QCM : Différentielle et jacobienne en L2 de maths
Ce QCM différentielle L2 porte sur le calcul différentiel à plusieurs variables. Il commence par des dérivées partielles et un gradient à calculer de tête, puis passe aux dérivées selon un vecteur, à la matrice jacobienne et à la règle de la chaîne. La seconde moitié teste la notion de différentiabilité en un point : lien avec la continuité, critère par la classe \(C^1\), fonctions définies par morceaux et inégalité des accroissements finis.
Pour progresser, réponds d’abord sans le cours, en posant les calculs au brouillon. Face à une fonction définie à part en l’origine, cherche un chemin qui fasse échouer la propriété avant de conclure. Lis ensuite chaque explication : elle justifie la bonne réponse et nomme l’erreur qui mène vers chacun des pièges proposés.
Les 12 questions
Question 1
On pose \(f(x,y)=x^2y+3y^2\). Que vaut \(\dfrac{\partial f}{\partial x}(1,2)\) ?
- \(4\)
- \(13\)
- \(2\)
- \(14\)
Réponse A.
On dérive par rapport à \(x\) en gelant \(y\) : \(\partial_x f(x,y)=2xy\), car \(3y^2\) est constant en \(x\). Au point \((1,2)\), on trouve donc \(4\). La valeur \(13\) est la dérivée partielle par rapport à \(y\), soit \(x^2+6y\). Oublier le facteur \(y\) donne \(2\). Enfin, \(14\) est simplement la valeur \(f(1,2)\).
Question 2
Quel est le gradient de \(f(x,y,z)=xyz\) au point \((1,2,3)\) ?
- \((1,2,3)\)
- \((2,3,6)\)
- \((6,6,6)\)
- \((6,3,2)\)
Réponse D.
Les trois dérivées partielles valent \(yz\), \(xz\) et \(xy\). Au point \((1,2,3)\), elles donnent respectivement \(6\), \(3\) et \(2\). Le piège \((2,3,6)\) range les composantes dans le désordre. Recopier le point fournit \((1,2,3)\), ce qui n’a aucun sens. Quant à \((6,6,6)\), il répète la valeur \(f(1,2,3)\) dans chaque composante.
Question 3
Soit \(f(x,y)=x\,e^y\). Que vaut la différentielle \(df_{(0,0)}(h,k)\) ?
- \(h\)
- \(h+k\)
- \(k\)
- \(h\,e^k\)
Réponse A.
La fonction est de classe \(C^1\), donc différentiable, et \(df_{(0,0)}(h,k)=\partial_x f(0,0)\,h+\partial_y f(0,0)\,k\). Or \(\partial_x f=e^y\) vaut \(1\) en l’origine, tandis que \(\partial_y f=x\,e^y\) y est nulle. Ainsi, la différentielle est \((h,k)\mapsto h\). Le piège \(h+k\) oublie le facteur \(x\), et \(h\,e^k\) confond la différentielle, linéaire, avec \(f(h,k)\).
Question 4
Soit \(f(x,y)=xy^2\) et \(v=(2,-1)\). Que vaut la dérivée de \(f\) en \((1,1)\) selon le vecteur \(v\) ?
- \(4\)
- \(0\)
- \(3\)
- \(\sqrt{5}\)
Réponse B.
La fonction est de classe \(C^1\), donc la dérivée selon \(v\) est \(\langle\nabla f(1,1),v\rangle\). Le gradient vaut \((y^2,2xy)=(1,2)\) en \((1,1)\), d’où \(2-2=0\). Le piège \(4\) oublie le signe de la seconde composante de \(v\). En inversant les composantes du gradient, on obtient \(3\). Enfin, \(\sqrt{5}\) est la norme de \(v\), sans rapport avec \(f\).
Question 5
Pour \(f\) définie sur \(\mathbb{R}^2\) à valeurs réelles et un point \(a\), quelle implication est toujours vraie ?
- \(f\) admet des dérivées partielles en \(a\) entraîne \(f\) continue en \(a\)
- \(f\) différentiable en \(a\) entraîne \(f\) de classe \(C^1\) près de \(a\)
- \(f\) continue en \(a\) entraîne l’existence des dérivées partielles en \(a\)
- \(f\) différentiable en \(a\) entraîne \(f\) continue en \(a\)
Réponse D.
Si \(f\) est différentiable en \(a\), alors \(f(a+h)-f(a)=df_a(h)+\|h\|\varepsilon(h)\), et le membre de droite tend vers \(f(a)\). Par conséquent, \(f\) est continue en \(a\). En revanche, l’existence des dérivées partielles ne suffit pas, car elle ne regarde que deux directions. De même, une fonction différentiable peut ne pas être \(C^1\). Enfin, \(|x|+|y|\) est continue sans dérivées partielles en l’origine.
Question 6
Quelle est la matrice jacobienne de \(F(x,y)=(x^2-y,\;xy)\) en un point \((x,y)\) ?
- \(\begin{pmatrix}2x&y\\-1&x\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}2x&1\\y&x\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}2x&-1\\y&x\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}2x&-1\\x&y\end{pmatrix}\)
Réponse C.
Chaque ligne de la jacobienne contient les dérivées partielles d’une composante. La première ligne est donc \((2x,\,-1)\), issue de \(x^2-y\), et la seconde \((y,\,x)\), issue de \(xy\). Le piège le plus fréquent écrit la transposée, en rangeant les composantes en colonnes. Les deux autres réponses perdent le signe moins ou dérivent \(xy\) par rapport à la mauvaise variable.
Question 7
Soit \(f\) de classe \(C^1\) sur \(\mathbb{R}^2\) et \(g(t)=f(\cos t,\sin t)\). Que vaut \(g^{\prime}(t)\) ?
- \(\sin t\,\partial_1 f(\cos t,\sin t)-\cos t\,\partial_2 f(\cos t,\sin t)\)
- \(\partial_1 f(\cos t,\sin t)+\partial_2 f(\cos t,\sin t)\)
- \(-\sin t\,\partial_1 f(\cos t,\sin t)+\cos t\,\partial_2 f(\cos t,\sin t)\)
- \(-\sin t\cos t\,\partial_1 f(\cos t,\sin t)\,\partial_2 f(\cos t,\sin t)\)
Réponse C.
La règle de la chaîne donne \(g^{\prime}(t)=x^{\prime}(t)\,\partial_1 f+y^{\prime}(t)\,\partial_2 f\), où les dérivées partielles sont évaluées en \((\cos t,\sin t)\). Comme \(x^{\prime}=-\sin t\) et \(y^{\prime}=\cos t\), on obtient \(-\sin t\,\partial_1 f+\cos t\,\partial_2 f\). Le piège des signes vient d’une dérivée du cosinus prise positive. Oublier les dérivées intérieures donne la somme simple. Enfin, la règle de la chaîne ajoute les termes, elle ne les multiplie jamais.
Question 8
Pour prouver qu’une fonction \(f\) est différentiable en tout point d’un ouvert de \(\mathbb{R}^2\), quelle méthode est la plus directe ?
- Montrer que ses dérivées partielles existent en tout point de l’ouvert
- Montrer que \(f\) est continue sur l’ouvert
- Montrer que ses dérivées selon tout vecteur existent sur l’ouvert
- Montrer que ses dérivées partielles existent et sont continues sur l’ouvert
Réponse D.
Le théorème fondamental affirme qu’une fonction de classe \(C^1\) sur un ouvert y est différentiable. C’est donc la méthode standard, souvent appliquée avec les théorèmes généraux sur les sommes, produits et composées. En revanche, la simple existence des dérivées partielles ne suffit pas, et la continuité non plus. Même l’existence des dérivées dans toutes les directions reste insuffisante, comme le montre un contre-exemple classique.
Question 9
On pose \(f(x,y)=\dfrac{x^3y}{x^2+y^2}\) hors de l’origine et \(f(0,0)=0\). Que dire de \(f\) en \((0,0)\) ?
- \(f\) est différentiable et \(df_{(0,0)}=0\)
- \(f\) a des dérivées partielles nulles mais n’est pas différentiable
- \(f\) n’est pas continue
- \(f\) est différentiable et \(df_{(0,0)}(h,k)=h^2\)
Réponse A.
Sur les axes, \(f\) est nulle, donc les deux dérivées partielles en l’origine valent \(0\). De plus, \(2|xy|\leqslant x^2+y^2\), si bien que \(|f(x,y)|\leqslant\frac{x^2}{2}\leqslant\frac{1}{2}\|(x,y)\|^2\). Ainsi, \(f(h)=o(\|h\|)\) et \(f\) est différentiable de différentielle nulle. La réponse \(df_{(0,0)}(h,k)=h^2\) propose un terme du second ordre, qui n’est pas linéaire en \((h,k)\).
Question 10
On pose \(g(x,y)=\dfrac{x^2y}{x^2+y^2}\) hors de l’origine et \(g(0,0)=0\). Que dire de \(g\) en \((0,0)\) ?
- Différentiable, de différentielle nulle
- Continue, à dérivées partielles nulles, mais non différentiable
- Non continue, mais à dérivées partielles nulles
- Continue, mais sans dérivées partielles
Réponse B.
D’une part, \(x^2\leqslant x^2+y^2\), donc \(|g(x,y)|\leqslant|y|\) et \(g\) est continue. D’autre part, \(g\) s’annule sur les axes, d’où des dérivées partielles nulles. Si \(g\) était différentiable, sa différentielle serait donc nulle. Or \(g(t,t)=\frac{t}{2}\), et le quotient par \(\|(t,t)\|=\sqrt{2}|t|\) garde une valeur absolue égale à \(\frac{1}{2\sqrt{2}}\). Le piège principal conclut trop vite à partir des seules dérivées partielles.
Question 11
On pose \(f(x,y)=\dfrac{xy^2}{x^2+y^4}\) hors de l’origine et \(f(0,0)=0\). Que dire de \(f\) en \((0,0)\) ?
- Elle est continue, car sa limite vaut \(0\) sur toute droite passant par l’origine
- Toutes ses dérivées selon un vecteur existent, mais \(f\) n’est pas continue
- Elle est différentiable, car toutes ses dérivées selon un vecteur existent
- Elle n’admet aucune dérivée selon un vecteur non nul
Réponse B.
Pour \(v=(h,k)\) avec \(h\neq 0\), le quotient \(f(th,tk)/t\) tend vers \(k^2/h\) ; si \(h=0\), \(f\) est nulle sur l’axe vertical. Ainsi, toutes les dérivées directionnelles existent. Cependant, sur la parabole \(x=y^2\), \(f\) vaut \(\frac{1}{2}\), donc \(f\) n’est pas continue en l’origine. Le piège des droites oublie les chemins courbes. Par conséquent, \(f\) ne peut pas non plus être différentiable.
Question 12
Soit \(f\) de classe \(C^1\) sur \(\mathbb{R}^2\) avec \(\|\nabla f(x,y)\|\leqslant 3\) partout (norme euclidienne). Quelle majoration de \(|f(1,1)-f(0,0)|\) donnent les accroissements finis ?
- \(3\)
- \(6\)
- \(3\sqrt{2}\)
- \(\dfrac{3}{\sqrt{2}}\)
Réponse C.
Sur le segment \([a,b]\), contenu dans le convexe \(\mathbb{R}^2\), on a \(|f(b)-f(a)|\leqslant\sup\|\nabla f\|\cdot\|b-a\|\), grâce à l’inégalité de Cauchy-Schwarz. Ici, \(\|(1,1)\|=\sqrt{2}\), donc la borne vaut \(3\sqrt{2}\). Le piège \(3\) oublie la longueur du segment. Ensuite, \(6\) utilise la norme somme du vecteur \(b-a\), qui ne s’associe pas à la norme euclidienne du gradient.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de L2 de maths sur différentielle et jacobienne
- S’exercer : exercices corrigés sur différentielle et jacobienne
- QCM précédent : QCM : Normes et continuité dans R^n en L2 de maths
- QCM suivant : QCM : Hessienne et extrema libres en L2 de maths
- Tous les chapitres : le sommaire de la L2 de maths


























