QCM : Suites et définition epsilon en L1 de maths

Suites et définition epsilon – QCM en Licence 1 sur Maths-pdf.fr Couverture : Livre de contrôles corrigés de maths L1 en PDF Télécharger en PDF Le livre des 25 contrôles corrigés en L1 PDF à imprimer Voir le livre ›


Ce QCM suites L1 reprend le chapitre où l’on apprend à définir une limite avec epsilon. Les premières questions portent sur la monotonie, les bornes et la traduction exacte de la convergence avec ses quantificateurs. On applique ensuite les opérations sur les limites, le théorème des gendarmes et la limite monotone. La fin traite des suites adjacentes, des suites extraites avec Bolzano-Weierstrass, puis des suites récurrentes, d’abord du type \(u_{n+1}=f(u_n)\), ensuite linéaires d’ordre 2.

Fais chaque calcul au brouillon sans le cours et teste les affirmations générales sur un petit contre-exemple. Lis ensuite les explications. Elles justifient la bonne réponse et nomment l’erreur cachée dans chaque piège, comme une inversion de quantificateurs ou une inégalité large devenue stricte.

Les 12 questions

Question 1

On pose \(u_n=\dfrac{n}{n^2+1}\) pour \(n\geqslant 1\). Quelle affirmation est vraie ?

  1. \((u_n)\) est décroissante et majorée par \(\frac{1}{2}\).
  2. \((u_n)\) est croissante et majorée par \(1\).
  3. \((u_n)\) est décroissante et non minorée.
  4. \((u_n)\) n’est ni monotone ni bornée.

Réponse A.

La fonction \(x\mapsto\frac{x}{x^2+1}\) a pour dérivée \(\frac{1-x^2}{(x^2+1)^2}\), négative pour \(x\geqslant 1\). Par conséquent, la suite décroît, et son premier terme \(u_1=\frac{1}{2}\) la majore. De plus, elle est minorée par 0, puisque tous ses termes sont positifs. Le piège de la croissance vient d’un raisonnement sur le seul numérateur, qui augmente pourtant moins vite que le dénominateur.

Question 2

Quelle phrase est la négation correcte de « la suite \((u_n)\) tend vers le réel \(\ell\) » ?

  1. \(\forall\varepsilon>0,\ \exists N,\ \forall n\geqslant N,\ |u_n-\ell|>\varepsilon\)
  2. \(\exists\varepsilon>0,\ \forall N,\ \exists n\geqslant N,\ |u_n-\ell|>\varepsilon\)
  3. \(\exists\varepsilon>0,\ \exists N,\ \forall n\geqslant N,\ |u_n-\ell|>\varepsilon\)
  4. \(\exists\varepsilon>0,\ \forall N,\ \forall n\geqslant N,\ |u_n-\ell|>\varepsilon\)

Réponse B.

Pour nier la définition, on échange chaque « pour tout » et chaque « il existe », puis on remplace \(\leqslant\varepsilon\) par \(>\varepsilon\). On obtient donc une précision \(\varepsilon\) que la suite rate une infinité de fois. Commencer par \(\forall\varepsilon\) oublie de changer les quantificateurs. Avec \(\exists N,\ \forall n\geqslant N\), on exige que la suite reste loin de \(\ell\) à partir d’un rang, ce qui est plus fort. Enfin, \(\forall N,\ \forall n\geqslant N\) impose cet éloignement à tous les termes.

Question 3

On pose \(u_n=\dfrac{3}{n+1}\). Quel est le plus petit entier \(N\) tel que \(|u_n|<0{,}01\) pour tout \(n\geqslant N\) ?

  1. \(299\)
  2. \(301\)
  3. \(30\)
  4. \(300\)

Réponse D.

La suite est positive et décroissante, donc il suffit de résoudre \(\frac{3}{n+1}<0{,}01\). Cela équivaut à \(n+1>300\), soit \(n>299\) : le rang cherché vaut donc 300. En effet, \(u_{299}=0{,}01\) exactement, ce qui ne vérifie pas l’inégalité stricte. Le piège 301 résout \(n>300\) en oubliant le décalage, et 30 provient d’une erreur sur \(0{,}01\).

Question 4

Laquelle de ces affirmations sur les limites est toujours vraie ?

  1. Si \(u_n\to+\infty\) et si \((v_n)\) est minorée, alors \(u_n+v_n\to+\infty\).
  2. Si \(u_n\to+\infty\) et \(v_n\to-\infty\), alors \(u_n+v_n\to 0\).
  3. Si \(u_n\to+\infty\) et \(v_n\to 0\), alors \(u_nv_n\to 0\).
  4. Si \(u_nv_n\to 0\), alors \(u_n\to 0\) ou \(v_n\to 0\).

Réponse A.

Si \(v_n\geqslant m\), on a \(u_n+v_n\geqslant u_n+m\), qui tend vers \(+\infty\) : la comparaison conclut donc. En revanche, la somme d’une limite \(+\infty\) et d’une limite \(-\infty\) est une forme indéterminée, comme \(n+(1-n)=1\) le montre. De même, \(n^2\times\frac{1}{n}\) tend vers \(+\infty\). Enfin, deux suites alternant entre 0 et 1 en décalé ont un produit nul sans tendre vers 0.

Question 5

Quelle est la limite de \(u_n=\displaystyle\sum_{k=1}^{n}\frac{k}{n^2+k}\) ?

  1. \(1\)
  2. \(0\)
  3. \(\frac{1}{2}\)
  4. \(+\infty\)

Réponse C.

Pour \(1\leqslant k\leqslant n\), on encadre le dénominateur entre \(n^2+1\) et \(n^2+n\). Ainsi, \(\frac{n(n+1)}{2(n^2+n)}\leqslant u_n\leqslant\frac{n(n+1)}{2(n^2+1)}\), puisque la somme des \(k\) vaut \(\frac{n(n+1)}{2}\). Les deux bornes tendent vers \(\frac{1}{2}\), donc les gendarmes concluent. Le piège 0 remarque que chaque terme tend vers 0, mais oublie que leur nombre augmente.

Question 6

Une suite \((u_n)\) est croissante et vérifie \(u_n<5\) pour tout \(n\). Que peut-on conclure ?

  1. Elle converge vers \(5\).
  2. Elle converge vers une limite \(\ell\leqslant 5\).
  3. Elle converge vers une limite \(\ell<5\).
  4. Elle peut tendre vers \(+\infty\).

Réponse B.

Une suite croissante et majorée converge vers la borne supérieure de ses termes, qui est au plus 5. Cependant, le passage à la limite transforme les inégalités strictes en inégalités larges. Par exemple, \(5-\frac{1}{n+1}\) reste sous 5 et tend vers 5 : la limite stricte est donc un piège. À l’inverse, la suite constante égale à 0 montre que la limite n’est pas forcément 5.

Question 7

Pour \(n\geqslant 1\), lequel de ces couples \((u_n,v_n)\) est formé de suites adjacentes ?

  1. \(u_n=2-\frac{1}{n}\) et \(v_n=2+\frac{1}{n^2}\)
  2. \(u_n=2-\frac{1}{n}\) et \(v_n=3+\frac{1}{n}\)
  3. \(u_n=2-\frac{(-1)^n}{n}\) et \(v_n=2+\frac{1}{n}\)
  4. \(u_n=2-\frac{1}{n}\) et \(v_n=2-\frac{1}{n^2}\)

Réponse A.

Deux suites sont adjacentes si l’une croît, l’autre décroît et leur différence tend vers 0. Le couple avec \(\frac{1}{n^2}\) ajouté coche les trois conditions, avec une limite commune égale à 2. Avec \(3+\frac{1}{n}\), l’écart tend vers 1, et non vers 0. Le terme \(\frac{(-1)^n}{n}\) fait osciller \(u_n\), donc elle n’est pas monotone. Enfin, avec \(2-\frac{1}{n^2}\), les deux suites croissent : il manque donc la suite décroissante.

Question 8

On pose \(u_n=\cos\dfrac{n\pi}{3}\). Quelle affirmation est correcte ?

  1. \((u_n)\) est bornée, donc elle converge.
  2. \(u_{6k}\to 1\), donc \((u_n)\) converge vers 1.
  3. \((u_n)\) diverge, parce qu’elle n’est pas monotone.
  4. \(u_{6k}\to 1\) et \(u_{6k+3}\to -1\), donc \((u_n)\) diverge.

Réponse D.

On a \(u_{6k}=\cos(2k\pi)=1\) et \(u_{6k+3}=\cos(\pi+2k\pi)=-1\). Or une suite convergente impose sa limite à chacune de ses sous-suites. Ces deux valeurs distinctes prouvent donc la divergence. Une seule sous-suite convergente ne prouve rien sur la suite entière. De plus, être bornée ne suffit pas pour converger. Enfin, la monotonie n’est pas nécessaire : \(\frac{(-1)^n}{n}\) oscille et tend pourtant vers 0.

Question 9

Qu’affirme exactement le théorème dû à Bolzano et Weierstrass, énoncé dans \(\mathbb{R}\) ?

  1. Toute suite réelle bornée converge forcément.
  2. Une suite dont une sous-suite converge est forcément bornée.
  3. De toute suite réelle bornée, on peut extraire une sous-suite qui converge.
  4. Une suite non bornée ne possède aucune sous-suite convergente.

Réponse C.

Le théorème affirme seulement l’existence d’une sous-suite convergente pour une suite bornée. Ainsi, \((-1)^n\) est bornée et diverge, mais ses termes pairs convergent. La réciproque est fausse : une suite valant 0 aux rangs pairs et \(n\) aux rangs impairs n’est pas bornée. Pourtant, elle possède une sous-suite constante, ce qui réfute aussi l’idée qu’une suite non bornée n’a aucune sous-suite convergente.

Question 10

On définit \(u_0=1\) et \(u_{n+1}=\dfrac{u_n^2+6}{5}\). Quel est le comportement de \((u_n)\) ?

  1. Elle croît et converge vers \(3\).
  2. Elle décroît et converge vers \(2\).
  3. Elle croît et converge vers \(2\).
  4. Elle croît et tend vers \(+\infty\).

Réponse C.

Les points fixes vérifient \(x^2-5x+6=0\), donc valent 2 et 3. La fonction \(f\) est croissante sur \([0,2]\) et envoie cet intervalle dans \([\frac{6}{5},2]\). De plus, \(u_1=\frac{7}{5}>u_0\), si bien que la suite croît et reste majorée par 2. Elle converge donc vers un point fixe au plus égal à 2. Le piège 3 choisit le mauvais point fixe.

Question 11

Quelle est la forme générale des suites vérifiant \(u_{n+2}=4u_{n+1}-4u_n\) ?

  1. \(u_n=A\,2^n+B\,2^n\)
  2. \(u_n=A\,2^n+B\,(-2)^n\)
  3. \(u_n=(A+Bn)\,4^n\)
  4. \(u_n=(A+Bn)\,2^n\)

Réponse D.

L’équation caractéristique \(r^2-4r+4=0\) admet 2 comme racine double. Dans ce cas, la forme générale est \((A+Bn)r^n\). La forme \(A2^n+B2^n=(A+B)2^n\) ne décrit en réalité qu’une famille à un paramètre. Faire intervenir \((-2)^n\) suppose deux racines opposées. Enfin, écrire \(4^n\) prend le coefficient 4 pour la racine.

Question 12

On définit \(u_0=2\), \(u_1=1\) et \(u_{n+2}=u_{n+1}+6u_n\). Que vaut \(u_n\) ?

  1. \(3^n-(-2)^n\)
  2. \(3^n+(-2)^n\)
  3. \((-3)^n+2^n\)
  4. \(2\cdot 3^n-(-2)^n\)

Réponse B.

L’équation \(r^2-r-6=0\) a pour racines 3 et \(-2\). On écrit donc \(u_n=A\,3^n+B(-2)^n\), avec \(A+B=2\) et \(3A-2B=1\). On trouve alors \(A=B=1\). Le piège \((-3)^n+2^n\) résout \(r^2+r-6=0\) à cause d’une erreur de signe. Par ailleurs, les deux autres propositions ne respectent pas \(u_0=2\) : elles donnent 0 et 1.

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