QCM : Récurrence et coefficients binomiaux en L1 de maths

Récurrence et coefficients binomiaux – QCM en Licence 1 sur Maths-pdf.fr Couverture : Livre de contrôles corrigés de maths L1 en PDF Télécharger en PDF Le livre des 25 contrôles corrigés en L1 PDF à imprimer Voir le livre ›


Ce QCM récurrence L1 entraîne aux outils de calcul de première année. Il commence par des sommes et produits à évaluer, des changements d’indice et des télescopages, avant de passer aux coefficients binomiaux, à la formule de Pascal et à la formule du binôme de Newton. La seconde moitié vérifie les fondements du raisonnement sur les entiers : propriété du bon ordre, récurrence forte, récurrence double et identité binomiale démontrée par récurrence.

Pour en profiter, réponds d’abord sans le cours, en testant chaque formule sur une ou deux petites valeurs de \(n\). Ce réflexe élimine déjà beaucoup de pièges. Ensuite, lis toutes les explications, même pour les questions réussies, car elles détaillent le calcul et nomment l’erreur qui conduit à chaque mauvaise réponse.

Les 12 questions

Question 1

Que vaut la somme \(\displaystyle\sum_{k=3}^{10}k\) ?

  1. \(55\)
  2. \(49\)
  3. \(65\)
  4. \(52\)

Réponse D.

La somme compte \(10-3+1=8\) termes, de moyenne \(\frac{3+10}{2}\) ; elle vaut donc \(8\times\frac{13}{2}=52\). On peut aussi retirer \(1+2=3\) à la somme des entiers de 1 à 10. Le piège \(55\) ignore la borne inférieure. La valeur \(49\) retire aussi le terme \(3\), qui fait pourtant partie de la somme. Enfin, \(65\) compte dix termes au lieu de huit.

Question 2

Par le changement d’indice \(j=k-1\), à quoi est égale la somme \(\displaystyle\sum_{k=2}^{n+1}a_{k-1}\) ?

  1. \(\displaystyle\sum_{j=1}^{n}a_j\)
  2. \(\displaystyle\sum_{j=2}^{n+1}a_j\)
  3. \(\displaystyle\sum_{j=1}^{n+1}a_j\)
  4. \(\displaystyle\sum_{j=3}^{n+2}a_j\)

Réponse A.

Quand \(k\) va de \(2\) à \(n+1\), l’indice \(j=k-1\) va de \(1\) à \(n\). Ainsi, les deux bornes se décalent ensemble, et le terme général devient \(a_j\). La somme de \(2\) à \(n+1\) change le terme sans changer les bornes. La somme de \(1\) à \(n+1\) ne décale qu’une borne, ce qui ajoute un terme. Enfin, la somme de \(3\) à \(n+2\) décale les bornes dans le mauvais sens, comme si l’on avait posé \(j=k+1\).

Question 3

Que vaut \(\displaystyle\sum_{k=1}^{n}\left(\sqrt{k+1}-\sqrt{k}\right)\) ?

  1. \(\sqrt{n}-1\)
  2. \(\sqrt{n+1}\)
  3. \(\sqrt{n+1}-1\)
  4. \(\sqrt{n+1}-\sqrt{n}\)

Réponse C.

La somme est télescopique : en écrivant les termes, chaque \(\sqrt{k}\) apparaît une fois avec le signe plus et une fois avec le signe moins. Par conséquent, il ne reste que le dernier terme positif, \(\sqrt{n+1}\), et le premier terme négatif, \(\sqrt{1}=1\). Le piège \(\sqrt{n}-1\) se trompe sur le dernier terme. La réponse \(\sqrt{n+1}\) oublie le terme initial. Enfin, la dernière ne garde que le terme de rang \(n\).

Question 4

Pour \(n\geqslant 1\), que vaut le produit \(\displaystyle\prod_{k=1}^{n}\left(1+\frac{1}{k}\right)\) ?

  1. \(n+1\)
  2. \(n\)
  3. \((n+1)!\)
  4. \(\frac{n+1}{n}\)

Réponse A.

On écrit chaque facteur sous la forme \(\frac{k+1}{k}\). Le produit devient alors télescopique : les numérateurs et les dénominateurs se simplifient en chaîne, et il reste \(\frac{n+1}{1}\). Le piège \(n\) se trompe d’une unité sur le dernier numérateur. La réponse \((n+1)!\) multiplie les numérateurs sans diviser. Enfin, \(\frac{n+1}{n}\) ne garde que le dernier facteur.

Question 5

Que vaut le coefficient binomial \(\binom{7}{3}\) ?

  1. \(21\)
  2. \(210\)
  3. \(343\)
  4. \(35\)

Réponse D.

Par définition, \(\binom{7}{3}=\frac{7!}{3!\,4!}=\frac{7\times 6\times 5}{6}=35\). C’est le nombre de parties à 3 éléments d’un ensemble à 7 éléments. Le piège \(210\) oublie de diviser par \(3!\) et compte donc les tirages ordonnés. La valeur \(21\) correspond à \(\binom{7}{2}\). Enfin, \(343=7^3\) compte les listes avec répétition.

Question 6

Pour \(0\leqslant k\leqslant n-1\), à quoi est égal \(\binom{n}{k}+\binom{n}{k+1}\) ?

  1. \(\binom{n+1}{k}\)
  2. \(\binom{n+1}{k+1}\)
  3. \(\binom{2n}{2k+1}\)
  4. \(\binom{n+2}{k+1}\)

Réponse B.

C’est la formule de Pascal : pour choisir \(k+1\) éléments parmi \(n+1\), on distingue selon que le dernier élément est choisi ou non. On obtient ainsi les deux termes de la somme. Le piège \(\binom{n+1}{k}\) se trompe d’indice en bas. La réponse \(\binom{2n}{2k+1}\) additionne les paramètres, ce que la formule ne fait jamais. Enfin, \(\binom{n+2}{k+1}\) augmente \(n\) de deux unités.

Question 7

Quel est le coefficient de \(x^3\) dans le développement de \((2x-1)^5\) ?

  1. \(-80\)
  2. \(80\)
  3. \(10\)
  4. \(40\)

Réponse B.

La formule du binôme donne le terme \(\binom{5}{3}(2x)^3(-1)^2\). Or \(\binom{5}{3}=10\), \(2^3=8\) et \((-1)^2=1\), d’où le coefficient \(80\). Le piège \(-80\) attribue au terme l’exposant impair de \(-1\), alors que celui-ci vaut \(5-3=2\). La valeur \(10\) oublie la puissance de \(2\). Enfin, \(40\) élève \(2\) au carré au lieu du cube.

Question 8

Pour \(n\in\mathbb{N}\), que vaut \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}2^k\) ?

  1. \(2^n\)
  2. \(2^{2n}\)
  3. \(3^n\)
  4. \(2^{n+1}\)

Réponse C.

On reconnaît le développement de \((2+1)^n\) par la formule du binôme, avec \(a=2\) et \(b=1\). La somme vaut donc \(3^n\). On le vérifie pour \(n=1\) : \(1+2=3\). Le piège \(2^n\) est la somme des coefficients binomiaux seuls. La réponse \(2^{2n}\) multiplie les deux puissances de \(2\), et \(2^{n+1}\) les additionne. Ces deux dernières échouent dès \(n=1\).

Question 9

D’après la propriété du bon ordre de \(\mathbb{N}\), lequel de ces ensembles peut ne pas avoir de plus petit élément ?

  1. \(\{\frac{1}{n}\,:\,n\geqslant 1\}\)
  2. \(\{n\in\mathbb{N}\,:\,n^2>50\}\)
  3. \(\{n\in\mathbb{N}\,:\,2^n>n^3\}\)
  4. \(\{p\text{ premier}\,:\,p>100\}\)

Réponse A.

Toute partie non vide de \(\mathbb{N}\) admet un plus petit élément. Les trois ensembles d’entiers sont non vides et ont donc un minimum : \(8\), \(0\) et \(101\). En revanche, \(\{\frac{1}{n}\}\) n’est pas une partie de \(\mathbb{N}\), et sa borne inférieure \(0\) n’est pas atteinte. Le piège du deuxième ensemble vient de l’oubli de \(n=0\), pour lequel \(1>0\). Ainsi, la propriété ne vaut que pour les entiers.

Question 10

Pour démontrer que tout entier \(n\geqslant 2\) est un produit de nombres premiers, quel raisonnement convient le mieux ?

  1. Une récurrence simple, en supposant le résultat pour \(n\) seulement
  2. Une récurrence double, en supposant le résultat pour \(n\) et \(n-1\)
  3. Une récurrence forte, en supposant le résultat pour tous les entiers de 2 à \(n\)
  4. Une récurrence descendante, à partir d’un grand entier

Réponse C.

Si \(n+1\) n’est pas premier, il s’écrit \(ab\) avec \(2\leqslant a,b\leqslant n\). Il faut donc connaître le résultat pour \(a\) et \(b\), qui peuvent être n’importe quels entiers plus petits. C’est précisément ce que permet la récurrence forte. En revanche, l’hypothèse sur \(n\) seul, ou sur \(n\) et \(n-1\), ne couvre pas ces diviseurs. Enfin, une récurrence descendante n’a pas de point de départ ici.

Question 11

On définit \(u_0=2\), \(u_1=3\) et \(u_{n+2}=3u_{n+1}-2u_n\). Quelle formule est vraie pour tout \(n\in\mathbb{N}\) ?

  1. \(u_n=n+2\)
  2. \(u_n=\frac{n^2+n}{2}+2\)
  3. \(u_n=2^{n+1}-n\)
  4. \(u_n=2^n+1\)

Réponse D.

On raisonne par récurrence double. L’initialisation porte sur \(u_0=2\) et \(u_1=3\). Pour l’hérédité, \(3(2^{n+1}+1)-2(2^n+1)=2^{n+2}+1\). Les pièges sont plus sournois : ils coïncident avec les premiers termes, sans vérifier la relation. Par exemple, \(u_2=5\) écarte \(n+2\) et \(2^{n+1}-n\), tandis que \(u_3=9\) écarte la formule quadratique. Il ne faut donc jamais conclure sur quelques valeurs.

Question 12

Pour \(n\geqslant 2\), que vaut la somme \(\displaystyle\sum_{k=2}^{n}\binom{k}{2}\) ?

  1. \(\binom{n}{3}\)
  2. \(\binom{n+1}{3}\)
  3. \(\binom{n+1}{2}\)
  4. \(\binom{n+2}{3}\)

Réponse B.

On procède par récurrence sur \(n\). Pour \(n=2\), les deux membres valent \(1\). Ensuite, ajouter \(\binom{n+1}{2}\) à \(\binom{n+1}{3}\) donne \(\binom{n+2}{3}\) grâce à la formule de Pascal. Le piège \(\binom{n}{3}\) vaut \(0\) pour \(n=2\), donc échoue dès l’initialisation. De même, \(\binom{n+1}{2}\) vaut \(3\) et \(\binom{n+2}{3}\) vaut \(4\) pour \(n=2\).

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