QCM : Holomorphie et formule de Cauchy en L3 de maths

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Ce QCM holomorphie L3 vérifie les bases de l’analyse complexe. On part des conditions de Cauchy-Riemann et de l’équation \(e^z=w\), puis on calcule des intégrales le long d’un cercle. Viennent ensuite le théorème de Cauchy sur un ouvert étoilé et le rayon de convergence d’une fonction analytique. La formule intégrale de Cauchy sert alors à calculer des intégrales et des dérivées. Enfin, le questionnaire mobilise les zéros isolés, le théorème de Liouville, d’Alembert-Gauss et le principe du maximum.

Réponds aux douze questions sans le cours, en vérifiant à chaque fois les hypothèses du théorème utilisé : domaine, holomorphie, position des singularités par rapport au chemin. Lis ensuite toutes les explications. Elles détaillent le calcul attendu et nomment le piège de chaque mauvaise réponse, souvent un facteur oublié ou un domaine mal choisi.

Les 12 questions

Question 1

Pour quelle valeur du réel \(a\) la fonction \(f(x+iy)=x^2-y^2+i\,a\,xy\) est-elle holomorphe sur \(\mathbb{C}\) ?

  1. \(a=2\)
  2. \(a=-2\)
  3. \(a=1\)
  4. \(a=0\)

Réponse A.

Avec \(u=x^2-y^2\) et \(v=axy\), les conditions de Cauchy-Riemann s’écrivent \(u_x=v_y\) et \(u_y=-v_x\). La première donne \(2x=ax\), la seconde \(-2y=-ay\) ; ainsi, \(a=2\), et \(f(z)=z^2\). Le piège \(a=-2\) vient d’une erreur de signe dans la seconde condition. Quant à \(a=0\), il fournit une fonction réelle non constante, jamais holomorphe.

Question 2

En quels points la fonction \(z\mapsto|z|^2\) est-elle \(\mathbb{C}\)-dérivable ?

  1. En aucun point de \(\mathbb{C}\)
  2. En tout point de \(\mathbb{C}\)
  3. En tout point de l’axe réel
  4. Uniquement au point \(0\)

Réponse D.

Ici, \(u=x^2+y^2\) et \(v=0\). Les conditions de Cauchy-Riemann imposent \(2x=0\) et \(2y=0\), donc seule l’origine peut convenir. De fait, \(|h|^2/h=\bar{h}\) tend vers 0, si bien que la dérivée en 0 existe et vaut 0. La fonction n’est cependant holomorphe sur aucun ouvert. Le piège « aucun point » oublie ce cas isolé, tandis que l’axe réel ne vérifie que la première condition.

Question 3

Quelles sont toutes les solutions complexes de l’équation \(e^z=-2\) ?

  1. \(\ln 2+i(2k+1)\pi\), avec \(k\in\mathbb{Z}\)
  2. \(\ln 2+2ik\pi\), avec \(k\in\mathbb{Z}\)
  3. \(-\ln 2+2ik\pi\), avec \(k\in\mathbb{Z}\)
  4. \(\ln 2+i\pi\) seulement

Réponse A.

En écrivant \(z=x+iy\), on a \(e^z=e^x e^{iy}\). Il faut donc \(e^x=2\), soit \(x=\ln 2\), et \(e^{iy}=-1\), soit \(y\) multiple impair de \(\pi\). Le piège \(\ln 2+2ik\pi\) résout \(e^z=2\), en oubliant le signe. Le piège « \(\ln 2+i\pi\) seulement » oublie la périodicité : l’exponentielle complexe est \(2i\pi\)-périodique, donc elle n’est pas injective.

Question 4

On parcourt le cercle unité \(\gamma(t)=e^{it}\), \(t\in[0,2\pi]\). Que vaut l’intégrale \(\displaystyle\int_\gamma\bar{z}\,\mathrm{d}z\) ?

  1. \(0\)
  2. \(2\pi\)
  3. \(2i\pi\)
  4. \(-2i\pi\)

Réponse C.

Par définition, l’intégrale vaut \(\int_0^{2\pi}e^{-it}\,ie^{it}\,\mathrm{d}t=\int_0^{2\pi}i\,\mathrm{d}t=2i\pi\). On peut aussi remarquer que \(\bar{z}=1/z\) sur le cercle. Le piège 0 applique le théorème de Cauchy à \(\bar{z}\), qui n’est pas holomorphe. La réponse \(2\pi\) oublie le facteur \(i\) de \(\gamma^{\prime}(t)\).

Question 5

La fonction \(1/z\) est holomorphe sur \(\mathbb{C}^*\), et pourtant son intégrale sur le cercle unité vaut \(2i\pi\). Pourquoi cela ne contredit-il pas le théorème de Cauchy ?

  1. \(1/z\) n’est pas holomorphe sur \(\mathbb{C}^*\)
  2. Le cercle unité n’est pas un lacet \(C^1\) par morceaux
  3. \(\mathbb{C}^*\) n’est pas étoilé et \(1/z\) n’y a pas de primitive
  4. Le théorème de Cauchy ne vaut que pour les polynômes

Réponse C.

Sur un ouvert étoilé, toute fonction holomorphe admet une primitive, donc son intégrale sur un lacet est nulle. Or \(\mathbb{C}^*\) n’est étoilé par rapport à aucun point, à cause du trou en 0. D’ailleurs, l’intégrale non nulle prouve que \(1/z\) n’a pas de primitive sur \(\mathbb{C}^*\) : un logarithme continu y est impossible. Le piège sur l’holomorphie est faux, car \(1/z\) est bien holomorphe.

Question 6

Quel est le rayon de convergence de la série de Taylor en 0 de \(f(z)=\dfrac{1}{z^2-2z+5}\) ?

  1. \(5\)
  2. \(\sqrt{5}\)
  3. \(1\)
  4. \(2\)

Réponse B.

Les racines du dénominateur sont \(1\pm 2i\), de module \(\sqrt{5}\). Une fonction holomorphe sur le disque \(D(0,r)\) y est développable en série entière ; donc le rayon vaut au moins \(\sqrt{5}\). Il ne peut pas être plus grand, car \(|f|\) tend vers l’infini près de \(1+2i\). Le piège 5 confond le module et son carré. La réponse 1 ne regarde que la partie réelle des pôles.

Question 7

On note \(C_2\) le cercle de centre 0 et de rayon 2, parcouru une fois dans le sens direct. Que vaut \(\displaystyle\int_{C_2}\frac{e^z}{z-1}\,\mathrm{d}z\) ?

  1. \(2i\pi\)
  2. \(2\pi e\)
  3. \(0\)
  4. \(2i\pi e\)

Réponse D.

La fonction \(e^z\) est entière, et le point 1 se trouve à l’intérieur de \(C_2\). La formule intégrale de Cauchy donne donc \(2i\pi\,e^1\). Le piège \(2i\pi\) évalue l’exponentielle en 0, le centre du cercle, au lieu du point singulier. Quant à 0, il serait juste si le point 1 était hors du disque, par exemple sur un cercle de rayon \(\frac{1}{2}\).

Question 8

Avec \(C_1\) le cercle unité parcouru dans le sens direct, que vaut \(\displaystyle\int_{C_1}\frac{\cos z}{z^3}\,\mathrm{d}z\) ?

  1. \(-2i\pi\)
  2. \(-i\pi\)
  3. \(i\pi\)
  4. \(0\)

Réponse B.

La formule de Cauchy pour les dérivées donne \(\int_{C_1}\frac{g(z)}{z^{n+1}}\,\mathrm{d}z=\frac{2i\pi}{n!}g^{(n)}(0)\). Ici, \(n=2\) et \(\cos^{\prime\prime}(0)=-1\), donc on obtient \(\frac{2i\pi}{2}\times(-1)=-i\pi\). Le piège \(-2i\pi\) oublie la factorielle. De même, \(i\pi\) oublie le signe de la dérivée seconde du cosinus.

Question 9

Existe-t-il une fonction \(f\) entière telle que \(f\!\left(\frac{1}{n}\right)=\frac{1}{n+1}\) pour tout entier \(n\geqslant 1\) ?

  1. Non, car elle coïnciderait avec \(\frac{z}{1+z}\), qui a un pôle en \(-1\)
  2. Oui, et elle est unique : \(f(z)=\frac{z}{1+z}\)
  3. Oui, et il en existe une infinité
  4. Oui, et elle est unique : \(f(z)=\frac{1}{1+z}\)

Réponse A.

Sur le disque \(D(0,1)\), \(f\) et \(z/(1+z)\) coïncident en les points \(\frac{1}{n}\), qui s’accumulent en 0. Par le principe des zéros isolés, puis par prolongement à l’ouvert connexe \(\mathbb{C}\setminus\{-1\}\), elles sont égales. Ainsi, \(f\) serait non bornée près de \(-1\), ce qui est absurde pour une fonction entière. Affirmer que \(f(z)=\frac{z}{1+z}\) convient oublie le pôle. Le piège \(\frac{1}{1+z}\) se trompe de formule : en \(z=\frac{1}{n}\), \(\frac{1}{1+z}\) vaut \(\frac{n}{n+1}\).

Question 10

Soit \(f\) une fonction entière telle que \(\mathrm{Re}\,f(z)\leqslant 4\) pour tout \(z\in\mathbb{C}\). Que peut-on en déduire ?

  1. \(f\) est un polynôme de degré au plus 1
  2. \(f\) est constante
  3. \(f\) est la fonction nulle
  4. Rien de plus, car \(f\) n’est pas bornée

Réponse B.

On pose \(g=e^{f}\), qui est entière et vérifie \(|g|=e^{\mathrm{Re}\,f}\leqslant e^4\). D’après le théorème de Liouville, \(g\) est constante ; donc \(g^{\prime}=f^{\prime}e^{f}=0\), puis \(f^{\prime}=0\). Le piège « rien de plus » croit que Liouville exige une borne sur \(|f|\) : en réalité, on se ramène à ce cas en composant. Enfin, rien n’impose la valeur 0.

Question 11

Dans la preuve du théorème de d’Alembert-Gauss par Liouville, on suppose qu’un polynôme \(P\) non constant ne s’annule pas. Quel argument conclut ?

  1. \(P\) est entière et bornée, donc constante
  2. \(1/P\) est entière et tend vers 0, donc nulle
  3. \(1/P\) est entière et bornée, car \(|P(z)|\to+\infty\), donc constante
  4. \(P\) a une infinité de zéros isolés, donc \(P=0\)

Réponse C.

Comme \(P\) ne s’annule pas, \(1/P\) est entière. De plus, \(|P(z)|\) tend vers l’infini avec \(|z|\), donc \(1/P\) est bornée hors d’un disque, et aussi sur ce disque compact. Par Liouville, \(1/P\) est constante, ce qui contredit le fait que \(P\) ne l’est pas. L’argument « \(P\) entière et bornée » échoue : un polynôme non constant n’est jamais borné. L’argument « \(1/P\) tend vers 0 » conclut à une constante nulle, impossible pour \(1/P\).

Question 12

D’après le principe du maximum, que vaut le maximum de \(|z^2+2z|\) sur le disque fermé \(|z|\leqslant 1\) ?

  1. \(1\)
  2. \(2\)
  3. \(\sqrt{5}\)
  4. \(3\)

Réponse D.

Le maximum du module d’une fonction holomorphe sur un disque fermé est atteint sur le cercle. Pour \(|z|=1\), on a \(|z^2+2z|=|z|\,|z+2|=|z+2|\leqslant 3\), avec égalité en \(z=1\). Le piège 1 confond le maximum de \(|z|\) avec celui de \(|z^2+2z|\). La réponse \(\sqrt{5}\) correspond à la valeur en \(z=i\), qui n’est pas optimale.

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