Corrigé des exercices : Intégrales impropres en L2 de maths
Ce corrigé intégrales L2 donne une solution complète de chacun des exercices sur les intégrales impropres. Chaque correction commence par une idée clé qui indique la piste à suivre. Ensuite, la rédaction suit le modèle attendu en partiel : on précise les bornes impropres, on vérifie la positivité avant toute comparaison, puis on nomme le critère utilisé.
Soyez attentif à trois points. D’abord, une intégration par parties se fait sur un segment, avant le passage à la limite. De plus, un équivalent ne se compare qu’entre fonctions de signe constant. Enfin, la semi-convergence exige deux preuves distinctes : la convergence, puis la non-intégrabilité. Trois figures accompagnent les solutions, notamment pour comparer un reste à son équivalent. Ainsi, vous pouvez vérifier vos propres valeurs numériques.
Pour démarrer
Corrigé de l’exercice 1 – Calcul par la définition
Idée clé : on calcule une primitive, on évalue sur \([a,x]\), puis on étudie la limite quand \(x\) tend vers \(+\infty\).
- Pour \(t > 0\), on vérifie que \(\frac{1}{t(t+3)} = \frac{1}{3}\left(\frac{1}{t} – \frac{1}{t+3}\right)\). En effet, la réduction au même dénominateur donne \(\frac{(t+3) – t}{3t(t+3)}\). Pour \(x \geq 1\), on obtient donc
\[\int_1^x \frac{dt}{t(t+3)} = \frac{1}{3}\ln\left(\frac{x}{x+3}\right) – \frac{1}{3}\ln\left(\frac{1}{4}\right).\]
Quand \(x\) tend vers \(+\infty\), le quotient \(\frac{x}{x+3}\) tend vers 1, donc le premier terme tend vers 0. Ainsi, l’intégrale converge et vaut \(\frac{1}{3}\ln 4 = \frac{2}{3}\ln 2\). - Une primitive de \(\frac{t}{(1+t^2)^2}\) est \(-\frac{1}{2(1+t^2)}\). Par conséquent, \(\int_0^x \frac{t\,dt}{(1+t^2)^2} = \frac{1}{2} – \frac{1}{2(1+x^2)}\), qui tend vers \(\frac{1}{2}\). L’intégrale converge et vaut \(\frac{1}{2}\).
- Cette fois, une primitive est \(\frac{1}{2}\ln(1+t^2)\). Donc \(\int_0^x \frac{t\,dt}{1+t^2} = \frac{1}{2}\ln(1+x^2)\), qui tend vers \(+\infty\). L’intégrale diverge.
La figure représente la fonction du premier point. L’aire colorée sous la courbe, sur \([1,+\infty[\), est finie et vaut environ \(0{,}462\).

Corrigé de l’exercice 2 – Une borne où la fonction explose
Idée clé : la borne impropre est 3 ; on intègre sur \([0,x]\) avec \(x < 3\), puis on fait tendre \(x\) vers 3.
- Une primitive de \((3-t)^{-1/2}\) est \(-2\sqrt{3-t}\). Pour \(0 \leq x < 3\), on a donc \(\int_0^x \frac{dt}{\sqrt{3-t}} = 2\sqrt{3} – 2\sqrt{3-x}\). Quand \(x\) tend vers 3, ce terme tend vers \(2\sqrt{3}\). L’intégrale converge et vaut \(2\sqrt{3}\).
- De même, une primitive de \((3-t)^{-3/4}\) est \(-4(3-t)^{1/4}\). Ainsi, \(\int_0^x \frac{dt}{(3-t)^{3/4}} = 4 \cdot 3^{1/4} – 4(3-x)^{1/4}\). La limite vaut \(4 \cdot 3^{1/4}\).
- Enfin, \(\int_0^x \frac{dt}{3-t} = \ln 3 – \ln(3-x)\). Or \(-\ln(3-x)\) tend vers \(+\infty\) quand \(x\) tend vers 3. L’intégrale diverge. On retrouve la règle de Riemann en 3 : l’exposant doit être strictement inférieur à 1.
Corrigé de l’exercice 3 – Quatre natures par équivalent
Idée clé : toutes les fonctions sont positives ; un équivalent de type Riemann suffit donc à chaque borne impropre.
- La fonction est continue et positive sur \([1,+\infty[\). En \(+\infty\), on a \(\frac{t+5}{t^3+2} \sim \frac{t}{t^3} = \frac{1}{t^2}\). Comme \(2 > 1\), l’intégrale converge.
- La fonction est positive et continue sur \(]0,1]\). En 0, on a \(1 + t \to 1\), donc la fonction est équivalente à \(t^{-2/3}\). Puisque \(\frac{2}{3} < 1\), l’intégrale converge.
- La fonction est positive sur \([1,+\infty[\). En \(+\infty\), \(\frac{\sqrt{t}}{t+4} \sim \frac{1}{\sqrt{t}}\). Comme \(\frac{1}{2} \leq 1\), l’intégrale diverge.
- Sur \(]0,1]\), on a \(e^t – 1 > 0\). De plus, \(e^t – 1 \sim t\) en 0, donc \(\frac{1}{e^t-1} \sim \frac{1}{t}\). Par Riemann avec l’exposant 1, l’intégrale diverge.
Corrigé de l’exercice 4 – Un paramètre aux deux bords
Idée clé : on coupe en 1 et on cherche un équivalent puissance à chaque borne ; la convergence exige les deux conditions à la fois.
- La fonction est positive sur \(]0,+\infty[\). En 0, on a \(1 + t^2 \to 1\), donc la fonction est équivalente à \(t^{-\alpha}\). Ainsi, le morceau sur \(]0,1]\) converge si et seulement si \(\alpha < 1\).
- En \(+\infty\), on a \(t^\alpha(1+t^2) \sim t^{\alpha+2}\). Riemann impose alors \(\alpha + 2 > 1\) : le morceau sur \([1,+\infty[\) converge exactement pour \(\alpha > -1\).
- Par conséquent, \(I_\alpha\) converge si et seulement si \(-1 < \alpha < 1\). Pour \(\alpha = 0\), on a \(\int_0^x \frac{dt}{1+t^2} = \arctan x\), qui tend vers \(\frac{\pi}{2}\). Donc \(I_0 = \frac{\pi}{2}\).
Retenez la structure de ce raisonnement. Chaque borne impose sa propre condition, et l’ensemble de convergence est l’intersection des deux. Ici, la borne 0 limite \(\alpha\) par le haut, tandis que l’infini le limite par le bas. Par exemple, pour \(\alpha = 1\), seule la borne 0 fait diverger l’intégrale.
Corrigé de l’exercice 5 – Faux problèmes et vrais problèmes en 0
Idée clé : on cherche la limite de la fonction en 0 ; si elle est finie, c’est un faux problème, sinon on compare à Riemann.
- En 0, \(1 – \cos t \sim \frac{t^2}{2}\), donc la fonction tend vers \(\frac{1}{2}\). Elle se prolonge par continuité en 0 : c’est un faux problème. L’intégrale converge.
- En 0, \(\sin t \sim t\), donc \(\frac{\sin t}{t^{3/2}} \sim \frac{1}{\sqrt{t}}\), qui tend vers \(+\infty\). C’est donc un vrai problème. Cependant, la fonction est positive sur \(]0,\frac{\pi}{2}]\) et l’exposant \(\frac{1}{2}\) est inférieur à 1. L’intégrale converge.
- En 0, \(\ln(1+t) \sim t\), donc la fonction est équivalente à \(\frac{1}{t}\). Elle est positive sur \(]0,1]\). Par Riemann, l’intégrale diverge.
Corrigé de l’exercice 6 – Une famille calculée par parties
Idée clé : l’exponentielle l’emporte sur toute puissance, ce qui donne la convergence ; une intégration par parties abaisse ensuite l’exposant.
- La fonction \(t \mapsto t^n e^{-t/2}\) est continue et positive sur \([0,+\infty[\). Par croissances comparées, \(t^2 \cdot t^n e^{-t/2}\) tend vers 0. Ainsi, la fonction est un \(o(t^{-2})\) en \(+\infty\), et \(I_n\) converge.
- On a \(\int_0^x e^{-t/2}\,dt = 2 – 2e^{-x/2}\), qui tend vers 2. Donc \(I_0 = 2\).
- Soit \(n \geq 1\) et \(x > 0\). On pose \(u(t) = t^n\) et \(v(t) = -2e^{-t/2}\), de classe \(C^1\). Alors
\[\int_0^x t^n e^{-t/2}\,dt = -2x^n e^{-x/2} + 2n\int_0^x t^{n-1}e^{-t/2}\,dt.\]
Le crochet est nul en 0 car \(n \geq 1\). De plus, \(x^n e^{-x/2}\) tend vers 0. En passant à la limite, on obtient \(I_n = 2n\,I_{n-1}\). - Par récurrence, \(I_n = 2n \cdot 2(n-1) \cdots 2 \cdot 1 \cdot I_0 = 2^n\, n!\, I_0\). Finalement, \(I_n = 2^{n+1}\, n!\), et en particulier \(I_2 = 16\).
Pour s’entraîner
Corrigé de l’exercice 7 – Intégrales de Bertrand en l’infini
Idée clé : pour l’exposant critique 1, on primitive directement ; sinon, on intercale une puissance \(t^{-\gamma}\) bien choisie.
- Pour \(\beta \neq 1\), une primitive de \(\frac{1}{t(\ln t)^\beta}\) est \(\frac{(\ln t)^{1-\beta}}{1-\beta}\). On obtient donc \(\int_e^x \frac{dt}{t(\ln t)^\beta} = \frac{(\ln x)^{1-\beta} – 1}{1-\beta}\). Cette quantité a une limite finie si et seulement si \(1 – \beta < 0\) ; la limite vaut alors \(\frac{1}{\beta – 1}\). Pour \(\beta = 1\), une primitive est \(\ln(\ln t)\), qui tend vers \(+\infty\). Ainsi, l’intégrale converge si et seulement si \(\beta > 1\).
- Sur \([3,+\infty[\), le logarithme dépasse 1, donc la fonction reste positive. De plus, \(t^{3/4} \cdot \frac{1}{\sqrt{t}\,\ln t} = \frac{t^{1/4}}{\ln t}\) tend vers \(+\infty\). Donc, pour \(t\) assez grand, la fonction dépasse \(t^{-3/4}\), dont l’intégrale diverge. Par comparaison, l’intégrale diverge.
- La fonction est positive et continue sur \([1,+\infty[\). Ensuite, \(t^{9/8} \cdot \frac{\ln t}{t^{5/4}} = \frac{\ln t}{t^{1/8}}\) tend vers 0. Ainsi, la fonction est un \(o(t^{-9/8})\), et l’intégrale converge.
- Pour \(t \geq 3\), on a \(\ln t > 1\), donc \(\ln(\ln t) > 0\), et la fonction est positive. La dérivée de \(\ln(\ln(\ln t))\) vaut \(\frac{1}{\ln(\ln t)} \cdot \frac{1}{\ln t} \cdot \frac{1}{t}\). Par conséquent, l’intégrale sur \([3,x]\) vaut \(\ln(\ln(\ln x)) – \ln(\ln(\ln 3))\), qui tend vers \(+\infty\). L’intégrale diverge.
Corrigé de l’exercice 8 – Intégrales de Bertrand près de 0
Idée clé : le changement de variable \(u = -\ln t\) envoie la borne 0 sur \(+\infty\) et transforme l’intégrale en une intégrale de Riemann.
- Quand \(u\) parcourt \([\ln 2,+\infty[\), le réel \(t = e^{-u}\) décrit \(]0,\frac{1}{2}]\) en décroissant, et ce paramétrage est de classe \(C^1\). On trouve alors \(dt = -e^{-u}\,du\) et \(|\ln t| = u\). Ainsi, \(\frac{dt}{t\,|\ln t|^\beta}\) devient \(-\frac{du}{u^\beta}\), et les bornes s’échangent. L’intégrale a donc la nature de \(\int_{\ln 2}^{+\infty} \frac{du}{u^\beta}\). Elle converge si et seulement si \(\beta > 1\).
- Pour \(\beta = 2\), le même changement de variable donne \(\int_{\ln 2}^{+\infty} \frac{du}{u^2} = \frac{1}{\ln 2}\). Par conséquent, \(\int_0^{1/2} \frac{dt}{t(\ln t)^2} = \frac{1}{\ln 2}\).
- Sur \(]0,\frac{1}{3}]\), on a \(\sin t > 0\), donc la fonction est positive. En 0, \(\sin t \sim t\), donc la fonction est équivalente à \(\frac{1}{t(\ln t)^2}\). D’après la première question avec \(\beta = 2\), l’intégrale converge.
Corrigé de l’exercice 9 – Deux changements de variable
Idée clé : on choisit un changement de variable qui fait disparaître la racine ; il doit être une bijection \(C^1\) strictement monotone entre les intervalles ouverts.
- La fonction est positive sur \(]1,+\infty[\). En 1, on a \(t\sqrt{t-1} \sim \sqrt{t-1}\), et \(\int_1^2 \frac{dt}{\sqrt{t-1}}\) converge par Riemann. En \(+\infty\), la fonction est équivalente à \(t^{-3/2}\), ce qui donne aussi la convergence. Pour le calcul, on paramètre \(]1,+\infty[\) par \(t = 1 + u^2\), où \(u\) décrit \(]0,+\infty[\) ; ce paramétrage est \(C^1\) et croissant. Comme \(\sqrt{t-1} = u\) et \(dt = 2u\,du\), on se ramène à \(\int_0^{+\infty} \frac{2u\,du}{(1+u^2)\,u} = \int_0^{+\infty} \frac{2\,du}{1+u^2}\). Elle vaut \(\pi\).
- La fonction \(e^{-\sqrt{t}}\) est positive et continue. De plus, \(t^2 e^{-\sqrt{t}}\) tend vers 0, donc l’intégrale converge. Le paramétrage \(t = u^2\), avec \(u > 0\), est \(C^1\) et croissant ; il conduit à \(\int_0^{+\infty} 2u\,e^{-u}\,du\). Or \(\int_0^x u\,e^{-u}\,du = 1 – (x+1)e^{-x}\), qui tend vers 1. Par conséquent, \(\int_0^{+\infty} e^{-\sqrt{t}}\,dt = 2\).
Corrigé de l’exercice 10 – Convergence absolue et calcul complexe
Idée clé : on majore le module par une fonction positive intégrable, puis on calcule avec l’exponentielle complexe avant de prendre la partie imaginaire.
- Pour \(t \geq 1\), on a \(\left|\frac{\cos(3t)}{t^2+t}\right| \leq \frac{1}{t^2}\). Or \(t^{-2}\) est intégrable sur \([1,+\infty[\) d’après Riemann. Par comparaison, on obtient la convergence absolue.
- Pour \(t \geq 0\), \(|e^{-t}\sin(2t)| \leq e^{-t}\), et \(\int_0^{+\infty} e^{-t}\,dt = 1\). Donc la fonction est intégrable.
- Sur \([0,x]\), on a \(\int_0^x e^{(-1+2i)t}\,dt = \frac{e^{(-1+2i)x} – 1}{-1+2i}\). Or \(|e^{(-1+2i)x}| = e^{-x}\) tend vers 0. Ainsi,
\[\int_0^{+\infty} e^{(-1+2i)t}\,dt = \frac{1}{1-2i} = \frac{1+2i}{5}.\]
La partie imaginaire de l’intégrande vaut \(e^{-t}\sin(2t)\). En prenant la partie imaginaire sur \([0,x]\), puis la limite, on obtient \(\int_0^{+\infty} e^{-t}\sin(2t)\,dt = \frac{2}{5}\).
Corrigé de l’exercice 11 – Semi-convergence de cos(t) sur racine de t
Idée clé : l’intégration par parties fait apparaître un terme intégrable en \(t^{-3/2}\) ; la minoration \(|\cos| \geq \cos^2\) prouve ensuite la non-intégrabilité.
- Pour \(x \geq 1\), on dérive \(t^{-1/2}\) et on primitive \(\cos t\) en \(\sin t\). On obtient
\[\int_1^x \frac{\cos t}{\sqrt{t}}\,dt = \frac{\sin x}{\sqrt{x}} – \sin 1 + \frac{1}{2}\int_1^x \frac{\sin t}{t^{3/2}}\,dt.\]
D’une part, \(\frac{\sin x}{\sqrt{x}}\) tend vers 0. D’autre part, \(\left|\frac{\sin t}{t^{3/2}}\right| \leq t^{-3/2}\), donc la dernière intégrale converge absolument. L’intégrale étudiée converge. - Comme \(0 \leq |\cos t| \leq 1\), on a \(|\cos t| \cdot |\cos t| \leq |\cos t|\), soit \(\cos^2 t \leq |\cos t|\).
- On en déduit \(\frac{|\cos t|}{\sqrt{t}} \geq \frac{\cos^2 t}{\sqrt{t}} = \frac{1}{2\sqrt{t}} + \frac{\cos(2t)}{2\sqrt{t}}\). Le calcul du premier point, refait avec \(\cos(2t)\), montre que \(\int_1^{+\infty} \frac{\cos(2t)}{2\sqrt{t}}\,dt\) converge. En revanche, \(\int_1^{+\infty} \frac{dt}{2\sqrt{t}}\) diverge vers \(+\infty\). Ainsi, le minorant a une intégrale partielle qui tend vers \(+\infty\), et la fonction \(t \mapsto \frac{\cos t}{\sqrt{t}}\) n’est pas intégrable. L’intégrale est donc semi-convergente.
Cette démarche en deux temps est le modèle de toute preuve de semi-convergence. D’abord, une intégration par parties gagne une puissance de \(t\) au dénominateur. Ensuite, la minoration par un carré fait apparaître une partie moyenne positive, ici \(\frac{1}{2\sqrt{t}}\), dont l’intégrale diverge.
Corrigé de l’exercice 12 – Le critère de Cauchy en action
Idée clé : pour nier le critère de Cauchy, on exhibe des tranches \([x_n, y_n]\) qui partent à l’infini et dont l’intégrale ne tend pas vers 0.
- La fonction \(|\sin|\) est \(\pi\)-périodique et \(\int_0^\pi \sin t\,dt = 2\). L’intervalle \([n\pi, 2n\pi]\) contient \(n\) périodes, donc \(\int_{n\pi}^{2n\pi} |\sin t|\,dt = 2n\).
- Sur \([n\pi,2n\pi]\), on a \(\frac{1}{t} \geq \frac{1}{2n\pi}\). Par conséquent, \(\int_{n\pi}^{2n\pi} \frac{|\sin t|}{t}\,dt \geq \frac{2n}{2n\pi} = \frac{1}{\pi}\). Supposons maintenant l’intégrale convergente. Le critère de Cauchy avec \(\varepsilon = \frac{1}{2\pi}\) fournit un réel \(A\). Pour \(n\) tel que \(n\pi \geq A\), on aurait alors \(\frac{1}{\pi} \leq \frac{1}{2\pi}\), ce qui est absurde. L’intégrale diverge.
- Pour \(x \geq 2\), la décroissance donne \(f(t) \geq f(x)\) sur \([\frac{x}{2}, x]\). Donc \(\int_{x/2}^{x} f \geq \frac{x}{2} f(x) \geq 0\). Soit \(\varepsilon > 0\). Le critère de Cauchy fournit \(A\) tel que \(\int_{x/2}^x f \leq \varepsilon\) dès que \(\frac{x}{2} \geq A\). Pour ces \(x\), le produit \(\frac{x}{2} f(x)\) est positif et majoré par \(\varepsilon\). Finalement, \(x f(x)\) tend vers 0.
Corrigé de l’exercice 13 – Deux applications de la règle d’Abel
Idée clé : on sépare un facteur décroissant vers 0 et le facteur \(\sin t\), dont les primitives restent bornées par 2.
- La fonction \(g : t \mapsto \frac{1}{\ln t}\) est de classe \(C^1\), décroissante et de limite nulle sur \([2,+\infty[\). De plus, \(\left|\int_2^x \sin t\,dt\right| = |\cos 2 – \cos x| \leq 2\). La règle d’Abel montre que l’intégrale converge.
- Pour \(t \geq 2\), on a \(0 < \ln t \leq t\), donc \(\frac{|\sin t|}{\ln t} \geq \frac{|\sin t|}{t}\). Or l’exercice précédent montre que \(\int_\pi^{+\infty} \frac{|\sin t|}{t}\,dt\) diverge, et le morceau sur \([2,\pi]\) est fini. Par comparaison, l’intégrale ne converge pas absolument.
- On a \(g^{\prime}(t) = \frac{\varphi(t)}{t^2}\) avec \(\varphi(t) = \frac{t}{1+t^2} – \arctan t\). Or \(\varphi(0) = 0\) et
\[\varphi^{\prime}(t) = \frac{1-t^2}{(1+t^2)^2} – \frac{1}{1+t^2} = \frac{-2t^2}{(1+t^2)^2}.\]
Donc \(\varphi\) est strictement décroissante sur \([0,+\infty[\), et \(\varphi(t) < 0\) pour \(t > 0\). Ainsi, \(g\) est décroissante. De plus, \(0 \leq g(t) \leq \frac{\pi}{2t}\), donc \(g\) tend vers 0. La règle d’Abel, avec \(h = \sin\), montre que l’intégrale converge.
Corrigé de l’exercice 14 – Équivalent et encadrement d’un reste
Idée clé : on intègre l’équivalent \(\frac{1}{t^3+1} \sim \frac{1}{t^3}\) sur \([x,+\infty[\), puis on majore la différence exacte des deux fonctions.
- Pour \(t \geq 1\), on a \(0 \leq \frac{1}{t^3+1} \leq \frac{1}{t^3}\), et \(\int_1^{+\infty} t^{-3}\,dt\) converge. Donc \(R(x)\) existe pour tout \(x \geq 1\).
- Les fonctions \(\frac{1}{t^3+1}\) et \(\frac{1}{t^3}\) sont positives et équivalentes en \(+\infty\), avec une intégrale convergente. Le théorème d’intégration des relations de comparaison donne \(R(x) \sim \int_x^{+\infty} \frac{dt}{t^3} = \frac{1}{2x^2}\). Donc \(R(x) \sim \frac{1}{2x^2}\).
- Pour \(t \geq 1\), on calcule \(\frac{1}{t^3} – \frac{1}{t^3+1} = \frac{1}{t^3(t^3+1)}\). Ce nombre est positif et majoré par \(\frac{1}{t^6}\). En intégrant sur \([x,+\infty[\), on obtient \(0 \leq \frac{1}{2x^2} – R(x) \leq \int_x^{+\infty} \frac{dt}{t^6} = \frac{1}{5x^5}\). L’encadrement est établi.
La figure compare \(R(x)\), calculé numériquement, à son équivalent \(\frac{1}{2x^2}\). Les deux courbes se confondent très vite, car l’écart est d’ordre \(x^{-5}\).

Corrigé de l’exercice 15 – Équivalent d’une intégrale partielle divergente
Idée clé : l’intégration par parties isole le terme principal \(\frac{x}{\ln x}\) ; l’intégrale restante est négligeable par intégration des relations de comparaison.
- Pour \(t \geq 2\), on a \(0 < \ln t < t\), donc \(\frac{1}{\ln t} > \frac{1}{t}\). Ainsi, \(F(x) \geq \ln x – \ln 2\), qui tend vers \(+\infty\). Donc \(F(x) \to +\infty\).
- On pose \(u(t) = \frac{1}{\ln t}\) et \(v(t) = t\). Alors \(u^{\prime}(t) = -\frac{1}{t(\ln t)^2}\), et
\[F(x) = \left[\frac{t}{\ln t}\right]_2^x + \int_2^x \frac{t}{t(\ln t)^2}\,dt = \frac{x}{\ln x} – \frac{2}{\ln 2} + \int_2^x \frac{dt}{(\ln t)^2}.\]
La relation demandée est établie. - Divisons \((\ln t)^{-2}\) par \((\ln t)^{-1}\) : le quotient vaut \((\ln t)^{-1}\) et tend vers 0. Ainsi, la première fonction est négligeable devant la seconde. De plus, \(\frac{1}{\ln t}\) est positive et son intégrale diverge. Le théorème d’intégration des relations de comparaison donne \(\int_2^x \frac{dt}{(\ln t)^2} = o(F(x))\). Par conséquent, \(F(x)(1 + o(1)) = \frac{x}{\ln x} – \frac{2}{\ln 2}\). Enfin, la constante est négligeable devant \(\frac{x}{\ln x}\), qui tend vers \(+\infty\). Finalement, \(F(x) \sim \frac{x}{\ln x}\).
Pour approfondir
Corrigé de l’exercice 16 – Problème – Séries et intégrales en parallèle
Idée clé : la décroissance encadre \(f\) sur chaque intervalle \([k-1,k]\) ; on somme ensuite ces encadrements entre deux entiers.
- Prenons un entier \(k \geq n_0 + 1\). Comme \(f\) décroît, ses valeurs sur \([k-1,k]\) restent comprises entre \(f(k)\) et \(f(k-1)\). Ce segment mesure 1, d’où \(f(k) \leq \int_{k-1}^{k} f \leq f(k-1)\).
- Notons \(S_N = \sum_{k=n_0}^{N} f(k)\). En sommant l’encadrement pour \(k\) allant de \(n_0 + 1\) à \(N\), on obtient \(S_N – f(n_0) \leq \int_{n_0}^{N} f \leq S_{N-1}\). Tout est positif, donc chaque objet converge exactement lorsqu’il est majoré. Si l’intégrale converge, \(S_N \leq f(n_0) + \int_{n_0}^{+\infty} f\), et la série converge. Inversement, si la série converge de somme \(S\), alors \(\int_{n_0}^{x} f \leq \int_{n_0}^{N} f \leq S\) pour tout entier \(N \geq x\). Les deux objets ont donc la même nature.
- La fonction \(t \mapsto \frac{1}{t\ln t}\) est positive et décroissante sur \([2,+\infty[\), car \(t\ln t\) croît. Son intégrale diverge, puisqu’une primitive est \(\ln(\ln t)\). Ainsi, \(\sum \frac{1}{n\ln n}\) diverge. De même, \(t \mapsto \frac{1}{t(\ln t)^{3/2}}\) est positive et décroissante sur \([3,+\infty[\). Son intégrale converge d’après l’exercice 7 avec \(\beta = \frac{3}{2}\). Donc la seconde série converge.
- On applique l’encadrement à \(f(t) = t^{-3}\). D’une part, \(\sum_{k=n+1}^{N} \frac{1}{k^3} \leq \int_n^N \frac{dt}{t^3}\). D’autre part, \(\frac{1}{k^3} \geq \int_k^{k+1} \frac{dt}{t^3}\), donc \(\sum_{k=n+1}^{N} \frac{1}{k^3} \geq \int_{n+1}^{N+1} \frac{dt}{t^3}\). En faisant tendre \(N\) vers \(+\infty\), on obtient \(\frac{1}{2(n+1)^2} \leq r_n \leq \frac{1}{2n^2}\). Comme \((n+1)^2 \sim n^2\), les deux bornes sont équivalentes, et \(r_n \sim \frac{1}{2n^2}\).
- Avec \(f(t) = \frac{1}{t}\) et \(n_0 = 1\), on a \(H_n = 1 + \sum_{k=2}^{n} \frac{1}{k} \leq 1 + \int_1^n \frac{dt}{t} = 1 + \ln n\). De plus, \(\frac{1}{k} \geq \int_k^{k+1} \frac{dt}{t}\), donc \(H_n \geq \int_1^{n+1} \frac{dt}{t} = \ln(n+1)\). Enfin, \(\frac{\ln(n+1)}{\ln n}\) et \(\frac{1 + \ln n}{\ln n}\) tendent vers 1. Par encadrement, \(H_n \sim \ln n\).
Corrigé de l’exercice 17 – Problème – L’intégrale de Dirichlet
Idée clé : une intégration par parties sur \([\varepsilon, x]\) transforme une intégrale semi-convergente en l’intégrale d’une fonction positive et intégrable.
- En 0, \(\frac{\sin t}{t}\) tend vers 1 : c’est un faux problème. Sur \([1,+\infty[\), la convergence a été démontrée dans le cours par une intégration par parties. Par conséquent, \(J\) converge.
- La fonction \(\frac{\sin^2 t}{t^2}\) est continue et positive sur \(]0,+\infty[\). Comme \(|\sin t| \leq t\) pour \(t \geq 0\), elle est majorée par 1 près de 0. Sur \([1,+\infty[\), elle est majorée par \(\frac{1}{t^2}\). Elle est donc intégrable sur \(]0,+\infty[\).
- On pose \(u(t) = \sin^2 t\) et \(v(t) = -\frac{1}{t}\). Alors \(u^{\prime}(t) = 2\sin t\cos t = \sin(2t)\), et
\[\int_\varepsilon^x \frac{\sin^2 t}{t^2}\,dt = \frac{\sin^2 \varepsilon}{\varepsilon} – \frac{\sin^2 x}{x} + \int_\varepsilon^x \frac{\sin(2t)}{t}\,dt.\]
Dans la dernière intégrale, on pose \(s = 2t\) ; comme \(\frac{dt}{t} = \frac{ds}{s}\), elle vaut \(\int_{2\varepsilon}^{2x} \frac{\sin s}{s}\,ds\). Ensuite, \(0 \leq \frac{\sin^2 \varepsilon}{\varepsilon} \leq \varepsilon\) et \(0 \leq \frac{\sin^2 x}{x} \leq \frac{1}{x}\). En faisant tendre \(\varepsilon\) vers 0 et \(x\) vers \(+\infty\), on obtient \(J = \int_0^{+\infty} \frac{\sin^2 t}{t^2}\,dt\). - La fonction \(\frac{\sin^2 t}{t^2}\) est positive. De plus, elle est continue et strictement positive sur \([1,2]\), donc \(J \geq \int_1^2 \frac{\sin^2 t}{t^2}\,dt > 0\). Ainsi, \(J > 0\).
- Pour \(a > 0\), le changement de variable \(s = at\) est une bijection croissante de \(]0,+\infty[\) sur lui-même, et \(\frac{dt}{t} = \frac{ds}{s}\). Donc \(\int_0^{+\infty} \frac{\sin(at)}{t}\,dt = J\). Pour \(a < 0\), on écrit \(\sin(at) = -\sin(|a|t)\). L’intégrale vaut \(J\) si \(a > 0\) et \(-J\) si \(a < 0\).
La figure superpose les deux intégrandes. La courbe orange oscille de part et d’autre de l’axe, alors que la courbe verte reste positive : pourtant, leurs intégrales sur \(]0,+\infty[\) sont égales.

Corrigé de l’exercice 18 – Problème – Une intégrale logarithmique
Idée clé : le changement de variable \(t = \frac{1}{u}\) échange les bornes 0 et \(+\infty\) et change le signe du logarithme.
- La fonction \(f : t \mapsto \frac{\ln t}{1+t^2}\) est continue sur \(]0,+\infty[\). En 0, on a \(|f(t)| \leq |\ln t|\), et \(\sqrt{t}\,|\ln t|\) tend vers 0. Ainsi, \(|f(t)| = o(t^{-1/2})\), ce qui donne l’intégrabilité sur \(]0,1]\). En \(+\infty\), \(t^{3/2}|f(t)| = \frac{\ln t}{\sqrt{t}} \cdot \frac{t^2}{1+t^2}\) tend vers 0. Donc \(|f(t)| = o(t^{-3/2})\), ce qui donne l’intégrabilité sur \([1,+\infty[\). L’intégrale \(I\) converge absolument.
- Posons \(t = \frac{1}{u}\) : ce paramétrage \(C^1\) parcourt \(]0,+\infty[\) en sens inverse. On calcule \(dt = -\frac{du}{u^2}\), \(\ln t = -\ln u\) et \(1 + t^2 = \frac{u^2+1}{u^2}\). L’intégrande devient \(\frac{-\ln u \cdot u^2}{u^2+1} \cdot \left(-\frac{1}{u^2}\right) = \frac{\ln u}{1+u^2}\), et les bornes s’échangent. Donc \(I = \int_{+\infty}^{0} \frac{\ln u}{1+u^2}\,du = -I\). Par conséquent, \(I = 0\).
- La convergence se prouve comme au premier point : en 0, la fonction est un \(o(t^{-1/2})\), et en \(+\infty\), un \(o(t^{-3/2})\). Avec \(t = au\), on a \(dt = a\,du\), \(t^2 + a^2 = a^2(1+u^2)\) et \(\ln t = \ln a + \ln u\). Ainsi,
\[\int_0^{+\infty} \frac{\ln t}{t^2+a^2}\,dt = \frac{1}{a}\left(\ln a \int_0^{+\infty} \frac{du}{1+u^2} + \int_0^{+\infty} \frac{\ln u}{1+u^2}\,du\right).\]
La première intégrale vaut \(\frac{\pi}{2}\) et la seconde vaut \(I = 0\). On obtient \(\frac{\pi\ln a}{2a}\). - Avec \(a = 2\), on trouve \(\int_0^{+\infty} \frac{\ln t}{t^2+4}\,dt = \frac{\pi\ln 2}{4}\).
Corrigé de l’exercice 19 – Problème – Une intégrale de Fresnel
Idée clé : le changement de variable \(u = t^2\) ramène l’étude à \(\frac{\sin u}{2\sqrt{u}}\), qui relève de la règle d’Abel.
- Sur \([1,x]\), on paramètre par \(t = \sqrt{u}\), où \(u\) décrit \([1,x^2]\) ; ce paramétrage est \(C^1\) et croissant. Puisque \(dt = \frac{du}{2\sqrt{u}}\), l’égalité demandée s’ensuit. Ensuite, \(u \mapsto \frac{1}{2\sqrt{u}}\) est \(C^1\), décroissante et tend vers 0, tandis que \(\left|\int_1^y \sin u\,du\right| \leq 2\). Par la règle d’Abel, le membre de droite a une limite finie quand \(x^2\) tend vers \(+\infty\). Comme le morceau sur \([0,1]\) est une intégrale ordinaire, \(S\) converge.
- Posons \(t_k = \sqrt{\frac{\pi}{2} + 2k\pi}\) pour \(k \in \mathbb{N}\). Alors \(t_k\) tend vers \(+\infty\) et \(\sin(t_k^2) = 1\). Donc \(\sin(t^2)\) ne tend pas vers 0.
- Pour \(x > 2\), le même changement de variable transforme \(\int_2^x |\sin(t^2)|\,dt\) en \(\int_4^{x^2} \frac{|\sin u|}{2\sqrt{u}}\,du\). Pour \(u \geq 4\), on a \(\sqrt{u} \leq u\), donc l’intégrande est minorée par \(\frac{|\sin u|}{2u}\). Or l’exercice 12 montre que \(\int_\pi^{+\infty} \frac{|\sin u|}{u}\,du\) diverge. Ainsi, \(\sin(t^2)\) n’est pas intégrable.
- Avec \(u = t^2\) sur \([0,x]\), on a \(du = 2t\,dt\) et \(t^4 = u^2\). Donc \(\int_0^x t\sin(t^4)\,dt = \frac{1}{2}\int_0^{x^2} \sin(u^2)\,du\), qui tend vers \(\frac{S}{2}\). Ainsi, l’intégrale converge et vaut \(\frac{S}{2}\). Pourtant, pour \(s_k = \left(\frac{\pi}{2} + 2k\pi\right)^{1/4}\), on a \(s_k\sin(s_k^4) = s_k\), qui tend vers \(+\infty\). La fonction n’est donc pas bornée.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de L2 de maths sur intégrales impropres
- S’exercer : exercices corrigés de L2 de maths sur intégrales impropres
- Bases utiles : Séries positives : Riemann, Bertrand et comparaison
- Chapitre d’avant : Convergence absolue, séries alternées et Abel
- Chapitre d’après : Diagonaliser une matrice et applications
- Vérifier ses acquis : QCM de L2 de maths sur intégrales impropres
- Contrôle corrigé en temps limité : Convergence d'intégrales impropres : contrôle de maths en L2
- Un autre sujet noté sur 20 : Intégrale de sin(t)/t et règle d'Abel : contrôle de maths en L2
- Le même thème en maths spé (MP) : Convergence dominée et intégrales à paramètre
- Le même thème en maths sup (MPSI) : Critères de convergence des séries numériques
- Tous les chapitres : le sommaire de la L2 de maths
- Après le bac : les maths post-bac, de la MPSI à la L3
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