QCM : PGCD, Bézout et nombres premiers en maths sup (MPSI)
Ce QCM Bézout MPSI fait le tour de l’arithmétique dans \(\mathbb{Z}\) vue en première année. Il commence par la division euclidienne avec un dividende négatif, puis enchaîne sur le calcul du PGCD et du PPCM par l’algorithme d’Euclide. Viennent ensuite une relation de Bézout obtenue par remontée, le lemme de Gauss et ses hypothèses, une équation \(ax+by=c\) à résoudre entièrement, puis les familles d’entiers premiers entre eux. La fin traite des nombres premiers, des valuations p-adiques, de l’inverse modulo \(n\) et du petit théorème de Fermat.
Réponds d’abord sans ouvrir le cours, avec un brouillon pour les calculs. Lis ensuite chaque explication : elle refait le calcul et nomme l’erreur visée, comme un reste négatif, un signe perdu dans la remontée ou un exposant réduit modulo le mauvais entier.
Les 12 questions
Question 1
On effectue la division euclidienne de \(-17\) par \(5\), c’est-à-dire qu’on écrit \(-17=5q+r\) avec \(0\le r<5\). Que valent le quotient et le reste ?
- \(q=-3\) et \(r=-2\)
- \(q=-3\) et \(r=2\)
- \(q=-4\) et \(r=3\)
- \(q=-4\) et \(r=-3\)
Réponse C.
On a \(5\times(-4)+3=-17\) avec \(0\le 3<5\), donc le couple \((-4,3)\) convient, et il est unique. La réponse \(q=-3,\ r=-2\) donne bien \(-17\), cependant son reste est négatif : elle tronque le quotient vers zéro comme une calculatrice. Quant à \(q=-3,\ r=2\), elle reprend la division de \(17\) en changeant seulement le signe du quotient, ce qui donne \(-13\).
Question 2
Que valent \(\operatorname{pgcd}(252,198)\) et \(\operatorname{ppcm}(252,198)\) ?
- \(18\) et \(49896\)
- \(18\) et \(2772\)
- \(36\) et \(1386\)
- \(9\) et \(5544\)
Réponse B.
L’algorithme d’Euclide donne \(252=198+54\), puis \(198=3\times54+36\), \(54=36+18\) et \(36=2\times18\). Le dernier reste non nul est donc \(18\). Ensuite, \(\operatorname{pgcd}\times\operatorname{ppcm}=252\times198\), d’où un PPCM égal à \(252\times11=2772\). La réponse \(49896\) prend le produit lui-même pour le PPCM. Les couples \((36,1386)\) et \((9,5544)\) respectent bien le produit, mais avec un PGCD faux : \(36\) ne divise pas \(54\).
Question 3
L’algorithme d’Euclide étendu appliqué à \(41\) et \(15\) fournit un couple \((u,v)\) d’entiers tel que \(41u+15v=1\). Lequel ?
- \((u,v)=(4,\,-11)\)
- \((u,v)=(-4,\,11)\)
- \((u,v)=(11,\,-4)\)
- \((u,v)=(3,\,-8)\)
Réponse B.
Les divisions successives sont \(41=2\times15+11\), \(15=11+4\), \(11=2\times4+3\) et \(4=3+1\). En remontant, \(1=3\times4-11=3\times15-4\times11=11\times15-4\times41\). Ainsi \(41\times(-4)+15\times11=1\). Le couple \((4,-11)\) inverse tous les signes et donne \(-1\). Le couple \((11,-4)\) échange les rôles de \(u\) et \(v\). Enfin, \((3,-8)\) donne \(3\) : la remontée s’est arrêtée trop tôt.
Question 4
Soit \(k\) un entier. Laquelle de ces implications est vraie pour tout \(k\) (et tous \(a,b\) entiers) ?
- Si \(6\) divise \(4k\), alors \(6\) divise \(k\)
- Si \(6\) divise \(k^2\), alors \(36\) divise \(k\)
- Si \(6\) divise \(ab\), alors \(6\) divise \(a\) ou \(b\)
- Si \(6\) divise \(35k\), alors \(6\) divise \(k\)
Réponse D.
Comme \(\operatorname{pgcd}(6,35)=1\), le lemme de Gauss s’applique : \(6\mid 35k\) entraîne \(6\mid k\). En revanche, \(6\) et \(4\) ne sont pas premiers entre eux, et \(k=3\) donne \(6\mid12\) sans \(6\mid3\). Pour \(k=6\), on a \(6\mid36\), mais \(36\) ne divise pas \(6\). Enfin, \(a=2\) et \(b=3\) réfutent la dernière implication, qui ne vaut que pour un diviseur premier.
Question 5
On résout dans \(\mathbb{Z}^2\) l’équation \(4x+7y=3\). Quel est l’ensemble des solutions, \(k\) décrivant \(\mathbb{Z}\) ?
- \(x=6+4k,\ y=-3-7k\)
- \(x=6+7k,\ y=-3-4k\)
- \(x=6+7k,\ y=-3+4k\)
- \(x=2+7k,\ y=-1-4k\)
Réponse B.
On part de \(4\times2+7\times(-1)=1\), puis on multiplie par \(3\) : \((6,-3)\) est une solution particulière. Par différence, \(4(x-6)=-7(y+3)\). Comme \(4\) et \(7\) sont premiers entre eux, Gauss donne \(x-6=7k\), puis \(y+3=-4k\). La réponse avec \(6+4k\) échange les coefficients. Celle avec \(-3+4k\) perd le signe moins. Enfin, \((2,-1)\) résout \(4x+7y=1\) et non l’équation posée.
Question 6
Que peut-on dire de la famille d’entiers \((10,\,14,\,35)\) ?
- Premiers entre eux dans leur ensemble, mais pas deux à deux
- Premiers entre eux deux à deux, donc dans leur ensemble
- Ni l’un ni l’autre, car \(\operatorname{pgcd}(10,14)=2\)
- Premiers entre eux deux à deux, mais pas dans leur ensemble
Réponse A.
Les PGCD deux à deux valent \(2\), \(5\) et \(7\) : aucune paire n’est formée d’entiers premiers entre eux. Cependant, aucun nombre premier ne divise les trois entiers à la fois, donc \(\operatorname{pgcd}(10,14,35)=1\). D’ailleurs, \(10\times(-2)+14\times(-1)+35=1\) en fournit une relation de Bézout. Conclure « ni l’un ni l’autre » à partir d’une seule paire confond donc les deux notions.
Question 7
Dans la preuve d’Euclide de l’infinité des nombres premiers, on suppose qu’il n’y en a qu’un nombre fini \(p_1,\ldots,p_n\) et l’on pose \(N=p_1p_2\cdots p_n+1\). Que sait-on de \(N\) ?
- Il a un diviseur premier distinct de tous les \(p_i\)
- Il est lui-même toujours un nombre premier
- Il est divisible par le plus grand des \(p_i\)
- Il est toujours un nombre composé
Réponse A.
Comme \(N\ge2\), il admet un diviseur premier \(p\). Si \(p\) était l’un des \(p_i\), il diviserait \(N-p_1\cdots p_n=1\), ce qui est absurde. Ainsi la liste n’était pas complète. Croire que \(N\) est toujours premier est une erreur classique : \(2\times3\times5\times7\times11\times13+1=30031=59\times509\). À l’inverse, \(N\) n’est pas toujours composé, puisque \(2\times3+1=7\) est premier. Enfin, \(N\) laisse le reste \(1\) dans la division par chaque \(p_i\).
Question 8
On cherche si \(391\) est premier en le divisant par des nombres premiers successifs. Quelle conclusion est correcte ?
- Il est premier, car aucun premier jusqu’à \(13\) ne le divise
- Il est composé, égal à \(13\times31\)
- Il est composé, égal à \(7\times57\)
- Il est composé, égal à \(17\times23\)
Réponse D.
Il suffit de tester les premiers \(p\) tels que \(p^2\le391\), soit jusqu’à \(19\), car \(\sqrt{391}\approx19{,}8\). Or \(17\times23=391\), donc \(391\) est composé. S’arrêter à \(13\) revient à mal estimer la racine carrée : on conclurait à tort qu’il est premier. Par ailleurs, \(13\times31=403\) et \(7\times57=399\), si bien que ces deux factorisations sont fausses. Il faut donc vérifier chaque produit avant de conclure.
Question 9
Que vaut la valuation \(3\)-adique de \(50!\), c’est-à-dire l’exposant de \(3\) dans la décomposition en facteurs premiers de \(50!\) ?
- \(16\)
- \(21\)
- \(22\)
- \(17\)
Réponse C.
On compte les multiples de \(3\), puis ceux de \(9\) et de \(27\), qui apportent chacun un facteur supplémentaire. Ainsi \(v_3(50!)=\lfloor50/3\rfloor+\lfloor50/9\rfloor+\lfloor50/27\rfloor=16+5+1=22\). La réponse \(16\) ne compte que les multiples de \(3\). La réponse \(21\) oublie le facteur de plus apporté par \(27\). Quant à \(17\), elle arrondit \(50/3\) au-dessus au lieu de prendre la partie entière.
Question 10
Dans \(\mathbb{Z}/30\mathbb{Z}\), quel est l’inverse de la classe de \(7\) ?
- La classe de \(13\)
- La classe de \(17\)
- Le nombre \(\frac{1}{7}\)
- Aucun, car \(30\) n’est pas premier
Réponse A.
Comme \(\operatorname{pgcd}(7,30)=1\), la classe de \(7\) est inversible, même si \(30\) n’est pas premier. En effet, \(7\times13=91=3\times30+1\), donc \(13\) convient. La classe de \(17\) vaut \(-13\) modulo \(30\) : elle donne \(7\times17=119\equiv-1\), c’est donc une erreur de signe. Enfin, \(\frac{1}{7}\) n’est pas un entier : l’inverse se cherche parmi les classes de congruence.
Question 11
Quel est le reste de la division euclidienne de \(5^{123}\) par \(11\) ?
- \(3\)
- \(5\)
- \(1\)
- \(4\)
Réponse D.
Comme \(11\) est premier et ne divise pas \(5\), le petit théorème de Fermat donne \(5^{10}\equiv1 \pmod{11}\). Or \(123=12\times10+3\), donc \(5^{123}\equiv5^3=125=11\times11+4\). La réponse \(3\) réduit l’exposant modulo \(11\) au lieu de \(10\), ce qui donne \(5^2=25\). La réponse \(5\) applique \(a^p\equiv a\) avec le mauvais exposant. Enfin, \(1\) suppose à tort que \(123\) est un multiple de \(10\).
Question 12
On vérifie que \(2^{340}\equiv1 \pmod{341}\), avec \(341=11\times31\). Que peut-on en déduire ?
- Que \(341\) est un nombre premier
- Que le petit théorème de Fermat est faux
- Rien : la réciproque du théorème de Fermat est fausse
- Que \(2\) et \(341\) ne sont pas premiers entre eux
Réponse C.
Le théorème de Fermat affirme : si \(p\) est premier et ne divise pas \(a\), alors \(a^{p-1}\equiv1\). Ici, la conclusion est vérifiée alors que \(341\) est composé. Par conséquent, la réciproque est fausse, et ce test ne prouve pas la primalité. Le théorème n’est pas contredit pour autant, puisque son hypothèse n’est pas remplie. Enfin, l’égalité obtenue montre au contraire que \(2\) est inversible modulo \(341\), donc premier avec lui.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths sup (MPSI) sur PGCD, Bézout et nombres premiers
- S’exercer : exercices corrigés sur PGCD, Bézout et nombres premiers
- QCM précédent : QCM : Convexité et inégalités classiques en maths sup (MPSI)
- QCM suivant : QCM : Lois internes, groupes et anneaux en maths sup (MPSI)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths sup (MPSI)
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