QCM : Convergence en loi et TCL en L3 de maths

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Ce QCM TCL L3 couvre les outils limites du calcul des probabilités. Il commence par la fonction caractéristique : calculs sur des lois discrètes et continues, puis somme de variables indépendantes et vecteurs gaussiens. Il confronte ensuite les modes de convergence à des contre-exemples précis, applique le lemme de Borel-Cantelli et interroge la loi forte des grands nombres. Les dernières questions mobilisent le théorème de Lévy et le théorème central limite, jusqu’à une approximation numérique.

Réponds aux douze questions sans le cours, en écrivant au brouillon les hypothèses de chaque théorème : indépendance, intégrabilité, continuité en 0. Lis ensuite toutes les explications. Elles détaillent le calcul attendu et nomment le piège de chaque mauvaise réponse, souvent une implication entre convergences prise dans le mauvais sens.

Les 12 questions

Question 1

La variable \(X\) vaut 0 ou 2, avec probabilité \(\frac{1}{2}\) chacune. Que vaut sa fonction caractéristique \(\varphi_X(t)=E\left[e^{itX}\right]\) ?

  1. \(e^{it}\cos t\)
  2. \(\cos t\)
  3. \(\frac{1+e^{it}}{2}\)
  4. \(\cos(2t)\)

Réponse A.

On calcule \(\varphi_X(t)=\frac{1}{2}\left(1+e^{2it}\right)=e^{it}\cdot\frac{e^{-it}+e^{it}}{2}=e^{it}\cos t\). Le résultat \(\cos t\) est celui de \(X-1\), qui vaut \(\pm 1\) : il oublie donc le décalage, qui ajoute le facteur \(e^{it}\). Le piège \(\frac{1+e^{it}}{2}\) remplace 2 par 1 dans l’exposant. Enfin, une fonction caractéristique réelle impose une loi symétrique, ce qui n’est pas le cas ici.

Question 2

On considère \(T\) de loi exponentielle de paramètre 2, de densité \(2e^{-2x}\) sur \(\mathbb{R}_+\). Que vaut \(E\left[e^{itT}\right]\) ?

  1. \(\dfrac{2}{2+it}\)
  2. \(\dfrac{1}{2-it}\)
  3. \(\dfrac{2}{2-t}\)
  4. \(\dfrac{2}{2-it}\)

Réponse D.

On intègre \(\int_0^{+\infty}2e^{-2x}e^{itx}\,\mathrm{d}x=\frac{2}{2-it}\), car la partie réelle de \(it-2\) est strictement négative. Par conséquent, la valeur en 0 vaut 1, comme il se doit. Le piège \(\frac{2}{2+it}\) correspond à la convention \(e^{-itx}\), qui n’est pas celle de l’énoncé. De plus, \(\frac{1}{2-it}\) vaut \(\frac{1}{2}\) en 0, ce qui est impossible.

Question 3

Soient \(X\) de loi \(\mathcal{N}(1,4)\) et \(Y\) de loi \(\mathcal{N}(-1,5)\), indépendantes (le second paramètre est la variance). Quelle est la loi de \(X+Y\) ?

  1. \(\mathcal{N}(0,20)\)
  2. \(\mathcal{N}(0,9)\)
  3. \(\mathcal{N}(2,9)\)
  4. \(\mathcal{N}(0,1)\)

Réponse B.

Les variables étant indépendantes, on multiplie leurs fonctions caractéristiques : \(e^{it-2t^2}\,e^{-it-5t^2/2}=e^{-9t^2/2}\). On reconnaît donc la loi \(\mathcal{N}(0,9)\) : les moyennes s’ajoutent, et les variances aussi. Le piège \(\mathcal{N}(0,20)\) multiplie les variances, comme si l’on multipliait les variables. Quant à \(\mathcal{N}(2,9)\), il soustrait les moyennes au lieu de les additionner.

Question 4

Soit \(X\) de loi \(\mathcal{N}(0,1)\) et \(\varepsilon\) indépendante, valant \(\pm 1\) avec probabilité \(\frac{1}{2}\). On pose \(Y=\varepsilon X\). Laquelle de ces affirmations est vraie ?

  1. \(X\) et \(Y\) sont indépendantes, car leur covariance est nulle
  2. \(Y\) n’est pas gaussienne, car \(\varepsilon\) est discrète
  3. \((X,Y)\) n’est pas un vecteur gaussien, bien que \(X\) et \(Y\) soient gaussiennes
  4. \(X+Y\) est gaussienne, comme somme de gaussiennes

Réponse C.

Par symétrie de \(X\), la variable \(Y\) suit aussi \(\mathcal{N}(0,1)\), et \(E[XY]=E[\varepsilon]E[X^2]=0\). Cependant, \(X+Y=(1+\varepsilon)X\) est nulle avec probabilité \(\frac{1}{2}\) : elle n’est donc pas gaussienne, et le vecteur ne l’est pas non plus. Ainsi, covariance nulle n’entraîne l’indépendance que pour un vecteur gaussien. Ici, \(|Y|=|X|\) montre d’ailleurs la dépendance.

Question 5

Sur \([0,1]\) muni de la mesure de Lebesgue, on pose \(X_n=n^2\,\mathbf{1}_{]0,1/n[}\). Vers 0, la suite \((X_n)\) converge :

  1. Dans \(L^1\), mais pas presque sûrement
  2. Presque sûrement et dans \(L^1\)
  3. Presque sûrement, mais pas dans \(L^1\)
  4. Ni presque sûrement, ni en probabilité

Réponse C.

Pour tout \(\omega\in\,]0,1]\), \(X_n(\omega)=0\) dès que \(n>1/\omega\) : la convergence a donc lieu presque sûrement, et par suite en probabilité. En revanche, \(E[X_n]=n\) pour tout \(n\), donc la suite ne tend pas vers 0 dans \(L^1\). Le piège consiste à croire que la convergence presque sûre entraîne celle des espérances. Il faudrait pour cela une domination.

Question 6

Parmi ces implications entre modes de convergence, laquelle est toujours vraie ?

  1. En probabilité entraîne presque sûrement
  2. En loi entraîne en probabilité
  3. Presque sûrement entraîne dans \(L^1\)
  4. En loi vers une constante entraîne en probabilité

Réponse D.

Si \(X_n\) converge en loi vers la constante \(c\), alors \(P(|X_n-c|>\delta)\) tend vers 0, car la loi limite ne charge pas les bords de \(]c-\delta,c+\delta[\). En revanche, la convergence en loi vers une variable non constante ne dit rien des valeurs elles-mêmes : \(X\) et \(-X\) ont la même loi gaussienne. De plus, la convergence en probabilité n’entraîne la convergence presque sûre que pour une sous-suite.

Question 7

Les variables \(X_n\) sont indépendantes, avec \(P(X_n=1)=\frac{1}{n}\) et \(P(X_n=0)=1-\frac{1}{n}\). Que vaut la probabilité que \(X_n=1\) pour une infinité d’indices \(n\) ?

  1. \(0\)
  2. \(\frac{1}{2}\)
  3. \(1\)
  4. \(1-\frac{1}{e}\)

Réponse C.

Les événements \(\{X_n=1\}\) sont indépendants et \(\sum\frac{1}{n}=+\infty\). D’après le second lemme de Borel-Cantelli, cette probabilité vaut donc 1. Ainsi, \(X_n\) tend vers 0 en probabilité, mais pas presque sûrement. Le piège 0 applique le premier lemme, qui exige une série convergente : il vaudrait avec \(\frac{1}{n^2}\). De plus, la loi du zéro-un exclut toute valeur strictement entre 0 et 1.

Question 8

Les \(X_i\) sont indépendantes, de même loi de Cauchy, de densité \(\frac{1}{\pi(1+x^2)}\). La moyenne \(\frac{S_n}{n}\) converge-t-elle presque sûrement ?

  1. Non : \(S_n/n\) suit encore la loi de Cauchy, car \(X_1\) n’est pas intégrable
  2. Oui, vers 0, par la loi forte, car la loi est symétrique
  3. Oui, vers 0, mais seulement en probabilité
  4. Oui, vers 1, valeur maximale de la densité multipliée par \(\pi\)

Réponse A.

Pour cette loi de Cauchy, on a \(\varphi(t)=e^{-|t|}\). Celle de \(S_n/n\) vaut donc \(\left(e^{-|t|/n}\right)^n=e^{-|t|}\) : la moyenne garde la même loi, et elle ne peut converger vers une constante. Le piège de la loi forte oublie qu’elle exige \(E|X_1|<+\infty\). Or \(\int\frac{|x|}{1+x^2}\,\mathrm{d}x\) diverge. Ainsi, la symétrie ne suffit pas.

Question 9

Si \(X_n\) suit la loi \(\mathcal{N}(0,n)\), sa fonction caractéristique \(e^{-nt^2/2}\) tend vers \(\mathbf{1}_{\{t=0\}}\). La suite \((X_n)\) converge-t-elle en loi ?

  1. Oui, vers la loi de Dirac en 0
  2. Non, car la limite n’est pas continue en 0
  3. Oui, vers une loi uniforme sur \(\mathbb{R}\)
  4. Oui, vers \(\mathcal{N}(0,1)\), grâce au TCL

Réponse B.

Le théorème de Lévy exige une limite continue en 0 ; dans ce cas, elle est la fonction caractéristique d’une loi, et la convergence a lieu en loi. Ici, la limite saute en 0, et la masse s’échappe à l’infini : \(P(|X_n|\leqslant A)\) tend vers 0 pour tout \(A\). Le piège de la Dirac confond avec \(\mathcal{N}(0,1/n)\). Enfin, aucune loi uniforme sur \(\mathbb{R}\) n’existe.

Question 10

Soit \(a>0\) et \(X_n\) de loi binomiale \(\mathcal{B}\!\left(n,\frac{a}{n}\right)\). Vers quelle loi \((X_n)\) converge-t-elle en loi ?

  1. La loi de Poisson de paramètre \(a\)
  2. La loi normale \(\mathcal{N}(a,a)\)
  3. La loi exponentielle de paramètre \(a\)
  4. La loi de Dirac en \(a\)

Réponse A.

On a \(\varphi_{X_n}(t)=\left(1+\frac{a}{n}(e^{it}-1)\right)^n\), qui tend vers \(\exp\left(a(e^{it}-1)\right)\). On reconnaît la fonction caractéristique de la loi de Poisson, et le théorème de Lévy conclut. Le piège gaussien applique le TCL alors que le paramètre \(\frac{a}{n}\) varie avec \(n\). De plus, une limite de variables entières ne peut pas suivre une loi à densité.

Question 11

Les \(X_i\) sont indépendantes, de même loi, de moyenne \(m\) et de variance \(\sigma^2>0\). On note \(\bar{X}_n\) leur moyenne empirique. Que dit le théorème central limite ?

  1. \(\sqrt{n}\,(\bar{X}_n-m)\) converge presque sûrement vers \(\mathcal{N}(0,\sigma^2)\)
  2. \(n\,(\bar{X}_n-m)\) converge en loi vers \(\mathcal{N}(0,\sigma^2)\)
  3. \(\sqrt{n}\,(\bar{X}_n-m)\) converge en loi vers \(\mathcal{N}(0,1)\)
  4. \(\sqrt{n}\,(\bar{X}_n-m)\) converge en loi vers \(\mathcal{N}(0,\sigma^2)\)

Réponse D.

La variance de \(\sqrt{n}(\bar{X}_n-m)\) vaut exactement \(\sigma^2\), et la fonction caractéristique converge vers \(e^{-\sigma^2t^2/2}\). La convergence presque sûre vers une loi normale n’a pas de sens : une suite de variables converge presque sûrement vers une variable, pas vers une loi. Avec le facteur \(n\), la variance devient \(n\sigma^2\), donc elle explose. Enfin, la loi \(\mathcal{N}(0,1)\) demande de diviser aussi par \(\sigma\).

Question 12

On additionne 300 variables indépendantes de loi uniforme sur \([0,1]\). À l’aide du TCL, quelle est la valeur approchée de \(P(S_{300}\leqslant 160)\) ?

  1. Environ \(0{,}841\)
  2. Environ \(0{,}977\)
  3. Environ \(0{,}5\)
  4. Environ \(0{,}999\)

Réponse B.

Chaque variable a pour moyenne \(\frac{1}{2}\) et pour variance \(\frac{1}{12}\). Donc \(S_{300}\) a pour moyenne 150 et pour variance 25, soit un écart type de 5. Ainsi, 160 se situe à deux écarts types, et \(\Phi(2)\approx 0{,}977\). Le piège \(0{,}841\) vaut \(\Phi(1)\) : il utilise la variance \(\frac{1}{3}\), qui est le moment d’ordre 2, sans retirer le carré de la moyenne.

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