QCM : Logique et types de démonstration en L1 de maths

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Ce QCM logique L1 vérifie les réflexes de rédaction attendus dès la première année. Il commence par les connecteurs logiques : table de vérité de l’implication, forme équivalente, négation d’une conjonction. Il teste ensuite l’ordre des quantificateurs, la contraposée et la réciproque d’un énoncé sur les entiers. La seconde moitié demande d’écrire des négations quantifiées, de trouver un contre-exemple et de reconnaître les types de démonstration : absurde, contraposition, analyse-synthèse.

Réponds d’abord sans le cours, en écrivant au brouillon chaque énoncé avec des symboles avant de choisir. Ensuite, lis chaque explication. Elle justifie la bonne réponse et nomme le piège visé : réciproque prise pour la contraposée, quantificateurs échangés, inégalité stricte mal niée, exemple confondu avec un contre-exemple.

Les 12 questions

Question 1

Soient \(P\) et \(Q\) deux assertions. Dans quel cas l’implication \(P\Rightarrow Q\) est-elle fausse ?

  1. Quand \(P\) est fausse et \(Q\) est vraie
  2. Quand \(P\) et \(Q\) sont toutes deux fausses
  3. Quand \(P\) est fausse, quelle que soit \(Q\)
  4. Quand \(P\) est vraie et \(Q\) est fausse

Réponse D.

La table de vérité de l’implication ne contient qu’une seule ligne fausse : hypothèse vraie et conclusion fausse. Ainsi, une implication dont l’hypothèse est fausse est toujours vraie. Le piège « \(P\) fausse et \(Q\) vraie » confond avec la réciproque \(Q\Rightarrow P\). De même, les deux autres réponses oublient que le faux implique n’importe quoi.

Question 2

Quelle assertion a toujours la même table de vérité que \(P\Rightarrow Q\) ?

  1. \((\text{non }P)\text{ ou }Q\)
  2. \(P\text{ et }(\text{non }Q)\)
  3. \((\text{non }P)\text{ et }Q\)
  4. \(Q\Rightarrow P\)

Réponse A.

Une disjonction prend la valeur faux seulement lorsque ses deux membres sont faux, ici pour \(P\) vraie avec \(Q\) fausse. C’est donc exactement l’implication. Le piège \(P\text{ et }(\text{non }Q)\) en est au contraire la négation. Ensuite, la version avec « et » est fausse dès que \(P\) et \(Q\) sont toutes deux vraies. Enfin, \(Q\Rightarrow P\) est la réciproque, qui n’a pas la même table.

Question 3

Pour un réel \(x\), quelle est la négation de l’assertion « \(x\geq 0\) et \(x\leq 1\) » ?

  1. \(x<0\) et \(x>1\)
  2. \(x\leq 0\) ou \(x\geq 1\)
  3. \(x<0\) ou \(x>1\)
  4. \(x<0\) ou \(x\leq 1\)

Réponse C.

La négation d’une conjonction est la disjonction des négations : \(\text{non}(A\text{ et }B)\) équivaut à \((\text{non }A)\text{ ou }(\text{non }B)\). De plus, la négation de \(x\geq 0\) est l’inégalité stricte \(x<0\). Le piège avec « et » oublie de changer le connecteur, et il décrit d’ailleurs un ensemble vide. Ensuite, les inégalités larges gardent à tort 0 et 1.

Question 4

Laquelle de ces assertions sur l’ordre des quantificateurs est vraie ?

  1. \(\exists b\in\mathbb{N},\ \forall a\in\mathbb{N},\ a<b\)
  2. \(\exists b\in\mathbb{N},\ \forall a\in\mathbb{N},\ a\leq b\)
  3. \(\forall a\in\mathbb{N},\ \forall b\in\mathbb{N},\ a<b\)
  4. \(\forall a\in\mathbb{N},\ \exists b\in\mathbb{N},\ a<b\)

Réponse D.

Dans la bonne réponse, l’entier \(b\) peut dépendre de \(a\) : le successeur \(a+1\) convient. En revanche, quand « il existe \(b\) » est placé en tête, le même \(b\) doit majorer tous les entiers naturels. Ce serait donc un plus grand entier, ce qui est impossible, même avec l’inégalité large. Enfin, la dernière affirmation échoue dès que \(b\) est égal à \(a\).

Question 5

Pour un entier \(m\), on considère l’énoncé « quand \(3\) divise \(m^2\), \(3\) divise \(m\) ». Quelle est sa contraposée ?

  1. Quand 3 divise \(m\), 3 divise \(m^2\)
  2. Quand 3 ne divise pas \(m^2\), 3 ne divise pas \(m\)
  3. Quand 3 ne divise pas \(m\), 3 ne divise pas \(m^2\)
  4. Quand 3 divise \(m^2\), 3 ne divise pas \(m\)

Réponse C.

Pour contraposer, on échange hypothèse et conclusion, puis on nie chacune d’elles. On obtient un énoncé équivalent à celui de départ. Le piège « quand 3 divise \(m\) » donne la réciproque, qui est vraie ici mais par un autre argument. Ensuite, nier sans échanger donne l’inverse. Enfin, « quand 3 divise \(m^2\), 3 ne divise pas \(m\) » nie seulement la conclusion.

Question 6

Pour un réel \(x\), on considère l’implication « \(x=2\Rightarrow x^2=4\) ». Quelle affirmation est juste ?

  1. Elle est vraie, et sa réciproque aussi
  2. Elle est vraie, mais sa réciproque est fausse
  3. Elle est fausse, car \(x=-2\) vérifie \(x^2=4\)
  4. Elle est fausse dès que \(x\) est différent de 2

Réponse B.

Si \(x=2\), alors \(x^2=4\) : l’implication est vraie. Sa réciproque, « \(x^2=4\Rightarrow x=2\) », est cependant fausse, car \(x=-2\) en est un contre-exemple. Le piège qui cite \(-2\) l’utilise contre la mauvaise implication. Ainsi, pour \(x=-2\), l’hypothèse \(x=2\) est fausse et l’implication reste vraie. Il n’y a donc pas d’équivalence.

Question 7

On veut réfuter l’assertion « pour tout réel \(x\), \(x^2\geq x\) ». Quel contre-exemple convient ?

  1. \(x=2\), car \(4\geq 2\)
  2. \(x=\frac{1}{2}\), car \(\frac{1}{4}<\frac{1}{2}\)
  3. \(x=-1\), car \(1<-1\)
  4. \(x=1\), car \(1=1\)

Réponse B.

La négation d’un énoncé universel est existentielle : il suffit d’un seul réel tel que \(x^2<x\). Or \(x=\frac{1}{2}\) convient, puisque \(\frac{1}{4}<\frac{1}{2}\). Le piège \(x=2\) donne un exemple qui vérifie l’énoncé, donc il ne réfute rien. Ensuite, \(x=-1\) repose sur une inégalité fausse. Enfin, \(x=1\) réalise l’égalité, qui satisfait l’inégalité large.

Question 8

Une fonction \(g\) définie sur \([0,1]\) est dite croissante quand, pour tous \(s\) et \(t\) de \([0,1]\), \(s\leq t\) entraîne \(g(s)\leq g(t)\). Quelle est la négation de « \(g\) est croissante » ?

  1. Pour tous \(s,t\) dans \([0,1]\), \(s\leq t\) entraîne \(g(s)>g(t)\)
  2. Il existe \(s,t\) dans \([0,1]\) avec \(s>t\) et \(g(s)>g(t)\)
  3. Il existe \(s,t\) dans \([0,1]\) tels que \(s\leq t\) entraîne \(g(s)>g(t)\)
  4. Il existe \(s,t\) dans \([0,1]\) avec \(s\leq t\) et \(g(s)>g(t)\)

Réponse D.

On change « pour tous » en « il existe », puis on nie l’implication. Or la négation de « \(A\) entraîne \(B\) » est « \(A\) et non \(B\) ». Ainsi, un seul couple mal ordonné par \(g\) suffit. Le piège « pour tous \(s,t\) » décrit une fonction strictement décroissante, ce qui est bien plus fort. Ensuite, nier aussi l’hypothèse est une erreur. Enfin, garder une implication après « il existe » donne un énoncé presque toujours vrai.

Question 9

La suite \((a_k)\) converge vers 3 lorsque \(\forall\eta>0,\ \exists K\in\mathbb{N},\ \forall k\geq K,\ |a_k-3|<\eta\). Quelle est la négation de cette phrase quantifiée ?

  1. \(\exists\eta>0,\ \forall K\in\mathbb{N},\ \exists k\geq K,\ |a_k-3|\geq\eta\)
  2. \(\exists\eta>0,\ \forall K\in\mathbb{N},\ \exists k\geq K,\ |a_k-3|>\eta\)
  3. \(\exists\eta\leq 0,\ \forall K\in\mathbb{N},\ \exists k\geq K,\ |a_k-3|\geq\eta\)
  4. \(\exists\eta>0,\ \forall K\in\mathbb{N},\ \forall k\geq K,\ |a_k-3|\geq\eta\)

Réponse A.

On échange chaque quantificateur et on nie seulement la propriété finale. Or la négation de l’inégalité stricte \(|a_k-3|<\eta\) est l’inégalité large \(|a_k-3|\geq\eta\) : le piège avec \(|a_k-3|>\eta\) garde à tort une inégalité stricte. Ensuite, les conditions \(\eta>0\) et \(k\geq K\) décrivent le domaine des variables : elles restent inchangées. Enfin, garder « pour tout \(k\) » oublie un échange de quantificateur.

Question 10

Pour établir que l’ensemble \(\mathcal{P}\) des entiers premiers est infini, on part de l’hypothèse \(\mathcal{P}=\{q_1,\ldots,q_r\}\), puis on examine le produit \(q_1\cdots q_r\) augmenté de 1. Quel type de démonstration est utilisé ?

  1. Un raisonnement par l’absurde
  2. Un raisonnement par contraposition
  3. Un raisonnement par analyse-synthèse
  4. Un raisonnement par récurrence

Réponse A.

On suppose la négation de la conclusion, puis on aboutit à une contradiction. En effet, ce nouvel entier possède un facteur premier, et aucun \(q_i\) ne le divise, puisque le reste vaut 1. C’est donc un raisonnement par l’absurde. Le piège de la contraposition demande une implication \(P\Rightarrow Q\), absente ici. Ensuite, l’analyse-synthèse cherche à déterminer des objets. Enfin, aucun passage de \(n\) à \(n+1\) n’intervient.

Question 11

On veut écrire toute fonction \(f\) de \(\mathbb{R}\) dans \(\mathbb{R}\) comme \(g+h\), avec \(g\) paire et \(h\) impaire. Dans l’étape d’analyse de ce raisonnement par analyse-synthèse, que trouve-t-on pour \(g(x)\) ?

  1. \(\frac{f(x)-f(-x)}{2}\)
  2. \(\frac{f(x)+f(-x)}{2}\)
  3. \(f(x)+f(-x)\)
  4. \(f(-x)\)

Réponse B.

Dans l’analyse, on suppose la décomposition acquise : \(f(x)=g(x)+h(x)\) et \(f(-x)=g(x)-h(x)\). En additionnant ces deux lignes, on trouve \(2g(x)\) égal à \(f(x)+f(-x)\), d’où l’unicité. La synthèse vérifie ensuite que ce choix convient. Le piège avec le signe moins donne \(h(x)\), la partie impaire. Quant à la somme sans division, elle oublie le facteur \(\frac{1}{2}\).

Question 12

On affirme que \(n^2+n+41\) est un nombre premier pour tout entier naturel \(n\). Quelle valeur de \(n\) fournit un contre-exemple ?

  1. \(n=39\)
  2. \(n=2\)
  3. \(n=40\)
  4. \(n=1\)

Réponse C.

Pour \(n=40\), on obtient \(1600+40+41=1681=41^2\), qui n’est pas premier. L’assertion universelle est donc fausse. Cependant, l’expression donne un nombre premier pour tous les entiers de 0 à 39. Par exemple, 1601, 47 et 43 sont premiers. Le piège consiste à croire qu’une longue liste d’exemples prouve un énoncé universel.

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