Corrigé des exercices : Ouverts, fermés et adhérence en maths spé (MP)
Ce corrigé adhérence MP rédige entièrement les 18 exercices de la fiche. Chaque solution commence par une idée clé, qui indique la méthode à choisir : boules, suites ou image réciproque. Les calculs intermédiaires et les théorèmes utilisés sont tous écrits, comme dans une copie de concours.
Soyez attentif aux points de vigilance signalés : le passage à la limite dans une inégalité stricte, la continuité des deux membres avant un argument de densité, et la différence entre ouvert relatif et ouvert de l’espace. Plusieurs figures illustrent les adhérences calculées et les approximations construites.
Pour progresser, relisez d’abord l’idée clé seule, puis tentez de finir l’exercice sans regarder la suite. Ensuite, comparez votre rédaction à la nôtre, en particulier les justifications de continuité, souvent oubliées en copie.
Pour démarrer
Corrigé de l’exercice 1 – Deux parties du plan définies par des inégalités
Idée clé : chaque partie est décrite par des conditions sur des fonctions polynomiales, donc l’image réciproque conclut.
- Les applications \(\varphi_1:(x,y)\mapsto xy\) et \(\varphi_2:(x,y)\mapsto x+y\) sont polynomiales, donc continues sur \(\mathbb{R}^2\). Ainsi \(\varphi_1^{-1}(]1,+\infty[)\) et \(\varphi_2^{-1}(]-\infty,5[)\) sont des ouverts, comme images réciproques d’intervalles ouverts. Or \(U\) est leur intersection. Par conséquent, \(U\) est un ouvert, car une intersection finie d’ouverts est ouverte.
- De même, \(\psi_1:(x,y)\mapsto x^2+y^2\) et \(\psi_2:(x,y)\mapsto y-x^3\) sont continues. Donc \(\psi_1^{-1}(]-\infty,4])\) et \(\psi_2^{-1}([0,+\infty[)\) sont fermés. Leur intersection \(F\) est donc un fermé.
- D’abord, \(0^2+2^2=4\leq 4\) et \(2\geq 0^3\), donc \((0,2)\in F\). Soit ensuite \(r>0\). On choisit \(t>0\) tel que \(t\|(0,1)\|<r\). Le point \((0,2+t)\) est alors dans \(B((0,2),r)\). Cependant, \(0^2+(2+t)^2>4\), donc ce point n’est pas dans \(F\). Aucune boule centrée en \((0,2)\) n’est incluse dans \(F\) : \(F\) n’est pas ouvert.
Corrigé de l’exercice 2 – Intérieur, adhérence et frontière d’une partie de R
Idée clé : on traite chaque morceau séparément, puis on utilise la densité de \(\mathbb{Q}\) et de \(\mathbb{R}\setminus\mathbb{Q}\).
- L’intervalle \(]0,2[\) est un ouvert inclus dans \(A\), donc il est inclus dans \(\mathring{A}\). En revanche, \(0\) n’est pas intérieur, car \(-\varepsilon\notin A\) pour tout \(\varepsilon>0\). De même, \(3\) n’est pas intérieur, car \(3+\varepsilon\notin A\) pour \(\varepsilon\) petit. Enfin, tout intervalle ouvert centré en un rationnel \(q\in\,]4,5[\) contient un irrationnel, qui n’est pas dans \(A\). Ainsi \(\mathring{A}=\,]0,2[\).
- La partie \(G=[0,2]\cup\{3\}\cup[4,5]\) est fermée, comme réunion finie de fermés, et elle contient \(A\). Donc \(\overline{A}\subset G\). Inversement, \(2\) est limite de \(2-\frac{1}{n}\in A\). Soit ensuite \(x\in[4,5]\) et \(n\geq 1\). L’intervalle ouvert \(]\max(4,x-\frac{1}{n}),\min(5,x+\frac{1}{n})[\) est non vide, donc il contient un rationnel \(q_n\). On a alors \(q_n\in A\) et \(|q_n-x|<\frac{1}{n}\), donc \(x\in\overline{A}\). Finalement, \(\overline{A}=[0,2]\cup\{3\}\cup[4,5]\).
- Par différence, \(\mathrm{Fr}(A)=\{0,2,3\}\cup[4,5]\). De plus, \(A\) n’est pas ouverte, car \(0\in A\setminus\mathring{A}\). Elle n’est pas fermée non plus, car \(2\in\overline{A}\setminus A\).

Corrigé de l’exercice 3 – Un graphe fermé par les suites
Idée clé : on prend une suite convergente de la partie et l’on passe à la limite dans la relation qui la définit.
- Soit \((x_n,f(x_n))\) une suite de \(\Gamma\) qui converge vers \((a,b)\in\mathbb{R}^2\). En dimension finie, la convergence équivaut à celle des coordonnées : \(x_n\to a\) et \(f(x_n)\to b\). Or \(f\) est continue en \(a\), donc \(f(x_n)\to f(a)\). Par unicité de la limite, \(b=f(a)\), d’où \((a,b)\in\Gamma\). Ainsi \(\Gamma\) est fermé.
- Soit \((x_n,y_n)\) une suite de \(H\) de limite \((a,b)\). D’abord, \(x_ny_n=1\) et \(x_ny_n\to ab\), donc \(ab=1\). Ensuite, \(x_n>0\) donne seulement \(a\geq 0\) par passage à la limite. Cependant, \(a=0\) est exclu, car \(ab=1\). Donc \(a>0\) et \(H\) est fermé : l’égalité \(xy=1\) empêche la limite d’atteindre \(x=0\).
Corrigé de l’exercice 4 – Limites en l’origine de deux fonctions
Idée clé : une majoration par une quantité qui tend vers \(0\) donne la limite ; deux suites aux images différentes l’interdisent.
- La suite \((\frac{1}{n},0)\) est à valeurs dans \(\mathbb{R}^2\setminus\{(0,0)\}\) et tend vers l’origine. Ce point est donc adhérent à l’ensemble de définition.
- On a \(2x^2+y^2\leq 2(x^2+y^2)\), donc \(|f(x,y)|\leq 2|y|\). Or \(|y|\leq\|(x,y)\|_2\), qui tend vers \(0\). Par encadrement, \(f\) tend vers \(0\) en \((0,0)\).
- D’une part, \(g(\frac{1}{n},0)=1\). D’autre part, \(g(0,\frac{1}{n})=-2\). Les deux suites tendent vers l’origine, mais les images ont des limites différentes. La caractérisation séquentielle interdit donc toute limite de \(g\) en l’origine.
Corrigé de l’exercice 5 – Racine carrée, uniforme continuité et caractère lipschitzien
Idée clé : une inégalité valable pour tous les couples donne l’uniforme continuité ; la pente des cordes près de \(0\) interdit le caractère lipschitzien.
- On développe : \(\big(\sqrt{t}+\sqrt{s-t}\big)^2=s+2\sqrt{t(s-t)}\geq s\). Comme les deux nombres comparés sont positifs, la racine carrée conserve l’ordre. Ainsi \(\sqrt{s}-\sqrt{t}\leq\sqrt{s-t}\).
- Soit \(\varepsilon>0\) et \(\delta=\varepsilon^2\). Si \(|x-y|<\delta\), on applique la question 1 avec \(s=\max(x,y)\) et \(t=\min(x,y)\). On obtient \(|\sqrt{x}-\sqrt{y}|\leq\sqrt{s-t}<\varepsilon\). Ce \(\delta\) ne dépend pas des points : la racine carrée est uniformément continue.
- Supposons-la \(k\)-lipschitzienne sur \([0,1]\), avec \(k>0\). Pour \(h\in\,]0,1]\), on aurait \(\sqrt{h}\leq kh\), soit \(\frac{1}{\sqrt{h}}\leq k\). Or le choix \(h=\frac{1}{4(k+1)^2}\) donne \(2(k+1)\leq k\) : contradiction. Aucune constante de Lipschitz ne convient sur \([0,1]\).
- Pour \(x,y\geq 1\), la quantité conjuguée donne \(|x-y|=|\sqrt{x}-\sqrt{y}|\,(\sqrt{x}+\sqrt{y})\). Or \(\sqrt{x}+\sqrt{y}\geq 2\), d’où \(2\,|\sqrt{x}-\sqrt{y}|\leq|x-y|\), ce qui est le caractère \(\frac{1}{2}\)-lipschitzien.
Corrigé de l’exercice 6 – Densité des nombres dyadiques
Idée clé : on tronque le développement de \(x\) en base \(2\), comme on tronque un développement décimal.
- La partie entière vérifie \(\lfloor 2^nx\rfloor\leq 2^nx<\lfloor 2^nx\rfloor+1\). Une division par le réel positif \(2^n\) conduit à \(0\leq x-d_n<2^{-n}\).
- Ainsi \(d_n\in\mathcal{D}\) et \(d_n\to x\), car \(2^{-n}\to 0\). Tout réel est donc limite d’une suite de dyadiques : \(\mathcal{D}\) est dense dans \(\mathbb{R}\).
- Si \(x\in[0,1]\), alors \(0\leq 2^nx\leq 2^n\), donc \(0\leq\lfloor 2^nx\rfloor\leq 2^n\). Par conséquent, \(d_n\in\mathcal{D}\cap[0,1]\) et \(d_n\to x\). Ainsi \(\mathcal{D}\cap[0,1]\) est dense dans \([0,1]\).
Pour s’entraîner
Corrigé de l’exercice 7 – Ouverts et fermés relatifs de ]0,1]
Idée clé : on écrit chaque partie comme la trace sur \(X\) d’un ouvert ou d’un fermé de \(\mathbb{R}\).
- On a \(A=\,]\frac{1}{2},2[\,\cap X\), et \(]\frac{1}{2},2[\) est ouvert dans \(\mathbb{R}\). Donc \(A\) est un ouvert relatif de \(X\). Cependant, \(1\in A\) et, pour tout \(r>0\), le point \(1+\frac{r}{2}\) est dans \(]1-r,1+r[\) sans être dans \(A\). Ainsi \(A\) n’est pas ouvert dans \(\mathbb{R}\).
- On a \(B=[-1,\frac{1}{3}]\cap X\), donc \(B\) est un fermé relatif de \(X\). En revanche, la suite \(\frac{1}{n+3}\) reste dans \(B\) mais converge vers \(0\), extérieur à \(B\) : \(B\) n’est pas une partie fermée de \(\mathbb{R}\). Ce point \(0\) n’appartient pas à \(X\), ce qui explique qu’il ne compte pas pour la fermeture relative.
- Pour \(x\in X\), être adhérent à \(]0,\frac{1}{2}[\) équivaut à appartenir à \([0,\frac{1}{2}]\), adhérence de cette partie dans \(\mathbb{R}\). L’adhérence relative cherchée est donc \([0,\frac{1}{2}]\cap X\), soit \(]0,\frac{1}{2}]\).
Corrigé de l’exercice 8 – Parties remarquables de M3(R)
Idée clé : le déterminant, le cube et les mineurs sont polynomiaux en les coefficients, donc continus.
- Le déterminant est continu et \(\mathrm{GL}_3(\mathbb{R})=\det^{-1}(\mathbb{R}^{*})\), avec \(\mathbb{R}^{*}\) ouvert. Donc \(\mathrm{GL}_3(\mathbb{R})\) est ouvert. Par ailleurs, \(\frac{1}{k}I_3\) est inversible et tend vers la matrice nulle, qui ne l’est pas. Ainsi \(\mathrm{GL}_3(\mathbb{R})\) n’est pas fermé.
- Les coefficients de \(M^3\) sont des polynômes en ceux de \(M\). L’application \(\Phi:M\mapsto M^3\) est donc continue, et \(\mathcal{N}=\Phi^{-1}(\{0\})\) est fermé. Ensuite, \(0\in\mathcal{N}\), mais \(\big(\frac{1}{k}I_3\big)^3=\frac{1}{k^3}I_3\neq 0\). Comme \(\frac{1}{k}I_3\to 0\), toute boule centrée en \(0\) contient une matrice hors de \(\mathcal{N}\). Donc \(\mathcal{N}\) n’est pas ouvert.
- Pour des indices de lignes \(i<j\) et de colonnes \(k<l\), le mineur \(\mu(M)=m_{ik}m_{jl}-m_{il}m_{jk}\) est polynomial, donc continu. L’ensemble \(\mathcal{R}_1\) est l’intersection des neuf fermés \(\mu^{-1}(\{0\})\). Par conséquent, \(\mathcal{R}_1\) est fermé.
Corrigé de l’exercice 9 – Adhérence et intérieur d’une boule
Idée clé : on rapproche un point de la sphère du centre pour l’adhérence, et on l’en éloigne pour l’intérieur.
- L’application \(x\mapsto\|x-a\|\) est \(1\)-lipschitzienne, donc continue. Ainsi \(B_f(a,r)\), image réciproque du fermé \([0,r]\), est fermée.
- D’abord, \(B_f(a,r)\) est fermée d’après la question 1 et englobe \(B(a,r)\). Elle englobe donc aussi l’adhérence de \(B(a,r)\), plus petit fermé qui la contient. Soit ensuite \(x\) tel que \(\|x-a\|=r\). On pose \(x_n=a+\big(1-\frac{1}{n}\big)(x-a)\). Alors \(\|x_n-a\|=\big(1-\frac{1}{n}\big)r<r\) et \(\|x_n-x\|=\frac{r}{n}\to 0\). Donc \(x\) est adhérent à la boule ouverte. Finalement, \(\overline{B(a,r)}=B_f(a,r)\).
- Puisque \(B(a,r)\) est ouverte et contenue dans \(B_f(a,r)\), elle se trouve dans l’intérieur de celle-ci. Inversement, soit \(x\) avec \(\|x-a\|=r\), et supposons \(B(x,\varepsilon)\subset B_f(a,r)\). On pose \(y=x+\frac{\varepsilon}{2r}(x-a)\). Alors \(\|y-x\|=\frac{\varepsilon}{2}<\varepsilon\), mais \(\|y-a\|=\big(1+\frac{\varepsilon}{2r}\big)r=r+\frac{\varepsilon}{2}>r\). C’est contradictoire. Donc l’intérieur de \(B_f(a,r)\) est \(B(a,r)\).
- Comme \(B(a,r)\) est un ouvert, elle coïncide avec son propre intérieur. Sa frontière vaut \(B_f(a,r)\setminus B(a,r)\), c’est-à-dire la sphère \(S(a,r)=\{x,\ \|x-a\|=r\}\). Elle est non vide, car \(E\neq\{0\}\).
Corrigé de l’exercice 10 – Comatrice d’un produit par densité
Idée clé : on calcule pour des matrices inversibles, puis on étend par densité de \(\mathrm{GL}_n(\mathbb{R})\) et continuité.
- Si \(M\) est inversible, la relation \(M\,\mathrm{com}(M)^{\top}=\det(M)I_n\) donne \(\mathrm{com}(M)^{\top}=\det(M)M^{-1}\). En transposant, \(\mathrm{com}(M)=\det(M)(M^{-1})^{\top}\).
- Soit \(A,B\) inversibles. Alors \(AB\) l’est aussi et \((AB)^{-1}=B^{-1}A^{-1}\). On calcule :
\[\mathrm{com}(AB)=\det(A)\det(B)\,(A^{-1})^{\top}(B^{-1})^{\top}=\mathrm{com}(A)\,\mathrm{com}(B).\]
On a utilisé \((B^{-1}A^{-1})^{\top}=(A^{-1})^{\top}(B^{-1})^{\top}\) et la commutativité des scalaires. - Les coefficients de \(\mathrm{com}(M)\) sont des déterminants extraits, donc des polynômes en ceux de \(M\). Ainsi l’application \(\Psi(A,B)=\mathrm{com}(AB)-\mathrm{com}(A)\,\mathrm{com}(B)\) est continue sur l’espace produit des couples de matrices. Soit \(A,B\) quelconques. Le polynôme \(\det(A-\lambda I_n)\) a au plus \(n\) racines, de même que \(\det(B-\lambda I_n)\). Il existe donc \(p_0\) tel que \(A_p=A-\frac{1}{p}I_n\) et \(B_p=B-\frac{1}{p}I_n\) soient inversibles pour \(p\geq p_0\). D’après la question 2, \(\Psi(A_p,B_p)=0\). Enfin, \((A_p,B_p)\to(A,B)\), donc par continuité \(\mathrm{com}(AB)=\mathrm{com}(A)\,\mathrm{com}(B)\) pour toutes matrices.
Corrigé de l’exercice 11 – Adhérence du graphe de sin(1/x)
Idée clé : on devine l’adhérence, puis on prouve les deux inclusions avec des suites.
- Soit \(b\in[-1,1]\) et \(\theta=\arcsin b\), de sorte que \(|\theta|\leq\frac{\pi}{2}\). Pour \(k\geq 1\), on pose \(x_k=(\theta+2k\pi)^{-1}\). Comme \(\theta+2k\pi\geq\frac{3\pi}{2}>1\), on a \(0<x_k<1\). De plus, \(\sin(1/x_k)=\sin\theta=b\). Ainsi \((x_k,b)\in A\) et \((x_k,b)\to(0,b)\).
- La question 1 donne \(\{0\}\times[-1,1]\subset\overline{A}\), et bien sûr \(A\subset\overline{A}\). Inversement, soit \((x_n,\sin(1/x_n))\) une suite de \(A\) de limite \((a,b)\). D’abord, \(a\in[0,1]\), car \([0,1]\) est fermé. Si \(a>0\), la fonction \(x\mapsto\sin(1/x)\) est continue en \(a\), donc \(b=\sin(1/a)\) et \((a,b)\in A\). Si \(a=0\), alors \(|b|\leq 1\) par passage à la limite dans \(|\sin(1/x_n)|\leq 1\). Finalement, \(\overline{A}=A\cup\big(\{0\}\times[-1,1]\big)\).
- Le point \((0,0)\) est adhérent à \(A\) sans lui appartenir. Donc \(A\) n’est pas fermée.

Corrigé de l’exercice 12 – Fonction continue compatible avec les milieux
Idée clé : la relation des milieux fixe \(f\) sur les dyadiques ; la continuité et la densité font le reste.
- On obtient \(f(\frac{1}{2})=\frac{1+4}{2}=\frac{5}{2}\). Ensuite, \(f(\frac{1}{4})=\frac{f(0)+f(\frac{1}{2})}{2}=\frac{7}{4}\) et \(f(\frac{3}{4})=\frac{f(\frac{1}{2})+f(1)}{2}=\frac{13}{4}\). On vérifie que ces valeurs valent \(1+\frac{3}{2}\), \(1+\frac{3}{4}\) et \(1+\frac{9}{4}\).
- Pour \(n=0\), on a \(p\in\{0,1\}\) et la formule donne \(f(0)=1\), \(f(1)=4\). Supposons la propriété vraie au rang \(n\) et soit \(0\leq p\leq 2^{n+1}\). Si \(p=2q\) est pair, alors \(\frac{p}{2^{n+1}}=\frac{q}{2^n}\) avec \(0\leq q\leq 2^n\), et l’hypothèse conclut. Si \(p=2q+1\) est impair, alors \(0\leq q<2^n\) et \(\frac{p}{2^{n+1}}\) est le milieu de \(\frac{q}{2^n}\) et \(\frac{q+1}{2^n}\). Par conséquent :
\[f\Big(\frac{p}{2^{n+1}}\Big)=\frac{1}{2}\Big(2+\frac{3q}{2^n}+\frac{3(q+1)}{2^n}\Big)=1+\frac{3(2q+1)}{2^{n+1}}.\]
La formule est donc vraie pour tout \(n\). - Les fonctions \(f\) et \(g:x\mapsto 1+3x\) sont continues sur \([0,1]\). D’après la question 2, elles coïncident sur \(\mathcal{D}\cap[0,1]\), qui est dense dans \([0,1]\) d’après l’exercice 6. Ainsi \(f(x)=1+3x\) pour tout \(x\in[0,1]\).
Corrigé de l’exercice 13 – Distance à une partie
Idée clé : on majore \(d(x,A)\) par \(\|x-a\|\) pour un \(a\) quelconque, puis on passe à la borne inférieure.
- Pour tout \(a\in A\), on a \(d(x,A)\leq\|x-a\|\leq\|x-y\|+\|y-a\|\). Ainsi \(d(x,A)-\|x-y\|\) minore tous les \(\|y-a\|\), donc \(d(x,A)-\|x-y\|\leq d(y,A)\). En échangeant \(x\) et \(y\), on obtient \(|d(x,A)-d(y,A)|\leq\|x-y\|\).
- L’égalité \(d(x,A)=0\) signifie que les distances \(\|x-a\|\), pour \(a\) parcourant \(A\), descendent sous n’importe quel seuil \(r>0\). Ainsi chaque boule \(B(x,r)\) contient un point de \(A\), ce qui définit \(x\in\overline{A}\).
- La fonction \(d(\cdot,A)\) est lipschitzienne, donc continue. Ainsi \(V_\rho\), image réciproque de \(]-\infty,\rho[\), est un ouvert. Enfin, pour \(a\in A\), on a \(d(a,A)=0<\rho\), donc \(A\subset V_\rho\).
- Pour \(q\in\mathbb{Q}\), on a \(\|(x,y)-(q,0)\|_2=\sqrt{(x-q)^2+y^2}\geq|y|\), donc \(d((x,y),A)\geq|y|\). De plus, il existe une suite de rationnels \(q_n\to x\), et alors \(\sqrt{(x-q_n)^2+y^2}\to|y|\). Donc \(d((x,y),A)=|y|\). Cette distance s’annule exactement quand \(y=0\), d’où \(\overline{A}=\mathbb{R}\times\{0\}\).
Corrigé de l’exercice 14 – Sous-espace d’intérieur non vide
Idée clé : un sous-espace qui contient une boule contient toutes les directions, donc tout l’espace.
- Le centre \(a\) appartient à \(B(a,r)\subset H\). Soit \(x\in E\) non nul et \(z=a+\frac{r}{2\|x\|}x\). Alors \(\|z-a\|=\frac{r}{2}<r\), donc \(z\in H\). Comme \(H\) est un sous-espace, \(x=\frac{2\|x\|}{r}(z-a)\in H\). Ainsi \(H=E\).
- L’application \(M\mapsto M-M^{\top}\) est linéaire sur un espace de dimension finie, et ses coefficients sont des différences de coefficients de \(M\). Elle est donc continue, et \(\mathcal{S}_n(\mathbb{R})\), image réciproque de \(\{0\}\), est fermé. De plus, la matrice élémentaire \(E_{12}\) n’est pas symétrique, donc \(\mathcal{S}_n(\mathbb{R})\neq\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\). D’après la question 1, \(\mathcal{S}_n(\mathbb{R})\) est d’intérieur vide.
Pour approfondir
Corrigé de l’exercice 15 – Fonctions nulles en 0 et choix de la norme
Idée clé : l’évaluation en \(0\) est continue pour la norme infinie, mais la norme intégrale ne « voit » pas ce qui se passe au voisinage d’un point.
- Pour \(f,g\in E\), on a \(|f(0)-g(0)|\leq\|f-g\|_\infty\). L’application \(\delta_0:f\mapsto f(0)\) est donc \(1\)-lipschitzienne, donc continue. Ainsi \(A=\delta_0^{-1}(\{0\})\) est fermé dans \((E,\|\cdot\|_\infty)\).
- La fonction \(1-f_n\) vaut \(1-nx\) sur \([0,\frac{1}{n}]\) et \(0\) ensuite. Donc :
\[\|f_n-1\|_1=\int_0^{1/n}(1-nx)\,\mathrm{d}x=\frac{1}{n}-\frac{n}{2}\cdot\frac{1}{n^2}=\frac{1}{2n}.\]
Les \(f_n\) sont continues et nulles en \(0\), donc dans \(A\). Elles tendent vers la constante \(1\) pour \(\|\cdot\|_1\), qui n’est pas dans \(A\). Par conséquent, \(A\) n’est pas fermé dans \((E,\|\cdot\|_1)\). - Soit \(g\in E\) et \(g_n=g\,f_n\). Cette fonction est continue et \(g_n(0)=0\), donc \(g_n\in A\). De plus, \(|g-g_n|=|g|(1-f_n)\leq\|g\|_\infty(1-f_n)\). En intégrant, \(\|g-g_n\|_1\leq\frac{\|g\|_\infty}{2n}\to 0\). Ainsi \(A\) est dense dans \((E,\|\cdot\|_1)\).
- Soit \(f\in A\) et \(r>0\). La fonction \(h=f+\frac{r}{2}\) vérifie \(h(0)=\frac{r}{2}\neq 0\), donc \(h\notin A\). Or \(\|h-f\|_\infty=\|h-f\|_1=\frac{r}{2}<r\). Aucune boule centrée en un point de \(A\) n’est donc incluse dans \(A\) : \(A\) est d’intérieur vide pour les deux normes.
- Deux normes équivalentes ont les mêmes fermés. Or \(A\) est fermé pour l’une et pas pour l’autre. Donc \(\|\cdot\|_\infty\) et \(\|\cdot\|_1\) ne sont pas équivalentes sur \(E\).

Corrigé de l’exercice 16 – Valeurs d’adhérence d’une suite
Idée clé : on construit l’extraction pas à pas, en cherchant chaque nouveau terme dans une queue de la suite.
- Soit \(\ell\in V\), limite de \((u_{\varphi(k)})\). On sait que \(\varphi(k)\geq k\). Pour \(n\) fixé et \(k\geq n\), on a donc \(u_{\varphi(k)}\in T_n\). Ainsi \(\ell\) est limite d’une suite de \(T_n\), donc \(\ell\in\overline{T_n}\).
- Comme \(\ell\in\overline{T_0}\), il existe \(\varphi(0)\) tel que \(\|u_{\varphi(0)}-\ell\|<1\). Supposons construits \(\varphi(0)<\dots<\varphi(k)\). Puisque \(\ell\in\overline{T_{\varphi(k)+1}}\), la boule \(B(\ell,\frac{1}{k+2})\) rencontre \(T_{\varphi(k)+1}\). Il existe donc \(m\geq\varphi(k)+1\) tel que \(\|u_m-\ell\|<\frac{1}{k+2}\), et l’on pose \(\varphi(k+1)=m\). On obtient une extraction strictement croissante qui convient.
- La suite \((u_{\varphi(k)})\) tend alors vers \(\ell\), donc \(\ell\in V\). Avec la question 1, \(V=\bigcap_n\overline{T_n}\). En tant qu’intersection de parties fermées, \(V\) est fermé.
- La suite est \(6\)-périodique et prend les six valeurs \(\omega_j=\mathrm{e}^{\mathrm{i}j\pi/3}\), \(0\leq j\leq 5\). Chaque \(T_n\) contient donc exactement ces six valeurs, et un ensemble fini est fermé. Ainsi \(\overline{T_n}=\mathbb{U}_6\) pour tout \(n\), d’où \(V=\mathbb{U}_6\), l’ensemble des racines sixièmes de l’unité.
Corrigé de l’exercice 17 – Problème : sous-groupes additifs de R et cosinus des entiers
Idée clé : soit le plus petit élément strictement positif existe et engendre \(G\), soit \(G\) contient des éléments positifs arbitrairement petits et remplit \(\mathbb{R}\).
- Il existe \(g\in G\) non nul, et \(-g\in G\). L’un des deux est strictement positif, donc \(G\cap\,]0,+\infty[\) est non vide. Cette partie est minorée par \(0\), donc sa borne inférieure \(a\) existe et \(a\geq 0\).
- Supposons \(a>0\) et \(a\notin G\). Comme \(2a>a\), il existe \(g_1\in G\) avec \(a<g_1<2a\). Comme \(g_1>a\) et \(a\notin G\), il existe aussi \(g_2\in G\) avec \(a<g_2<g_1\). Alors \(g_1-g_2\in G\) et \(0<g_1-g_2<a\), ce qui contredit la définition de \(a\). Donc \(a\in G\), puis \(a\mathbb{Z}\subset G\). Inversement, soit \(g\in G\) et \(m=\lfloor g/a\rfloor\). Le réel \(g-ma\) est dans \(G\cap[0,a[\), donc il est nul. Ainsi \(G=a\mathbb{Z}\).
- Supposons \(a=0\). Soit \(x\in\mathbb{R}\) et \(\varepsilon>0\). Il existe \(g\in G\) avec \(0<g<\varepsilon\). On pose \(m=\lfloor x/g\rfloor\). Alors \(mg\in G\) et \(0\leq x-mg<g<\varepsilon\). Tout intervalle \(]x-\varepsilon,x+\varepsilon[\) rencontre donc \(G\) : \(G\) est dense dans \(\mathbb{R}\).
- L’ensemble \(G=\mathbb{Z}+2\pi\mathbb{Z}\) est un sous-groupe de \(\mathbb{R}\) non réduit à \(\{0\}\). S’il valait \(a\mathbb{Z}\) avec \(a>0\), on aurait \(1=pa\) et \(2\pi=qa\) avec \(p,q\) entiers et \(p\neq 0\). On en déduirait \(2\pi=q/p\), donc \(\pi\) rationnel, ce qui est faux. D’après les questions 2 et 3, \(G\) est dense dans \(\mathbb{R}\).
- Soit \(t\in[-1,1]\) et \(\theta=\arccos t\). Par densité, pour tout \(k\geq 1\), il existe des entiers \(n_k\), \(m_k\) tels que \(|n_k+2\pi m_k-\theta|<\frac{1}{k}\). Le cosinus est \(1\)-lipschitzien et \(2\pi\)-périodique, donc \(|\cos n_k-t|=|\cos(n_k+2\pi m_k)-\cos\theta|<\frac{1}{k}\). Comme le cosinus est pair, \(\cos n_k=\cos|n_k|\) avec \(|n_k|\in\mathbb{N}\). Ainsi \(t\) est adhérent à \(C=\{\cos n,\ n\in\mathbb{N}\}\). Inversement, \(C\subset[-1,1]\), qui est fermé. Finalement, \(\overline{C}=[-1,1]\).
Corrigé de l’exercice 18 – Problème : prolongement d’une fonction uniformément continue
Idée clé : une fonction uniformément continue préserve le caractère de Cauchy des suites, et la complétude de \(\mathbb{R}\) fournit alors la limite en \(0\).
- Soit \(\varepsilon>0\) et \(\delta>0\) donné par l’uniforme continuité. La convergence de \((x_n)\) vers \(0\) fournit un rang \(N\) à partir duquel \(0<x_n<\frac{\delta}{2}\). Deux indices \(p,q\geq N\) donnent ainsi \(|x_p-x_q|<\delta\), puis \(|f(x_p)-f(x_q)|<\varepsilon\). La suite \((f(x_n))\) est donc de Cauchy. Puisque \(\mathbb{R}\) est complet, elle converge.
- Soit \((x_n)\) et \((y_n)\) deux suites de \(]0,1]\) qui tendent vers \(0\), de limites images \(\ell\) et \(\ell^{\prime}\). La suite \((z_n)\) définie par \(z_{2n}=x_n\) et \(z_{2n+1}=y_n\) tend aussi vers \(0\). Donc \((f(z_n))\) converge, et ses deux suites extraites ont la même limite : \(\ell=\ell^{\prime}\). La caractérisation séquentielle montre alors que \(f\) admet une limite finie en \(0\), point adhérent à \(]0,1]\).
- Avec \(x_n=\frac{1}{n\pi}\), on a \(\sin(1/x_n)=0\). Avec \(y_n=\frac{1}{\pi/2+2n\pi}\), on a \(\sin(1/y_n)=1\). Ces deux suites de limite nulle ont des images aux limites distinctes : la fonction \(x\mapsto\sin(1/x)\) n’admet donc aucune limite en \(0\). Or la question 2 garantirait une telle limite en cas d’uniforme continuité. Par conséquent, cette fonction n’est pas uniformément continue sur \(]0,1]\).
- On a \(|h(x)|\leq x\), donc \(h\) tend vers \(0\) en \(0\). On prolonge \(h\) par \(h(0)=0\) : on obtient une fonction continue sur le segment \([0,1]\). Le théorème de Heine la rend uniformément continue sur \([0,1]\). Par restriction, \(h\) est uniformément continue sur \(]0,1]\).
- Supposons \(h\) \(k\)-lipschitzienne. Elle est dérivable sur \(]0,1]\), et le taux d’accroissement est borné par \(k\), donc \(|h^{\prime}(x)|\leq k\) par passage à la limite. Or \(h^{\prime}(x)=\sin(1/x)-\frac{1}{x}\cos(1/x)\). Pour \(x_n=\frac{1}{2n\pi}\), on trouve \(h^{\prime}(x_n)=-2n\pi\), qui n’est pas borné. Donc \(h\) n’est pas lipschitzienne sur \(]0,1]\).
Pour aller plus loin
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- Chapitre d’avant : Normes, boules et suites dans un espace normé
- Chapitre d’après : Compacité, connexité et applications linéaires continues
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