QCM : Intégrales impropres en L2 de maths
Ce QCM impropres L2 vérifie que tu sais décider si une intégrale sur un intervalle non borné, ou d’une fonction non bornée au bord, a un sens. Il commence par des calculs directs avec des puissances, puis passe aux intégrales de Riemann et de Bertrand et à la comparaison des fonctions positives. La seconde moitié traite du critère de Cauchy, de l’intégrabilité, de la semi-convergence par intégration par parties, de la règle d’Abel et d’un équivalent de reste.
Travaille sans le cours, avec un brouillon : repère d’abord la ou les bornes impropres, puis le signe de la fonction, avant de choisir un critère. Lis ensuite les explications, qui refont chaque calcul et nomment l’erreur visée par chaque mauvaise réponse, par exemple un exposant pris du mauvais côté de 1.
Les 12 questions
Question 1
Que vaut l’intégrale \(\displaystyle\int_{4}^{+\infty}\frac{\mathrm{d}t}{t^{3/2}}\) ?
- \(2\)
- \(\frac{1}{2}\)
- \(1\)
- Elle diverge.
Réponse C.
Une primitive de \(t^{-3/2}\) est \(-2t^{-1/2}\), qui tend vers 0 en \(+\infty\). Par conséquent, l’intégrale vaut \(0-(-2\times\frac{1}{2})=1\). Le piège 2 oublie d’évaluer la primitive en 4. La réponse \(\frac{1}{2}\) provient d’une primitive fausse, sans le facteur 2. Enfin, l’exposant \(\frac{3}{2}\) dépasse 1 : la divergence est donc exclue.
Question 2
La fonction \(t\mapsto t^{-1/2}\) n’est pas bornée près de 0. Que vaut \(\displaystyle\int_{0}^{9}\frac{\mathrm{d}t}{\sqrt{t}}\) ?
- \(6\)
- \(3\)
- \(18\)
- Elle diverge.
Réponse A.
Près de 0, l’exposant \(\frac{1}{2}\) est strictement inférieur à 1, donc l’intégrale converge. Une primitive est \(2\sqrt{t}\), qui tend vers 0 en 0. Ainsi l’intégrale vaut \(2\sqrt{9}=6\). Le piège 3 oublie le facteur 2 de la primitive. La réponse 18 multiplie 9 par 2 sans prendre la racine. Quant à la divergence, elle applique à 0 le critère valable en \(+\infty\).
Question 3
Pour quelles valeurs du réel \(a\) l’intégrale \(\displaystyle\int_{0}^{+\infty}\frac{\mathrm{d}t}{t^{a}}\) converge-t-elle ?
- Pour \(a>1\) seulement.
- Pour \(a<1\) seulement.
- Pour \(a=1\) seulement.
- Pour aucune valeur de \(a\).
Réponse D.
Il y a deux bornes impropres, qu’il faut traiter séparément. En 0, la convergence demande \(a<1\). En revanche, en \(+\infty\), elle demande \(a>1\). Ces deux conditions sont incompatibles, donc l’intégrale diverge toujours. Le piège \(a>1\) ne regarde que l’infini, tandis que \(a<1\) ne regarde que 0. Pour \(a=1\), les deux bornes divergent.
Question 4
Que peut-on dire de \(\displaystyle\int_{1}^{+\infty}\frac{2+\sin t}{t^{2}}\,\mathrm{d}t\) ?
- Elle diverge, car \(2+\sin t\) n’a pas de limite.
- Elle converge, mais pas absolument.
- On ne peut pas conclure par comparaison.
- Elle converge, par majoration par \(\frac{3}{t^2}\).
Réponse D.
L’intégrande est positive, car \(2+\sin t\geq 1\). De plus, elle est majorée par \(\frac{3}{t^2}\), dont l’intégrale converge en \(+\infty\). Le théorème de comparaison des fonctions positives conclut donc à la convergence, qui est d’ailleurs absolue. Le piège de la limite absente confond l’existence d’une limite du numérateur avec une condition de convergence, qui n’est jamais exigée.
Question 5
Pour quels réels \(b\) l’intégrale de Bertrand \(\displaystyle\int_{0}^{1/2}\frac{\mathrm{d}t}{t\,|\ln t|^{b}}\) converge-t-elle ?
- \(b\geq 1\)
- \(b<1\)
- \(b>1\)
- \(b>0\)
Réponse C.
On pose \(u=-\ln t\), qui tend vers \(+\infty\) quand \(t\) tend vers 0. Ainsi \(\frac{\mathrm{d}t}{t}=-\mathrm{d}u\), et l’intégrale devient celle de \(u^{-b}\) sur \([\ln 2,+\infty[\). Elle converge donc si et seulement si \(b>1\). Le piège \(b<1\) applique la règle de Riemann en 0 alors que le changement de variable renvoie la borne à l’infini.
Question 6
Que peut-on dire de \(\displaystyle\int_{0}^{1}\frac{1-\cos t}{t^{3}}\,\mathrm{d}t\) ?
- Elle converge, car l’intégrande est équivalente à \(\frac{t}{2}\).
- Elle converge, car \(1-\cos t\) tend vers 0.
- Elle diverge, car l’intégrande est équivalente à \(\frac{1}{2t}\).
- Elle converge, car \(1-\cos t\leq 2\).
Réponse C.
En 0, on a \(1-\cos t\sim\frac{t^2}{2}\). Donc l’intégrande, positive, est équivalente à \(\frac{1}{2t}\), dont l’intégrale diverge en 0. Par conséquent, l’intégrale diverge. Le piège \(\frac{t}{2}\) divise par \(t\) au lieu de \(t^3\). La majoration par 2 ne donne rien, puisque \(\frac{2}{t^3}\) n’est pas intégrable en 0.
Question 7
Soit \(f\) continue sur \([a,+\infty[\). Quelle propriété équivaut à la convergence de \(\int_a^{+\infty}f\) (critère de Cauchy) ?
- Pour tout \(\varepsilon>0\), il existe \(A\) tel que \(|f(x)|<\varepsilon\) pour \(x\geq A\).
- Pour tout \(\varepsilon>0\), il existe \(A\) tel que \(\left|\int_x^y f\right|<\varepsilon\) pour \(y>x\geq A\).
- Pour tout \(\varepsilon>0\), il existe \(A\) tel que \(\left|\int_x^{x+1} f\right|<\varepsilon\) pour \(x\geq A\).
- Il existe \(A\) tel que \(\left|\int_x^y f\right|\leq 1\) pour \(y>x\geq A\).
Réponse B.
La fonction \(F(x)=\int_a^x f\) admet une limite en \(+\infty\) si et seulement si elle vérifie le critère de Cauchy, qui porte sur toutes les tranches \([x,y]\) lointaines. La condition sur \([x,x+1]\) est trop faible : \(\frac{1}{t}\) la satisfait, et pourtant son intégrale diverge. De même, la limite nulle de \(f\) n’est ni nécessaire ni suffisante.
Question 8
Que peut-on dire de \(\displaystyle\int_{1}^{+\infty}\frac{\cos(2t)}{t^{3/2}}\,\mathrm{d}t\) ?
- Elle est semi-convergente seulement.
- Elle diverge, car le cosinus oscille.
- Elle converge seulement par la règle d’Abel.
- Elle est absolument convergente.
Réponse D.
On majore la valeur absolue : \(\left|\frac{\cos(2t)}{t^{3/2}}\right|\leq t^{-3/2}\), dont l’intégrale converge en \(+\infty\). Ainsi la fonction est intégrable sur \([1,+\infty[\), et l’intégrale converge absolument. Le piège de la semi-convergence vient d’un rapprochement hâtif avec \(\frac{\cos t}{t}\), où l’exposant vaut 1. La règle d’Abel fonctionne aussi, mais elle n’est pas nécessaire.
Question 9
Une intégration par parties transforme \(\int_1^X\frac{\cos t}{\sqrt{t}}\,\mathrm{d}t\) en \(\left[\frac{\sin t}{\sqrt{t}}\right]_1^X\) plus quelle intégrale ?
- \(-\frac{1}{2}\int_1^X\frac{\sin t}{t^{3/2}}\,\mathrm{d}t\)
- \(\frac{1}{2}\int_1^X\frac{\sin t}{t^{3/2}}\,\mathrm{d}t\)
- \(\frac{1}{2}\int_1^X\frac{\cos t}{t^{3/2}}\,\mathrm{d}t\)
- \(2\int_1^X\frac{\sin t}{t^{1/2}}\,\mathrm{d}t\)
Réponse B.
On dérive \(t^{-1/2}\), ce qui donne \(-\frac{1}{2}t^{-3/2}\), et on intègre \(\cos t\) en \(\sin t\). La formule retranche l’intégrale du produit ; le signe moins se compense donc. Le crochet a une limite, et la nouvelle intégrale converge absolument : ainsi l’intégrale initiale converge. Le piège du signe moins oublie ce double signe négatif.
Question 10
La règle d’Abel donne la convergence de \(\int_a^{+\infty}f(t)g(t)\,\mathrm{d}t\) sous quelles hypothèses ?
- \(g\) décroît vers 0 et \(f\) est bornée.
- \(g\) décroît vers 0 et les intégrales de \(f\) sur \([a,x]\) sont bornées.
- \(g\) est intégrable et \(f\) admet une limite en \(+\infty\).
- \(g\) tend vers 0 et les intégrales de \(f\) sur \([a,x]\) sont bornées.
Réponse B.
La preuve repose sur une intégration par parties : il faut donc une primitive de \(f\) bornée et une fonction \(g\) monotone de limite nulle. Le piège « \(f\) bornée » est insuffisant, car \(f=1\) et \(g(t)=\frac{1}{t}\) donnent une intégrale divergente. Sans monotonie de \(g\), la conclusion peut aussi tomber, ce qui écarte la version où \(g\) tend seulement vers 0.
Question 11
Avec le changement de variable \(u=\sqrt{t}\), que vaut \(\displaystyle\int_{0}^{+\infty}e^{-\sqrt{t}}\,\mathrm{d}t\) ?
- \(2\)
- \(1\)
- \(\frac{1}{2}\)
- \(4\)
Réponse A.
On a \(t=u^2\), donc \(\mathrm{d}t=2u\,\mathrm{d}u\), et l’intégrale devient \(\int_0^{+\infty}2ue^{-u}\,\mathrm{d}u\). Or l’intégrale de \(ue^{-u}\) sur \([0,+\infty[\) vaut 1, par intégration par parties. Le résultat est donc 2. Le piège 1 oublie le facteur \(2u\) issu de la dérivée. La réponse \(\frac{1}{2}\) remplace \(\mathrm{d}t\) par \(\frac{\mathrm{d}u}{2\sqrt{u}}\).
Question 12
Quel est un équivalent du reste \(\displaystyle\int_{x}^{+\infty}e^{-t^{2}}\,\mathrm{d}t\) quand \(x\to+\infty\) ?
- \(\frac{e^{-x^2}}{2x}\)
- \(e^{-x^2}\)
- \(\frac{e^{-x^2}}{x}\)
- \(2x\,e^{-x^2}\)
Réponse A.
On écrit \(e^{-t^2}=\frac{1}{2t}\cdot 2te^{-t^2}\), puis on intègre par parties. Le crochet fournit \(\frac{e^{-x^2}}{2x}\), et l’intégrale restante, de \(\frac{e^{-t^2}}{2t^2}\), est négligeable devant lui. Par conséquent, le reste est équivalent à \(\frac{e^{-x^2}}{2x}\). Le piège \(\frac{e^{-x^2}}{x}\) perd le facteur \(\frac{1}{2}\). Quant à \(2xe^{-x^2}\), il dérive au lieu d’intégrer.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de L2 de maths sur intégrales impropres
- S’exercer : exercices corrigés sur intégrales impropres
- QCM précédent : QCM : Séries alternées et semi-convergence en L2 de maths
- QCM suivant : QCM : Diagonaliser une matrice en L2 de maths
- Tous les chapitres : le sommaire de la L2 de maths


























