QCM : Lois internes, groupes et anneaux en maths sup (MPSI)

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Ce QCM groupes MPSI passe en revue les vérifications que l’on attend en colle sur les structures algébriques. Il part des lois de composition interne, du neutre et du symétrique, puis demande de reconnaître un sous-groupe et d’en citer la caractérisation exacte. Viennent ensuite les permutations, le groupe produit, le noyau et l’image d’un morphisme, l’isomorphisme, puis les anneaux : inversibles, calcul matriciel non commutatif, morphisme d’anneaux et corps.

Réponds d’abord sans le cours, en testant chaque proposition sur un petit exemple au brouillon. Lis ensuite chaque explication. Elle justifie la bonne réponse et nomme le piège visé : hypothèse oubliée dans la caractérisation, loi d’arrivée mal identifiée, inverse confondu avec opposé, anneau pris à tort pour intègre.

Les 12 questions

Question 1

Laquelle de ces opérations est une loi de composition interne sur \(\mathbb{N}\) ?

  1. \((a,b)\mapsto a-b\)
  2. \((a,b)\mapsto a+2b\)
  3. \((a,b)\mapsto \dfrac{a}{b+1}\)
  4. \((a,b)\mapsto \sqrt{ab}\)

Réponse B.

Une loi interne sur \(\mathbb{N}\) doit renvoyer un entier naturel pour tout couple. Or \(a+2b\) est bien un entier positif. En revanche, \(a-b\) sort de \(\mathbb{N}\) dès que \(a<b\), par exemple \(1-3=-2\). De même, \(\frac{3}{2}\) montre que le quotient \(\frac{a}{b+1}\) échoue. Enfin, \(\sqrt{2\times 1}\) est irrationnel : tester un seul couple bien choisi suffit à exclure une loi.

Question 2

Sur \(\mathbb{R}\), on pose \(a\star b=a+b-3\). Quel est le neutre, et quel est le symétrique d’un réel \(a\) ?

  1. Neutre \(0\), symétrique \(-a\)
  2. Neutre \(3\), symétrique \(3-a\)
  3. Neutre \(3\), symétrique \(6-a\)
  4. Neutre \(-3\), symétrique \(-6-a\)

Réponse C.

On cherche \(e\) tel que \(a+e-3=a\) pour tout \(a\), donc \(e=3\). Ensuite, le symétrique \(a^{\prime}\) vérifie \(a+a^{\prime}-3=3\), ainsi \(a^{\prime}=6-a\). La réponse avec \(0\) et \(-a\) recopie l’addition usuelle sans tenir compte du décalage. Quant à \(3-a\), elle résout \(a\star a^{\prime}=0\) au lieu de viser le neutre \(3\).

Question 3

Soit \((G,\cdot)\) un groupe et \(H\subset G\). Quelle condition équivaut à « \(H\) est un sous-groupe de \(G\) » ?

  1. \(e\in H\) et \(xy\in H\) pour tous \(x,y\in H\)
  2. \(H\neq\emptyset\) et \(x^{-1}\in H\) pour tout \(x\in H\)
  3. \(xy^{-1}\in H\) pour tous \(x,y\in H\), sans autre condition
  4. \(H\neq\emptyset\) et \(xy^{-1}\in H\) pour tous \(x,y\in H\)

Réponse D.

La caractérisation demande une partie non vide, stable par \((x,y)\mapsto xy^{-1}\). La version avec \(e\) et le seul produit oublie les inverses : en effet, \(\mathbb{N}\) contient \(0\), est stable par addition, mais n’est pas un sous-groupe de \((\mathbb{Z},+)\). La stabilité par inverse seule ne garantit pas la stabilité par produit. Enfin, sans non-vacuité, l’ensemble vide vérifierait la condition.

Question 4

Laquelle de ces parties est un sous-groupe de \((\mathbb{C}^*,\times)\) ?

  1. \(\{z\in\mathbb{C} : |z|=1\}\)
  2. \(\{z\in\mathbb{C} : |z|=2\}\)
  3. \(\{z\in\mathbb{C}^* : |z|\leqslant 1\}\)
  4. \(\mathbb{R}_-^*\)

Réponse A.

Le cercle unité contient \(1\), et \(|z\bar{w}|=1\) dès que \(|z|=|w|=1\) : c’est donc un sous-groupe. Le cercle de rayon \(2\) ne contient pas \(1\) et n’est pas stable, car un produit y a pour module \(4\). Le disque épointé est stable par produit, cependant l’inverse de \(\frac{1}{2}\) vaut \(2\). Enfin, \(\mathbb{R}_-^*\) échoue puisque \((-1)\times(-1)=1\).

Question 5

Dans \(S_3\), on note \(\sigma\) la transposition échangeant \(1\) et \(2\), et \(\tau\) celle échangeant \(2\) et \(3\). Que vaut \(\sigma\circ\tau\) ?

  1. \(1\mapsto 3,\ 3\mapsto 2,\ 2\mapsto 1\)
  2. \(1\mapsto 3,\ 3\mapsto 1,\ 2\mapsto 2\)
  3. \(1\mapsto 1,\ 2\mapsto 3,\ 3\mapsto 2\)
  4. \(1\mapsto 2,\ 2\mapsto 3,\ 3\mapsto 1\)

Réponse D.

On applique d’abord \(\tau\), puis \(\sigma\). Ainsi \(1\) reste \(1\) par \(\tau\), puis devient \(2\). Ensuite \(2\) devient \(3\), que \(\sigma\) laisse fixe. Enfin \(3\) donne \(2\), puis \(1\). Le cycle \(1\mapsto 3\mapsto 2\mapsto 1\) correspond à \(\tau\circ\sigma\) : il vient d’une composition lue de gauche à droite. Par conséquent \(S_3\) n’est pas commutatif.

Question 6

Dans le groupe produit \((\mathbb{R}^*,\times)\times(\mathbb{Z},+)\), quel est l’inverse de \((2,3)\) ?

  1. \((-2,-3)\)
  2. \(\left(\frac{1}{2},\frac{1}{3}\right)\)
  3. \(\left(\frac{1}{2},-3\right)\)
  4. \(\left(-2,\frac{1}{3}\right)\)

Réponse C.

Dans un groupe produit, on calcule composante par composante, chacune avec sa propre loi. Le neutre est donc \((1,0)\). Pour la loi multiplicative, l’inverse de \(2\) est \(\frac{1}{2}\) ; pour l’addition, le symétrique de \(3\) est \(-3\). La réponse \((-2,-3)\) prend l’opposé partout. À l’inverse, \(\left(\frac{1}{2},\frac{1}{3}\right)\) inverse partout, alors que \(\frac{1}{3}\notin\mathbb{Z}\).

Question 7

On considère le morphisme \(f:(\mathbb{Z},+)\to(\mathbb{C}^*,\times)\), \(n\mapsto i^n\). Que valent son noyau et son image ?

  1. \(\ker f=4\mathbb{Z}\) et \(\mathrm{Im} f=\{1,i,-1,-i\}\)
  2. \(\ker f=\{0\}\) et \(\mathrm{Im} f=\{1,i,-1,-i\}\)
  3. \(\ker f=2\mathbb{Z}\) et \(\mathrm{Im} f=\{1,-1\}\)
  4. \(\ker f=4\mathbb{Z}\) et \(\mathrm{Im} f=\mathbb{C}^*\)

Réponse A.

Le noyau contient les \(n\) tels que \(i^n=1\), le neutre d’arrivée. Or \(i^n=1\) exactement quand \(4\) divise \(n\), donc \(\ker f=4\mathbb{Z}\). Les puissances de \(i\) parcourent ensuite quatre valeurs. Répondre \(\{0\}\) suppose \(f\) injective, ce que contredit \(i^4=1\). La réponse \(2\mathbb{Z}\) confond \(i^2=-1\) avec le neutre. Enfin, une image égale à \(\mathbb{C}^*\) est impossible pour un ensemble fini de valeurs.

Question 8

Laquelle de ces paires de groupes est formée de groupes isomorphes ?

  1. \((\mathbb{R},+)\) et \((\mathbb{R}^*,\times)\)
  2. \((\mathbb{R},+)\) et \((\mathbb{R}_+^*,\times)\)
  3. \((\mathbb{Z},+)\) et \((\mathbb{Q},+)\)
  4. \((\mathbb{R},+)\) et \((\mathbb{U},\times)\)

Réponse B.

L’exponentielle est un morphisme bijectif de \((\mathbb{R},+)\) sur \((\mathbb{R}_+^*,\times)\), de réciproque \(\ln\). En revanche, \(\mathbb{R}^*\) contient \(-1\), qui vérifie \((-1)^2=1\) sans être le neutre, ce qui n’a pas d’analogue dans \((\mathbb{R},+)\). De même, \(i\) est d’ordre \(4\) dans \(\mathbb{U}\). Enfin, \(\mathbb{Z}\) est engendré par \(1\), alors qu’aucun rationnel n’engendre \(\mathbb{Q}\) : l’avoir en bijection ne suffit pas.

Question 9

On munit \(\mathbb{Z}^2\) des lois produit : \((a,b)+(c,d)=(a+c,b+d)\) et \((a,b)(c,d)=(ac,bd)\). Quel est le groupe des inversibles ?

  1. \(\{(1,1),(-1,-1)\}\)
  2. \(\{(1,1)\}\)
  3. Les \((a,b)\) avec \(a\neq 0\) et \(b\neq 0\)
  4. \(\{(1,1),(1,-1),(-1,1),(-1,-1)\}\)

Réponse D.

Le neutre multiplicatif est \((1,1)\). Ainsi \((a,b)\) est inversible si et seulement si \(a\) et \(b\) le sont dans \(\mathbb{Z}\), donc valent \(\pm 1\) indépendamment : quatre couples. Garder seulement \((1,1)\) et \((-1,-1)\) lie à tort les deux signes. La condition \(a\neq 0\), \(b\neq 0\) raisonne comme dans un corps, alors que \(2\) n’a pas d’inverse dans \(\mathbb{Z}\). Par ailleurs, \((1,0)(0,1)=(0,0)\) : cet anneau n’est pas intègre.

Question 10

Dans \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\), on pose \(A=\begin{pmatrix}0&1\\0&0\end{pmatrix}\) et \(B=\begin{pmatrix}1&0\\0&0\end{pmatrix}\). Que valent \(AB\) et \(BA\) ?

  1. \(AB=0\) et \(BA=A\)
  2. \(AB=A\) et \(BA=0\)
  3. \(AB=BA=0\)
  4. \(AB=BA=A\)

Réponse A.

La première colonne de \(B\) est \(e_1\), et \(Ae_1=0\) ; de plus la seconde colonne de \(B\) est nulle, donc \(AB=0\). Ensuite, \(B\) garde la première ligne de \(A\) et annule la seconde, ainsi \(BA=A\). Les réponses symétriques supposent que les matrices commutent. Ce calcul montre deux faits à retenir : \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) n’est pas commutatif, et un produit nul n’impose pas qu’un facteur soit nul.

Question 11

Laquelle de ces applications de \(\mathbb{C}\) dans \(\mathbb{C}\) est un morphisme d’anneaux ?

  1. \(z\mapsto 2z\)
  2. \(z\mapsto 0\)
  3. \(z\mapsto \overline{z}\)
  4. \(z\mapsto |z|\)

Réponse C.

Un morphisme d’anneaux respecte la somme, le produit et envoie \(1\) sur \(1\). La conjugaison vérifie ces trois propriétés. L’application \(z\mapsto 2z\) est additive, cependant \(2(zw)\neq(2z)(2w)\) en général et l’image de \(1\) vaut \(2\). L’application nulle respecte somme et produit, mais oublie la condition sur \(1\). Enfin, le module est multiplicatif sans être additif : \(|1+(-1)|=0\neq 2\).

Question 12

Lequel de ces anneaux, munis des lois usuelles, est un corps ?

  1. \(\{a+b\sqrt{2} : a,b\in\mathbb{Z}\}\)
  2. \(\{a+b\sqrt{2} : a,b\in\mathbb{Q}\}\)
  3. \(\mathbb{Q}\times\mathbb{Q}\) avec les lois produit
  4. \(\mathcal{M}_2(\mathbb{Q})\)

Réponse B.

Pour \(a+b\sqrt{2}\neq 0\), on multiplie par la quantité conjuguée : l’inverse vaut \(\frac{a-b\sqrt{2}}{a^2-2b^2}\), avec \(a^2-2b^2\neq 0\) car \(\sqrt{2}\) est irrationnel. Il reste dans l’ensemble, qui est donc un corps. Avec des coefficients entiers, on obtient seulement un sous-anneau, puisque \(\frac{1}{2}\) n’y est pas. Le produit \(\mathbb{Q}\times\mathbb{Q}\) n’est pas intègre. Enfin, \(\mathcal{M}_2(\mathbb{Q})\) contient des matrices non nulles non inversibles.

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