Corrigé des exercices : Quantificateurs et raisonnements en maths sup (MPSI)
Ce corrigé quantificateurs MPSI détaille la solution des dix-huit exercices du chapitre. Chaque correction commence par une idée clé qui indique le raisonnement choisi. Ensuite, la rédaction suit le modèle attendu en devoir surveillé : hypothèses annoncées, récurrences avec un prédicat nommé, initialisations vérifiées et conclusion explicite.
Soyez attentifs à trois points de vigilance. D’abord, une négation garde les ensembles de quantification. Ensuite, une analyse se termine toujours par une synthèse. Enfin, une récurrence double réclame deux initialisations. Les calculs intermédiaires sont donnés en entier, afin que vous puissiez comparer votre copie ligne à ligne. Lisez une correction seulement après avoir vraiment cherché l’exercice. Enfin, les quatre figures du corrigé illustrent les solutions les plus visuelles, comme le plateau d’une somme de valeurs absolues.
Pour démarrer
Corrigé de l’exercice 1 – Traduire puis nier des phrases sur une suite
Idée clé : on traduit d’abord fidèlement, puis on échange chaque \(\forall\) et \(\exists\) en gardant les ensembles intacts.
- La phrase s’écrit \(\exists N \in \mathbb{N},\ \forall n \geq N,\ 1 \leq u_n \leq 3\). Sa négation est \(\forall N \in \mathbb{N},\ \exists n \geq N,\ (u_n < 1 \text{ ou } u_n > 3)\). En français : après n’importe quel rang, on trouve encore un terme hors de \([1, 3]\). Autrement dit, une infinité de termes sortent de cet intervalle. La double inégalité se nie en « ou ».
- La phrase s’écrit \(\exists n \in \mathbb{N},\ u_n < 0\). Sa négation est \(\forall n \in \mathbb{N},\ u_n \geq 0\). Ainsi, la suite est positive.
- La phrase s’écrit \(\forall (p, q) \in \mathbb{N}^2,\ p \neq q \Rightarrow u_p \neq u_q\). D’après le cours, la négation d’une implication est « hypothèse et non conclusion ». Donc la négation est \(\exists (p, q) \in \mathbb{N}^2,\ p \neq q \text{ et } u_p = u_q\). En français : la suite prend au moins deux fois une même valeur.
- La phrase s’écrit \(\forall n \in \mathbb{N},\ u_n \leq u_{n+1} + u_{n+2}\). Sa négation est \(\exists n \in \mathbb{N},\ u_n > u_{n+1} + u_{n+2}\). Autrement dit, un terme au moins dépasse strictement la somme des deux suivants.
Corrigé de l’exercice 2 – Ordre des quantificateurs autour d’une parabole
Idée clé : quand \(\exists\) vient après \(\forall\), le témoin peut dépendre de la variable déjà fixée ; sinon, il doit convenir pour toutes.
- Soit \(x\) un réel. Posons \(y = \sqrt{|x| + 2}\). Alors \(y^2 – x = |x| – x + 2 \geq 2\), car \(|x| \geq x\). Donc l’assertion est vraie. Graphiquement, chaque verticale rencontre la zone colorée.
- Montrons que la négation, \(\forall y \in \mathbb{R},\ \exists x \in \mathbb{R},\ y^2 – x < 2\), est vraie. Soit \(y\) réel. Le réel \(x = y^2 – 1\) donne \(y^2 – x = 1 < 2\). Par conséquent, l’assertion initiale est fausse.
- Soit \(y\) un réel. Le réel \(x = y^2 – 2\) donne \(y^2 – x = 2 \geq 2\). L’assertion est donc vraie.
- Prenons \(x = -2\). Pour tout réel \(y\), on a \(y^2 – x = y^2 + 2 \geq 2\). L’assertion est donc vraie : la verticale \(x = -2\) est entièrement contenue dans la zone. De plus, ce résultat redonne la question 3, puisque \(\exists x\, \forall y\) implique toujours \(\forall y\, \exists x\).
Corrigé de l’exercice 3 – Réciproques et contraposées de trois implications
Idée clé : une implication et sa contraposée ont la même valeur de vérité, donc il suffit d’étudier l’implication et sa réciproque.
- Si \(n = 6k\), alors \(n^2 = 36k^2 = 4 \times 9k^2\) est multiple de \(4\). L’implication est vraie, donc sa contraposée « si \(n^2\) n’est pas multiple de \(4\), alors \(n\) n’est pas multiple de \(6\) » l’est aussi. En revanche, la réciproque « si \(n^2\) est multiple de \(4\), alors \(n\) est multiple de \(6\) » est fausse : \(n = 2\) donne \(n^2 = 4\), mais \(2\) n’est pas multiple de \(6\). Implication et contraposée vraies, réciproque fausse.
- L’implication est fausse : \(x = -4\) vérifie \(x^2 = 16 > 9\), mais pas \(x > 3\). Par conséquent, sa contraposée « si \(x \leq 3\), alors \(x^2 \leq 9\) » est fausse, avec le même contre-exemple. La réciproque « si \(x > 3\), alors \(x^2 > 9\) » est vraie : comme \(x > 3 > 0\), on multiplie \(x > 3\) par \(x\) puis par \(3\), ce qui donne \(x^2 > 3x > 9\). Seule la réciproque est vraie.
- On a \(|x – 1| < 2 \Leftrightarrow -1 < x < 3\). Donc l’implication est vraie, ainsi que sa contraposée « si \(x \geq 3\), alors \(|x – 1| \geq 2\) ». Cependant, la réciproque « si \(x < 3\), alors \(|x – 1| < 2\) » est fausse : pour \(x = -5\), on a \(|x – 1| = 6\). Implication et contraposée vraies, réciproque fausse.
Corrigé de l’exercice 4 – Conditions nécessaires ou suffisantes sur un réel
Idée clé : on décrit l’ensemble des réels qui vérifient chaque condition, puis on compare ces ensembles par inclusion.
- On a \(x^2 \geq x \Leftrightarrow x(x – 1) \geq 0 \Leftrightarrow (x \leq 0 \text{ ou } x \geq 1)\). Ainsi, \(P \Rightarrow Q\) est vraie. En revanche, \(x = -1\) vérifie \(Q\) sans vérifier \(P\). Donc \(P\) est suffisante mais pas nécessaire.
- On factorise \(x^3 + 27 = (x + 3)(x^2 – 3x + 9)\). Le trinôme \(x^2 – 3x + 9\) a pour discriminant \(9 – 36 = -27 < 0\), donc il ne s’annule jamais. Ainsi, \(x^3 = -27 \Leftrightarrow x = -3\). \(P\) est nécessaire et suffisante.
- On a \(x^2 = 2x \Leftrightarrow x(x – 2) = 0 \Leftrightarrow (x = 0 \text{ ou } x = 2)\). Donc \(Q \Rightarrow P\) est vraie, mais \(x = 0\) vérifie \(P\) sans vérifier \(Q\). Par conséquent, \(P\) est nécessaire mais pas suffisante.
- D’abord, \(x = \frac{1}{2}\) vérifie \(P\) mais \(x^2 = \frac{1}{4}\), donc pas \(Q\). Ensuite, \(x = -2\) vérifie \(Q\) mais pas \(P\). Ainsi, \(P\) n’est ni nécessaire ni suffisante.
Corrigé de l’exercice 5 – Disjonction des cas avec parité et valeurs absolues
Idée clé : la parité fournit deux cas, et les valeurs absolues trois cas délimités par les réels \(-1\) et \(2\).
- Si \(n = 2k\), alors \(n^2 + 3n + 5 = 4k^2 + 6k + 4 + 1 = 2(2k^2 + 3k + 2) + 1\), qui est impair. Si \(n = 2k + 1\), alors \(n^2 + 3n = n(n + 3) = (2k + 1)(2k + 4) = 2(2k + 1)(k + 2)\) est pair, donc \(n^2 + 3n + 5\) est impair. Les deux cas couvrent tous les entiers : \(n^2 + 3n + 5\) est toujours impair.
- Notons \(g(x) = |x – 2| + |x + 1|\). Les deux valeurs absolues changent d’expression en \(-1\) et en \(2\).
- Si \(x < -1\), alors \(g(x) = (2 – x) + (-x – 1) = 1 – 2x\). Or \(-2x > 2\), donc \(g(x) > 3\).
- Si \(-1 \leq x \leq 2\), alors \(g(x) = (2 – x) + (x + 1) = 3\).
- Si \(x > 2\), alors \(g(x) = (x – 2) + (x + 1) = 2x – 1 > 3\).
Dans tous les cas, \(g(x) \geq 3\).
- La disjonction précédente montre que l’égalité a lieu exactement dans le deuxième cas. Ainsi, l’ensemble cherché est \([-1, 2]\). La figure confirme ce plateau.

Corrigé de l’exercice 6 – Contraposée et produit de deux facteurs impairs
Idée clé : l’hypothèse « pair » est difficile à exploiter, alors que la négation de la conclusion donne une écriture explicite de \(n\).
- Les racines du trinôme sont \(1\) et \(5\), donc \(n^2 – 6n + 5 = (n – 1)(n – 5)\).
- Nous montrons la contraposée : si \(n\) est pair, alors \(n^2 – 6n + 5\) est impair. Supposons \(n\) pair. Alors \(n – 1\) et \(n – 5\) sont impairs. Or un produit de deux impairs est impair, car \((2a + 1)(2b + 1) = 2(2ab + a + b) + 1\). Donc \((n – 1)(n – 5)\) est impair. Par contraposition, si \(n^2 – 6n + 5\) est pair, alors \(n\) est impair.
- Nous montrons la contraposée : si \(3x – 2\) est rationnel, alors \(x\) est rationnel. Posons \(r = 3x – 2\). Alors \(x = \frac{r + 2}{3}\). Comme l’ensemble des rationnels est stable par somme et par division par un rationnel non nul, \(x\) est rationnel. Par contraposition, si \(x\) est irrationnel, alors \(3x – 2\) l’est aussi.
Pour s’entraîner
Corrigé de l’exercice 7 – Trois résultats d’impossibilité par l’absurde
Idée clé : on suppose l’existence de l’objet interdit, puis on obtient un entier à la fois pair et impair, ou divisible et non divisible.
- Comme \(5 > 1\), on a \(\log_2(5) > 0\). Supposons par l’absurde que \(\log_2(5) = \frac{p}{q}\) avec \(p, q\) entiers et \(q \geq 1\). Alors \(p \geq 1\). Ensuite, \(2^{p/q} = 5\), donc \(2^p = 5^q\). Or \(2^p\) est pair, car \(p \geq 1\), tandis que \(5^q\) est impair. C’est contradictoire. Donc \(\log_2(5)\) est irrationnel.
- Supposons qu’un tel couple existe. Alors \(5 = 14a + 21b = 7(2a + 3b)\), donc \(7\) divise \(5\). C’est faux, d’où l’absence de solution.
- Supposons que \(r^3 = 2\) avec \(r = \frac{p}{q}\) irréductible, \(q \geq 1\). Alors \(p^3 = 2q^3\), donc \(p^3\) est pair. Ensuite, \(p\) est pair, car le cube d’un impair est impair. Écrivons \(p = 2p_1\). On obtient \(8p_1^3 = 2q^3\), soit \(q^3 = 4p_1^3\). Ainsi, \(q^3\) est pair, donc \(q\) aussi. Par conséquent, \(2\) divise \(p\) et \(q\), ce qui contredit l’irréductibilité. Aucun rationnel n’a pour cube \(2\).
Corrigé de l’exercice 8 – Suites d’entiers naturels décroissantes
Idée clé : entre deux entiers distincts, l’écart vaut au moins \(1\), et toute partie non vide de \(\mathbb{N}\) a un plus petit élément.
- Pour \(n \in \mathbb{N}\), notons \(\mathcal{P}(n)\) : « \(u_n \leq u_0 – n\) ». D’abord, \(\mathcal{P}(0)\) est vraie. Ensuite, soit \(n\) tel que \(\mathcal{P}(n)\) soit vraie. Comme \(u_{n+1} < u_n\) et que ce sont des entiers, on a \(u_{n+1} \leq u_n – 1 \leq u_0 – (n + 1)\). Ainsi \(\mathcal{P}(n + 1)\) est vraie. Par récurrence, \(u_n \leq u_0 – n\) pour tout \(n\).
- Supposons qu’une telle suite existe. Pour \(n = u_0 + 1\), on obtient \(u_n \leq -1\). Or \(u_n\) est un entier naturel : c’est une contradiction. Donc aucune suite d’entiers naturels n’est strictement décroissante.
- La suite est stationnaire si \(\exists N \in \mathbb{N},\ \forall n \geq N,\ v_n = v_N\).
- L’ensemble \(A = \{v_n,\ n \in \mathbb{N}\}\) est une partie non vide de \(\mathbb{N}\). Il admet donc un plus petit élément \(m\), et il existe \(N\) tel que \(v_N = m\). Soit \(n \geq N\). D’une part, \(v_n \leq v_N = m\), car la suite décroît. D’autre part, \(v_n \geq m\), par définition du minimum. Donc \(v_n = m = v_N\). Ainsi, la suite \((v_n)\) est stationnaire.
Corrigé de l’exercice 9 – Comparaison de 3 puissance n et n au cube
Idée clé : l’hérédité multiplie par \(3\) d’un côté et par \(\left(1 + \frac{1}{n}\right)^3\) de l’autre, donc il suffit de comparer ces deux facteurs.
- On a \(1 \geq 0\), puis \(3 \geq 1\), ensuite \(9 \geq 8\) et enfin \(27 \geq 27\). L’inégalité est vraie pour \(n \leq 3\).
- Si \(n \geq 3\), alors \(0 < 1 + \frac{1}{n} \leq \frac{4}{3}\). La fonction cube est croissante, donc \(\left(1 + \frac{1}{n}\right)^3 \leq \frac{64}{27}\). Or \(\frac{64}{27} < \frac{81}{27} = 3\). Ainsi, \(\left(1 + \frac{1}{n}\right)^3 \leq 3\).
- Pour \(n \geq 3\), notons \(\mathcal{P}(n)\) : « \(3^n \geq n^3\) ». L’initialisation \(\mathcal{P}(3)\) a été vue. Soit \(n \geq 3\) tel que \(\mathcal{P}(n)\) soit vraie. Alors, grâce à la question 2 :
\[3^{n+1} = 3 \cdot 3^n \geq 3n^3 \geq \left(1 + \frac{1}{n}\right)^3 n^3 = (n + 1)^3.\]
Donc \(\mathcal{P}(n + 1)\) est vraie. Par récurrence, \(3^n \geq n^3\) pour tout \(n \geq 3\). - En réunissant les questions 1 et 3, l’inégalité vaut pour tout entier naturel \(n\).
Corrigé de l’exercice 10 – Somme pondérée par des puissances de 3
Idée clé : on passe de \(S_n\) à \(S_{n+1}\) en ajoutant un seul terme, puis on factorise par \(3^{n+1}\).
- On trouve \(S_1 = 1 \times 3 = 3\). Ensuite, \(S_2 = 3 + 3 \times 9 = 30\). Enfin, \(S_3 = 30 + 5 \times 27 = 165\). Donc \(S_1 = 3\), \(S_2 = 30\) et \(S_3 = 165\).
- Pour \(n \geq 1\), notons \(\mathcal{P}(n)\) : « \(S_n = (n – 1)3^{n+1} + 3\) ». Pour \(n = 1\), la formule donne \(0 + 3 = 3 = S_1\). Soit maintenant \(n \geq 1\) tel que \(\mathcal{P}(n)\) soit vraie. Alors :
\[S_{n+1} = (n – 1)3^{n+1} + 3 + (2n + 1)3^{n+1} = 3n \cdot 3^{n+1} + 3 = n \cdot 3^{n+2} + 3.\]
C’est bien \(\mathcal{P}(n + 1)\), car \((n + 1) – 1 = n\). Par récurrence, \(S_n = (n – 1)3^{n+1} + 3\) pour tout \(n \geq 1\). On vérifie d’ailleurs \(S_3 = 2 \times 81 + 3 = 165\). - Pour \(n \geq 2\), on a \(S_n – 3 = (n – 1)3^{n+1}\) et \(n + 1 \geq 3\). Ainsi, \(3^{n+1} = 27 \times 3^{n-2}\) avec \(n – 2 \geq 0\). Par conséquent, \(27\) divise \(S_n – 3\).
Corrigé de l’exercice 11 – Suite récurrente double et parité de ses termes
Idée clé : chaque terme dépend des deux précédents, donc l’hypothèse porte sur deux rangs consécutifs et l’on initialise deux fois.
- On calcule \(u_2 = 1 + 12 = 13\), puis \(u_3 = 13 + 6 = 19\). Ensuite, \(u_4 = 19 + 78 = 97\), et enfin \(u_5 = 97 + 114 = 211\).
- Pour \(n \in \mathbb{N}\), notons \(\mathcal{P}(n)\) : « \(u_n = 3^n + (-2)^n\) ». D’abord, \(3^0 + (-2)^0 = 2 = u_0\) et \(3 – 2 = 1 = u_1\). Ensuite, soit \(n\) tel que \(\mathcal{P}(n)\) et \(\mathcal{P}(n + 1)\) soient vraies. Alors :
\[u_{n+2} = 3^{n+1} + (-2)^{n+1} + 6 \cdot 3^n + 6(-2)^n = 9 \cdot 3^n + 4(-2)^n.\]
Or \(9 \cdot 3^n = 3^{n+2}\) et \(4(-2)^n = (-2)^{n+2}\). Donc \(\mathcal{P}(n + 2)\) est vraie. Par récurrence double, \(u_n = 3^n + (-2)^n\) pour tout \(n\). Par exemple, \(3^5 – 2^5 = 243 – 32 = 211\). - Soit \(n \geq 1\). Le nombre \(3^n\) est impair et \((-2)^n\) est pair. Leur somme est donc impaire. Pour \(n = 0\), en revanche, \(u_0 = 2\) est pair.
- D’abord, \(u_0 = 2 > 0\). Ensuite, pour \(n \geq 1\), on a \((-2)^n \geq -2^n\), donc \(u_n \geq 3^n – 2^n\). Or \(3^n > 2^n\), puisque \(3 > 2 > 0\). Ainsi, \(u_n > 0\) pour tout \(n\).
Corrigé de l’exercice 12 – Entiers écrits avec des 3 et des 7
Idée clé : si \(n – 3\) est représentable, alors \(n\) l’est aussi ; on recule donc de trois rangs, ce qui demande trois initialisations.
- Si \(11 = 3a + 7b\), alors \(7b \leq 11\), donc \(b \in \{0, 1\}\). Pour \(b = 0\), on aurait \(3a = 11\), et pour \(b = 1\), \(3a = 4\). Aucun cas n’est possible, car ni \(11\) ni \(4\) ne sont multiples de \(3\). Donc \(11\) n’est pas représentable.
- On a \(12 = 3 \times 4\), \(13 = 3 \times 2 + 7\) et \(14 = 7 \times 2\).
- Pour \(n \geq 12\), notons \(\mathcal{P}(n)\) : « \(n\) est représentable ». Les rangs \(12\), \(13\) et \(14\) sont acquis. Soit \(n \geq 14\) tel que \(\mathcal{P}(12), \ldots, \mathcal{P}(n)\) soient vraies. Alors \(n – 2\) est compris entre \(12\) et \(n\), donc \(n – 2 = 3a + 7b\). Par conséquent, \(n + 1 = 3(a + 1) + 7b\) est représentable. Par récurrence forte, tout entier \(n \geq 12\) est représentable.
- L’hérédité utilise le rang \(n – 2\), qui doit être au moins \(12\). Elle ne fournit donc que les rangs à partir de \(15\). Autrement dit, chacun des trois restes modulo \(3\) a besoin de son propre point de départ. C’est pourquoi il faut vérifier \(12\), \(13\) et \(14\) à la main.
Corrigé de l’exercice 13 – Équation fonctionnelle liant f(x) et f(1 – x)
Idée clé : en remplaçant \(x\) par \(1 – x\), on obtient une seconde équation, puis un système linéaire en \(f(x)\) et \(f(1 – x)\).
Analyse. Soit \(f\) une solution et \(x\) un réel. L’équation appliquée en \(1 – x\) donne \(f(1 – x) + 2f(x) = (1 – x)^2\). Nous disposons donc du système :
\[\begin{cases} f(x) + 2f(1 – x) = x^2 \\ 2f(x) + f(1 – x) = (1 – x)^2 \end{cases}\]
On multiplie la seconde ligne par \(2\) et l’on retranche la première. On obtient \(3f(x) = 2(1 – x)^2 – x^2 = x^2 – 4x + 2\). Ainsi, nécessairement, \(f(x) = \frac{x^2 – 4x + 2}{3}\) pour tout réel \(x\).
Synthèse. Posons \(f(x) = \frac{x^2 – 4x + 2}{3}\). Alors \(f(1 – x) = \frac{1 – 2x + x^2 – 4 + 4x + 2}{3} = \frac{x^2 + 2x – 1}{3}\). Par suite :
\[f(x) + 2f(1 – x) = \frac{x^2 – 4x + 2 + 2x^2 + 4x – 2}{3} = x^2.\]
Conclusion. L’unique solution est \(x \mapsto \frac{x^2 – 4x + 2}{3}\).
Corrigé de l’exercice 14 – Partie affine et reste nul en 0 et en 1
Idée clé : les deux conditions \(q(0) = q(1) = 0\) imposent les valeurs de \(p\) en \(0\) et en \(1\), ce qui détermine une fonction affine.
- Analyse. Supposons \(f = p + q\) avec \(p(x) = ax + b\) et \(q(0) = q(1) = 0\). En \(0\), on obtient \(f(0) = b\). En \(1\), on obtient \(f(1) = a + b\), donc \(a = f(1) – f(0)\). Ainsi, \(p\) est imposée, puis \(q = f – p\) aussi : cela prouve l’unicité.
Synthèse. Posons \(p(x) = f(0) + (f(1) – f(0))x\) et \(q = f – p\). La fonction \(p\) est affine et \(f = p + q\). De plus, \(q(0) = f(0) – f(0) = 0\) et \(q(1) = f(1) – f(1) = 0\). Donc la décomposition existe et elle est unique. - Ici, \(f(0) = 1\) et \(f(1) = 0\). Donc \(p(x) = 1 – x\), puis \(q(x) = x^3 – 2x + 1 – 1 + x = x^3 – x\). On vérifie que \(q(0) = 0\) et \(q(1) = 0\). Ainsi, \(p(x) = 1 – x\) et \(q(x) = x^3 – x\).
- Pour l’exponentielle, \(f(0) = 1\) et \(f(1) = e\). Donc \(p(x) = 1 + (e – 1)x\) et \(q(x) = e^x – 1 – (e – 1)x\).
La figure montre la décomposition de la question 2 : la droite et la courbe de \(f\) se coupent en \(0\) et en \(1\), là où le reste s’annule.

Corrigé de l’exercice 15 – Fonction ni croissante ni décroissante ni injective
Idée clé : chaque négation est une assertion d’existence, donc il suffit d’exhiber des valeurs bien choisies lues sur la courbe.
- Croissance : \(\forall (a, b) \in \mathbb{R}^2,\ a \leq b \Rightarrow f(a) \leq f(b)\). Décroissance : \(\forall (a, b) \in \mathbb{R}^2,\ a \leq b \Rightarrow f(a) \geq f(b)\). Injectivité : \(\forall (a, b) \in \mathbb{R}^2,\ f(a) = f(b) \Rightarrow a = b\).
- Les négations sont : \(\exists (a, b),\ a \leq b \text{ et } f(a) > f(b)\) ; ensuite \(\exists (a, b),\ a \leq b \text{ et } f(a) < f(b)\) ; enfin \(\exists (a, b),\ f(a) = f(b) \text{ et } a \neq b\).
- On a \(f(-1) = 2\) et \(f(0) = 0\). Ainsi, \(-1 \leq 0\) et \(f(-1) > f(0)\) : \(f\) n’est pas croissante. Ensuite, \(f(1) = -2\) et \(f(2) = 2\). Donc \(f\) n’est pas décroissante. Enfin, \(f(\sqrt{3}) = 3\sqrt{3} – 3\sqrt{3} = 0 = f(0)\) avec \(\sqrt{3} \neq 0\). Par conséquent, \(f\) n’est ni croissante, ni décroissante, ni injective.
- Soient \(1 \leq a < b\). On factorise :
\[f(b) – f(a) = (b – a)(a^2 + ab + b^2 – 3).\]
Or \(a^2 \geq 1\), puis \(ab \geq b > 1\), et enfin \(b^2 > 1\). Donc \(a^2 + ab + b^2 > 3\), et \(f(b) > f(a)\). Ainsi, deux réels distincts de \([1, +\infty[\) ont des images distinctes. La restriction de \(f\) à \([1, +\infty[\) est injective.
Pour approfondir
Corrigé de l’exercice 16 – Récurrence renforcée pour une somme d’inverses de cubes
Idée clé : une hypothèse trop faible ne laisse aucune marge pour absorber le terme ajouté ; on démontre donc un énoncé plus fort.
- Supposons \(S_n \leq \frac{3}{2}\). On obtient seulement \(S_{n+1} \leq \frac{3}{2} + \frac{1}{(n+1)^3}\), qui dépasse \(\frac{3}{2}\). L’hérédité échoue donc. En effet, l’hypothèse ne garde aucune marge sous \(\frac{3}{2}\).
- On réduit au même dénominateur :
\[\frac{1}{2n^2} – \frac{1}{2(n+1)^2} = \frac{(n+1)^2 – n^2}{2n^2(n+1)^2} = \frac{2n + 1}{2n^2(n+1)^2}.\]
L’inégalité voulue équivaut donc à \(2n^2(n+1)^2 \leq (2n + 1)(n+1)^3\). Après division par \((n+1)^2 > 0\), elle devient \(2n^2 \leq (2n + 1)(n + 1) = 2n^2 + 3n + 1\). C’est vrai, donc l’inégalité est établie. - Pour \(n \geq 1\), notons \(\mathcal{P}(n)\) : « \(S_n \leq \frac{3}{2} – \frac{1}{2n^2}\) ». D’abord, \(S_1 = 1 = \frac{3}{2} – \frac{1}{2}\). Ensuite, soit \(n \geq 1\) tel que \(\mathcal{P}(n)\) soit vraie. Grâce à la question 2 :
\[S_{n+1} \leq \frac{3}{2} – \frac{1}{2n^2} + \frac{1}{2n^2} – \frac{1}{2(n+1)^2} = \frac{3}{2} – \frac{1}{2(n+1)^2}.\]
Par récurrence, \(\mathcal{P}(n)\) est vraie pour tout \(n \geq 1\). - Par conséquent, \(S_n \leq \frac{3}{2} – \frac{1}{2n^2} < \frac{3}{2}\). De plus, \(S_{n+1} – S_n = \frac{1}{(n+1)^3} > 0\). Donc \((S_n)\) est croissante et majorée par \(\frac{3}{2}\). La figure montre que le majorant renforcé colle à la suite au départ.

Remarque :
Le chapitre sur les suites montrera qu’une suite croissante majorée converge. Ici, la limite vaut environ \(1{,}202\).
Corrigé de l’exercice 17 – Descente infinie et équation x² + y² = 3z²
Idée clé : à partir d’une solution, on en fabrique une autre avec un \(z\) trois fois plus petit, ce qui contredit la minimalité.
- Écrivons \(m = 3k + r\) avec \(r \in \{0, 1, 2\}\). On obtient \(m^2 = 9k^2\), ou \(m^2 = 3(3k^2 + 2k) + 1\), ou \(m^2 = 3(3k^2 + 4k + 1) + 1\). Donc le reste de \(m^2\) dans la division par \(3\) vaut \(0\) ou \(1\). Par contraposition, si \(3\) ne divise pas \(m\), alors \(m^2 \equiv 1\), donc \(3\) ne divise pas \(m^2\).
- Les restes possibles de \(x^2 + y^2\) sont \(0 + 0\), \(0 + 1\) et \(1 + 1\), soit \(0\), \(1\) ou \(2\). Le reste \(0\) n’apparaît que si \(x^2 \equiv y^2 \equiv 0\). Donc \(3\) divise \(x^2\) et \(y^2\), puis \(3\) divise \(x\) et \(y\) d’après la question 1.
- Si \(z = 0\), alors \(x^2 + y^2 = 0\), donc \(x = y = 0\). Ainsi, toute solution non nulle vérifie \(z \geq 1\). Supposons par l’absurde qu’il existe une telle solution. L’ensemble des \(z \geq 1\) obtenus a un plus petit élément ; fixons une solution \((x, y, z)\) qui le réalise. Comme \(3\) divise \(x^2 + y^2 = 3z^2\), la question 2 donne \(x = 3x_1\) et \(y = 3y_1\). Alors \(9(x_1^2 + y_1^2) = 3z^2\), donc \(z^2 = 3(x_1^2 + y_1^2)\). Ainsi, \(3\) divise \(z^2\), puis \(z = 3z_1\). On obtient \(x_1^2 + y_1^2 = 3z_1^2\) avec \(1 \leq z_1 < z\). Cela contredit la minimalité de \(z\). Il n’existe donc aucune solution non nulle.
- Supposons qu’un point \((r, s)\) du cercle ait ses coordonnées rationnelles. Écrivons \(r = \frac{a}{d}\) et \(s = \frac{b}{d}\) avec \(a, b\) entiers et \(d \geq 1\). Alors \(a^2 + b^2 = 3d^2\), donc \((|a|, |b|, d)\) est une solution avec \(d \neq 0\). C’est impossible d’après la question 3. Par conséquent, aucun point du cercle n’a ses deux coordonnées rationnelles.
Corrigé de l’exercice 18 – Problème : parties sans éléments consécutifs
Idée clé : le sort du plus grand entier \(n + 2\) partage les parties en deux familles que l’on sait compter, puis les récurrences doubles exploitent la relation obtenue.
- Pour \(n = 1\) : \(\varnothing\) et \(\{1\}\). Pour \(n = 2\) : \(\varnothing\), \(\{1\}\) et \(\{2\}\). Pour \(n = 3\) : \(\varnothing\), \(\{1\}\), \(\{2\}\), \(\{3\}\) et \(\{1, 3\}\). Donc \(a_1 = 2\), \(a_2 = 3\) et \(a_3 = 5\).
- Appelons « admissible » une partie sans entiers consécutifs. Les parties admissibles de \(\{1, \ldots, n + 2\}\) qui ne contiennent pas \(n + 2\) sont exactement les parties admissibles de \(\{1, \ldots, n + 1\}\) : il y en a \(a_{n+1}\). Ensuite, considérons une partie admissible \(A\) qui contient \(n + 2\). Elle ne contient pas \(n + 1\), donc \(A \setminus \{n + 2\}\) est une partie admissible de \(\{1, \ldots, n\}\). Réciproquement, si \(B\) est une partie admissible de \(\{1, \ldots, n\}\), alors \(B \cup \{n + 2\}\) est admissible, car les éléments de \(B\) sont au plus \(n\). On obtient ainsi une bijection, donc \(a_n\) parties de ce second type. Les deux familles sont disjointes, d’où \(a_{n+2} = a_{n+1} + a_n\).
- On calcule successivement \(a_4 = 8\), \(a_5 = 13\), \(a_6 = 21\), \(a_7 = 34\), \(a_8 = 55\) et \(a_9 = 89\). Finalement, \(a_{10} = 144\).
- Pour \(n \geq 1\), notons \(\mathcal{P}(n)\) : « \(\left(\frac{3}{2}\right)^n \leq a_n \leq \left(\frac{5}{3}\right)^{n+1}\) ». D’abord, \(\frac{3}{2} \leq 2 \leq \frac{25}{9}\) et \(\frac{9}{4} \leq 3 \leq \frac{125}{27}\), donc \(\mathcal{P}(1)\) et \(\mathcal{P}(2)\) sont vraies. Ensuite, soit \(n \geq 1\) tel que \(\mathcal{P}(n)\) et \(\mathcal{P}(n + 1)\) soient vraies. Pour la minoration :
\[a_{n+2} \geq \left(\tfrac{3}{2}\right)^{n+1} + \left(\tfrac{3}{2}\right)^{n} = \tfrac{5}{2}\left(\tfrac{3}{2}\right)^{n} \geq \tfrac{9}{4}\left(\tfrac{3}{2}\right)^{n} = \left(\tfrac{3}{2}\right)^{n+2}.\]
Pour la majoration, de même :
\[a_{n+2} \leq \left(\tfrac{5}{3}\right)^{n+2} + \left(\tfrac{5}{3}\right)^{n+1} = \tfrac{8}{3}\left(\tfrac{5}{3}\right)^{n+1} \leq \tfrac{25}{9}\left(\tfrac{5}{3}\right)^{n+1} = \left(\tfrac{5}{3}\right)^{n+3}.\]
En effet, \(\frac{8}{3} = \frac{24}{9} \leq \frac{25}{9}\). Donc \(\mathcal{P}(n + 2)\) est vraie. Par récurrence double, l’encadrement vaut pour tout \(n \geq 1\). Par exemple, \(57{,}7 \leq a_{10} = 144 \leq 275{,}6\) environ. - Pour \(n \geq 1\), notons \(\mathcal{Q}(n)\) : « \(a_n a_{n+2} – a_{n+1}^2 = (-1)^{n+1}\) ». Pour \(n = 1\), on a \(2 \times 5 – 9 = 1 = (-1)^2\). Ensuite, soit \(n \geq 1\) tel que \(\mathcal{Q}(n)\) soit vraie. On remplace \(a_{n+3}\) par \(a_{n+2} + a_{n+1}\) et \(a_{n+2}\) par \(a_{n+1} + a_n\) :
\[a_{n+1}a_{n+3} – a_{n+2}^2 = a_{n+1}a_{n+2} + a_{n+1}^2 – a_{n+2}a_{n+1} – a_{n+2}a_n = -\bigl(a_n a_{n+2} – a_{n+1}^2\bigr).\]
Cette quantité vaut donc \(-(-1)^{n+1} = (-1)^{n+2}\). Par récurrence, \(\mathcal{Q}(n)\) est vraie pour tout \(n \geq 1\). - Soit \(d\) un entier qui divise \(a_n\) et \(a_{n+1}\). Alors \(d\) divise \(a_{n+2} = a_{n+1} + a_n\). Par conséquent, \(d\) divise \(a_n a_{n+2} – a_{n+1}^2 = \pm 1\). Ainsi, \(d = 1\) ou \(d = -1\).
La figure, en échelle logarithmique, montre la suite \((a_n)\) entre ses deux bornes géométriques, loin sous le nombre total \(2^n\) de parties.

Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths sup (MPSI) sur quantificateurs et raisonnements
- S’exercer : exercices corrigés de maths sup (MPSI) sur quantificateurs et raisonnements
- Chapitre d’après : Ensembles, injections, surjections et relations
- Vérifier ses acquis : QCM de maths sup (MPSI) sur quantificateurs et raisonnements
- Contrôle corrigé en temps limité : Quantificateurs, injections et surjections : contrôle de maths en MPSI
- Tous les chapitres : le sommaire de maths sup (MPSI)
- Après le bac : les maths post-bac, de la MPSI à la L3
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