QCM : Formes quadratiques et coniques en L2 de maths

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Ce QCM coniques L2 relie le calcul sur les formes quadratiques à la géométrie des courbes et des surfaces du second degré. Il commence par la matrice d’une forme quadratique, sa forme polaire, les invariants de congruence et le cône isotrope. Il passe ensuite à la réduction de Gauss, au calcul du rang et de la signature, et au théorème d’inertie de Sylvester. La fin applique la réduction en base orthonormée pour reconnaître des coniques puis une quadrique.

Réponds sans le cours. Écris chaque forme comme une somme de carrés au brouillon, puis compte les signes avant de conclure. Lis ensuite les explications, qui refont la réduction et désignent l’erreur visée par chaque piège, souvent un coefficient croisé que l’on oublie de diviser par deux.

Les 12 questions

Question 1

Sur \(\mathbb{R}^3\), on pose \(q(x,y,z)=x^2+3y^2-2xy+4yz\). Quel est le coefficient d’indice \((1,2)\) de la matrice de \(q\) dans la base canonique ?

  1. \(-2\)
  2. \(-1\)
  3. \(1\)
  4. \(2\)

Réponse B.

La matrice d’une forme quadratique est symétrique. Le terme \(-2xy\) se partage donc également entre les places \((1,2)\) et \((2,1)\), qui valent chacune \(-1\). Le piège \(-2\) oublie ce partage : la matrice obtenue représenterait alors \(-4xy\). La réponse 2 est le coefficient d’indice \((2,3)\), issu de \(4yz\). Enfin, 1 perd le signe.

Question 2

Quelle est la forme polaire de \(q(x,y)=3x^2-4xy+y^2\), évaluée en \(u=(x,y)\) et \(v=(s,t)\) ?

  1. \(3xs-4xt+yt\)
  2. \(3xs-4xt-4ys+yt\)
  3. \(3xs-2xt-2ys+yt\)
  4. \(6xs-4xt-4ys+2yt\)

Réponse C.

La forme polaire est l’unique forme bilinéaire symétrique \(\varphi\) telle que \(\varphi(u,u)=q(u)\). Le terme croisé \(-4xy\) se répartit en \(-2xt-2ys\). On vérifie qu’en posant \(s=x\) et \(t=y\), on retrouve bien \(q\). Le piège \(3xs-4xt+yt\) n’est pas symétrique. Quant à \(6xs-4xt-4ys+2yt\), elle vaut \(2q(u)\) sur la diagonale.

Question 3

Deux matrices symétriques réelles \(A\) et \({}^{t}PAP\), avec \(P\) inversible, sont congruentes. Qu’ont-elles toujours en commun ?

  1. Les valeurs propres
  2. Le déterminant
  3. Le rang et la signature
  4. La trace

Réponse C.

La congruence représente la même forme quadratique dans deux bases. Par conséquent, le rang et la signature, invariants de la forme, se conservent. En revanche, le déterminant est multiplié par \(\det(P)^2\) : seul son signe est conservé. De même, avec \(P=2I\), la matrice est multipliée par 4, ce qui change la trace et les valeurs propres. Le piège confond donc congruence et similitude.

Question 4

Quel est le cône isotrope de la forme \(q(x,y)=x^2-4y^2\) sur \(\mathbb{R}^2\) ?

  1. Le seul vecteur nul
  2. La réunion des droites \(x=2y\) et \(x=-2y\)
  3. La droite d’équation \(x=2y\) seulement
  4. La réunion des droites \(x=4y\) et \(x=-4y\)

Réponse B.

Le cône isotrope rassemble les vecteurs tels que \(q(u)=0\). Or \(x^2-4y^2=(x-2y)(x+2y)\), qui s’annule sur deux droites. Ce cône n’est pas un sous-espace : la somme de \((2,1)\) et \((-2,1)\) n’est pas isotrope. Le piège du vecteur nul confond la forme avec une forme définie. Celui des droites \(x=\pm 4y\) oublie de prendre la racine du coefficient 4.

Question 5

Quelle est la réduction de Gauss de \(q(x,y)=x^2+4xy+7y^2\) ?

  1. \((x+2y)^2+3y^2\)
  2. \((x+2y)^2+7y^2\)
  3. \((x+4y)^2-9y^2\)
  4. \((x+2y)^2-3y^2\)

Réponse A.

On regroupe les termes en \(x\) : \(x^2+4xy=(x+2y)^2-4y^2\). Il reste donc \(7y^2-4y^2=3y^2\). Le piège \(7y^2\) oublie de retrancher le carré introduit. La réponse \((x+4y)^2\) prend le coefficient croisé entier au lieu de sa moitié. Enfin, \(-3y^2\) inverse la soustraction. On vérifie en développant le résultat obtenu.

Question 6

Quelle est la signature de \(q(x,y)=x^2+4xy+y^2\) ?

  1. \((2,0)\) : la forme est définie positive.
  2. \((1,0)\) : la forme est de rang 1.
  3. \((0,2)\) : la forme est définie négative.
  4. \((1,1)\) : la forme est non dégénérée.

Réponse D.

La méthode de Gauss donne \(q=(x+2y)^2-3y^2\). Il y a un carré positif et un carré négatif, de formes linéaires indépendantes : la signature vaut donc \((1,1)\). Le piège \((2,0)\) se fie aux coefficients diagonaux positifs. Or \(q(1,-1)=-2\), ce qui exclut toute positivité. La réponse de rang 1 oublie le second carré.

Question 7

Quelle est la signature de \(q(x,y,z)=xy+yz+zx\) sur \(\mathbb{R}^3\) ?

  1. \((2,1)\)
  2. \((3,0)\)
  3. \((1,1)\)
  4. \((1,2)\)

Réponse D.

Sans carré, on pose \(x=a+b\) et \(y=a-b\). Alors \(q=a^2-b^2+2az\), puis \(q=(a+z)^2-b^2-z^2\). On obtient un carré positif et deux négatifs. Par conséquent, la signature vaut \((1,2)\). Le piège \((3,0)\) croit qu’une forme à coefficients positifs est positive, alors que \(q(1,-1,0)=-1\). La réponse \((1,1)\) oublie un carré.

Question 8

Une forme quadratique sur \(\mathbb{R}^4\) a pour matrice \(\mathrm{diag}(3,-2,0,7)\) dans une base. Dans une autre base, elle est encore diagonale. Combien de coefficients diagonaux y sont strictement positifs ?

  1. Exactement 3, car le rang vaut 3.
  2. Exactement 2, par le théorème de Sylvester.
  3. On ne peut pas le savoir sans la nouvelle base.
  4. Exactement 1, car 0 et \(-2\) sont négatifs.

Réponse B.

Le théorème d’inertie de Sylvester affirme que le nombre de coefficients positifs, négatifs et nuls ne dépend pas de la base diagonalisante. Ici, la signature vaut \((2,1)\) et le rang 3. Les valeurs peuvent changer, mais pas leurs signes. Le piège du rang compte aussi le coefficient négatif. Le dernier range 0 parmi les négatifs, ce qui est faux.

Question 9

Dans une base orthonormée adaptée, quelle forme réduite prend \(q(x,y)=5x^2+4xy+2y^2\) ?

  1. \(5X^2+2Y^2\)
  2. \(6X^2-Y^2\)
  3. \(2X^2+3Y^2\)
  4. \(6X^2+Y^2\)

Réponse D.

La matrice symétrique a pour diagonale 5 et 2, et 2 hors de la diagonale. Sa trace vaut 7 et son déterminant 6 : les valeurs propres sont donc 6 et 1. Le théorème spectral fournit une base orthonormée de vecteurs propres, dans laquelle \(q=6X^2+Y^2\). Le piège \(5X^2+2Y^2\) efface le terme croisé sans changer de base. La réponse \(6X^2-Y^2\) se trompe sur le signe du déterminant.

Question 10

Quelle est la nature de la conique d’équation \(5x^2+4xy+2y^2=6\) ?

  1. Une ellipse de demi-axes 1 et \(\sqrt{6}\)
  2. Un cercle de rayon \(\sqrt{6}\)
  3. Une hyperbole de demi-axes 1 et \(\sqrt{6}\)
  4. Une ellipse de demi-axes 6 et 1

Réponse A.

D’après la question précédente, l’équation devient \(6X^2+Y^2=6\) dans un repère orthonormé, soit \(X^2+\frac{Y^2}{6}=1\). C’est donc une ellipse, de demi-axes 1 et \(\sqrt{6}\). Le piège du cercle exigerait deux valeurs propres égales. L’hyperbole demanderait des valeurs propres de signes opposés. Enfin, les demi-axes sont les racines des dénominateurs, et non les coefficients.

Question 11

Quelle est la nature de la conique d’équation \(x^2+6xy+y^2=1\) ?

  1. Une hyperbole
  2. Une ellipse
  3. Une parabole
  4. Une réunion de deux droites

Réponse A.

La matrice de la partie quadratique a pour déterminant \(1-9=-8\), qui est négatif. Les valeurs propres sont donc de signes opposés : on trouve 4 et \(-2\). En base orthonormée, l’équation devient \(4X^2-2Y^2=1\), celle d’une hyperbole. Le piège de l’ellipse se fie aux coefficients positifs de \(x^2\) et \(y^2\). Quant à la parabole, elle exige un déterminant nul.

Question 12

Quelle surface de \(\mathbb{R}^3\) décrit l’équation \(x^2+2y^2-3z^2=-1\) ?

  1. Un hyperboloïde à une nappe
  2. Un ellipsoïde
  3. Un hyperboloïde à deux nappes
  4. Un cône elliptique de sommet O

Réponse C.

On réécrit l’équation sous la forme \(3z^2-x^2-2y^2=1\). Ainsi, \(z^2\geq\frac{1}{3}\) : aucun point ne vérifie \(|z|<\frac{1}{\sqrt{3}}\), et la surface se coupe en deux morceaux. C’est donc un hyperboloïde à deux nappes. Le piège de la nappe unique ignore le second membre négatif. Le cône correspondrait à un second membre nul.

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