QCM : Couples et loi des grands nombres en L2 de maths
Ce QCM couples L2 fait travailler les variables aléatoires discrètes prises à deux. Les premières questions partent d’un même tableau de loi conjointe : marginale, loi conditionnelle, test d’indépendance et covariance. Viennent ensuite la variance d’une somme et un contre-exemple célèbre où la covariance est nulle sans indépendance. La seconde partie utilise les fonctions génératrices pour obtenir une espérance ou la loi d’une somme, puis termine par la loi faible des grands nombres et l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev.
Réponds d’abord sans le cours, en recopiant le tableau au brouillon pour les premiers calculs. Lis ensuite chaque explication. Elle refait le calcul pas à pas et nomme l’erreur derrière chaque mauvaise réponse : division par la mauvaise marginale, terme de covariance oublié, carré manquant sur un coefficient.
Les 12 questions
Question 1
Le couple \((X,Y)\), à valeurs dans \(\{0,1\}^2\), a pour loi conjointe : \(P(0,0)=0{,}1\), \(P(0,1)=0{,}3\), \(P(1,0)=0{,}2\) et \(P(1,1)=0{,}4\). Que vaut \(P(Y=1)\) ?
- \(0{,}4\)
- \(0{,}6\)
- \(0{,}5\)
- \(0{,}7\)
Réponse D.
La loi marginale de \(Y\) s’obtient en sommant sur toutes les valeurs de \(X\). Donc \(P(Y=1)=0{,}3+0{,}4=0{,}7\). Le piège \(0{,}4\) ne garde que la case \((1,1)\). Ensuite, \(0{,}6\) est la marginale de \(X\), obtenue en sommant sur la mauvaise ligne. Enfin, \(0{,}5\) suppose à tort une loi uniforme.
Question 2
Avec le même tableau, que vaut la probabilité conditionnelle \(P(X=1\mid Y=1)\) ?
- \(\frac{2}{5}\)
- \(\frac{4}{7}\)
- \(\frac{2}{3}\)
- \(\frac{3}{7}\)
Réponse B.
On divise la probabilité conjointe par celle de la condition : \(\frac{0{,}4}{0{,}7}=\frac{4}{7}\). Le piège \(\frac{2}{3}\) divise par \(P(X=1)=0{,}6\), donc il calcule \(P(Y=1\mid X=1)\). Ensuite, \(\frac{2}{5}\) est la probabilité conjointe sans division. Enfin, \(\frac{3}{7}\) donne \(P(X=0\mid Y=1)\), la valeur complémentaire.
Question 3
Toujours avec ce tableau, les variables \(X\) et \(Y\) sont-elles indépendantes ?
- Oui, car aucune probabilité conjointe n’est nulle
- Non, car \(P(X=1,Y=1)=0{,}4\) diffère de \(0{,}6\times 0{,}7\)
- Oui, car chaque loi marginale a une somme égale à 1
- Non, car \(P(X=0,Y=0)\) diffère de \(P(X=1,Y=1)\)
Réponse B.
L’indépendance exige \(P(X=i,Y=j)=P(X=i)P(Y=j)\) pour toutes les cases. Or \(0{,}6\times 0{,}7=0{,}42\), qui diffère de \(0{,}4\). Ainsi, une seule case suffit pour conclure. Le piège des probabilités non nulles confond indépendance et support plein. De plus, comparer deux cases entre elles ne teste rien : des variables indépendantes ont souvent des cases différentes.
Question 4
Que vaut la covariance \(\mathrm{Cov}(X,Y)\) pour ce même couple ?
- \(-0{,}02\)
- \(0{,}02\)
- \(0{,}4\)
- \(0\)
Réponse A.
On utilise la formule de König : \(\mathrm{Cov}(X,Y)=E[XY]-E[X]E[Y]\). Ici, \(XY\) vaut 1 seulement sur la case \((1,1)\), donc \(E[XY]=0{,}4\). Par conséquent, la covariance vaut \(0{,}4-0{,}42=-0{,}02\). Le piège \(0{,}02\) inverse la soustraction. Ensuite, \(0{,}4\) oublie le produit des espérances. Enfin, 0 supposerait l’indépendance, déjà exclue.
Question 5
On sait que \(V(X)=4\), \(V(Y)=9\) et \(\mathrm{Cov}(X,Y)=-1\). Que vaut la variance \(V(2X-Y)\) ?
- \(25\)
- \(21\)
- \(27\)
- \(29\)
Réponse D.
On développe \(V(2X-Y)=4V(X)+V(Y)-2\cdot 2\cdot\mathrm{Cov}(X,Y)\). On obtient \(16+9+4=29\). Le piège 25 oublie le terme de covariance, valable seulement pour des variables non corrélées. Ensuite, 21 se trompe sur le signe du terme croisé. Enfin, 27 oublie le facteur 2 du double produit, comme dans un carré mal développé.
Question 6
Soit \(X\) uniforme sur \(\{-1,0,1\}\) et \(Y=X^2\). Quelle affirmation sur la covariance et l’indépendance est juste ?
- \(\mathrm{Cov}(X,Y)=0\), donc \(X\) et \(Y\) sont indépendantes
- \(\mathrm{Cov}(X,Y)\) est non nulle, car \(Y\) dépend de \(X\)
- \(\mathrm{Cov}(X,Y)=\frac{2}{3}\), donc elles ne sont pas indépendantes
- \(\mathrm{Cov}(X,Y)=0\), mais \(X\) et \(Y\) ne sont pas indépendantes
Réponse D.
On a \(E[X]=0\) et \(E[XY]=E[X^3]=0\). Donc la covariance est nulle. Cependant, \(P(X=0,Y=1)=0\), alors que \(P(X=0)P(Y=1)=\frac{1}{3}\times\frac{2}{3}\) n’est pas nul. La covariance ne mesure en effet qu’une dépendance linéaire. Le piège \(\frac{2}{3}\) correspond à \(E[Y]\), pris à tort pour la covariance.
Question 7
La variable \(N\) suit la loi de Poisson de paramètre 2. Quelle est sa fonction génératrice \(G_N(s)=E\left[s^N\right]\) ?
- \(e^{2(1-s)}\)
- \(e^{2s}\)
- \(e^{2(s-1)}\)
- \(e^{s-2}\)
Réponse C.
On somme \(\sum_{k\geq 0}e^{-2}\frac{2^k}{k!}s^k=e^{-2}e^{2s}=e^{2(s-1)}\). On vérifie alors que \(G_N(1)=1\), comme pour toute fonction génératrice. Le piège \(e^{2(1-s)}\) inverse le signe. Ensuite, \(e^{2s}\) oublie le facteur \(e^{-2}\), si bien qu’en \(s=1\) on trouve \(e^2\). Enfin, \(e^{s-2}\) ne vaut pas 1 en \(s=1\).
Question 8
Une variable \(T\) à valeurs entières a pour fonction génératrice \(G_T(s)=\frac{s(1+s)^2}{4}\). Que vaut \(E[T]\) ?
- \(\frac{1}{4}\)
- \(2\)
- \(1\)
- \(\frac{5}{2}\)
Réponse B.
L’espérance vaut \(G_T^{\prime}(1)\). On dérive : \(G_T^{\prime}(s)=\frac{(1+s)^2+2s(1+s)}{4}\), donc \(G_T^{\prime}(1)=\frac{4+4}{4}=2\). D’ailleurs, \(T\) a la loi de \(1+B\), avec \(B\) binomiale de paramètres 2 et \(\frac{1}{2}\). Le piège \(\frac{1}{4}\) évalue la dérivée en 0, ce qui donne \(P(T=1)\). Enfin, \(\frac{5}{2}\) est \(G_T^{\prime\prime}(1)\).
Question 9
Les variables \(U\) et \(W\) sont indépendantes, de lois de Poisson de paramètres 2 et 3. Quelle est la loi de la somme \(U+W\) ?
- La loi de Poisson de paramètre 6
- La loi de Poisson de paramètre \(\frac{5}{2}\)
- La loi de Poisson de paramètre 5
- La loi binomiale de paramètres 5 et \(\frac{1}{2}\)
Réponse C.
Par indépendance, la fonction génératrice de la somme est le produit des deux : \(e^{2(s-1)}e^{3(s-1)}=e^{5(s-1)}\). Or la fonction génératrice caractérise la loi. Donc \(U+W\) suit la loi de Poisson de paramètre 5. Le piège 6 multiplie les paramètres au lieu de les additionner. Quant à \(\frac{5}{2}\), il fait la moyenne des paramètres.
Question 10
On lance deux dés équilibrés à six faces, de manière indépendante. Que vaut la probabilité que la somme des deux dés soit égale à 4 ?
- \(\frac{1}{12}\)
- \(\frac{1}{11}\)
- \(\frac{1}{9}\)
- \(\frac{1}{18}\)
Réponse A.
Les 36 couples sont équiprobables. Trois d’entre eux donnent 4 : \((1,3)\), \((2,2)\) et \((3,1)\). Ainsi, la probabilité vaut \(\frac{3}{36}=\frac{1}{12}\). Le piège \(\frac{1}{11}\) suppose les onze sommes possibles équiprobables, ce qui est faux. Ensuite, \(\frac{1}{9}\) compte quatre couples en doublant \((2,2)\). Enfin, \(\frac{1}{18}\) oublie l’ordre des dés.
Question 11
Soient \(X_1,\ldots,X_n\) indépendantes, de même loi, d’espérance \(m\) et de variance \(\sigma^2\). On pose \(M_n=\frac{1}{n}(X_1+\cdots+X_n)\). Que dit la loi faible des grands nombres ?
- \(V(M_n)=\frac{\sigma^2}{n^2}\), donc \(M_n\) converge en probabilité vers \(m\)
- \(V(M_n)=\sigma^2\), donc \(M_n\) ne converge pas vers \(m\)
- \(V(M_n)=\frac{\sigma^2}{n}\), donc \(M_n\) converge en probabilité vers \(m\)
- \(V(M_n)=\frac{\sigma^2}{n}\), donc \(M_n=m\) à partir d’un certain rang
Réponse C.
Par indépendance, la variance de la somme vaut \(n\sigma^2\), puis le facteur \(\frac{1}{n^2}\) donne \(\frac{\sigma^2}{n}\). Ensuite, l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev fait tendre \(P(|M_n-m|\geq\varepsilon)\) vers 0. Le piège \(\frac{\sigma^2}{n^2}\) oublie que la somme a déjà une variance \(n\sigma^2\). De plus, la convergence en probabilité n’impose jamais l’égalité exacte.
Question 12
Dans la situation précédente, on prend \(\sigma^2=4\), \(n=1000\) et \(\varepsilon=0{,}2\). Quelle majoration de \(P(|M_n-m|\geq\varepsilon)\) donne l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev ?
- \(0{,}1\)
- \(0{,}02\)
- \(0{,}05\)
- \(0{,}4\)
Réponse A.
On majore par \(\frac{V(M_n)}{\varepsilon^2}=\frac{\sigma^2}{n\varepsilon^2}=\frac{4}{1000\times 0{,}04}=0{,}1\). Le piège \(0{,}02\) oublie d’élever \(\varepsilon\) au carré. Ensuite, \(0{,}05\) utilise l’écart type 2 à la place de la variance. Enfin, \(0{,}4\) remplace \(\varepsilon^2\) par \(0{,}01\), comme si l’écart toléré valait \(0{,}1\).
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de L2 de maths sur couples et loi des grands nombres
- S’exercer : exercices corrigés sur couples et loi des grands nombres
- QCM précédent : QCM : Lois discrètes et espérance en L2 de maths
- QCM suivant : QCM : Convergence simple et uniforme en L2 de maths
- Tous les chapitres : le sommaire de la L2 de maths


























