QCM : Rayon et somme d’une série entière en maths spé (MP)

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Ce QCM rayon MP porte sur les séries entières, de la définition du rayon de convergence jusqu’au calcul de sommes. Les douze questions reprennent le lemme d’Abel, l’encadrement du rayon, la règle de d’Alembert, le cas des séries lacunaires, la comparaison des coefficients et le produit de Cauchy. Viennent ensuite la convergence normale, la dérivation terme à terme, le théorème d’Abel radial et deux sommes explicites.

Travaille d’abord sans cours et au brouillon, en écrivant chaque inégalité utile. Ensuite, lis les explications, car chaque mauvaise réponse traduit une erreur classique : rayon pris égal à la limite au lieu de son inverse, puissance de \(z\) oubliée dans une série lacunaire, comportement au bord supposé identique pour une série et sa dérivée. Note ces pièges pour les éviter en colle.

Les 12 questions

Question 1

On sait que la suite \((a_n3^n)\) est bornée. Que peut-on en déduire sur le rayon \(R\) de la série entière \(\sum a_nz^n\) ?

  1. \(R=3\)
  2. \(R\geq 3\)
  3. \(R\leq 3\)
  4. \(R\geq\dfrac{1}{3}\)

Réponse B.

Le lemme d’Abel affirme ceci : quand \((a_nz_0^n)\) reste bornée, \(\sum a_nz^n\) est absolument convergente dès que \(|z|<|z_0|\). Ici \(z_0=3\), donc le rayon vaut au moins \(3\). Cependant, il peut être plus grand : avec \(a_n=5^{-n}\), la suite est bornée et \(R=5\). Le piège \(R\leq 3\) inverse le sens de l’inégalité. Quant à \(\frac{1}{3}\), il confond le point et son inverse.

Question 2

Une série entière converge au point \(z=2i\) et diverge au point \(z=-5\). Que peut-on dire de son rayon \(R\) ?

  1. \(2\leq R\leq 5\)
  2. \(2<R<5\)
  3. \(2\leq R<5\)
  4. \(R=2\)

Réponse A.

La convergence en un point de module \(2\) impose \(R\geq 2\). De même, la divergence en un point de module \(5\) impose \(R\leq 5\). Ainsi les deux bornes peuvent être atteintes, car le comportement sur le cercle de convergence n’est pas fixé. Par exemple, \(\sum z^n/5^n\) a pour rayon \(5\) et diverge en \(-5\). Le piège est d’exclure les bornes par réflexe.

Question 3

Les coefficients d’une série entière valent \(a_n=\dfrac{n^3}{5^n}\). Combien vaut son rayon ?

  1. \(\dfrac{1}{5}\)
  2. \(1\)
  3. \(5\)
  4. \(+\infty\)

Réponse C.

Le rapport \(\frac{|a_{n+1}|}{|a_n|}=\frac{(n+1)^3}{5n^3}\) a pour limite \(\frac{1}{5}\). D’après d’Alembert, \(R\) est l’inverse de cette limite, soit \(5\). Le piège \(\frac{1}{5}\) oublie de prendre l’inverse. Ensuite, la réponse \(1\) croit que le facteur \(n^3\) impose le rayon, alors qu’un facteur polynomial ne change jamais le rayon. Enfin, \(+\infty\) ignore la puissance de \(5\).

Question 4

Seuls les termes en \(z^{3n}\) apparaissent dans la série \(\sum 2^nz^{3n}\). Quel est son rayon ?

  1. \(\dfrac{1}{2}\)
  2. \(2^{-1/3}\)
  3. \(2^{1/3}\)
  4. \(\dfrac{1}{8}\)

Réponse B.

Les coefficients d’indice non multiple de \(3\) sont nuls. On étudie donc directement la série positive de terme \(2^n|z|^{3n}=(2|z|^3)^n\), qui est géométrique. Elle converge exactement lorsque \(2|z|^3<1\), d’où \(|z|<2^{-1/3}\). Le piège \(\frac{1}{2}\) oublie l’exposant \(3n\) de \(z\). Ensuite, \(2^{1/3}\) oublie d’inverser. Enfin, \(\frac{1}{8}\) élève au cube au lieu de prendre la racine cubique.

Question 5

Quel est le rayon de convergence de \(\sum (2+(-1)^n)^nz^n\) ?

  1. \(\dfrac{1}{2}\)
  2. \(1\)
  3. \(3\)
  4. \(\dfrac{1}{3}\)

Réponse D.

On a toujours \(|a_n|\leq 3^n\), donc par comparaison \(R\geq\frac{1}{3}\). Cependant, pour \(n\) pair, \(a_n=3^n\), donc en \(|z|=\frac{1}{3}\) le terme général vaut \(1\) une fois sur deux et ne tend pas vers \(0\). Par conséquent, \(R=\frac{1}{3}\). Le piège \(\frac{1}{2}\) fait une moyenne entre \(1\) et \(3\). Par ailleurs, d’Alembert ne s’applique pas, car le quotient n’a pas de limite.

Question 6

Deux séries entières ont pour rayons \(2\) et \(5\). Que peut-on dire du rayon \(R\) de leur produit de Cauchy ?

  1. \(R\geq 2\), et il peut être strictement plus grand.
  2. \(R=2\) exactement, comme le plus petit des deux.
  3. \(R=5\) exactement, comme le plus grand des deux.
  4. \(R\geq 5\), car le produit améliore la convergence.

Réponse A.

Sur le disque de rayon \(2\), les deux séries convergent absolument, donc leur produit de Cauchy aussi : ainsi \(R\geq 2\). Cependant, des simplifications peuvent agrandir le rayon. Par exemple, \(\frac{1}{1-z/2}\) et \(\frac{1-z/2}{1-z/5}\) ont pour rayons \(2\) et \(5\), alors que leur produit \(\frac{1}{1-z/5}\) a pour rayon \(5\). Le piège consiste à croire que le minimum est toujours atteint.

Question 7

Comment la série géométrique \(\sum z^n\) converge-t-elle sur son disque ouvert de convergence \(D=\{|z|<1\}\) ?

  1. Normalement sur \(D\) tout entier.
  2. Uniformément sur \(D\), sans être normale.
  3. Normalement sur chaque disque fermé de rayon \(r<1\), mais pas sur \(D\).
  4. Normalement sur le disque fermé de rayon \(1\).

Réponse C.

Pour \(|z|\leq r<1\), on majore \(|z^n|\) par \(r^n\), et \(\sum r^n\) converge : on a donc la convergence normale sur ce disque fermé. En revanche, \(|z^n|\) s’approche de \(1\) quand \(|z|\) s’approche de \(1\), si bien que la borne supérieure de \(|z^n|\) sur \(D\) vaut \(1\). Ainsi il n’y a ni convergence normale ni convergence uniforme sur \(D\). Le piège est de confondre disque ouvert et disques fermés inclus.

Question 8

Une série entière \(\sum a_nx^n\) a pour rayon \(R=1\). Que peut-on dire de la série dérivée \(\sum na_nx^{n-1}\) ?

  1. Elle a un rayon strictement inférieur à \(1\), à cause du facteur \(n\).
  2. Elle a pour rayon \(1\) et converge aux mêmes points du bord.
  3. Elle a un rayon strictement supérieur à \(1\).
  4. Elle a aussi pour rayon \(1\), mais son comportement en \(\pm 1\) peut différer.

Réponse D.

Multiplier les coefficients par \(n\) ne change pas le rayon, car \(n^{1/n}\) tend vers \(1\). Cependant, le bord se comporte autrement : \(\sum\frac{x^n}{n^2}\) converge en \(1\), alors que sa dérivée \(\sum\frac{x^{n-1}}{n}\) y diverge. Par conséquent, on ne peut rien transférer au bord sans étude. Le piège du rayon plus petit surestime l’effet du facteur \(n\).

Question 9

En élevant au carré la série géométrique de raison \(-x\) par produit de Cauchy, que vaut \(\displaystyle\sum_{n\geq 0}(n+1)\left(-\frac{1}{4}\right)^n\) ?

  1. \(\dfrac{16}{9}\)
  2. \(\dfrac{4}{5}\)
  3. \(\dfrac{4}{25}\)
  4. \(\dfrac{16}{25}\)

Réponse D.

Le produit de Cauchy de \(\sum(-x)^n\) par elle-même a pour coefficient \(\sum_{k=0}^{n}(-1)^k(-1)^{n-k}=(n+1)(-1)^n\). Pour \(|x|<1\), la somme vaut donc \(\frac{1}{(1+x)^2}\). Avec \(x=\frac{1}{4}\), on trouve \(\frac{1}{(5/4)^2}=\frac{16}{25}\). Le piège \(\frac{16}{9}\) oublie le signe alterné. Ensuite, \(\frac{4}{5}\) ne met pas au carré, tandis que \(\frac{4}{25}\) multiplie à tort par \(x\).

Question 10

Pour \(|x|<4\), que vaut \(\displaystyle\sum_{n\geq 1}\frac{x^n}{n\,4^n}\) ?

  1. \(\ln\left(1-\dfrac{x}{4}\right)\)
  2. \(-\ln\left(1-\dfrac{x}{4}\right)\)
  3. \(-\ln(1-4x)\)
  4. \(\dfrac{1}{4-x}\)

Réponse B.

La série dérivée a le même rayon, et l’on reconnaît \(\sum\frac{x^{n-1}}{4^n}=\frac{1}{4-x}\). Ensuite, on intègre depuis \(0\), où la somme est nulle, et l’on obtient \(-\ln(4-x)+\ln 4\), soit \(-\ln(1-\frac{x}{4})\). Le piège sans signe moins donne une somme négative pour \(x>0\), ce qui est absurde. Par ailleurs, \(\frac{1}{4-x}\) est seulement la dérivée.

Question 11

Soit \(S(x)=\sum a_nx^n\) de rayon \(1\). On suppose que la série numérique \(\sum a_n\) converge. Que garantit le théorème d’Abel radial ?

  1. \(\sum |a_n|\) converge, donc la convergence est normale sur \([0,1]\).
  2. Réciproquement, si \(S\) a une limite en \(1\), la série \(\sum a_n\) converge.
  3. \(S(x)\) tend vers \(\sum a_n\) quand \(x\) tend vers \(1\) par la gauche.
  4. \(S\) est continue sur \([-1,1]\) tout entier.

Réponse C.

Le théorème d’Abel radial assure la continuité de \(S\) en \(1\) le long du rayon réel. En revanche, la réciproque est fausse : pour \(a_n=(-1)^n\), on a \(S(x)=\frac{1}{1+x}\), qui tend vers \(\frac{1}{2}\), alors que \(\sum(-1)^n\) diverge. De même, \(\sum\frac{(-1)^n}{n}\) converge sans convergence absolue. Enfin, rien n’est dit en \(-1\), où la série peut diverger.

Question 12

Que vaut \(\displaystyle\sum_{n\geq 0}\frac{1}{(2n+1)\,3^{2n+1}}\) ?

  1. \(\dfrac{1}{2}\ln 2\)
  2. \(\ln 2\)
  3. \(\ln\dfrac{3}{2}\)
  4. \(\arctan\dfrac{1}{3}\)

Réponse A.

On pose \(T(x)=\sum\frac{x^{2n+1}}{2n+1}\), de rayon \(1\). Sa dérivée vaut \(\sum x^{2n}=\frac{1}{1-x^2}=\frac{1}{2}\left(\frac{1}{1-x}+\frac{1}{1+x}\right)\). En intégrant depuis \(0\), on obtient \(T(x)=\frac{1}{2}\ln\frac{1+x}{1-x}\), puis \(T(\frac{1}{3})=\frac{1}{2}\ln 2\). Le piège \(\ln 2\) oublie le facteur \(\frac{1}{2}\). Ensuite, \(\ln\frac{3}{2}\) garde aussi les puissances paires. Enfin, l’arctangente correspondrait à des signes alternés.

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