QCM : Projection orthogonale en L2 de maths
Ce QCM projection L2 parcourt la géométrie euclidienne de première approche. Il vérifie d’abord qu’une forme bilinéaire symétrique est un produit scalaire, puis il applique la majoration de Cauchy-Schwarz et la relation de Pythagore. Viennent ensuite les coordonnées dans une base orthonormée, le procédé de Gram-Schmidt et le supplémentaire orthogonal d’un plan. La seconde moitié calcule une projection orthogonale et une distance, caractérise les projecteurs orthogonaux, passe par un espace hermitien et se termine par deux ajustements aux moindres carrés.
Réponds sans le cours et vérifie chaque résultat par un produit scalaire nul ou par une norme. Lis ensuite les explications. Elles refont le calcul et pointent l’erreur cachée dans chaque piège, souvent une division par la norme oubliée ou faite une fois de trop.
Les 12 questions
Question 1
Laquelle de ces formes bilinéaires symétriques sur \(\mathbb{R}^2\), écrites pour \(u=(x,y)\) et \(v=(s,t)\), est un produit scalaire ?
- \(2xs+xt+sy+yt\)
- \(xs+xt+sy+yt\)
- \(xs-yt\)
- \(xs+3xt+3sy+yt\)
Réponse A.
La forme quadratique associée vaut \(2x^2+2xy+y^2=x^2+(x+y)^2\), strictement positive hors de l’origine : la forme est donc définie positive. Le piège \(xs+xt+sy+yt\) donne \((x+y)^2\), nul pour \((1,-1)\) : elle n’est pas définie. Le piège \(xs-yt\) prend des valeurs négatives. Enfin, \(x^2+6xy+y^2\) est négatif en \((1,-1)\).
Question 2
Quelle est la valeur maximale de \(2x-y+2z\) lorsque \(x^2+y^2+z^2=1\) ?
- \(5\)
- \(9\)
- \(\sqrt{5}\)
- \(3\)
Réponse D.
L’expression est le produit scalaire de \((x,y,z)\) avec \(w=(2,-1,2)\), de norme \(\sqrt{4+1+4}=3\). L’inégalité de Cauchy-Schwarz la majore donc par 3, avec égalité pour \((x,y,z)=\frac{w}{3}\). Le piège 5 additionne les valeurs absolues des coefficients. La réponse 9 oublie la racine carrée. Quant à \(\sqrt{5}\), il ne garde que deux coordonnées.
Question 3
Dans \(\mathbb{R}^3\) euclidien usuel, on pose \(u=(1,2,-1)\) et \(v=(3,a,1)\). Pour quelle valeur de \(a\) sont-ils orthogonaux, et que vaut alors \(\|u+v\|^2\) ?
- \(a=-2\) et \(\|u+v\|^2=16\)
- \(a=-1\) et \(\|u+v\|^2=17\)
- \(a=1\) et \(\|u+v\|^2=25\)
- \(a=-1\) et \(\|u+v\|^2=\sqrt{17}\)
Réponse B.
Le produit scalaire vaut \(3+2a-1=2+2a\), nul pour \(a=-1\). Le théorème de Pythagore donne alors \(\|u\|^2+\|v\|^2=6+11=17\). On le vérifie avec \(u+v=(4,1,0)\). Le piège \(a=-2\) fait une erreur de signe sur le produit \(-1\times 1\). Le piège \(\|u+v\|^2=\sqrt{17}\) confond le carré de la norme avec la norme.
Question 4
Les vecteurs \(e_1=(0{,}6\,;0{,}8)\) et \(e_2=(0{,}8\,;-0{,}6)\) forment une base orthonormée de \(\mathbb{R}^2\). Quelles sont les coordonnées de \(x=(5,10)\) dans cette base ?
- \((55,-10)\)
- \((-2,11)\)
- \((11,-2)\)
- \((2{,}2\,;-0{,}4)\)
Réponse C.
Dans une base orthonormée, chaque coordonnée est un produit scalaire. On obtient \(\langle x,e_1\rangle=3+8=11\) et \(\langle x,e_2\rangle=4-6=-2\). On vérifie : \(11e_1-2e_2\) redonne bien \((5,10)\). Le piège \((55,-10)\) utilise les vecteurs \((3,4)\) et \((4,-3)\), non normés. La réponse \((2{,}2\,;-0{,}4)\) divise par 5 une fois de trop. Enfin, \((-2,11)\) inverse l’ordre des vecteurs.
Question 5
On applique Gram-Schmidt à \(v_1=(1,0,1)\) puis \(v_2=(2,1,0)\) dans \(\mathbb{R}^3\) usuel. Quel est le second vecteur \(e_2\) obtenu ?
- \((2,1,0)/\sqrt{5}\)
- \((3,1,1)/\sqrt{11}\)
- \((1,1,-1)/3\)
- \((1,1,-1)/\sqrt{3}\)
Réponse D.
On retire à \(v_2\) sa composante sur \(v_1\) : le coefficient vaut \(\frac{\langle v_2,v_1\rangle}{\|v_1\|^2}=\frac{2}{2}=1\). Donc \(v_2-v_1=(1,1,-1)\), orthogonal à \(v_1\), puis on normalise. Le piège \((3,1,1)\) ajoute \(v_1\) au lieu de le retrancher. Le vecteur \((2,1,0)\) oublie l’orthogonalisation. Enfin, diviser par 3 au lieu de \(\sqrt{3}\) ne donne pas un vecteur unitaire.
Question 6
Dans \(\mathbb{R}^3\) usuel, quel est le supplémentaire orthogonal du plan \(P\) d’équation \(x-2y+3z=0\) ?
- La droite engendrée par \((3,-2,1)\)
- La droite engendrée par \((1,2,3)\)
- La droite engendrée par \((1,-2,3)\)
- Le plan d’équation \(x-2y+3z=1\)
Réponse C.
L’équation s’écrit \(\langle(1,-2,3),(x,y,z)\rangle=0\). Ainsi, \(P\) est exactement l’orthogonal du vecteur normal \((1,-2,3)\), et \(P^{\perp}\) est la droite qu’il engendre, de dimension \(3-2=1\). Le piège du plan parallèle confond orthogonal et translaté : ce plan n’est même pas un sous-espace. Les deux autres droites ne sont pas normales à \(P\).
Question 7
Dans \(\mathbb{R}^3\) usuel, quel est le projeté orthogonal de \(x=(2,1,3)\) sur la droite \(D\) engendrée par \(u=(1,1,1)\) ?
- \((6,6,6)\)
- \((2,2,2)\)
- \((0,-1,1)\)
- \(\frac{2}{\sqrt{3}}(1,1,1)\)
Réponse B.
Le projeté vaut \(\frac{\langle x,u\rangle}{\|u\|^2}u=\frac{6}{3}u\). On vérifie que \(x-(2,2,2)=(0,-1,1)\) est orthogonal à \(u\). Le piège \((6,6,6)\) oublie de diviser par \(\|u\|^2\). La réponse \((0,-1,1)\) est la composante orthogonale, et non le projeté. Enfin, \(\frac{2}{\sqrt{3}}u\) divise par \(\|u\|^2\) une fois de trop après avoir normalisé \(u\).
Question 8
Quelle est la distance de \(x=(2,1,3)\) au plan \(P\) d’équation \(x+y+z=0\) dans \(\mathbb{R}^3\) usuel ?
- \(6\)
- \(2\sqrt{3}\)
- \(\sqrt{2}\)
- \(12\)
Réponse B.
La distance au plan est la norme du projeté sur la normale \(u=(1,1,1)\). D’après la question précédente, ce projeté vaut \((2,2,2)\), de norme \(2\sqrt{3}\). On retrouve la formule \(\frac{|\langle x,u\rangle|}{\|u\|}=\frac{6}{\sqrt{3}}\). Le piège 6 oublie de diviser par \(\|u\|\). La réponse \(\sqrt{2}\) est la distance à la droite \(D\), et non au plan.
Question 9
Soit \(p\) un projecteur d’un espace euclidien, c’est-à-dire \(p\circ p=p\). À quelle condition \(p\) est-il un projecteur orthogonal ?
- Sa matrice dans une base orthonormée est symétrique.
- Sa matrice dans une base quelconque est symétrique.
- Son noyau et son image sont supplémentaires.
- Il conserve la norme de tout vecteur.
Réponse A.
Un projecteur est orthogonal si et seulement si son noyau est orthogonal à son image, ce qui revient à dire que \(p\) est autoadjoint : on peut faire passer \(p\) d’un côté à l’autre du produit scalaire. Cette propriété se lit sur la matrice en base orthonormée seulement. Le piège des supplémentaires décrit tous les projecteurs. Enfin, un projecteur qui conserve la norme est l’identité, puisqu’il ne peut raccourcir aucun vecteur.
Question 10
Dans \(\mathbb{C}^2\) muni du produit scalaire hermitien \(\langle u,v\rangle=u_1\overline{v_1}+u_2\overline{v_2}\), que vaut \(\|(1+i,2)\|^2\) ?
- \(4+2i\)
- \(4\)
- \(\sqrt{6}\)
- \(6\)
Réponse D.
On calcule \(\langle u,u\rangle=|1+i|^2+|2|^2=2+4=6\). La conjugaison garantit un résultat réel et positif. Le piège \(4+2i\) calcule \((1+i)^2+2^2\) sans conjuguer, comme dans le cas réel ; il n’obtient donc pas un réel. La réponse 4 oublie la première coordonnée. Quant à \(\sqrt{6}\), c’est la norme, et non son carré.
Question 11
On cherche la droite \(y=ax\), passant par l’origine, la plus proche des points \((1,2)\), \((2,3)\), \((3,7)\) au sens des moindres carrés. Que vaut \(a\) ?
- \(\frac{29}{14}\)
- \(2\)
- \(\frac{29}{6}\)
- \(\frac{14}{29}\)
Réponse A.
On projette le vecteur \(Y=(2,3,7)\) sur la droite engendrée par \(X=(1,2,3)\). Ainsi \(a=\frac{\langle X,Y\rangle}{\|X\|^2}=\frac{2+6+21}{1+4+9}\). Le piège 2 calcule le rapport des sommes, \(\frac{12}{6}\), qui n’est pas un projeté. La réponse \(\frac{29}{6}\) divise par la somme des abscisses au lieu de celle de leurs carrés. Enfin, \(\frac{14}{29}\) inverse la fraction.
Question 12
Quelle droite \(y=ax+b\) ajuste au mieux, au sens des moindres carrés, les points \((0,1)\), \((1,2)\) et \((2,4)\) ?
- \(y=\frac{3}{2}x+1\)
- \(y=\frac{3}{2}x+\frac{1}{2}\)
- \(y=\frac{3}{2}x+\frac{5}{6}\)
- \(y=\frac{5}{3}x+\frac{2}{3}\)
Réponse C.
Les équations normales \(A^{\top}AX=A^{\top}Y\) s’écrivent \(5a+3b=10\) et \(3a+3b=7\). Par soustraction, \(a=\frac{3}{2}\), puis \(b=\frac{5}{6}\). On vérifie que la droite passe par le point moyen \(\left(1,\frac{7}{3}\right)\). Le piège \(b=1\) force la droite à passer par le premier point. Quant à la pente \(\frac{5}{3}\), elle provient d’une somme des \(x_iy_i\) mal calculée.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de L2 de maths sur projection orthogonale
- S’exercer : exercices corrigés sur projection orthogonale
- QCM précédent : QCM : Fonction Gamma et intégrale de Gauss en L2 de maths
- QCM suivant : QCM : Isométries et matrices symétriques en L2 de maths
- Tous les chapitres : le sommaire de la L2 de maths


























