Inégalités par Rolle et par convexité : corrigé du contrôle de maths en MPSI

Inégalités par Rolle et par convexité – Corrigé du contrôle en Maths sup (MPSI) sur Maths-pdf.fr Couverture : Livre de contrôles corrigés de maths MPSI en PDF Télécharger en PDF Le livre des 25 contrôles corrigés en MPSI PDF à imprimer Voir le livre ›


Voici le corrigé du contrôle de maths en MPSI sur le thème « inégalités par Rolle et par convexité », question par question.

Cette correction est rédigée comme une copie excellente : chaque théorème est nommé et ses hypothèses sont vérifiées avant d’être utilisées. Lisez-la après avoir cherché le sujet, afin de comparer votre rédaction ligne par ligne. Le premier exercice montre ainsi comment combiner le théorème de Rolle et celui des valeurs intermédiaires pour compter exactement des zéros. Ensuite, la suite contractante illustre le passage d’une constante de Lipschitz à une vitesse de convergence. Pour la convexité, un schéma corde-tangente rend visibles les deux inégalités sur l’arc tangente. Enfin, le problème détaille la fonction auxiliaire et le double usage de Rolle. Chaque exercice se termine par un barème précis et par un piège fréquent.

L’énoncé complet se trouve ici : Inégalités par Rolle et par convexité : contrôle de maths en MPSI.

Barème du contrôle corrigé : inégalités par Rolle et par convexité

Exercice Points
1. Trois zéros, pas un de plus 4 points
2. Une racine carrée contractante 4 points
3. Jensen, moyennes et boîte de volume fixé 4 points
4. Arc tangente entre corde et tangente 3 points
5. Problème : l’écart entre une courbe et sa corde 5 points
Total 20 points

Le corrigé détaillé : inégalités par Rolle et par convexité

Exercice 1 – Trois zéros, pas un de plus (4 points)

  1. Notons \(x_1 < x_2 < \cdots < x_p\) les zéros distincts de \(f\). Soit \(k \in \{1, \ldots, p – 1\}\). La fonction \(f\) est continue sur \([x_k\,;x_{k+1}]\) et dérivable sur \(\left]x_k\,;x_{k+1}\right[\), car elle est dérivable sur \(\mathbb{R}\). De plus, \(f(x_k) = f(x_{k+1}) = 0\). Le théorème de Rolle fournit donc un réel \(c_k \in \left]x_k\,;x_{k+1}\right[\) tel que \(f^{\prime}(c_k) = 0\). Or ces intervalles ouverts sont deux à deux disjoints, donc \(c_1 < c_2 < \cdots < c_{p-1}\). Ainsi \(f^{\prime}\) s’annule en au moins \(p – 1\) réels distincts.
  2. La fonction \(h\) est de classe \(C^{\infty}\) sur \(\mathbb{R}\). On obtient \(h^{\prime}(x) = \mathrm{e}^{x} – 2(1 + x)\), puis \(h^{\prime\prime}(x) = \mathrm{e}^{x} – 2\) et enfin \(h^{\prime\prime\prime}(x) = \mathrm{e}^{x}\).

    Comme \(h^{\prime\prime\prime} > 0\), la fonction \(h^{\prime\prime}\) est strictement croissante, donc elle s’annule au plus une fois. Supposons alors que \(h\) possède au moins quatre zéros distincts. La question 1 appliquée à \(h\) donne trois zéros pour \(h^{\prime}\), puis appliquée à \(h^{\prime}\), deux zéros pour \(h^{\prime\prime}\) : c’est absurde. Par conséquent, \(h\) possède au plus trois zéros réels.

  3. Questions 3 et 4 : localiser les trois zéros

    D’abord, \(h(0) = 1 – 1 = 0\). Ensuite, \(h(-2) = \mathrm{e}^{-2} – 1 < 0\), car \(\mathrm{e}^{-2} < 1\), et \(h(-1) = \mathrm{e}^{-1} > 0\). Puisque \(h\) est continue, le théorème des valeurs intermédiaires donne un zéro \(\alpha \in \left]-2\,;-1\right[\).

    De même, \(\mathrm{e} < 3\) donne \(\mathrm{e}^2 < 9\), donc \(h(2) = \mathrm{e}^2 – 9 < 0\). En outre, \(\mathrm{e}^3 > 2{,}7^3 = 19{,}683\), donc \(h(3) = \mathrm{e}^3 – 16 > 0\). Le même théorème fournit donc un zéro \(\beta \in \left]2\,;3\right[\).

    Les réels \(\alpha\), \(0\) et \(\beta\) sont distincts. Or \(h\) a au plus trois zéros d’après la question 2. Ainsi \(h\) admet exactement trois zéros : \(\alpha\), \(0\) et \(\beta\).

  4. La fonction \(h\) est continue et ne s’annule pas sur l’intervalle \(\left]0\,;\beta\right[\), puisque ses seuls zéros sont \(\alpha\), \(0\) et \(\beta\). Par le théorème des valeurs intermédiaires, elle y garde donc un signe constant. Or \(1 \in \left]0\,;\beta\right[\) et \(h(1) = \mathrm{e} – 4 < 0\). Donc \(h < 0\) sur \(\left]0\,;\beta\right[\), c’est-à-dire \(\mathrm{e}^{x} < (1 + x)^2\) pour tout \(x \in \left]0\,;\beta\right[\).

Barème : 1) application de Rolle sur chaque intervalle (0,75) et zéros distincts justifiés (0,25) ; 2) dérivées (0,5) et raisonnement par l’absurde (0,5) ; 3) trois zéros localisés (1) et conclusion « exactement » (0,5) ; 4) 0,5 point.

Piège classique : oublier de dire que les zéros obtenus par Rolle sont distincts. C’est pourtant le point qui permet d’itérer le raisonnement.

Exercice 2 – Une racine carrée contractante (4 points)

  1. Pour \(x \in I\), on a \(x + 6 \geq 4\), donc \(g(x) \geq 2 \geq -2\). Ainsi \(g(I) \subset \left[2\,;+\infty\right[ \subset I\).

    Ensuite, \(x + 6 > 0\) sur \(I\), donc \(g\) est dérivable sur \(I\), avec \(g^{\prime}(x) = \frac{1}{2\sqrt{x + 6}}\). Comme \(\sqrt{x + 6} \geq 2\), on obtient \(0 < g^{\prime}(x) \leq \frac{1}{4}\). L’inégalité des accroissements finis s’applique alors sur l’intervalle \(I\). Pour tous \(x, y \in I\), \(\left|g(x) – g(y)\right| \leq \frac{1}{4}\left|x – y\right|\) : la fonction \(g\) est \(\frac{1}{4}\)-lipschitzienne sur \(I\).

  2. On a \(g(3) = \sqrt{9} = 3\), donc \(3\) est un point fixe. Soit maintenant \(\ell \in I\) tel que \(g(\ell) = \ell\). Alors \(\left|\ell – 3\right| = \left|g(\ell) – g(3)\right| \leq \frac{1}{4}\left|\ell – 3\right|\), donc \(\frac{3}{4}\left|\ell – 3\right| \leq 0\). Ainsi \(\ell = 3\), et 3 est l’unique point fixe de \(g\) dans \(I\).
  3. Raisonnons par récurrence sur \(n\). Pour \(n = 0\), on a \(u_0 = 0 \in I\) et \(\left|u_0 – 3\right| = 3 = \frac{3}{4^0}\).

    Supposons ensuite la propriété vraie au rang \(n\). Comme \(u_n \in I\), on a \(u_{n+1} = g(u_n) \in g(I) \subset I\). De plus, grâce à la question 1 :

    \[\left|u_{n+1} – 3\right| = \left|g(u_n) – g(3)\right| \leq \frac{1}{4}\left|u_n – 3\right| \leq \frac{1}{4} \times \frac{3}{4^n} = \frac{3}{4^{n+1}}.\]

    La propriété est donc héréditaire, et elle est vraie pour tout \(n\). Enfin, \(\frac{3}{4^n} \to 0\), car \(0 < \frac{1}{4} < 1\). Par encadrement, la suite \((u_n)\) converge vers 3.

  4. Il suffit que \(\frac{3}{4^n} \leq 10^{-3}\), c’est-à-dire \(4^n \geq 3000\). Or \(4^5 = 1024 < 3000\) et \(4^6 = 4096 \geq 3000\). Comme \(n \mapsto 4^n\) est croissante, pour \(n \geq 6\), on a \(\left|u_n – 3\right| \leq \frac{3}{4096} < 10^{-3}\). Le rang \(N = 6\) convient.

Barème : 1) stabilité de \(I\) (0,25), majoration de \(g^{\prime}\) (0,5) et accroissements finis cités (0,25) ; 2) 0,5 point ; 3) initialisation (0,25), hérédité (1) et limite (0,25) ; 4) 1 point.

Piège classique : appliquer l’inégalité \(\left|g(x) – g(y)\right| \leq \frac{1}{4}\left|x – y\right|\) sans avoir prouvé que tous les termes restent dans \(I\). La stabilité de \(I\) est indispensable.

Exercice 3 – Jensen, moyennes et boîte de volume fixé (4 points)

  1. La fonction \(\ln\) est deux fois dérivable sur \(\left]0\,;+\infty\right[\), avec \(\ln^{\prime\prime}(x) = -\frac{1}{x^2} < 0\). Par la caractérisation par la dérivée seconde, \(\ln\) est donc concave, autrement dit \(-\ln\) est convexe.

    Appliquons alors l’inégalité de Jensen à \(-\ln\) et aux réels \(x_1, \ldots, x_n\) :

    \[-\ln\left(\frac{x_1 + \cdots + x_n}{n}\right) \leq -\frac{\ln x_1 + \cdots + \ln x_n}{n} = -\ln\left(\left(x_1 \cdots x_n\right)^{1/n}\right).\]

    Ainsi \(\ln\left(\left(x_1 \cdots x_n\right)^{1/n}\right) \leq \ln\left(\frac{x_1 + \cdots + x_n}{n}\right)\). Enfin, l’exponentielle est croissante. Donc \(\left(x_1 \cdots x_n\right)^{1/n} \leq \frac{x_1 + \cdots + x_n}{n}\).

  2. L’aire totale vaut \(S = 2(ab + bc + ca)\), avec \(abc = 27\). Appliquons la question 1 avec \(n = 3\) aux réels \(ab\), \(bc\) et \(ca\), dont le produit est \((abc)^2 = 729 = 9^3\). On obtient \(\frac{ab + bc + ca}{3} \geq 9\), donc \(ab + bc + ca \geq 27\) et \(S \geq 54\). De plus, le cube d’arête 3 cm a un volume de \(27\text{ cm}^3\) et une aire de \(6 \times 9 = 54\text{ cm}^2\). L’aire vaut donc au moins \(54\text{ cm}^2\), et cette valeur est atteinte par le cube de côté 3 cm.
  3. Questions 3 et 4 : une fonction convexe bien choisie

    La fonction \(\psi\) est de classe \(C^2\) sur \(\mathbb{R}\), avec \(\psi^{\prime}(t) = \frac{\mathrm{e}^{t}}{1 + \mathrm{e}^{t}}\). Ensuite :

    \[\psi^{\prime\prime}(t) = \frac{\mathrm{e}^{t}\left(1 + \mathrm{e}^{t}\right) – \mathrm{e}^{t} \times \mathrm{e}^{t}}{\left(1 + \mathrm{e}^{t}\right)^2} = \frac{\mathrm{e}^{t}}{\left(1 + \mathrm{e}^{t}\right)^2} > 0.\]

    Ainsi \(\psi\) est convexe sur \(\mathbb{R}\). Posons alors \(t_i = \ln y_i\), de sorte que \(\mathrm{e}^{t_i} = y_i\). D’une part, \(\frac{t_1 + \cdots + t_n}{n} = \ln\left(\left(y_1 \cdots y_n\right)^{1/n}\right)\), donc le membre de gauche de Jensen vaut \(\ln\left(1 + \left(y_1 \cdots y_n\right)^{1/n}\right)\). D’autre part, le membre de droite vaut \(\frac{1}{n}\sum_{i=1}^{n} \ln(1 + y_i) = \ln\left(\Big((1 + y_1) \cdots (1 + y_n)\Big)^{1/n}\right)\).

    L’inégalité de Jensen compare ces deux logarithmes, puis la croissance de l’exponentielle conclut. On a bien \(1 + \left(y_1 \cdots y_n\right)^{1/n} \leq \Big((1 + y_1) \cdots (1 + y_n)\Big)^{1/n}\).

  4. Avec \(n = 3\) et \(abc = 1\), la question 3 donne \(1 + 1 \leq \Big((1 + a)(1 + b)(1 + c)\Big)^{1/3}\). Comme \(x \mapsto x^3\) est croissante sur \(\left[0\,;+\infty\right[\), on élève au cube. Ainsi \((1 + a)(1 + b)(1 + c) \geq 8\).

Barème : 1) concavité (0,25) et Jensen correctement orienté (0,75) ; 2) inégalité (0,75) et cas d’égalité (0,25) ; 3) dérivée seconde (0,5), choix \(t_i = \ln y_i\) (0,5) et conclusion (0,5) ; 4) 0,5 point.

Piège classique : appliquer Jensen dans le mauvais sens à une fonction concave. Passez par \(-\ln\), qui est convexe, afin de ne pas vous tromper.

Exercice 4 – Arc tangente entre corde et tangente (3 points)

  1. La fonction \(\arctan\) est de classe \(C^{\infty}\), avec \(\arctan^{\prime}(x) = \frac{1}{1 + x^2}\) et \(\arctan^{\prime\prime}(x) = -\frac{2x}{\left(1 + x^2\right)^2}\). Pour \(x \geq 0\), cette dérivée seconde est négative. Par la caractérisation par la dérivée seconde, \(\arctan\) est donc concave sur \(\left[0\,;+\infty\right[\).
  2. Une fonction concave est au-dessous de ses tangentes. Or la tangente en 0 a pour équation \(y = \arctan 0 + \arctan^{\prime}(0)\,x = x\). Ainsi \(\arctan x \leq x\) pour tout \(x \geq 0\), en particulier sur \([0\,;1]\).

    Par ailleurs, une fonction concave est au-dessus de ses cordes. La corde entre les points d’abscisses 0 et 1 relie \((0\,;0)\) à \(\left(1\,;\frac{\pi}{4}\right)\), donc elle a pour équation \(y = \frac{\pi}{4}\,x\). Ainsi, pour tout \(x \in [0\,;1]\), \(\frac{\pi}{4}\,x \leq \arctan x \leq x\).

  3. Pour une fonction concave, le taux d’accroissement \(t \mapsto \frac{f(t) – f(0)}{t – 0}\) est décroissant : c’est la croissance des pentes appliquée à la fonction convexe \(-f\). Avec \(f = \arctan\), ce taux vaut \(\frac{\arctan t}{t}\). Il est donc décroissant sur \(\left]0\,;+\infty\right[\).

    Pour \(t \geq 1\), on en déduit \(\frac{\arctan t}{t} \leq \frac{\arctan 1}{1} = \frac{\pi}{4}\). Donc \(\arctan t \leq \frac{\pi}{4}\,t\) pour tout \(t \geq 1\) : au-delà de 1, la courbe passe sous la droite qui prolonge la corde.

Courbe de l arc tangente entre 0 et 2,5 avec la tangente en 0 d équation y égale x et la corde prolongée d équation y égale pi x sur 4

Barème : 1) dérivée seconde et signe (1) ; 2) tangente (0,5) et corde (0,5), propriétés nommées ; 3) décroissance des pentes (0,75) et conséquence pour \(t \geq 1\) (0,25).

Piège classique : croire que l’inégalité de corde reste vraie hors de \([0\,;1]\). La figure montre au contraire que l’ordre s’inverse après 1.

Exercice 5 – Problème : l’écart entre une courbe et sa corde (5 points)

Partie A : la fonction auxiliaire et le double Rolle

  1. Comme \(a < x_0 < b\), le réel \((x_0 – a)(x_0 – b)\) est strictement négatif, donc non nul. Ainsi \(K = \frac{f(x_0) – L(x_0)}{(x_0 – a)(x_0 – b)}\) convient, et c’est le seul choix possible.

    La fonction \(\varphi\) est de classe \(C^2\) sur \([a\,;b]\), comme somme de telles fonctions. De plus, \(\varphi(a) = f(a) – L(a) = 0\), \(\varphi(b) = 0\) et \(\varphi(x_0) = 0\). Le théorème de Rolle, appliqué sur \([a\,;x_0]\) puis sur \([x_0\,;b]\), donne \(c_1 \in \left]a\,;x_0\right[\) et \(c_2 \in \left]x_0\,;b\right[\) tels que \(\varphi^{\prime}(c_1) = \varphi^{\prime}(c_2) = 0\).

    Ensuite, \(\varphi^{\prime}\) est continue sur \([c_1\,;c_2]\) et dérivable sur \(\left]c_1\,;c_2\right[\). Une nouvelle application de Rolle fournit donc \(c \in \left]c_1\,;c_2\right[ \subset \left]a\,;b\right[\) tel que \(\varphi^{\prime\prime}(c) = 0\). Or \(L^{\prime\prime} = 0\) et la dérivée seconde de \(t \mapsto (t – a)(t – b)\) vaut 2, donc \(\varphi^{\prime\prime}(t) = f^{\prime\prime}(t) – 2K\). Il vient \(K = \frac{f^{\prime\prime}(c)}{2}\). Enfin, \(\varphi(x_0) = 0\) s’écrit \(f(x_0) – L(x_0) = K(x_0 – a)(x_0 – b)\). Ainsi \(f(x_0) – L(x_0) = \frac{f^{\prime\prime}(c)}{2}(x_0 – a)(x_0 – b)\).

  2. Questions 2 et 3 : majoration et position par rapport à la corde

    La fonction \(\left|f^{\prime\prime}\right|\) est continue sur le segment \([a\,;b]\), donc elle est bornée et atteint son maximum \(M\), par le théorème des bornes atteintes. Pour \(x \in \left]a\,;b\right[\), la question 1 donne \(\left|f(x) – L(x)\right| = \frac{\left|f^{\prime\prime}(c)\right|}{2}(x – a)(b – x) \leq \frac{M}{2}(x – a)(b – x)\), car \((x – a)(b – x) \geq 0\). En \(a\) et en \(b\), les deux membres sont nuls. L’inégalité est donc vraie sur tout \([a\,;b]\).

  3. Si \(f^{\prime\prime} \geq 0\), alors \(f^{\prime\prime}(c) \geq 0\), tandis que \((x_0 – a)(x_0 – b) < 0\). Par conséquent, \(f(x_0) – L(x_0) \leq 0\) pour tout \(x_0 \in \left]a\,;b\right[\), et l’égalité a lieu en \(a\) et en \(b\). La courbe de \(f\) est donc sous sa corde sur \([a\,;b]\). On retrouve ainsi un résultat de cours : une fonction de dérivée seconde positive est convexe, donc située sous ses cordes.

Partie B : encadrer ln 3 et tester la constante

  1. La corde passe par \((1\,;0)\) et \((2\,;\ln 2)\), donc \(L(x) = (x – 1)\ln 2\). Appliquons la question A.1 en \(x_0 = \frac{3}{2}\) : on a \((x_0 – 1)(x_0 – 2) = \frac{1}{2} \times \left(-\frac{1}{2}\right) = -\frac{1}{4}\), et \(f^{\prime\prime}(c) = -\frac{1}{c^2}\) avec \(c \in \left]1\,;2\right[\). Ainsi

    \[\ln\frac{3}{2} – \frac{1}{2}\ln 2 = -\frac{1}{c^2} \times \frac{1}{2} \times \left(-\frac{1}{4}\right) = \frac{1}{8c^2}.\]

    Or \(1 < c^2 < 4\), donc \(\frac{1}{32} < \frac{1}{8c^2} < \frac{1}{8}\). Comme \(\ln\frac{3}{2} = \ln 3 – \ln 2\), on obtient \(\frac{1}{32} \leq \ln 3 – \frac{3}{2}\ln 2 \leq \frac{1}{8}\). D’où \(\frac{3}{2}\ln 2 + \frac{1}{32} \leq \ln 3 \leq \frac{3}{2}\ln 2 + \frac{1}{8}\).

  2. Pour \(f(x) = x^2\), la corde vaut \(L(x) = (a + b)x – ab\), car \(L(a) = a^2\) et \(L(b) = b^2\). Alors \(f(x) – L(x) = (x – a)(x – b)\), et \(M = 2\). Ainsi \(\left|f(x) – L(x)\right| = (x – a)(b – x) = \frac{M}{2}(x – a)(b – x)\) : l’inégalité est une égalité. Si une constante \(k < \frac{1}{2}\) convenait, on aurait \((x – a)(b – x) \leq 2k(x – a)(b – x)\) pour \(x \in \left]a\,;b\right[\), donc \(1 \leq 2k\), ce qui est absurde. La constante \(\frac{1}{2}\) est donc optimale.

Barème : A.1) existence de \(K\) (0,25), double Rolle (0,75) et calcul de \(\varphi^{\prime\prime}\) (0,5) ; A.2) 0,5 point ; A.3) signe (0,5) et lien avec la convexité (0,5) ; B.1) corde (0,25), écart exprimé (0,75) et encadrement (0,5) ; B.2) 0,5 point.

Piège classique : appliquer Rolle à \(\varphi^{\prime}\) sans vérifier que \(\varphi\) est deux fois dérivable. L’hypothèse \(C^2\) sert précisément à cette seconde application.

À retenir de ce contrôle

  • Si une fonction n fois dérivable possède n + 1 zéros distincts, alors sa dérivée n-ième s’annule au moins une fois, par Rolle appliqué n fois.
  • Une majoration de |g’| par un réel k strictement inférieur à 1 sur un intervalle stable rend g k-lipschitzienne, et la suite récurrente converge alors au moins géométriquement.
  • Une fonction deux fois dérivable est convexe sur un intervalle si et seulement si sa dérivée seconde y est positive ; elle est alors sous ses cordes et au-dessus de ses tangentes.
  • L’inégalité arithmético-géométrique découle de la concavité du logarithme et de l’inégalité de Jensen à poids égaux, avec égalité quand tous les réels sont égaux.
  • Pour comparer une fonction à un polynôme, on fabrique une fonction auxiliaire qui s’annule en plusieurs points, puis on applique Rolle autant de fois que nécessaire.

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Consolider inégalités par Rolle et par convexité après ce corrigé

Pour ne plus perdre de points sur ce thème, relisez le cours dérivabilité, rolle et accroissements finis puis fonctions convexes et inégalités de convexité ; entraînez-vous sur les exercices dérivabilité, rolle et accroissements finis et fonctions convexes et inégalités de convexité.

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