QCM : Isométries et matrices symétriques en L2 de maths

Isométries et matrices symétriques – QCM en Licence 2 sur Maths-pdf.fr Couverture : Livre de contrôles corrigés de maths L2 en PDF Télécharger en PDF Le livre des 25 contrôles corrigés en L2 PDF à imprimer Voir le livre ›


Ce QCM isométries L2 parcourt la partie géométrique de l’algèbre linéaire euclidienne. Il commence par reconnaître une matrice orthogonale, calculer un adjoint en base orthonormée et classer les isométries du plan et de l’espace, rotations et réflexions comprises. La suite porte sur les endomorphismes symétriques et le théorème spectral, avec ses hypothèses, puis sur les matrices positives et définies positives. Les dernières questions passent au cas complexe : matrices hermitiennes, unitaires et normales.

Pour en profiter, réponds d’abord sans le cours, en vérifiant au brouillon les produits scalaires et les déterminants. Garde en tête que beaucoup de pièges viennent d’une hypothèse oubliée, comme le caractère réel d’une matrice symétrique. Lis ensuite chaque explication, qui nomme l’erreur derrière chaque mauvaise réponse.

Les 12 questions

Question 1

Laquelle de ces matrices est orthogonale ?

  1. \(\frac{1}{5}\begin{pmatrix}3&-4\\4&3\end{pmatrix}\)
  2. \(\begin{pmatrix}3&-4\\4&3\end{pmatrix}\)
  3. \(\frac{1}{5}\begin{pmatrix}3&4\\4&3\end{pmatrix}\)
  4. \(\frac{1}{7}\begin{pmatrix}3&-4\\4&3\end{pmatrix}\)

Réponse A.

Une matrice est orthogonale lorsque ses colonnes forment une famille orthonormée. Ici, les colonnes \((3,4)\) et \((-4,3)\) sont orthogonales et de norme \(5\) : il faut donc diviser par \(5\). Sans ce facteur, les colonnes ont une norme trop grande. Diviser par \(7\) revient à additionner les coefficients au lieu de calculer une norme. Enfin, avec \((3,4)\) et \((4,3)\), le produit scalaire vaut \(24\), non nul.

Question 2

Pour \(A\in O(n)\), quelles valeurs peut prendre \(\det A\) ?

  1. \(1\) seulement
  2. Tout réel non nul
  3. Tout réel de \([-1,1]\)
  4. \(1\) ou \(-1\)

Réponse D.

De \(A^{T}A=I_n\), on tire \(\det(A)^2=1\), car une matrice et sa transposée ont le même déterminant. Ainsi, \(\det A\) vaut \(1\) ou \(-1\), et les deux cas se produisent. Le piège \(1\) seulement confond \(O(n)\) avec le groupe des rotations \(SO(n)\) ; une réflexion a un déterminant égal à \(-1\). Les deux autres réponses oublient que la relation impose un carré égal à \(1\).

Question 3

Dans une base orthonormée d’un espace euclidien, \(u\) a pour matrice \(A\). Quelle est la matrice de l’adjoint \(u^{*}\) ?

  1. \(A^{-1}\)
  2. \(A\) elle-même
  3. \(\operatorname{com}(A)\)
  4. \(A^{T}\)

Réponse D.

L’adjoint est caractérisé par \(\langle x,u^{*}(y)\rangle=\langle u(x),y\rangle\) pour tous vecteurs \(x\) et \(y\). En base orthonormée, le produit scalaire s’écrit \(X^{T}Y\), donc la matrice de \(u^{*}\) est la transposée de \(A\). Le piège \(A^{-1}\) ne vaut que pour une isométrie. La réponse \(A\) ne convient que si \(u\) est symétrique. Par ailleurs, la comatrice n’a aucun rôle ici. Attention : en base quelconque, la formule change.

Question 4

Quelle isométrie du plan euclidien a pour matrice \(\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix}\) dans la base canonique ?

  1. La réflexion d’axe la droite \(y=x\)
  2. La rotation d’angle \(\frac{\pi}{2}\)
  3. La réflexion d’axe la droite \(y=-x\)
  4. La symétrie centrale de centre l’origine

Réponse A.

La matrice est orthogonale et symétrique, de déterminant \(-1\) : il s’agit donc d’une réflexion. Elle fixe le vecteur \((1,1)\) et change \((1,-1)\) en son opposé ; ainsi, son axe est la droite \(y=x\). Le piège de la rotation d’angle droit oublie le signe du déterminant. Une erreur sur le vecteur fixe donne l’axe \(y=-x\). Enfin, la symétrie centrale a pour matrice \(-I_2\).

Question 5

Une rotation de l’espace euclidien de dimension 3 a une matrice de trace nulle. Quel est son angle, au signe près ?

  1. \(\frac{\pi}{2}\)
  2. \(\frac{\pi}{3}\)
  3. \(\frac{2\pi}{3}\)
  4. \(\pi\)

Réponse C.

Dans une base orthonormée adaptée à l’axe, la matrice d’une rotation d’angle \(\theta\) a pour trace \(1+2\cos\theta\). La trace étant invariante, on obtient \(\cos\theta=-\frac{1}{2}\), d’où \(\theta=\frac{2\pi}{3}\) au signe près. Le piège \(\frac{\pi}{2}\) oublie le \(1\) apporté par l’axe. La réponse \(\frac{\pi}{3}\) se trompe de signe sur le cosinus, et \(\pi\) donnerait une trace égale à \(-1\).

Question 6

Quelle propriété est vraie pour toute matrice symétrique réelle \(S\) ?

  1. Il existe \(P\) orthogonale telle que \(P^{T}SP\) soit diagonale
  2. \(S\) est inversible
  3. Les valeurs propres de \(S\) sont positives
  4. Toute base de vecteurs propres de \(S\) est orthonormée

Réponse A.

Le théorème spectral affirme qu’une matrice symétrique réelle se diagonalise dans une base orthonormée. Autrement dit, il existe \(P\) orthogonale, avec \(P^{-1}=P^{T}\), qui la diagonalise. En revanche, la matrice nulle est symétrique sans être inversible. De même, \(-I_n\) a des valeurs propres négatives. Enfin, le théorème garantit l’existence d’une base orthonormée de vecteurs propres, mais toute base propre ne l’est pas.

Question 7

Une matrice symétrique réelle \(S\) de taille 2 admet \((1,1)\) comme vecteur propre pour la valeur \(2\), et possède aussi la valeur propre \(5\). Quel vecteur est propre pour \(5\) ?

  1. \((1,1)\)
  2. \((1,2)\)
  3. \((1,-1)\)
  4. \((2,5)\)

Réponse C.

Pour une matrice symétrique réelle, deux sous-espaces propres associés à des valeurs distinctes sont orthogonaux. En dimension 2, celui de \(5\) est donc la droite orthogonale à \((1,1)\), dirigée par \((1,-1)\). Le piège \((1,1)\) est propre pour \(2\), donc pas pour \(5\). Les deux autres réponses ne sont pas orthogonales à \((1,1)\). D’ailleurs, \((2,5)\) recopie simplement les deux valeurs propres.

Question 8

On considère la matrice complexe symétrique \(A=\begin{pmatrix}1&i\\i&-1\end{pmatrix}\). Que peut-on dire ?

  1. \(A\) est diagonalisable en base orthonormée, car elle est symétrique
  2. \(A\) n’est pas diagonalisable
  3. \(A\) a deux valeurs propres réelles distinctes
  4. \(A\) est inversible

Réponse B.

Un calcul direct donne \(A^2=0\) : la matrice est nilpotente et non nulle. Sa seule valeur propre est \(0\), si bien qu’elle n’est pas diagonalisable. Le théorème spectral exige une matrice symétrique réelle, ou hermitienne dans le cas complexe ; ici, \(\overline{A}^{T}\neq A\). Le piège principal oublie donc cette hypothèse. Par ailleurs, une matrice nilpotente n’est jamais inversible.

Question 9

Pour une matrice réelle carrée \(M\) quelconque, que peut-on dire de \(M^{T}M\) ?

  1. Symétrique définie positive dans tous les cas
  2. Orthogonale dans tous les cas
  3. Antisymétrique dans tous les cas
  4. Symétrique positive, et définie positive si \(M\) est inversible

Réponse D.

D’abord, \((M^{T}M)^{T}=M^{T}M\), donc la matrice est symétrique. Ensuite, pour toute colonne \(X\), le réel \(X^{T}(M^{T}M)X\) est le carré de la norme de \(MX\) : la matrice est donc positive. Cette quantité s’annule seulement si \(MX=0\), donc la matrice est définie positive exactement quand \(M\) est inversible. Le piège « définie positive dans tous les cas » oublie ce cas, par exemple \(M=0\). Enfin, \(M^{T}M=I_n\) ne caractérise que les matrices orthogonales.

Question 10

Laquelle de ces matrices symétriques est définie positive ?

  1. \(\begin{pmatrix}1&2\\2&1\end{pmatrix}\)
  2. \(\begin{pmatrix}2&1\\1&2\end{pmatrix}\)
  3. \(\begin{pmatrix}1&0\\0&0\end{pmatrix}\)
  4. \(\begin{pmatrix}2&-3\\-3&2\end{pmatrix}\)

Réponse B.

Une matrice symétrique réelle est définie positive si et seulement si toutes ses valeurs propres sont strictement positives. La première a pour valeurs propres \(1\) et \(3\), ce qui convient. En revanche, la deuxième a les valeurs \(3\) et \(-1\), et la dernière \(5\) et \(-1\) : des coefficients positifs ne suffisent pas. Quant à la matrice diagonale, elle est positive mais pas définie, car \(0\) est valeur propre.

Question 11

Soit \(U\) une matrice unitaire de taille \(n\). Que peut-on dire de ses valeurs propres ?

  1. Elles sont toutes réelles
  2. Elles sont toutes de module \(1\)
  3. Elles valent toutes \(1\) ou \(-1\)
  4. Elles sont toutes réelles positives

Réponse B.

Si \(UX=\lambda X\) avec \(X\neq 0\), alors \(\|UX\|=\|X\|\), car \(U\) conserve la norme hermitienne. On en déduit \(|\lambda|\,\|X\|=\|X\|\), donc \(|\lambda|=1\). Le piège des valeurs réelles confond unitaire et hermitienne. La réponse \(\pm 1\) ne vaut que pour une unitaire réelle diagonalisable dans \(\mathbb{R}\). Par exemple, \(\operatorname{diag}(1,i)\) est unitaire avec la valeur propre \(i\).

Question 12

Laquelle de ces matrices complexes de taille 2 n’est pas diagonalisable dans une base orthonormée de \(\mathbb{C}^2\) ?

  1. \(\begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix}\)
  2. \(\begin{pmatrix}2&i\\-i&2\end{pmatrix}\)
  3. \(\begin{pmatrix}1&1\\0&2\end{pmatrix}\)
  4. \(\begin{pmatrix}1&0\\0&i\end{pmatrix}\)

Réponse C.

Une matrice complexe se diagonalise en base orthonormée si et seulement si elle est normale. La rotation est unitaire, la deuxième est hermitienne et la troisième est diagonale : toutes sont normales. En revanche, la matrice triangulaire a deux valeurs propres distinctes, donc elle est diagonalisable. Cependant, ses vecteurs propres \((1,0)\) et \((1,1)\) ne sont pas orthogonaux, et elle n’est pas normale. Le piège confond diagonalisable et diagonalisable en base orthonormée.

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