Forme exponentielle et linéarisation : corrigé du contrôle de maths en L1
Voici le corrigé du contrôle de maths en L1 sur le thème « forme exponentielle et linéarisation », question par question.
Cette correction propose une rédaction complète de chaque question, comme on l’attend d’une très bonne copie de licence. Les arguments sont toujours justifiés par le cosinus et le sinus, et non devinés sur la figure. La linéarisation est menée pas à pas avec les formules d’Euler, puis réutilisée pour une intégrale.
Vous trouverez aussi les racines quatrièmes placées sur leur cercle, la rotation du trinôme dessinée, et un contrôle numérique de la somme binomiale. Rédigez d’abord vos réponses seul, ensuite comparez-les à ce corrigé. Enfin, le barème détaillé par question montre où se gagnent les points de méthode, tandis que les pièges signalés reprennent les erreurs les plus fréquentes.
L’énoncé complet se trouve ici : Forme exponentielle et linéarisation : contrôle de maths en L1.
Barème du contrôle corrigé : forme exponentielle et linéarisation
| Exercice | Points |
|---|---|
| 1. Deux points du plan complexe | 3 points |
| 2. Cube d’un cosinus | 4 points |
| 3. Pentagone et racines quatrièmes | 4 points |
| 4. Un trinôme complexe et une rotation | 4 points |
| 5. Problème : angle moitié et sommes binomiales | 5 points |
| Total | 20 points |
Le corrigé détaillé : forme exponentielle et linéarisation
Exercice 1 – Deux points du plan complexe (3 points)
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D’abord, \(|z_1| = \sqrt{3 + 9} = \sqrt{12} = 2\sqrt{3}\). Un argument \(\theta_1\) vérifie alors \(\cos\theta_1 = \frac{-\sqrt{3}}{2\sqrt{3}} = -\frac{1}{2}\) et \(\sin\theta_1 = \frac{3}{2\sqrt{3}} = \frac{\sqrt{3}}{2}\), donc \(\theta_1 = \frac{2\pi}{3}\) convient.
Ensuite, \(|z_2| = \sqrt{4 + 4} = 2\sqrt{2}\), avec \(\cos\theta_2 = \frac{\sqrt{2}}{2}\) et \(\sin\theta_2 = -\frac{\sqrt{2}}{2}\), donc \(\theta_2 = -\frac{\pi}{4}\).
Ainsi \(z_1 = 2\sqrt{3}\,\mathrm{e}^{2i\pi/3}\) et \(z_2 = 2\sqrt{2}\,\mathrm{e}^{-i\pi/4}\).
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Par les règles de calcul sur l’exponentielle complexe, \(z_1^3 = \left(2\sqrt{3}\right)^3 \mathrm{e}^{2i\pi} = 24\sqrt{3}\), car \(\left(2\sqrt{3}\right)^3 = 8 \times 3\sqrt{3}\). De même, \(z_2^2 = 8\,\mathrm{e}^{-i\pi/2}\).
Par conséquent \(Q = \dfrac{24\sqrt{3}}{8\,\mathrm{e}^{-i\pi/2}} = 3\sqrt{3}\,\mathrm{e}^{i\pi/2}\), c’est-à-dire \(Q = 3\sqrt{3}\,i\), un imaginaire pur.
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On a \(z_1^n = \left(2\sqrt{3}\right)^n \mathrm{e}^{2in\pi/3}\) avec un module strictement positif. Ce nombre est donc un réel strictement positif si et seulement si \(\mathrm{e}^{2in\pi/3} = 1\), soit \(\frac{2n\pi}{3} \in 2\pi\mathbb{Z}\). Finalement, \(n\) doit être un multiple de \(3\).
Piège classique : prendre \(\arctan\left(\frac{3}{-\sqrt{3}}\right) = -\frac{\pi}{3}\) comme argument de \(z_1\). Ce réel donne un point du mauvais quadrant, car la partie réelle de \(z_1\) est négative.
Exercice 2 – Cube d’un cosinus (4 points)
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Pour tout réel \(u\), la formule d’Euler et le binôme de Newton donnent :
\[\cos^3 u = \frac{\left(\mathrm{e}^{iu} + \mathrm{e}^{-iu}\right)^3}{8} = \frac{\mathrm{e}^{3iu} + 3\,\mathrm{e}^{iu} + 3\,\mathrm{e}^{-iu} + \mathrm{e}^{-3iu}}{8}.\]
On regroupe ensuite les exponentielles conjuguées : \(\mathrm{e}^{3iu} + \mathrm{e}^{-3iu} = 2\cos(3u)\) et \(\mathrm{e}^{iu} + \mathrm{e}^{-iu} = 2\cos u\). Donc \(\cos^3 u = \frac{1}{4}\cos(3u) + \frac{3}{4}\cos u\).
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Grâce à la linéarisation, une primitive de \(u \mapsto \cos^3 u\) est \(u \mapsto \frac{1}{12}\sin(3u) + \frac{3}{4}\sin u\). Ainsi :
\[I = \frac{1}{12}\sin\pi + \frac{3}{4}\sin\frac{\pi}{3} – 0 = \frac{3}{4} \times \frac{\sqrt{3}}{2}.\]
Finalement, \(I = \dfrac{3\sqrt{3}}{8}\).
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La question a) fournit \(\cos(3u) = 4\cos^3 u – 3\cos u\). Tout réel \(x\) de \([-1\,;\,1]\) s’écrit d’une seule façon \(x = \cos u\) avec \(u \in [0\,;\,\pi]\). Pour un tel \(x\), l’équation \(8x^3 – 6x – 1 = 0\) équivaut à \(2\cos(3u) = 1\), soit \(\cos(3u) = \frac{1}{2}\).
Comme \(3u \in [0\,;\,3\pi]\), on obtient \(3u \in \left\{\frac{\pi}{3}, \frac{5\pi}{3}, \frac{7\pi}{3}\right\}\), donc \(u \in \left\{\frac{\pi}{9}, \frac{5\pi}{9}, \frac{7\pi}{9}\right\}\). La fonction cosinus étant strictement décroissante sur \([0\,;\,\pi]\), les trois réels obtenus sont distincts. Or un polynôme de degré \(3\) a au plus trois racines : les solutions sont \(\cos\frac{\pi}{9}\), \(\cos\frac{5\pi}{9}\) et \(\cos\frac{7\pi}{9}\).
Exercice 3 – Pentagone et racines quatrièmes (4 points)
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Le nombre \(\omega\) vérifie \(\omega^5 = \mathrm{e}^{2i\pi} = 1\) et \(\omega \neq 1\), puisque \(\frac{2\pi}{5} \notin 2\pi\mathbb{Z}\). On peut donc appliquer la formule de la somme géométrique : \(S = \dfrac{1 – \omega^5}{1 – \omega} = 0\). Ainsi \(S = 0\).
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Les parties réelles des puissances de \(\omega\) sont les \(\cos\frac{2k\pi}{5}\). Or \(\cos\frac{8\pi}{5} = \cos\frac{2\pi}{5}\) et \(\cos\frac{6\pi}{5} = \cos\frac{4\pi}{5}\), donc \(0 = \mathrm{Re}(S) = 1 + 2c + 2\cos\frac{4\pi}{5}\).
De plus, \(\cos\frac{4\pi}{5} = 2c^2 – 1\) d’après la formule de duplication. On obtient alors \(1 + 2c + 4c^2 – 2 = 0\), c’est-à-dire \(4c^2 + 2c – 1 = 0\).
Cette équation a pour racines \(\frac{-1 – \sqrt{5}}{4}\) et \(\frac{-1 + \sqrt{5}}{4}\). Comme \(\frac{2\pi}{5} \in \left]0\,;\,\frac{\pi}{2}\right[\), le réel \(c\) est positif, donc \(c = \dfrac{\sqrt{5} – 1}{4}\).
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D’abord, \(\left|-8 + 8\sqrt{3}\,i\right| = \sqrt{64 + 192} = 16\), puis \(-8 + 8\sqrt{3}\,i = 16\left(-\frac{1}{2} + \frac{\sqrt{3}}{2}i\right) = 16\,\mathrm{e}^{2i\pi/3}\).
Cherchons \(z = \rho\,\mathrm{e}^{i\alpha}\) avec \(\rho > 0\). L’équation équivaut à \(\rho^4 = 16\) et \(4\alpha \equiv \frac{2\pi}{3} \pmod{2\pi}\), soit \(\rho = 2\) et \(\alpha = \frac{\pi}{6} + \frac{k\pi}{2}\) avec \(k \in \{0, 1, 2, 3\}\). Les quatre solutions sont donc :
\(2\,\mathrm{e}^{i\pi/6} = \sqrt{3} + i\) ; \(2\,\mathrm{e}^{2i\pi/3} = -1 + \sqrt{3}\,i\) ; \(2\,\mathrm{e}^{7i\pi/6} = -\sqrt{3} – i\) ; \(2\,\mathrm{e}^{5i\pi/3} = 1 – \sqrt{3}\,i\).
Vérification : \(\left(\sqrt{3} + i\right)^2 = 2 + 2\sqrt{3}\,i\), puis \(\left(2 + 2\sqrt{3}\,i\right)^2 = 4 + 8\sqrt{3}\,i – 12 = -8 + 8\sqrt{3}\,i\).
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Chaque solution se déduit de la précédente par multiplication par \(\mathrm{e}^{i\pi/2} = i\), donc par la rotation de centre \(O\) et d’angle \(\frac{\pi}{2}\). Les quatre points forment par conséquent un carré de centre \(O\). Son côté vaut \(\left|2\,\mathrm{e}^{i\pi/6}\right| \times |i – 1| = 2\sqrt{2}\), donc son aire vaut \(8\).
Exercice 4 – Un trinôme complexe et une rotation (4 points)
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Posons \(\delta = a + ib\) avec \(a\) et \(b\) réels. L’égalité \(\delta^2 = -2i\) donne \(a^2 – b^2 = 0\) et \(2ab = -2\) ; l’égalité des modules ajoute \(a^2 + b^2 = 2\). On en tire \(a^2 = b^2 = 1\), avec \(ab = -1\), donc \(a\) et \(b\) de signes contraires. Ainsi \(\delta = 1 – i\) ou \(\delta = -1 + i\).
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Le discriminant vaut \(\Delta = (3 + i)^2 – 4(2 + 2i) = 9 + 6i – 1 – 8 – 8i = -2i\). D’après la question a), \(1 – i\) en est une racine carrée, donc :
\[z = \frac{(3 + i) + (1 – i)}{2} = 2 \quad \text{ou} \quad z = \frac{(3 + i) – (1 – i)}{2} = 1 + i.\]
Les solutions de \((E)\) sont \(2\) et \(1 + i\). En effet, leur somme vaut \(3 + i\) et leur produit \(2 + 2i\), comme l’imposent les relations entre coefficients et racines.
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On a donc \(A(2)\) et \(B(1 + i)\). L’expression complexe de la rotation est \(r(z) = 1 + i + i\left(z – 1 – i\right)\). Alors \(z_{A_1} = 1 + i + i(1 – i) = 1 + i + i + 1\), d’où \(z_{A_1} = 2 + 2i\).
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Une rotation conserve les distances, donc \(BA_1 = BA = |1 – i| = \sqrt{2}\). De plus, l’angle \(\left(\overrightarrow{BA}, \overrightarrow{BA_1}\right)\) mesure \(\frac{\pi}{2}\). Le triangle \(ABA_1\) est donc isocèle et rectangle en \(B\).
Piège classique : écrire \(r(z) = i z\), qui décrit la rotation de centre \(O\). Il faut d’abord ramener le centre \(B\) à l’origine, puis revenir.
Exercice 5 – Problème : angle moitié et sommes binomiales (5 points)
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Mettons en facteur l’exponentielle de la demi-somme : \(\mathrm{e}^{ia} + \mathrm{e}^{ib} = \mathrm{e}^{i(a+b)/2}\left(\mathrm{e}^{i(a-b)/2} + \mathrm{e}^{-i(a-b)/2}\right)\). La parenthèse vaut \(2\cos\left(\frac{a-b}{2}\right)\) d’après la formule d’Euler, ce qui donne \(\mathrm{e}^{ia} + \mathrm{e}^{ib} = 2\cos\left(\frac{a – b}{2}\right)\mathrm{e}^{i(a+b)/2}\).
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Avec \(a = 0\) et \(b = \theta\), il vient \(1 + \mathrm{e}^{i\theta} = 2\cos\left(\frac{\theta}{2}\right)\mathrm{e}^{i\theta/2}\). Pour \(\theta \in \left]-\pi\,;\,\pi\right[\), on a \(\frac{\theta}{2} \in \left]-\frac{\pi}{2}\,;\,\frac{\pi}{2}\right[\), donc \(\cos\frac{\theta}{2} > 0\). L’écriture obtenue est alors une forme exponentielle : le module vaut \(2\cos\frac{\theta}{2}\) et \(\frac{\theta}{2}\) est un argument.
En revanche, pour \(\theta = \pi\), on trouve \(1 + \mathrm{e}^{i\pi} = 0\) : ce nombre nul n’a pas d’argument.
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D’une part, la formule du binôme donne \(\left(1 + \mathrm{e}^{ix}\right)^n = \displaystyle\sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} \mathrm{e}^{ikx}\). Les coefficients binomiaux étant réels, la partie réelle de cette somme est exactement \(C_n(x)\).
D’autre part, la question b), valable pour tout réel grâce à a), fournit \(\left(1 + \mathrm{e}^{ix}\right)^n = 2^n \cos^n\left(\frac{x}{2}\right)\mathrm{e}^{inx/2}\), dont la partie réelle est \(2^n \cos^n\left(\frac{x}{2}\right)\cos\left(\frac{nx}{2}\right)\). En identifiant les parties réelles, on conclut que \(C_n(x) = 2^n \cos^n\left(\frac{x}{2}\right)\cos\left(\frac{nx}{2}\right)\).
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Avec la formule : \(C_6\left(\frac{2\pi}{3}\right) = 2^6 \cos^6\left(\frac{\pi}{3}\right)\cos(2\pi) = 64 \times \frac{1}{64} \times 1\), donc \(C_6\left(\frac{2\pi}{3}\right) = 1\).
Contrôle direct : les cosinus \(\cos\frac{2k\pi}{3}\) valent \(1\) pour \(k \in \{0, 3, 6\}\) et \(-\frac{1}{2}\) sinon. Les coefficients \(\binom{6}{k}\) sont \(1, 6, 15, 20, 15, 6, 1\). La somme vaut donc \(1 + 20 + 1 – \frac{1}{2}(6 + 15 + 15 + 6) = 22 – 21 = 1\), ce qui confirme le résultat.
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Il suffit cette fois d’identifier les parties imaginaires dans les deux développements : \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} \sin(kx) = 2^n \cos^n\left(\frac{x}{2}\right)\sin\left(\frac{nx}{2}\right)\).
Piège classique : affirmer que \(2\cos\frac{\theta}{2}\) est toujours le module de \(1 + \mathrm{e}^{i\theta}\). Ce n’est vrai que si le cosinus est positif ; sinon le module vaut \(-2\cos\frac{\theta}{2}\).
À retenir de ce contrôle
- Pour trouver un argument, on divise la forme algébrique par le module puis on reconnaît un cosinus et un sinus remarquables.
- La linéarisation passe par les formules d’Euler, le binôme de Newton, puis un regroupement des exponentielles conjuguées deux à deux.
- Un complexe non nul de module r possède exactement n racines n-ièmes, de module la racine n-ième de r, régulièrement espacées sur un cercle.
- La racine carrée complexe du discriminant se trouve par un système sur la partie réelle, la partie imaginaire et le module.
- Mettre en facteur l’exponentielle de l’angle moitié transforme une somme de deux exponentielles en un produit facile à étudier.
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