_{S_n}(t) = \left(\varphi_L\left(\frac{t}{\sqrt{2n}}\right)\right)^n = \left(1 + \frac{t^2}{2n}\right)^{-n}\). Puis \(n\ln\left(1 + \frac{t^2}{2n}\right) \to \frac{t^2}{2}\), donc \(\varphi_{S_n}(t) \to \mathrm{e}^{-t^2/2}\) pour tout réel \(t\). On reconnaît là, grâce à l’exercice 1, la transformée de Fourier de la gaussienne standard. Le théorème de Lévy permet donc de conclure que \(S_n\) converge en loi vers \(\mathcal{N}(0, 1)\). La figure compare les trois densités rencontrées : la queue de Cauchy, bien plus épaisse, explique l’échec de la loi des grands nombres.

    Courbes des densités de Laplace en pointe, de Cauchy à queues épaisses et de la loi normale centrée réduite sur [-6 ; 6]

Barème : A1) 1 point ; A2) 1 point (0,5 pour le produit justifié par l’indépendance, 0,5 pour l’injectivité) ; B1) 1 point ; B2) 1,25 point (0,5 pour la loi de \(M_n\), 0,5 pour l’absurdité, 0,25 pour l’intégrabilité) ; C) 1,25 point (0,25 pour le moment, 0,75 pour la limite, 0,25 pour le théorème de Lévy cité).

Piège classique : appliquer le théorème central limite à des variables de Cauchy, qui n’ont même pas d’espérance.

À retenir de ce contrôle

  • Si la série des probabilités des événements converge, presque sûrement seul un nombre fini de ces événements se réalise : aucune indépendance n’est nécessaire.
  • Le second lemme de Borel-Cantelli exige des événements indépendants : une série divergente donne alors une infinité de réalisations presque sûrement.
  • Les composantes d’un vecteur gaussien sont indépendantes si et seulement si elles sont non corrélées, ce qui est faux pour deux gaussiennes quelconques.
  • La convergence presque sûre et la convergence dans L^1 entraînent chacune la convergence en probabilité, mais aucune des deux n’entraîne l’autre.
  • Le théorème de Lévy ramène une convergence en loi à la convergence simple des fonctions caractéristiques vers celle de la loi limite.

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Consolider examen final de probabilités après ce corrigé

Pour ne plus perdre de points sur ce thème, relisez le cours loi, espérance et indépendance en théorie de la mesure puis fonction caractéristique, convergences et tcl ; entraînez-vous sur les exercices loi, espérance et indépendance en théorie de la mesure et fonction caractéristique, convergences et tcl.

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