Distance à un sous-espace euclidien : corrigé du contrôle de maths en MPSI
Voici le corrigé du contrôle de maths en MPSI sur le thème « distance à un sous-espace euclidien », question par question.
Cette correction reprend le sujet dans l’ordre et rédige chaque réponse comme une copie de concours. La preuve de Cauchy-Schwarz passe par un trinôme de signe constant, puis le cas d’égalité est traité à part. Pour chaque forme bilinéaire, les quatre propriétés d’un produit scalaire sont vérifiées, notamment le caractère défini. Ensuite, le procédé de Gram-Schmidt est détaillé étape par étape, et chaque projeté est contrôlé par le théorème de Pythagore. Un schéma de projection orthogonale rappelle aussi la géométrie qui se cache derrière les calculs. Enfin, le problème traduit le minimum cherché en distance à un sous-espace. Cherchez chaque exercice avant de lire sa solution, puis comparez vos justifications.
L’énoncé complet se trouve ici : Distance à un sous-espace euclidien : contrôle de maths en MPSI.
Barème du contrôle corrigé : distance à un sous-espace euclidien
| Exercice | Points |
|---|---|
| 1. Question de cours : l’inégalité de Cauchy-Schwarz | 3 points |
| 2. Un produit scalaire inhabituel sur le plan | 4 points |
| 3. Gram-Schmidt et projection dans R4 | 4,5 points |
| 4. Matrices symétriques et antisymétriques | 4 points |
| 5. Problème : une meilleure approximation pondérée | 4,5 points |
| Total | 20 points |
Le corrigé détaillé : distance à un sous-espace euclidien
Exercice 1 – Question de cours : l’inégalité de Cauchy-Schwarz (3 points)
- Pour \(x\) et \(y\) dans \(E\) : \(|(x \mid y)| \leq \|x\|\,\|y\|\). L’inégalité devient une égalité exactement lorsque la famille \((x, y)\) est liée.
-
Le cas \(y = 0\) est immédiat : chaque membre vaut 0, et \((x, y)\) est liée. On suppose désormais \(y \neq 0\). Développons alors \(\|x + \lambda y\|^2\) par bilinéarité et symétrie, pour \(\lambda\) réel :
\[0 \leq \|x + \lambda y\|^2 = \|y\|^2 \lambda^2 + 2(x \mid y)\lambda + \|x\|^2.\]
Le coefficient \(\|y\|^2\) est strictement positif. Cette fonction polynomiale de degré 2 ne prend que des valeurs positives : elle a au plus une racine réelle, et par suite \(4(x \mid y)^2 – 4\|x\|^2\|y\|^2 \leq 0\). On en tire \((x \mid y)^2 \leq \|x\|^2\|y\|^2\), puis l’inégalité par passage à la racine carrée.
Cas d’égalité. Si le discriminant est nul, le trinôme admet une racine \(\lambda_0\), et alors \(\|x + \lambda_0 y\| = 0\). Le produit scalaire étant défini, \(x = -\lambda_0 y\) : les vecteurs sont colinéaires. Réciproquement, si \(x = \mu y\), alors \(|(x \mid y)| = |\mu|\,\|y\|^2 = \|x\|\,\|y\|\). L’égalité caractérise donc les familles liées.
- Notons \(c = (4, 4, 7)\) ; sa norme vaut \(\sqrt{16 + 16 + 49} = 9\). Si \(m = (x, y, z)\) est unitaire, alors \(4x + 4y + 7z = (m \mid c) \leq \|m\|\,\|c\| = 9\). Le cas d’égalité, avec un produit scalaire positif, exige ensuite \(m = \frac{1}{9}c\). Réciproquement, ce vecteur est unitaire et donne \(\frac{16 + 16 + 49}{9} = 9\). La plus grande valeur est 9, atteinte seulement en \(\left(\frac{4}{9}, \frac{4}{9}, \frac{7}{9}\right)\).
Piège classique : oublier le cas \(y = 0\). Le polynôme n’est alors plus de degré 2, et l’argument du discriminant ne s’applique pas.
Exercice 2 – Un produit scalaire inhabituel sur le plan (4 points)
- Chaque terme \(x_iy_j\) dépend linéairement de \(x\) comme de \(y\), donc \(\beta\) est bilinéaire. Quand on échange \(x\) et \(y\), les termes croisés \(x_1y_2\) et \(x_2y_1\) permutent, si bien que \(\beta\) est symétrique. Ensuite, \(\beta(x, x) = x_1^2 + 2x_1x_2 + 2x_2^2 = (x_1 + x_2)^2 + x_2^2\), qui est positif. Enfin, si ce nombre est nul, les deux carrés le sont : \(x_2 = 0\), puis \(x_1 = 0\). Par conséquent, \(\beta\) est un produit scalaire sur \(\mathbb{R}^2\).
- On calcule \(\beta(e_1, e_1) = 1\), \(\beta(e_2, e_2) = 2\) et \(\beta(e_1, e_2) = 1\). Ainsi \(e_1\) est unitaire, tandis que \(e_2\) a pour norme \(\sqrt{2}\). Le cosinus de l’angle vaut alors \(\frac{1}{1 \times \sqrt{2}} = \frac{\sqrt{2}}{2}\). Pour \(\beta\), l’angle entre \(e_1\) et \(e_2\) mesure donc \(\frac{\pi}{4}\), et non \(\frac{\pi}{2}\).
- Pour \(y = (y_1, y_2)\), on obtient \(\beta(e_1, y) = y_1 + y_2\). L’orthogonal de \(e_1\) est donc la droite d’équation \(y_2 = -y_1\), engendrée par \((1, -1)\). Or \(\beta\left((1, -1), (1, -1)\right) = 1 – 2 + 2 = 1\), et \(e_1\) est déjà unitaire. La base \(u = (1, 0)\), \(v = (1, -1)\) est donc orthonormée pour \(\beta\).
-
Le calcul \(\beta(A, A) = 1 – 2 + 2 = 1\) montre que \(A\) appartient à \(\Sigma\). Comme \(u\) et \(v\) sont unitaires pour \(\beta\), leurs extrémités sont elles aussi sur \(\Sigma\).
Cependant, la figure est tracée dans un repère orthonormé pour le produit scalaire usuel. Pour celui-ci, \(u\) et \(v\) ont un produit scalaire égal à \(1\), non nul. L’orthogonalité dépend donc du produit scalaire choisi : \(u\) et \(v\) sont orthogonaux pour \(\beta\) seulement.
Piège classique : s’arrêter à la positivité. Il faut aussi prouver que seul le vecteur nul a une norme nulle, et l’écriture en somme de carrés le donne en une ligne.
Exercice 3 – Gram-Schmidt et projection dans R4 (4,5 points)
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Question 1 : le procédé de Gram-Schmidt
D’abord, \(\|u_1\| = \sqrt{1 + 4 + 0 + 4} = 3\), donc \(g_1 = \frac{1}{3}(1, 2, 0, 2)\). Ensuite, \((u_2 \mid g_1) = \frac{3 + 2 + 0 + 4}{3} = 3\), et l’on retire à \(u_2\) sa composante selon \(g_1\) :
\[u_2 – 3g_1 = (3, 1, 2, 2) – (1, 2, 0, 2) = (2, -1, 2, 0).\]
Ce vecteur a pour norme \(\sqrt{4 + 1 + 4} = 3\), et il est bien orthogonal à \(u_1\) puisque \(2 – 2 + 0 + 0 = 0\). On obtient \(g_1 = \frac{1}{3}(1, 2, 0, 2)\) et \(g_2 = \frac{1}{3}(2, -1, 2, 0)\).
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Question 2 : le projeté orthogonal
Comme \((g_1, g_2)\) est une base orthonormée de \(F\), le projeté vaut \(p = (w \mid g_1)g_1 + (w \mid g_2)g_2\). Or \((w \mid g_1) = \frac{3 + 12}{3} = 5\) et \((w \mid g_2) = \frac{6}{3} = 2\). Par conséquent :
\[p = \frac{5}{3}(1, 2, 0, 2) + \frac{2}{3}(2, -1, 2, 0) = \frac{1}{3}(9, 8, 4, 10).\]
Ainsi \(p = \left(3, \frac{8}{3}, \frac{4}{3}, \frac{10}{3}\right)\). On contrôle que \(w – p = \frac{1}{3}(0, -8, -4, 8)\) est orthogonal à \(u_1\) et à \(u_2\) : \(-16 + 16 = 0\) et \(-8 – 8 + 16 = 0\).
- La distance vaut \(\|w – p\| = \frac{1}{3}\sqrt{64 + 16 + 64} = \frac{12}{3}\). Donc \(d(w, F) = 4\). Vérification par Pythagore : \(\|w\|^2 = 9 + 36 = 45\) et \(\|p\|^2 = 5^2 + 2^2 = 29\), d’où \(\|w\|^2 – \|p\|^2 = 16 = 4^2\). Le schéma ci-dessous résume cette situation.
- Comme \(\dim F = 2\), l’orthogonal \(F^{\perp}\) est de dimension \(4 – 2 = 2\). Il contient \(a = (0, -2, -1, 2)\), colinéaire à \(w – p\). Cherchons un second vecteur avec \(x_2 = 0\) : les équations \(x_1 + 2x_4 = 0\) et \(2x_1 + 2x_3 = 0\) (orthogonalité à \(u_1\) et à \(u_2 – u_1\)) donnent \(b = (2, 0, -2, -1)\). Les vecteurs \(a\) et \(b\) ne sont pas colinéaires. Ainsi \((a, b)\) est une base de \(F^{\perp}\).
Piège classique : projeter avec la base \((u_1, u_2)\), qui n’est pas orthogonale. La formule \(\sum (w \mid g_k)g_k\) n’est valable qu’avec une base orthonormée.
Exercice 4 – Matrices symétriques et antisymétriques (4 points)
- On utilise \(\mathrm{tr}(N^{T}) = \mathrm{tr}(N)\) et \(\mathrm{tr}(NN^{\prime}) = \mathrm{tr}(N^{\prime}N)\). Puisque \(S^{T} = S\) et \(A^{T} = -A\), on obtient : \(\mathrm{tr}(SA) = \mathrm{tr}\left((SA)^{T}\right) = \mathrm{tr}(A^{T}S^{T}) = -\mathrm{tr}(AS) = -\mathrm{tr}(SA)\). Donc \(\mathrm{tr}(SA) = 0\). Or \((S \mid A) = \mathrm{tr}(S^{T}A) = \mathrm{tr}(SA)\). Par conséquent, \(S\) et \(A\) sont orthogonales.
- On sait que \(\dim \mathrm{Sym}_n = \frac{n(n+1)}{2}\) et \(\dim \mathrm{Ant}_n = \frac{n(n-1)}{2}\). D’après la question 1, \(\mathrm{Ant}_n \subset \mathrm{Sym}_n^{\perp}\). De plus, en dimension finie, \(\dim \mathrm{Sym}_n^{\perp} = n^2 – \frac{n(n+1)}{2} = \frac{n(n-1)}{2}\). L’inclusion entre deux espaces de même dimension est une égalité. Ainsi \(\mathrm{Sym}_n^{\perp} = \mathrm{Ant}_n\).
-
On écrit \(M = S + A\), avec \(S = \frac{1}{2}(M + M^{T})\) symétrique et \(A = \frac{1}{2}(M – M^{T})\) antisymétrique. Comme \(A \in \mathrm{Sym}_3^{\perp}\), la matrice \(S\) est le projeté orthogonal de \(M\) sur \(\mathrm{Sym}_3\), et la distance vaut \(\|A\|\). Les calculs donnent :
\[S = \begin{pmatrix} 2 & 2 & 1 \\ 2 & 1 & 2 \\ 1 & 2 & 5 \end{pmatrix}, \quad A = \begin{pmatrix} 0 & -1 & -1 \\ 1 & 0 & 2 \\ 1 & -2 & 0 \end{pmatrix}.\]
La norme associée est la somme des carrés des coefficients, donc \(\|A\|^2 = 1 + 1 + 1 + 4 + 1 + 4 = 12\). Conclusion : \(M\) se projette sur \(\mathrm{Sym}_3\) en \(S\), à une distance égale à \(\sqrt{12} = 2\sqrt{3}\).
Exercice 5 – Problème : une meilleure approximation pondérée (4,5 points)
- Grâce à la linéarité de l’intégrale, la forme est bilinéaire ; sa symétrie se lit directement sur la formule. Pour \(P\) de degré au plus 2, la fonction \(t \mapsto 2tP(t)^2\) ne prend que des valeurs positives sur \([0, 1]\), donc \(\langle P, P \rangle \geq 0\). Supposons maintenant \(\langle P, P \rangle = 0\). Puisque cette fonction positive est continue sur le segment et que son intégrale s’annule, elle est identiquement nulle. Ainsi \(P(t) = 0\) pour tout \(t \in \,]0, 1]\), et \(P\) possède une infinité de racines. Donc \(P = 0\), ce qui achève de prouver que la formule définit un produit scalaire sur \(\mathbb{R}_2[X]\).
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Question 2 : une base orthonormée de R1[X]
Pour tous entiers \(j\) et \(k\), on a \(\langle X^j, X^k \rangle = \int_0^1 2t^{j+k+1}\,\mathrm{d}t = \frac{2}{j+k+2}\). En particulier, \(\|1\|^2 = 1\), \(\langle X, 1 \rangle = \frac{2}{3}\) et \(\|X\|^2 = \frac{1}{2}\).
On pose d’abord \(g_0 = 1\), déjà unitaire. Ensuite, \(X – \langle X, 1 \rangle \cdot 1 = X – \frac{2}{3}\), dont le carré de la norme vaut \(\frac{1}{2} – 2 \times \frac{2}{3} \times \frac{2}{3} + \frac{4}{9} = \frac{1}{2} – \frac{4}{9} = \frac{1}{18}\). On multiplie donc par \(\sqrt{18} = 3\sqrt{2}\). La base orthonormée obtenue est \(g_0 = 1\), \(g_1 = \sqrt{2}\,(3X – 2)\).
- Le projeté de \(X^2\) sur \(\mathbb{R}_1[X]\) vaut \(p = \langle X^2, g_0 \rangle g_0 + \langle X^2, g_1 \rangle g_1\). Or \(\langle X^2, 1 \rangle = \frac{2}{4} = \frac{1}{2}\) et \(\langle X^2, g_1 \rangle = \sqrt{2}\left(3 \times \frac{2}{5} – 2 \times \frac{1}{2}\right) = \frac{\sqrt{2}}{5}\). Il vient alors \(p = \frac{1}{2} + \frac{2}{5}(3X – 2)\). Ainsi \(p = \frac{6}{5}X – \frac{3}{10}\).
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Question 4 : le minimum cherché
Pour tous réels \(a\) et \(b\), on a \(J(a, b) = \left\| X^2 – (aX + b) \right\|^2\), et \(aX + b\) décrit exactement \(\mathbb{R}_1[X]\). Le minimum de \(J\) est donc le carré de la distance de \(X^2\) à \(\mathbb{R}_1[X]\). Par le théorème de Pythagore, \(\left\| X^2 – Q \right\|^2 = \left\| X^2 – p \right\|^2 + \|p – Q\|^2\) pour tout \(Q \in \mathbb{R}_1[X]\) : le minimum est atteint pour \(Q = p\), et pour lui seul.
Enfin, \(\left\| X^2 – p \right\|^2 = \|X^2\|^2 – \|p\|^2 = \frac{2}{6} – \left(\frac{1}{4} + \frac{2}{25}\right) = \frac{1}{3} – \frac{33}{100} = \frac{1}{300}\). Le minimum de \(J\) vaut \(\frac{1}{300}\), atteint uniquement pour \(a = \frac{6}{5}\) et \(b = -\frac{3}{10}\). La figure montre cette droite : elle colle davantage à la parabole près de 1, là où le poids est fort.
Piège classique : conclure \(\langle P, P \rangle = 0 \Rightarrow P = 0\) sans invoquer la continuité. C’est elle qui transforme une intégrale nulle en fonction nulle, puis en polynôme nul.
À retenir de ce contrôle
- L’inégalité de Cauchy-Schwarz devient une égalité exactement quand les deux vecteurs sont colinéaires, ce qui permet de trouver le point où un maximum est atteint.
- Pour prouver qu’une forme est définie, on montre que q(x) = 0 force x = 0, souvent en écrivant q(x) comme une somme de carrés.
- Dans une base orthonormée (e1, …, ep) de F, le projeté orthogonal de v sur F est la somme des produits scalaires (v | ek) multipliés par ek.
- La distance de v à F vaut la norme de v − p, et le théorème de Pythagore donne aussi son carré : norme de v au carré moins norme de p au carré.
- Minimiser une intégrale de carré revient à calculer une distance à un sous-espace pour un produit scalaire bien choisi, puis à projeter.
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