QCM : Dérivées partielles et gradient en maths sup (MPSI)
Ce QCM gradient MPSI accompagne les premiers pas avec les fonctions de deux variables. Il commence par les ouverts de \(\mathbb{R}^2\) et un piège de continuité à l’origine. Il demande ensuite des dérivées partielles, un gradient, une dérivée selon un vecteur et l’équation d’un plan tangent. La seconde moitié porte sur la classe \(\mathcal{C}^1\), la règle de la chaîne, un changement de variables dans une équation aux dérivées partielles, puis la recherche des points critiques et des extremums.
Réponds d’abord sans le cours, en dérivant au brouillon une variable à la fois. Lis ensuite chaque explication. Elle justifie la bonne réponse et nomme le piège visé : continuité testée sur les seuls axes, composantes du gradient échangées, point critique pris pour un extremum, point du bord traité comme intérieur.
Les 12 questions
Question 1
Laquelle de ces parties de \(\mathbb{R}^2\) est un ouvert ?
- \(\{(x,y) : x\geqslant 0\}\)
- \(\{(x,y) : xy>1\}\)
- \(\{(x,y) : y=x^2\}\)
- \(\{(x,y) : 0<x\leqslant 1\}\)
Réponse B.
L’application \((x,y)\mapsto xy\) est continue, et \(\left]1,+\infty\right[\) est un ouvert de \(\mathbb{R}\). Par conséquent, son image réciproque est un ouvert. Le demi-plan \(x\geqslant 0\) contient \((0,0)\), dont aucun disque n’est inclus dans la partie. La parabole est d’intérieur vide. Enfin, la bande avec \(x\leqslant 1\) contient des points du bord, comme \((1,0)\).
Question 2
On pose \(f(x,y)=\dfrac{2xy}{x^2+4y^2}\) si \((x,y)\neq(0,0)\) et \(f(0,0)=0\). Que dire de \(f\) en \((0,0)\) ?
- Elle est continue, car \(f(t,0)=f(0,t)=0\)
- Elle est continue, car \(f\) est bornée
- Elle est discontinue, car \(f(t,t)\) tend vers \(+\infty\)
- Elle est discontinue, car \(f(2t,t)=\frac{1}{2}\) pour \(t\neq 0\)
Réponse D.
Le long de la droite \(x=2y\), on trouve \(\frac{4t^2}{4t^2+4t^2}=\frac{1}{2}\), qui ne tend pas vers \(f(0,0)=0\). Ainsi \(f\) n’est pas continue en l’origine. Les deux axes donnent la limite \(0\), mais tester quelques directions ne prouve jamais la continuité. Être bornée ne suffit pas non plus. Enfin, \(f(t,t)=\frac{2}{5}\) reste constant, sans tendre vers l’infini.
Question 3
Pour \(f(x,y)=x\,\mathrm{e}^{xy}\), que vaut la dérivée partielle \(\partial_x f(x,y)\) ?
- \(\mathrm{e}^{xy}\)
- \(xy\,\mathrm{e}^{xy}\)
- \((1+xy)\,\mathrm{e}^{xy}\)
- \(x^2\,\mathrm{e}^{xy}\)
Réponse C.
On fixe \(y\) et on dérive le produit de \(x\) par \(\mathrm{e}^{xy}\) : on obtient \(\mathrm{e}^{xy}+x\cdot y\,\mathrm{e}^{xy}\). La réponse \(\mathrm{e}^{xy}\) traite l’exponentielle comme une constante. À l’inverse, \(xy\,\mathrm{e}^{xy}\) oublie de dériver le facteur \(x\). Enfin, \(x^2\,\mathrm{e}^{xy}\) est la dérivée partielle par rapport à \(y\) : les deux variables ont été échangées.
Question 4
Pour \(f(x,y)=x^2y-3y^2\), que vaut le gradient \(\nabla f(1,2)\) ?
- \((4,-11)\)
- \((-11,4)\)
- \((4,-5)\)
- \((2,-11)\)
Réponse A.
Le gradient a pour composantes \(\partial_x f=2xy\) puis \(\partial_y f=x^2-6y\). En \((1,2)\), cela donne \(4\) et \(1-12=-11\). Le couple \((-11,4)\) inverse l’ordre des composantes. La valeur \(-5\) dérive \(3y^2\) en \(3y\). Enfin, la composante \(2\) oublie le facteur \(y\) dans \(2xy\).
Question 5
Pour \(f(x,y)=x^3+xy\), quelle est la dérivée de \(f\) en \((1,1)\) selon le vecteur \(v=(2,-1)\) ?
- \(9\)
- \((8,-1)\)
- \(\frac{7}{\sqrt{5}}\)
- \(7\)
Réponse D.
Pour \(f\) de classe \(\mathcal{C}^1\), la dérivée selon \(v\) est le produit scalaire de \(\nabla f(1,1)\) avec \(v\). Or \(\nabla f=(3x^2+y,\,x)\), qui vaut \((4,1)\) en \((1,1)\). On obtient \(4\times 2+1\times(-1)=7\). La valeur \(9\) oublie le signe de la seconde coordonnée. Le couple \((8,-1)\) multiplie terme à terme sans sommer. Enfin, diviser par \(\sqrt{5}\) normalise un vecteur que l’énoncé n’a pas normalisé.
Question 6
Pour \(f(x,y)=x^2+3xy\), quel plan est tangent au graphe \(z=f(x,y)\) au-dessus de \((1,1)\) ?
- \(z=4+5(x-1)+3(y-1)\)
- \(z=5(x-1)+3(y-1)\)
- \(z=4+5x+3y\)
- \(z=4+3(x-1)+5(y-1)\)
Réponse A.
Le DL d’ordre \(1\) en \((1,1)\) donne \(z=f(1,1)+\partial_x f(1,1)(x-1)+\partial_y f(1,1)(y-1)\). Ici \(f(1,1)=4\), \(\partial_x f=2x+3y\) vaut \(5\) et \(\partial_y f=3x\) vaut \(3\). Sans la constante \(4\), le plan ne passe pas par le point de la surface. Écrire \(5x+3y\) oublie de centrer en \((1,1)\). Enfin, échanger \(5\) et \(3\) confond les deux dérivées partielles.
Question 7
Soit \(U\) un ouvert de \(\mathbb{R}^2\), \(f:U\to\mathbb{R}\) et \(a\in U\). Quelle implication est toujours vraie ?
- Si \(f\) est de classe \(\mathcal{C}^1\), elle admet un DL d’ordre \(1\) en \(a\)
- Si \(f\) admet des dérivées partielles en \(a\), elle est continue en \(a\)
- Si \(f\) est continue en \(a\), elle admet des dérivées partielles en \(a\)
- Si \(\nabla f(a)=0\), alors \(f\) admet un extremum local en \(a\)
Réponse A.
Le théorème du cours affirme qu’une fonction de classe \(\mathcal{C}^1\) sur un ouvert admet en chaque point un DL d’ordre \(1\), dont la partie linéaire est donnée par le gradient. En revanche, l’existence des dérivées partielles ne donne pas la continuité : la fonction \(\frac{2xy}{x^2+4y^2}\) le montre. De plus, \((x,y)\mapsto|x|\) est continue sans dérivée partielle en \(x\) à l’origine. Enfin, un gradient nul ne garantit pas d’extremum.
Question 8
Soit \(f\) de classe \(\mathcal{C}^1\) sur \(\mathbb{R}^2\) et \(g(t)=f(\cos t,\sin t)\). D’après la règle de la chaîne, que vaut \(g^{\prime}(t)\) ?
- \(\sin t\,\partial_1 f(\cos t,\sin t)+\cos t\,\partial_2 f(\cos t,\sin t)\)
- \(-\sin t\,\partial_1 f(\cos t,\sin t)+\cos t\,\partial_2 f(\cos t,\sin t)\)
- \(\cos t\,\partial_1 f(\cos t,\sin t)-\sin t\,\partial_2 f(\cos t,\sin t)\)
- \(\partial_1 f(\cos t,\sin t)+\partial_2 f(\cos t,\sin t)\)
Réponse B.
On dérive chaque argument et on le multiplie par la dérivée partielle correspondante. La première coordonnée \(\cos t\) a pour dérivée \(-\sin t\), et la seconde \(\sin t\) a pour dérivée \(\cos t\). La réponse avec \(+\sin t\) oublie le signe de la dérivée du cosinus. Celle qui commence par \(\cos t\,\partial_1 f\) associe chaque dérivée au mauvais argument. Enfin, la simple somme des dérivées partielles oublie les dérivées intérieures.
Question 9
Avec le changement de variables \(u=x+y\), \(v=x-y\), quelles sont les fonctions \(f\) de classe \(\mathcal{C}^1\) sur \(\mathbb{R}^2\) telles que \(\partial_x f=\partial_y f\) ?
- \(f(x,y)=\varphi(x-y)\), avec \(\varphi\) de classe \(\mathcal{C}^1\) sur \(\mathbb{R}\)
- \(f(x,y)=\varphi(x+y)\), avec \(\varphi\) de classe \(\mathcal{C}^1\) sur \(\mathbb{R}\)
- \(f(x,y)=\varphi(x)+\varphi(y)\), avec \(\varphi\) de classe \(\mathcal{C}^1\) sur \(\mathbb{R}\)
- Les fonctions constantes seulement
Réponse B.
On écrit \(f(x,y)=F(x+y,x-y)\). La règle de la chaîne donne \(\partial_x f=\partial_u F+\partial_v F\) et \(\partial_y f=\partial_u F-\partial_v F\). L’équation devient donc \(2\,\partial_v F=0\) : ainsi \(F\) ne dépend que de \(u\). La forme \(\varphi(x-y)\) se trompe de variable ; elle vérifie au contraire \(\partial_x f=-\partial_y f\). Par ailleurs, les constantes sont des solutions, mais pas les seules.
Question 10
Quel est l’unique point critique de \(f(x,y)=x^2+xy+y^2-3x\) ?
- \((-1,2)\)
- \(\left(\frac{3}{2},0\right)\)
- \((2,-1)\)
- \((1,1)\)
Réponse C.
On résout \(\nabla f=0\), soit \(2x+y-3=0\) et \(x+2y=0\). La seconde équation donne \(x=-2y\), donc \(-3y=3\), d’où \(y=-1\) puis \(x=2\). Le couple \((-1,2)\) inverse les coordonnées. La réponse \(\left(\frac{3}{2},0\right)\) oublie le terme \(xy\) en dérivant. Enfin, \((1,1)\) annule la première équation, mais pas la seconde.
Question 11
On considère \(f(x,y)=y^2-x^4\). Que dire du point \((0,0)\) ?
- C’est un minimum local, car \(f(0,y)\geqslant 0\)
- C’est un maximum local, car \(f(x,0)\leqslant 0\)
- Ce n’est pas un point critique
- C’est un point critique, sans extremum local
Réponse D.
Le gradient \((-4x^3,\,2y)\) s’annule en \((0,0)\) : c’est donc un point critique. Cependant, \(f(0,y)=y^2\) est strictement positif pour \(y\neq 0\), tandis que \(f(x,0)=-x^4\) est strictement négatif pour \(x\neq 0\). Dans tout voisinage, \(f\) prend des valeurs des deux signes autour de \(f(0,0)=0\). Conclure à un minimum ou à un maximum ne regarde qu’une seule direction.
Question 12
Sur le carré fermé \([0,1]^2\), \(f(x,y)=x+y\) atteint son minimum en \((0,0)\), où \(\nabla f=(1,1)\). Comment concilier ces deux faits ?
- Le gradient de \(f\) est en fait nul en \((0,0)\)
- La fonction \(f\) n’est pas de classe \(\mathcal{C}^1\)
- Un gradient nul n’est imposé qu’aux extremums intérieurs
- Le minimum n’est pas atteint en \((0,0)\)
Réponse C.
Le gradient s’annule en un extremum local d’une fonction \(\mathcal{C}^1\), à condition que ce point soit intérieur au domaine. Or \((0,0)\) est sur le bord du carré, qui n’est pas un ouvert. Il n’y a donc aucune contradiction. Pour chercher les extremums sur un fermé borné, on étudie séparément l’intérieur, avec les points critiques, puis le bord. Enfin, \(f\) est polynomiale, donc de classe \(\mathcal{C}^1\).
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths sup (MPSI) sur dérivées partielles et gradient
- S’exercer : exercices corrigés sur dérivées partielles et gradient
- QCM précédent : QCM : Produit scalaire et Gram-Schmidt en maths sup (MPSI)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths sup (MPSI)
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