Corrigé des exercices : Divisibilité et congruences en L1 de maths

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Ce corrigé congruences L1 présente une solution complète pour chacun des dix-neuf exercices. Chaque solution s’ouvre sur une idée clé, puis suit une rédaction de partiel où chaque hypothèse est contrôlée, chaque théorème nommé et chaque calcul détaillé.

Plusieurs points demandent une vigilance particulière. D’abord, un reste de division euclidienne est toujours positif. Ensuite, le lemme de Gauss exige des entiers premiers entre eux, et une congruence ne se simplifie pas librement. Enfin, chaque relation de Bézout obtenue par l’algorithme étendu est vérifiée par un calcul direct. Par ailleurs, trois figures accompagnent les solutions : points entiers sur une droite, solutions positives d’une équation et paires d’inverses modulo 13.

Pour démarrer

Corrigé de l’exercice 1 – Divisions euclidiennes de 2026 et de son opposé

Idée clé : on encadre le dividende entre deux multiples consécutifs de 17, en gardant un reste compris entre 0 et 16.

  1. On a \(17 \times 119 = 2023\) et \(17 \times 120 = 2040\). Comme \(2023 \leqslant 2026 < 2040\), on obtient \(2026 = 17 \times 119 + 3\). Pour \(-2026\), le plus grand multiple de 17 inférieur ou égal est \(-2040 = 17 \times (-120)\). Ainsi, \(-2026 = 17 \times (-120) + 14\), avec \(0 \leqslant 14 < 17\).
  2. Partons de \(a = bq + r\) avec \(0 < r < b\). Alors \(-a = -bq – r = b(-q – 1) + (b – r)\), et \(0 < b – r < b\). Le reste de \(-a\) vaut donc \(b – r\), et le quotient \(-q – 1\). Ici, \(17 – 3 = 14\). Si \(r = 0\), le reste de \(-a\) est aussi nul.
  3. On a \(a \equiv 3 \pmod{17}\). Par compatibilité avec le produit, \(a^2 \equiv 9\). Ensuite, \(a^3 \equiv 27 \equiv 10\), car \(27 – 17 = 10\). Enfin, \(5a + 20 \equiv 15 + 20 = 35 \equiv 1\), car \(35 = 2 \times 17 + 1\). Les restes cherchés sont 9, 10 et 1.

Corrigé de l’exercice 2 – Euclide étendu sur 2431 et 1001

Idée clé : on écrit les divisions successives, puis on les remonte en isolant chaque reste.

  1. Les divisions successives donnent \[\begin{aligned} 2431 &= 2 \times 1001 + 429, \\ 1001 &= 2 \times 429 + 143, \\ 429 &= 3 \times 143 + 0. \end{aligned}\] Le dernier reste non nul vaut 143. Donc \(2431 \wedge 1001 = 143\).
  2. La deuxième ligne donne \(143 = 1001 – 2 \times 429\). La première donne \(429 = 2431 – 2 \times 1001\). En remplaçant, \(143 = 1001 – 2 \times 2431 + 4 \times 1001 = 5 \times 1001 – 2 \times 2431\). On peut prendre \(u = -2\) et \(v = 5\). Vérification : \(5005 – 4862 = 143\).
  3. On trouve \(2431 = 11 \times 221 = 11 \times 13 \times 17\) et \(1001 = 7 \times 11 \times 13\). Les premiers communs sont 11 et 13, chacun avec l’exposant 1. On retrouve bien \(11 \times 13 = 143\).

Corrigé de l’exercice 3 – PGCD d’expressions dépendant de n

Idée clé : une combinaison linéaire qui élimine \(n\) borne le PGCD, car tout diviseur commun la divise.

  1. On calcule \(3(5n + 3) – 5(3n + 2) = 9 – 10 = -1\). Ainsi, \((5n+3) \times 3 + (3n+2) \times (-5) = -1\), et donc \((5n+3) \times (-3) + (3n+2) \times 5 = 1\). Cette relation de Bézout égale à 1 prouve que \((5n + 3) \wedge (3n + 2) = 1\).
  2. Notons \(d = (2n + 1) \wedge (n + 3)\). Il divise \(2(n + 3) – (2n + 1) = 5\). Les seules valeurs positives possibles sont donc 1 et 5.
  3. Si \(d = 5\), alors \(5 \mid n + 3\), soit \(n \equiv 2 \pmod{5}\). Réciproquement, si \(n \equiv 2 \pmod{5}\), alors \(5 \mid n + 3\). De plus, \(2n + 1 = 2(n + 3) – 5\) est aussi divisible par 5. Donc \(d = 5\). Le PGCD vaut 5 exactement pour les entiers \(n = 2 + 5k\), \(k \in \mathbf{Z}\). Par exemple, pour \(n = 7\), on obtient \(15 \wedge 10 = 5\).

Corrigé de l’exercice 4 – Restes de grandes puissances

Idée clé : on cherche une petite puissance congrue à 1, puis on divise l’exposant par sa période.

  1. Modulo 10, on a \(7^2 = 49 \equiv -1\), donc \(7^4 \equiv 1\). Or \(2026 = 4 \times 506 + 2\). Par conséquent, \(7^{2026} = (7^4)^{506} \times 7^2 \equiv 49 \equiv 9 \pmod{10}\). Le chiffre des unités est 9.
  2. Le module 13 est premier et 6 n’en est pas multiple. Fermat fournit donc \(6^{12} \equiv 1 \pmod{13}\). Ensuite, \(100 = 12 \times 8 + 4\), d’où \(6^{100} \equiv 6^4\). Or \(6^2 = 36 \equiv 10\), puis \(6^4 \equiv 100 = 7 \times 13 + 9\). Le reste vaut 9.
  3. On a \(4 \equiv 1 \pmod{3}\). Par compatibilité avec les puissances, \(4^n \equiv 1^n = 1\). Ainsi, \(3 \mid 4^n – 1\) pour tout \(n \in \mathbf{N}\).

Corrigé de l’exercice 5 – PGCD et PPCM par les facteurs premiers

Idée clé : le PGCD prend le plus petit exposant de chaque premier, le PPCM le plus grand.

  1. On a \(5040 = 7! = 2 \times 3 \times 4 \times 5 \times 6 \times 7\). En regroupant, \(5040 = 2^4 \times 3^2 \times 5 \times 7\). Ensuite, \(1386 = 2 \times 693 = 2 \times 9 \times 77\). Ainsi, \(1386 = 2 \times 3^2 \times 7 \times 11\).
  2. Avec les plus petits exposants, \(5040 \wedge 1386 = 2 \times 3^2 \times 7 = 126\). Avec les plus grands, \(5040 \vee 1386 = 2^4 \times 3^2 \times 5 \times 7 \times 11 = 55440\). Vérification : \(126 \times 55440 = 6\,985\,440\). De même, \(5040 \times 1386 = 5\,040\,000 + 1\,945\,440 = 6\,985\,440\).
  3. Un diviseur positif de 5040 s’écrit \(2^{\alpha} 3^{\beta} 5^{\gamma} 7^{\delta}\), avec \(0 \leqslant \alpha \leqslant 4\), \(0 \leqslant \beta \leqslant 2\), et \(\gamma, \delta \in \{0, 1\}\). En effet, l’unicité de la décomposition interdit tout autre facteur premier. Chaque choix d’exposants donne un diviseur différent. On obtient \(5 \times 3 \times 2 \times 2 = 60\) diviseurs.

Corrigé de l’exercice 6 – Vrai ou faux sur la divisibilité

Idée clé : chaque énoncé faux tombe sur un module ou un diviseur qui n’est pas premier.

  1. Faux. Par exemple, 10 divise \(4 \times 15 = 60\), mais 10 ne divise ni 4 ni 15. L’énoncé devient vrai si \(a\) est premier, par le lemme d’Euclide.
  2. Vrai. La congruence est compatible avec le produit. En multipliant \(a \equiv b\) par lui-même, on obtient \(a^2 \equiv b^2 \pmod{n}\).
  3. Faux. Prenons \(n = 8\), \(a = 3\) et \(b = 1\). Alors \(a^2 = 9 \equiv 1 = b^2 \pmod{8}\). Pourtant, 3 n’est congru ni à 1 ni à \(-1 \equiv 7\) modulo 8. En revanche, l’énoncé est vrai pour \(n\) premier, car \(n \mid (a – b)(a + b)\).
  4. Faux. Prenons \(n = 4\), \(c = 2\), \(a = 3\) et \(b = 1\). Alors \(ac = 6 \equiv 2 = bc \pmod{4}\), et \(c \not\equiv 0\). Pourtant, \(3 \not\equiv 1 \pmod{4}\). La simplification exige \(c \wedge n = 1\).

Pour s’entraîner

Corrigé de l’exercice 7 – Une équation diophantienne à simplifier

Idée clé : on teste la divisibilité par le PGCD, on simplifie, puis le lemme de Gauss décrit toutes les solutions.

  1. L’algorithme d’Euclide donne \(51 = 33 + 18\), \(33 = 18 + 15\), \(18 = 15 + 3\) et \(15 = 5 \times 3\). Donc \(51 \wedge 33 = 3\). Or 3 ne divise pas 10. La première équation n’a aucune solution, car le membre de gauche est toujours multiple de 3. En revanche, 3 divise 12, donc la seconde en a.
  2. En divisant par 3, l’équation \(51x + 33y = 12\) équivaut à \(17x + 11y = 4\). Ensuite, \(17 = 11 + 6\), \(11 = 6 + 5\) et \(6 = 5 + 1\). En remontant, \(1 = 6 – 5 = 2 \times 6 – 11 = 2 \times 17 – 3 \times 11\). Ainsi, \(17 \times 2 + 11 \times (-3) = 1\).
  3. En multipliant par 4, le couple \((8, -12)\) est solution : \(136 – 132 = 4\). Soit \((x, y)\) une solution. Par différence, \(17(x – 8) = -11(y + 12)\). Donc 11 divise \(17(x – 8)\). Comme \(11 \wedge 17 = 1\), le lemme de Gauss donne \(11 \mid x – 8\). Écrivons \(x = 8 + 11k\). En reportant, \(17 \times 11k = -11(y + 12)\), d’où \(y = -12 – 17k\). Réciproquement, \(17(8 + 11k) + 11(-12 – 17k) = 136 – 132 = 4\). Les solutions sont les couples \((8 + 11k, -12 – 17k)\), \(k \in \mathbf{Z}\).
  4. On veut \(0 \leqslant 8 + 11k \leqslant 50\), soit \(-\frac{8}{11} \leqslant k \leqslant \frac{42}{11}\). Les entiers possibles sont \(k = 0, 1, 2, 3\). On obtient \((8, -12)\), \((19, -29)\), \((30, -46)\) et \((41, -63)\). Par exemple, \(17 \times 41 – 11 \times 63 = 697 – 693 = 4\).

La figure place ces quatre points sur la droite d’équation \(17x + 11y = 4\), ainsi que la solution voisine obtenue pour \(k = -1\).

Droite d'équation 17x plus 11y égale 4 avec les quatre solutions entières où x est compris entre 0 et 50

Corrigé de l’exercice 8 – Affranchir une lettre avec deux timbres

Idée clé : on résout l’équation dans \(\mathbf{Z}\), puis on traduit les deux contraintes de signe en un encadrement du paramètre.

  1. Le problème revient à trouver \(x, y \in \mathbf{N}\) tels que \(7x + 12y = 200\). De plus, \(7 \times (-5) + 12 \times 3 = -35 + 36 = 1\). Ainsi, 7 et 12 sont premiers entre eux, et la relation de Bézout est vérifiée.
  2. En multipliant par 200, le couple \((-1000, 600)\) est solution. Pour une solution \((x, y)\), on obtient \(7(x + 1000) = 12(600 – y)\). Donc 12 divise \(7(x + 1000)\). Or \(12 \wedge 7 = 1\), donc \(12 \mid x + 1000\) par Gauss. On pose \(x = -1000 + 12k\). Il vient alors \(y = 600 – 7k\). Réciproquement, ces couples conviennent, car \(7 \times 12k – 12 \times 7k = 0\). Les solutions entières sont \((-1000 + 12k, 600 – 7k)\), \(k \in \mathbf{Z}\).
  3. La condition \(x \geqslant 0\) donne \(k \geqslant \frac{1000}{12} \approx 83{,}3\), soit \(k \geqslant 84\). La condition \(y \geqslant 0\) donne \(k \leqslant \frac{600}{7} \approx 85{,}7\), soit \(k \leqslant 85\). Pour \(k = 84\), on trouve \((8, 12)\). Pour \(k = 85\), on trouve \((20, 5)\). Il y a exactement deux façons : 8 timbres à 7 centimes et 12 à 12 centimes, ou 20 timbres à 7 centimes et 5 à 12 centimes. Vérification : \(56 + 144 = 200\) et \(140 + 60 = 200\).
Les deux seules solutions positives, 8 et 12 puis 20 et 5, sur la droite 7x plus 12y égale 200

Corrigé de l’exercice 9 – Entiers premiers entre eux et produits

Idée clé : une relation de Bézout égale à 1 se conserve par produit, et les diviseurs communs se conservent par combinaison.

  1. Par Bézout, il existe \(u, v, u^{\prime}, w\) avec \(au + bv = 1\) et \(a u^{\prime} + cw = 1\). En multipliant, \[1 = a\left(a u u^{\prime} + u c w + b v u^{\prime}\right) + bc \, (vw).\] C’est une relation de Bézout entre \(a\) et \(bc\), donc \(a \wedge bc = 1\).
  2. Par récurrence sur \(k\), la question 1 donne \(a \wedge b^k = 1\) : on l’applique à \(b\) et \(b^{k-1}\). Ensuite, on échange les rôles : \(b^k\) est premier avec \(a\), donc avec \(a^m\), par la même récurrence. Ainsi, \(a^m \wedge b^k = 1\).
  3. Un diviseur commun à \(a + kb\) et \(b\) divise \((a + kb) – kb = a\). Inversement, un diviseur commun à \(a\) et \(b\) divise \(a + kb\). Les deux couples ont les mêmes diviseurs communs. Donc \((a + kb) \wedge b = a \wedge b\).
  4. Parmi \(n\) et \(n + 1\), l’un est pair, donc \(2 \mid n(n+1)(n+2)\). Ensuite, les trois entiers \(n, n+1, n+2\) ont des restes distincts modulo 3. L’un d’eux est donc multiple de 3, et \(3 \mid n(n+1)(n+2)\). Enfin, \(2 \wedge 3 = 1\). Par le corollaire du lemme de Gauss, \(6 \mid n(n+1)(n+2)\).

Corrigé de l’exercice 10 – Une infinité de premiers congrus à 3 modulo 4

Idée clé : on adapte la preuve d’Euclide en construisant un entier congru à 3 modulo 4, qui doit avoir un facteur premier du même type.

  1. Si \(a \equiv 1\) et \(b \equiv 1 \pmod{4}\), alors \(ab \equiv 1\). Par récurrence sur le nombre de facteurs, tout produit de termes congrus à 1 modulo 4 est congru à 1 modulo 4.
  2. L’entier \(N\) est impair, donc tous ses facteurs premiers sont impairs. Chacun est donc congru à 1 ou à 3 modulo 4. S’ils étaient tous congrus à 1, leur produit \(N\) serait congru à 1, par la question 1. Or \(N \equiv 3\). Ainsi, \(N\) a au moins un facteur premier congru à 3 modulo 4.
  3. La liste n’est pas vide, car 3 lui appartient. Donc \(N = 4 p_1 \cdots p_k – 1 \geqslant 4 \times 3 – 1 = 11\), et \(N \equiv -1 \equiv 3 \pmod{4}\). D’après la question 2, \(N\) a un facteur premier \(p \equiv 3 \pmod{4}\). Ce \(p\) est l’un des \(p_i\), donc il divise \(4 p_1 \cdots p_k\). Il divise alors \(4 p_1 \cdots p_k – N = 1\), contradiction. La liste des premiers de reste 3 modulo 4 ne peut donc pas être finie.

Corrigé de l’exercice 11 – Inverse de 37 modulo 101 et système de congruences

Idée clé : l’inverse modulaire est le coefficient de Bézout ; un système se résout en reportant la première condition dans la seconde.

  1. Le nombre 101 est premier et ne divise pas 37, donc \(37 \wedge 101 = 1\) : 37 est inversible modulo 101. Les divisions successives donnent \[\begin{aligned} 101 &= 2 \times 37 + 27, \quad 37 = 27 + 10, \\ 27 &= 2 \times 10 + 7, \quad 10 = 7 + 3, \quad 7 = 2 \times 3 + 1. \end{aligned}\] En remontant : \(1 = 7 – 2 \times 3 = 3 \times 7 – 2 \times 10 = 3 \times 27 – 8 \times 10\). Puis \(1 = 11 \times 27 – 8 \times 37 = 11 \times 101 – 30 \times 37\). Donc \(37 \times (-30) \equiv 1\). Un inverse de 37 modulo 101 est \(-30 \equiv 71\). Vérification : \(37 \times 71 = 2627 = 26 \times 101 + 1\).
  2. On multiplie les deux membres par 71 : \(x \equiv 5 \times 71 = 355 \equiv 355 – 303 = 52 \pmod{101}\). Réciproquement, \(37 \times 52 = 1924 = 19 \times 101 + 5\). Les solutions sont les entiers \(52 + 101k\), \(k \in \mathbf{Z}\).
  3. La première condition s’écrit \(x = 3 + 8k\). La seconde devient \(3 + 8k \equiv 5 \pmod{9}\), soit \(8k \equiv 2\). Or \(8 \equiv -1 \pmod{9}\), donc \(-k \equiv 2\), puis \(k \equiv 7 \pmod{9}\). En posant \(k = 7 + 9j\), on obtient \(x = 59 + 72j\). Réciproquement, \(59 = 7 \times 8 + 3\) et \(59 = 6 \times 9 + 5\), et ajouter 72 ne change aucun des deux restes. Enfin, deux solutions diffèrent d’un multiple de 8 et de 9, donc de 72, puisque \(8 \wedge 9 = 1\). Les solutions forment la classe de 59 modulo 72.

Corrigé de l’exercice 12 – Un multiple de 2730 pour tout entier n

Idée clé : Fermat traite chaque facteur premier de 2730 à part ; les cinq divisibilités se combinent ensuite par Gauss.

  1. On divise successivement : \(2730 = 2 \times 1365 = 2 \times 3 \times 455 = 2 \times 3 \times 5 \times 91\). Ainsi, \(2730 = 2 \times 3 \times 5 \times 7 \times 13\).
  2. Si \(p \mid n\), les deux membres sont congrus à 0 modulo \(p\). Dans le cas contraire, \(n^{p-1} \equiv 1\) d’après Fermat. Posons \(12 = (p – 1) m\). Alors \(n^{12} = (n^{p-1})^m \equiv 1\), puis \(n^{13} \equiv n\). Dans les deux cas, \(n^{13} \equiv n \pmod{p}\).
  3. Pour \(p \in \{2, 3, 5, 7, 13\}\), le nombre \(p – 1\) vaut 1, 2, 4, 6 ou 12. Il divise donc 12. Par la question 2, chacun de ces cinq premiers divise \(n^{13} – n\). Ils sont distincts, donc premiers entre eux deux à deux. En appliquant plusieurs fois le corollaire du lemme de Gauss, leur produit divise \(n^{13} – n\). Par conséquent, \(2730 \mid n^{13} – n\) pour tout entier \(n\).

Corrigé de l’exercice 13 – Tester à la main la division par 9 et par 11

Idée clé : on réduit la base 10 modulo le diviseur : \(10 \equiv 1 \pmod{9}\) et \(10 \equiv -1 \pmod{11}\).

  1. Comme \(10 \equiv 1 \pmod{9}\), on a \(10^k \equiv 1\) pour tout \(k\). On remplace chaque puissance de 10 par 1 dans l’écriture de \(N\), ce qui donne \(N \equiv \sum c_k \pmod{9}\). Un entier est donc congru modulo 9 à la somme de ses chiffres.
  2. De même, \(10 \equiv -1 \pmod{11}\), donc \(10^k \equiv (-1)^k\). On obtient \(N \equiv \sum (-1)^k c_k \pmod{11}\), la somme alternée commençant par le chiffre des unités.
  3. La somme des chiffres de 2 026 189 vaut \(2 + 0 + 2 + 6 + 1 + 8 + 9 = 28\), et \(28 \equiv 1 \pmod{9}\). Le reste par 9 vaut 1. La somme alternée, depuis les unités, vaut \(9 – 8 + 1 – 6 + 2 – 0 + 2 = 0\). Le nombre est donc divisible par 11 ; en effet, \(2\,026\,189 = 11 \times 184\,199\).
  4. Les chiffres, depuis les unités, sont 2, 5, \(x\), 1 et 3. La somme alternée vaut \(2 – 5 + x – 1 + 3 = x – 1\). Il faut donc \(x \equiv 1 \pmod{11}\). Comme \(x\) est un chiffre, \(x = 1\). Vérification : \(31\,152 = 11 \times 2832\).

Corrigé de l’exercice 14 – Sommes de carrés et restes modulo 4 et 8

Idée clé : les carrés n’occupent que peu de restes ; il suffit d’énumérer les sommes possibles.

  1. Si \(n = 2m\), alors \(n^2 = 4m^2 \equiv 0 \pmod{4}\). Si \(n = 2m + 1\), alors \(n^2 = 4(m^2 + m) + 1 \equiv 1\). Un carré est donc congru à 0 ou 1 modulo 4. Par suite, une somme de deux carrés est congrue à 0, 1 ou 2. Or \(2027 = 4 \times 506 + 3\). Ainsi, 2027 n’est pas somme de deux carrés.
  2. Pour \(n = 2m + 1\), on a \(n^2 = 4m(m + 1) + 1\). Comme \(m(m+1)\) est pair, \(n^2 \equiv 1 \pmod{8}\). Pour \(n = 2m\), on a \(n^2 = 4m^2\). Si \(m\) est pair, c’est un multiple de 16, donc congru à 0. Si \(m\) est impair, \(m^2 \equiv 1 \pmod{2}\), donc \(4m^2 \equiv 4 \pmod{8}\). Un carré est donc congru à 0, 1 ou 4 modulo 8, comme le montre le diagramme de l’énoncé.
  3. Énumérons les sommes de trois termes pris dans \(\{0, 1, 4\}\). Sans terme 4, on obtient 0, 1, 2 ou 3. Avec un seul 4, on obtient 4, 5 ou 6. Avec deux, 8, 9 ou 10, soit 0, 1 ou 2 modulo 8. Avec trois, 12, soit 4. Le reste 7 n’apparaît jamais. Aucun entier congru à 7 modulo 8 n’est somme de trois carrés. Par exemple, \(2023 = 8 \times 252 + 7\) ne l’est pas.

Corrigé de l’exercice 15 – Nombres de Mersenne et exposant premier

Idée clé : une factorisation de l’exposant fournit une factorisation du nombre.

  1. Posons \(y = x^a\). L’identité \(y^b – 1 = (y – 1)(1 + y + \dots + y^{b-1})\) donne \(x^{ab} – 1 = (x^a – 1)\left(1 + x^a + x^{2a} + \dots + x^{(b-1)a}\right)\). En particulier, \(x^a – 1\) divise \(x^{ab} – 1\).
  2. Raisonnons par contraposée. Supposons \(n\) non premier : \(n = ab\) avec \(2 \leqslant a < n\). Par la question 1 avec \(x = 2\), \(M_a\) divise \(M_n\). Or \(M_a \geqslant 2^2 – 1 = 3\) et \(M_a < M_n\). Donc \(M_n\) a un diviseur strict supérieur à 1. Ainsi, si \(M_n\) est premier, alors \(n\) est premier.
  3. On calcule modulo 23 : \(2^5 = 32 \equiv 9\), puis \(2^{10} \equiv 81 \equiv 12\), et \(2^{11} \equiv 24 \equiv 1\). Donc \(23 \mid M_{11}\). En effet, \(M_{11} = 2047 = 23 \times 89\). La réciproque est fausse : 11 est premier, mais \(M_{11}\) ne l’est pas.

Pour approfondir

Corrigé de l’exercice 16 – PGCD de deux nombres de Mersenne

Idée clé : l’algorithme d’Euclide sur les nombres \(M_k\) suit pas à pas l’algorithme d’Euclide sur les exposants.

  1. Comme \(2^n \equiv 1 \pmod{M_n}\), on obtient \(2^m = (2^n)^q \, 2^r \equiv 2^r\). En retranchant 1, \(M_m \equiv M_r \pmod{M_n}\).
  2. La question 1 donne \(M_m = M_r + t M_n\) pour un entier \(t\). Les diviseurs communs à \(M_m\) et \(M_n\) sont donc ceux de \(M_n\) et \(M_r\). Ainsi, \(M_m \wedge M_n = M_n \wedge M_r\). Raisonnons maintenant par récurrence forte sur \(n\). Si \(r = 0\), alors \(n \mid m\), \(m \wedge n = n\), et \(M_n \wedge M_0 = M_n \wedge 0 = M_n\). Si \(r \geqslant 1\), l’hypothèse de récurrence appliquée au couple \((n, r)\), avec \(r < n\), donne \(M_n \wedge M_r = M_{n \wedge r}\). Or \(n \wedge r = m \wedge n\) par le lemme d’Euclide. Finalement, \(M_m \wedge M_n = M_{m \wedge n}\).
  3. On a \(36 \wedge 24 = 12\). Donc \((2^{36} – 1) \wedge (2^{24} – 1) = 2^{12} – 1 = 4095\).
  4. Le PGCD est égal à 1 lorsque \(2^{m \wedge n} = 2\), donc lorsque \(m \wedge n = 1\), et seulement dans ce cas. Les nombres \(M_m\) et \(M_n\) sont premiers entre eux exactement quand \(m\) et \(n\) le sont.

Corrigé de l’exercice 17 – Le théorème de Wilson

Idée clé : dans le produit \((p-1)!\), chaque facteur se simplifie avec son inverse, sauf 1 et \(p – 1\).

  1. On a \(x^2 – 1 = (x – 1)(x + 1)\). Si \(p\) divise ce produit, le lemme d’Euclide donne \(p \mid x – 1\) ou \(p \mid x + 1\). La réciproque est immédiate. Ainsi, \(x^2 \equiv 1\) équivaut à \(x \equiv \pm 1 \pmod{p}\).
  2. Soit \(a \in \{2, \dots, p – 2\}\). Comme \(p\) est premier et ne divise pas \(a\), l’entier \(a\) a un unique inverse \(b\) dans \(\{1, \dots, p – 1\}\). Si \(b = 1\), alors \(a \equiv 1\), ce qui est exclu. Si \(b = p – 1\), alors \(-a \equiv 1\), soit \(a \equiv -1\), exclu aussi. Enfin, \(b = a\) donnerait \(a^2 \equiv 1\), donc \(a \equiv \pm 1\) par la question 1. L’inverse \(b\) est donc dans \(\{2, \dots, p – 2\}\) et distinct de \(a\).
  3. Les éléments de \(\{2, \dots, p – 2\}\) se répartissent en paires \(\{a, a^{-1}\}\), de produit congru à 1. Leur produit total est donc congru à 1. Il reste les facteurs 1 et \(p – 1\). Par conséquent, \((p – 1)! \equiv 1 \times (p – 1) \equiv -1 \pmod{p}\). Pour \(p = 2\), on a \(1! = 1 \equiv -1 \pmod{2}\). Le théorème de Wilson est démontré. La figure illustre les paires pour \(p = 13\) : seuls 1 et 12 sont leurs propres inverses.
  4. Supposons \(n\) non premier, et soit \(d\) un diviseur avec \(1 < d < n\). Alors \(d \leqslant n – 1\), donc \(d \mid (n – 1)!\). Par hypothèse, \(n\) divise \((n – 1)! + 1\), donc \(d\) aussi. Ainsi, \(d\) divise la différence, qui vaut 1. C’est absurde. Donc \(n\) est premier.
Les entiers de 1 à 12 sur un cercle, chacun relié à son inverse modulo 13, avec 1 et 12 isolés

Corrigé de l’exercice 18 – Zéros terminaux de 2026 factorielle

Idée clé : on compte chaque facteur \(p\) autant de fois qu’il apparaît, en regroupant les entiers selon la plus grande puissance de \(p\) qui les divise.

  1. Les multiples de \(p^k\) dans \(\{1, \dots, n\}\) sont les \(j p^k\) avec \(1 \leqslant j \leqslant n / p^k\). Il y en a \(\lfloor n / p^k \rfloor\).
  2. L’exposant de \(p\) dans un produit est la somme des exposants des facteurs, d’où \(v_p(n!) = \sum_{m \leqslant n} v_p(m)\). Chaque \(v_p(m)\) compte les puissances \(p, p^2, p^3, \dots\) qui divisent \(m\). Comptons autrement : pour chaque \(k\), on dénombre les \(m \leqslant n\) multiples de \(p^k\), et l’on additionne. La question 1 donne alors la formule de Legendre. Seuls les \(k\) avec \(p^k \leqslant n\) apportent une contribution non nulle.
  3. Pour \(p = 5\) : \(\lfloor 2026/5 \rfloor = 405\), \(\lfloor 2026/25 \rfloor = 81\), \(\lfloor 2026/125 \rfloor = 16\), \(\lfloor 2026/625 \rfloor = 3\), et les suivants sont nuls. Donc \(v_5(2026!) = 505\). Pour \(p = 2\), on additionne \(1013 + 506 + 253 + 126 + 63 + 31 + 15 + 7 + 3 + 1\). On trouve \(v_2(2026!) = 2018\).
  4. L’écriture décimale se termine par \(j\) zéros exactement quand \(10^j\) divise le nombre, sans que \(10^{j+1}\) le divise. Or \(10^j = 2^j 5^j\) divise \(2026!\) si et seulement si \(j \leqslant v_2\) et \(j \leqslant v_5\). Le nombre de zéros vaut donc \(\min(2018, 505)\). L’écriture de \(2026!\) se termine par 505 zéros.

Corrigé de l’exercice 19 – Problème sur un chiffrement RSA miniature

Idée clé : Fermat donne \(m^{ed} \equiv m\) modulo chacun des deux premiers, et le lemme de Gauss recolle le résultat modulo leur produit.

  1. On a \(\varphi = 10 \times 16 = 160 = 2^5 \times 5\). Le nombre premier 7 ne divise pas 160. Donc \(7 \wedge 160 = 1\).
  2. On écrit \(160 = 22 \times 7 + 6\), puis \(7 = 6 + 1\). En remontant, \(1 = 7 – 6 = 7 – (160 – 22 \times 7) = 23 \times 7 – 160\). Ainsi, \(d = 23\), et l’on vérifie \(7 \times 23 = 161 = 160 + 1\).
  3. On calcule modulo 187. D’abord, \(5^2 = 25\). Ensuite, \(5^4 = 625 = 3 \times 187 + 64\), donc \(5^4 \equiv 64\). Puis \(5^6 \equiv 64 \times 25 = 1600 = 8 \times 187 + 104\). Enfin, \(5^7 \equiv 104 \times 5 = 520 = 2 \times 187 + 146\). Le message chiffré est \(c = 146\).
  4. On a \(ed = 1 + 160t\) avec \(t \in \mathbf{N}\). Si \(p = 11\) ne divise pas \(m\), Fermat donne \(m^{10} \equiv 1\), donc \(m^{160t} = (m^{10})^{16t} \equiv 1\), puis \(m^{ed} \equiv m \pmod{11}\). Si 11 divise \(m\), les deux membres sont nuls modulo 11. De même, modulo \(q = 17\), on écrit \(160t = 16 \times 10t\) et l’on utilise \(m^{16} \equiv 1\). Dans tous les cas, \(m^{ed} \equiv m\) modulo 11 et modulo 17.
  5. Ainsi, 11 et 17 divisent \(m^{ed} – m\). Ils sont premiers distincts, donc premiers entre eux. Par le corollaire du lemme de Gauss, 187 divise \(m^{ed} – m\). Ensuite, \(c^d \equiv (m^e)^d = m^{ed} \equiv m \pmod{187}\). Puisque \(m\) est compris entre 0 et 186, on le récupère en réduisant \(c^d\) modulo 187.
  6. Modulo 11, on a \(146 = 13 \times 11 + 3\), donc \(c \equiv 3\). Or \(3^5 = 243 = 22 \times 11 + 1\), donc \(3^{23} = (3^5)^4 \times 3^3 \equiv 27 \equiv 5\). Modulo 17, on a \(146 = 8 \times 17 + 10\), donc \(c \equiv 10\). Par Fermat, \(10^{23} \equiv 10^7\). Puis \(10^2 \equiv -2\), \(10^4 \equiv 4\), \(10^6 \equiv -8\) et \(10^7 \equiv -80 \equiv 5\). Ainsi, \(c^{23} – 5\) est divisible par 11 et par 17, donc par 187. On retrouve bien le message \(m = 5\).

Pour aller plus loin

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