QCM : Suites itératives et point fixe en maths sup (MPSI)
Ce QCM itératives MPSI suit le plan d’étude attendu en colle pour une suite définie par \(u_{n+1}=f(u_n)\). Il commence par la recherche d’un intervalle stable, puis vérifie que tu sais relier la limite éventuelle à un point fixe et repérer l’hypothèse de continuité. Il aborde ensuite la monotonie par le signe de \(f(x)-x\), le cas d’une fonction décroissante avec les suites extraites, les fonctions contractantes et la vitesse de convergence, pour finir par la méthode de Newton.
Réponds d’abord sans ouvrir le cours, en faisant chaque calcul au brouillon et en traçant au besoin le dessin en escalier. Lis ensuite les explications : elles justifient la bonne réponse et nomment l’erreur visée par chaque piège, comme une hypothèse oubliée ou un sens de variation confondu.
Les 12 questions
Question 1
On pose \(f(x)=\dfrac{x^2+5}{6}\) sur \([0,+\infty[\). Lequel de ces intervalles est stable par \(f\) ?
- \([0,6]\)
- \([1,5]\)
- \([2,5]\)
- \([5,7]\)
Réponse B.
La fonction \(f\) est croissante sur \([0,+\infty[\), donc l’image d’un segment \([a,b]\) est \([f(a),f(b)]\). Or \(f(1)=1\) et \(f(5)=5\) : ainsi \([1,5]\) est stable. En revanche, \(f(6)=41/6\) dépasse 6, et \(f(7)=9\) dépasse 7. Enfin, \(f(2)=3/2\) sort de \([2,5]\) par la gauche : vérifier seulement la borne de droite est un piège classique.
Question 2
Soit \(I\) un intervalle stable par \(f\) et \(u_0\in I\). On sait que \((u_n)\) converge vers \(\ell\in I\). Quelle hypothèse permet d’affirmer que \(f(\ell)=\ell\) ?
- \(f\) est continue en \(\ell\)
- \(f\) est croissante sur \(I\)
- \(I\) est un intervalle borné
- \(f\) admet un unique point fixe
Réponse A.
On passe à la limite dans \(u_{n+1}=f(u_n)\). Le membre de gauche tend vers \(\ell\), et le membre de droite tend vers \(f(\ell)\) si \(f\) est continue en \(\ell\). Par conséquent, c’est la continuité qui compte. La croissance donne seulement la monotonie de la suite, tandis qu’un intervalle borné ou l’unicité d’un point fixe ne disent rien sur la valeur de \(f\) au point limite.
Question 3
Sur \([0,+\infty[\), on pose \(f(0)=1\) et \(f(x)=x/2\) pour \(x>0\). Avec \(u_0=1\), que peut-on dire de \((u_n)\) ?
- Elle tend vers 0, qui est un point fixe de \(f\)
- Elle tend vers 1, seul point fixe de \(f\)
- Elle tend vers 0, qui n’est pas un point fixe de \(f\)
- Elle diverge, faute de point fixe
Réponse C.
Tous les termes restent strictement positifs, donc \(u_n=1/2^n\), qui tend vers 0. Cependant \(f(0)=1\), si bien que 0 n’est pas un point fixe ; d’ailleurs \(f\) n’en a aucun. Ce contre-exemple montre que la continuité ne peut pas être omise. Affirmer que la suite diverge faute de point fixe applique donc le théorème sans son hypothèse.
Question 4
On pose \(f(x)=x+\dfrac{1}{1+x^2}\) et \(u_0=0\). Quel est le comportement de \((u_n)\) ?
- strictement croissante et convergente
- strictement croissante et tend vers \(+\infty\)
- strictement décroissante et tend vers \(-\infty\)
- croissante et majorée par 1
Réponse B.
On étudie \(g(x)=f(x)-x=\dfrac{1}{1+x^2}\), strictement positive. Ainsi \(u_{n+1}-u_n=g(u_n)>0\) et la suite croît strictement. Si elle convergeait, sa limite serait un point fixe de la fonction continue \(f\), c’est-à-dire un zéro de \(g\) ; or il n’y en a pas. Par conséquent, elle n’est pas majorée et tend vers \(+\infty\). Croire qu’une suite croissante converge toujours est le piège principal.
Question 5
La fonction \(f\) est croissante sur un intervalle stable \(I\). On a \(u_0=2\) et \(u_1=1{,}5\). Que peut-on conclure ?
- \((u_n)\) est croissante
- \((u_n)\) oscille autour d’un point fixe
- \((u_n)\) est décroissante
- \((u_n)\) est monotone à partir d’un certain rang seulement
Réponse C.
Lorsque \(f\) est croissante, l’inégalité \(u_1\le u_0\) se propage : en appliquant \(f\), on obtient \(u_2\le u_1\), puis par récurrence \(u_{n+1}\le u_n\). La suite est donc décroissante dès le départ. Le sens de variation de la suite se lit ainsi sur la comparaison de \(u_0\) et \(u_1\), et non sur celui de \(f\). L’oscillation autour du point fixe caractérise plutôt une fonction décroissante.
Question 6
La fonction \(f\) est continue et décroissante sur un intervalle stable \(I\). Que dit le cours, en général ?
- \((u_{2n})\) et \((u_{2n+1})\) sont monotones, de même sens
- \((u_n)\) est monotone, de sens contraire à \(f\)
- \((u_n)\) converge toujours vers le point fixe
- \((u_{2n})\) et \((u_{2n+1})\) sont monotones, de sens contraires
Réponse D.
La composée \(f\circ f\) est croissante, donc chacune des suites extraites \((u_{2n})\) et \((u_{2n+1})\) est monotone. De plus, appliquer \(f\) décroissante inverse les inégalités : si \(u_2\le u_0\), alors \(u_3\ge u_1\). Elles varient donc en sens contraires. En revanche, la suite entière n’est pas monotone en général, et la convergence n’est pas acquise : avec \(f(x)=1-x\) et \(u_0=0\), elle alterne entre 0 et 1.
Question 7
Sur le tracé de la suite, les segments forment un escargot qui s’enroule autour du point fixe \(\ell\). Que peut-on en déduire, si \(f\) est dérivable ?
- \(f^{\prime}\) est négative au voisinage de \(\ell\)
- \(f^{\prime}\) est positive au voisinage de \(\ell\)
- \(f^{\prime}(\ell)\) est nulle
- \(f^{\prime}(\ell)\) est supérieure à 1
Réponse A.
Une spirale signifie que les termes passent alternativement de part et d’autre de \(\ell\). C’est le comportement d’une fonction décroissante près du point fixe, donc d’une dérivée négative. À l’inverse, une dérivée positive produit un escalier, où les termes restent du même côté. Enfin, \(f^{\prime}(\ell)>1\) éloigne les termes du point fixe sans les faire tourner autour de lui.
Question 8
La fonction \(f\) est \(\tfrac13\)-lipschitzienne sur un intervalle stable contenant le point fixe \(\ell\), et \(|u_0-\ell|\le2\). Quel est le plus petit \(n\) qui garantit \(|u_n-\ell|\le10^{-3}\) ?
- \(n=7\)
- \(n=6\)
- \(n=4\)
- \(n=10\)
Réponse A.
Par récurrence, \(|u_n-\ell|\le\left(\tfrac13\right)^n|u_0-\ell|\le\dfrac{2}{3^n}\). Il faut donc \(3^n\ge2000\). Or \(3^6=729\) est trop petit, alors que \(3^7=2187\) convient. La réponse \(n=6\) surestime \(3^6\), tandis que \(n=4\) oublie que l’erreur décroît par puissances de 3 et non de 10. Quant à \(n=10\), il garantit la précision mais n’est pas le plus petit rang.
Question 9
On pose \(f(x)=\dfrac{x^2+1}{4}\) sur \([0,1]\), qui est stable. Quelle est la meilleure constante \(k\) telle que \(|f(x)-f(y)|\le k|x-y|\) sur \([0,1]\) ?
- \(k=\tfrac14\)
- \(k=\tfrac12\)
- \(k=1\)
- \(k=2\)
Réponse B.
On calcule \(f^{\prime}(x)=x/2\), dont le maximum de la valeur absolue sur \([0,1]\) vaut \(1/2\). L’inégalité des accroissements finis donne donc \(k=1/2\), et cette constante est optimale puisque la dérivée l’atteint en 1. Le piège \(k=1/4\) correspond au taux d’accroissement entre 0 et 1, qui ne majore pas tous les taux. De même, \(k=2\) vient d’une dérivée mal calculée.
Question 10
La fonction \(f\) est de classe \(C^1\), \(\ell\) est un point fixe avec \(0<|f^{\prime}(\ell)|<1\), et \(u_n\to\ell\) avec \(u_n\neq\ell\) pour tout \(n\). Vers quoi tend \(\dfrac{u_{n+1}-\ell}{u_n-\ell}\) ?
- \(|f^{\prime}(\ell)|\)
- \(0\)
- \(1-f^{\prime}(\ell)\)
- \(f^{\prime}(\ell)\)
Réponse D.
D’après l’égalité des accroissements finis, \(u_{n+1}-\ell=f(u_n)-f(\ell)=f^{\prime}(c_n)(u_n-\ell)\) avec \(c_n\) entre \(u_n\) et \(\ell\). Comme \(c_n\to\ell\) et que \(f^{\prime}\) est continue, le quotient tend vers \(f^{\prime}(\ell)\), avec son signe. Ainsi, la valeur absolue est un piège : elle oublie l’alternance quand la dérivée est négative. Par ailleurs, la limite nulle correspond au cas d’une dérivée nulle, exclu ici.
Question 11
On applique la méthode de Newton à \(g(x)=x^2-3\) en partant de \(u_0=2\). Que vaut \(u_1\) ?
- \(\tfrac94\)
- \(\tfrac32\)
- \(\tfrac74\)
- \(\tfrac52\)
Réponse C.
La méthode s’écrit \(u_{n+1}=u_n-\dfrac{g(u_n)}{g^{\prime}(u_n)}\). Ici \(g(2)=1\) et \(g^{\prime}(2)=4\), donc \(u_1=2-\tfrac14=\tfrac74\), déjà proche de \(\sqrt3\approx1{,}732\). La valeur \(9/4\) ajoute la correction au lieu de la retrancher. En outre, \(3/2\) provient d’une dérivée prise égale à 2, ce qui oublie le facteur \(x\) de \(g^{\prime}(x)=2x\).
Question 12
Pour la méthode de Newton appliquée à un zéro simple \(\alpha\) d’une fonction de classe \(C^2\), on observe \(|u_n-\alpha|\approx10^{-3}\). Quel ordre de grandeur attendre pour \(|u_{n+1}-\alpha|\), à constante près ?
- \(10^{-4}\)
- \(10^{-9}\)
- \(5\times10^{-4}\)
- \(10^{-6}\)
Réponse D.
Près d’un zéro simple, l’erreur vérifie \(|u_{n+1}-\alpha|\le C|u_n-\alpha|^2\) : la convergence est quadratique. Le nombre de décimales exactes double donc à chaque étape, et \(10^{-3}\) devient environ \(10^{-6}\). En revanche, \(10^{-4}\) ou \(5\times10^{-4}\) décrivent une convergence seulement géométrique, comme pour une contraction. Quant à \(10^{-9}\), il supposerait une convergence cubique.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths sup (MPSI) sur suites itératives et point fixe
- S’exercer : exercices corrigés sur suites itératives et point fixe
- QCM précédent : QCM : Limite d'une suite et convergence en maths sup (MPSI)
- QCM suivant : QCM : Continuité et valeurs intermédiaires en maths sup (MPSI)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths sup (MPSI)
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