QCM : Déterminants et formules de Cramer en L1 de maths
Ce QCM Cramer L1 couvre le chapitre sur les déterminants, de la théorie au calcul. Il démarre par le groupe symétrique : signature d’une permutation et d’un cycle. Il passe ensuite au caractère multilinéaire alterné du déterminant, puis aux règles sur le produit, la transposée et la multiplication par un scalaire. La suite demande de développer selon une ligne, de traiter une matrice par blocs et de discuter l’inversibilité selon un paramètre. Pour finir, on utilise la comatrice, les formules de Cramer, Vandermonde et le déterminant d’un endomorphisme.
Calcule au brouillon sans le cours, en surveillant les signes des cofacteurs et les puissances du scalaire. Lis ensuite les explications : elles refont chaque calcul et indiquent l’erreur qui produit chaque piège.
Les 12 questions
Question 1
Quelle est la signature de la permutation \(\sigma\) de \(\{1,\dots,5\}\) qui envoie \(1,2,3,4,5\) respectivement sur \(3,1,2,5,4\) ?
- \(1\)
- \(3\)
- \(0\)
- \(-1\)
Réponse D.
La suite des images \(3,1,2,5,4\) présente trois inversions : \((3,1)\), \((3,2)\) et \((5,4)\). La signature vaut donc \((-1)^3=-1\). On le retrouve avec les cycles : \(\sigma\) est le produit d’un 3-cycle, pair, et d’une transposition, impaire. Le piège 3 donne le nombre d’inversions au lieu de la signature. De plus, une signature vaut toujours 1 ou \(-1\), jamais 0.
Question 2
Quelle est la signature d’un cycle de longueur \(k\) ?
- \((-1)^{k}\)
- Toujours \(1\)
- \((-1)^{k-1}\)
- Toujours \(-1\)
Réponse C.
Un cycle de longueur \(k\) s’écrit comme un produit de \(k-1\) transpositions. Par conséquent, sa signature vaut \((-1)^{k-1}\). Une transposition, cycle de longueur 2, a bien pour signature \(-1\). Le piège \((-1)^k\) compte une transposition de trop. Par ailleurs, un 3-cycle est pair et un 4-cycle impair, donc la signature dépend de \(k\).
Question 3
Les colonnes \(C_1,C_2,C_3\) vérifient \(\det(C_1,C_2,C_3)=4\). Que vaut \(\det(C_2,\ C_1+2C_3,\ C_3)\) ?
- \(4\)
- \(-8\)
- \(8\)
- \(-4\)
Réponse D.
Par linéarité en la deuxième colonne, on obtient \(\det(C_2,C_1,C_3)+2\det(C_2,C_3,C_3)\). Le second terme est nul, puisque deux colonnes sont égales. Ensuite, échanger \(C_1\) et \(C_2\) change le signe, d’où \(-4\). Le piège 4 oublie l’échange de colonnes. En revanche, \(-8\) et 8 font intervenir à tort le coefficient 2, qui multiplie un déterminant nul.
Question 4
Soit \(A\in\mathcal{M}_3(\mathbb{R})\) telle que \(\det A=2\). Que vaut \(\det(-2A)\) ?
- \(-4\)
- \(-16\)
- \(16\)
- \(-8\)
Réponse B.
Multiplier une matrice d’ordre 3 par \(\lambda\) multiplie chacune de ses trois colonnes par \(\lambda\). Le déterminant est donc multiplié par \(\lambda^3\). Ici, \((-2)^3\times 2=-8\times 2=-16\). Le piège \(-4\) traite le déterminant comme s’il était linéaire en la matrice. Ensuite, 16 perd le signe de \((-2)^3\). Enfin, \(-8\) oublie de multiplier par \(\det A\).
Question 5
Soient \(A\) et \(B\) deux matrices carrées de même taille, avec \(\det A=3\) et \(\det B=-6\). Que vaut \(\det\big(A^{\top}B^{-1}\big)\) ?
- \(-\frac{1}{2}\)
- \(\frac{1}{2}\)
- \(-18\)
- \(-2\)
Réponse A.
Le déterminant est multiplicatif, inchangé par transposition, et vérifie \(\det(B^{-1})=\frac{1}{\det B}\). On obtient donc \(3\times\frac{1}{-6}=-\frac{1}{2}\). Le piège \(-18\) multiplie par \(\det B\) au lieu de diviser. De plus, \(-2\) divise dans le mauvais sens. Enfin, \(\frac{1}{2}\) perd le signe négatif de \(\det B\).
Question 6
Pour quelles valeurs réelles de \(a\) la matrice \(\begin{pmatrix}a&1&0\\1&a&1\\0&1&a\end{pmatrix}\) n’est-elle pas inversible ?
- \(a\in\{0,\sqrt{2},-\sqrt{2}\}\)
- \(a\in\{0,1,-1\}\)
- \(a\in\{\sqrt{2},-\sqrt{2}\}\)
- \(a=0\) seulement
Réponse A.
En développant selon la première ligne, on trouve \(a(a^2-1)-1\times(a-0)=a^3-2a=a(a^2-2)\). Or une matrice n’est pas inversible exactement quand son déterminant est nul. Les valeurs cherchées sont donc 0 et \(\pm\sqrt{2}\). Le piège \(\{0,1,-1\}\) oublie le second terme du développement. Les deux autres réponses perdent des racines lors de la factorisation.
Question 7
Que vaut \(\begin{vmatrix}2&0&1\\3&1&0\\0&4&5\end{vmatrix}\) ?
- \(-2\)
- \(10\)
- \(22\)
- \(12\)
Réponse C.
On développe selon la première ligne, qui contient un zéro. On obtient \(2\times(1\times 5-0\times 4)+1\times(3\times 4-1\times 0)\), car le cofacteur en position \((1,3)\) porte le signe plus. Ainsi, le déterminant vaut \(10+12=22\). Le piège \(-2\) attribue un signe moins à ce cofacteur. Enfin, 10 et 12 ne gardent qu’un seul des deux termes du développement.
Question 8
Que vaut le déterminant de \(\begin{pmatrix}1&2&7&1\\3&4&0&5\\0&0&2&1\\0&0&1&3\end{pmatrix}\) ?
- \(10\)
- \(24\)
- \(-2\)
- \(-10\)
Réponse D.
La matrice est triangulaire par blocs, avec un bloc nul en bas à gauche. Son déterminant est donc le produit des déterminants des blocs diagonaux. Ici, on a \(1\times 4-2\times 3=-2\) puis \(2\times 3-1\times 1=5\), d’où \(-10\). Le piège 24 multiplie les coefficients diagonaux, ce qui ne vaut que pour une matrice triangulaire. Par ailleurs, \(-2\) oublie le second bloc, et 10 se trompe de signe.
Question 9
À l’aide de la comatrice, quel est l’inverse de \(A=\begin{pmatrix}3&1\\4&2\end{pmatrix}\) ?
- \(\frac{1}{2}\begin{pmatrix}2&-4\\-1&3\end{pmatrix}\)
- \(\frac{1}{2}\begin{pmatrix}2&-1\\-4&3\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}2&-1\\-4&3\end{pmatrix}\)
- \(\frac{1}{2}\begin{pmatrix}3&-1\\-4&2\end{pmatrix}\)
Réponse B.
On a \(\det A=6-4=2\), et l’inverse vaut \(\frac{1}{\det A}\) fois la transposée de la comatrice. Pour une matrice d’ordre 2, cela revient à échanger les coefficients diagonaux et à changer le signe des deux autres. Placer \(-4\) en haut à droite revient à oublier de transposer la comatrice. Sans le facteur \(\frac{1}{2}\), on oublie de diviser par le déterminant. Enfin, garder 3 en haut à gauche, c’est ne pas permuter la diagonale.
Question 10
On résout par les formules de Cramer le système \(3x+2y=7\) et \(4x-y=2\). Quelle est la valeur de \(y\) ?
- \(-2\)
- \(2\)
- \(1\)
- \(\frac{22}{5}\)
Réponse B.
Le déterminant du système vaut \(3\times(-1)-2\times 4=-11\), qui n’est pas nul. On remplace ensuite la colonne de \(y\) par le second membre : \(3\times 2-7\times 4=-22\). Ainsi, \(y=\frac{-22}{-11}=2\), et l’on vérifie que \(x=1\). Le piège \(-2\) oublie le signe du déterminant principal. La valeur 1 est celle de \(x\). Enfin, \(\frac{22}{5}\) divise par un déterminant mal calculé.
Question 11
Que vaut \(\begin{vmatrix}1&1&1\\1&2&4\\1&4&16\end{vmatrix}\) ?
- \(6\)
- \(-6\)
- \(8\)
- \(3\)
Réponse A.
On reconnaît un déterminant de Vandermonde associé aux nombres 1, 2 et 4. Il vaut le produit des différences \(x_j-x_i\) pour \(i<j\), soit \((2-1)(4-1)(4-2)=6\). Le piège \(-6\) prend les différences dans le mauvais ordre. La réponse 8 multiplie les nombres eux-mêmes. Quant à 3, elle oublie un des trois facteurs.
Question 12
Quel est le déterminant de l’endomorphisme \(M\mapsto M^{\top}\) de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) ?
- \(1\)
- \(0\)
- \(-1\)
- \(4\)
Réponse C.
Dans la base canonique \((E_{11},E_{12},E_{21},E_{22})\), la transposition fixe \(E_{11}\) et \(E_{22}\), et échange \(E_{12}\) et \(E_{21}\). Sa matrice est donc une matrice de permutation associée à une transposition, de déterminant \(-1\). Le piège 1 confond avec la formule \(\det(M^{\top})=\det M\), qui parle d’autre chose. Enfin, 0 est exclu, puisque l’application est bijective.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de L1 de maths sur déterminants et formules de Cramer
- S’exercer : exercices corrigés sur déterminants et formules de Cramer
- QCM précédent : QCM : Matrices de passage en L1 de maths
- QCM suivant : QCM : Droites, plans et produit vectoriel en L1 de maths
- Tous les chapitres : le sommaire de la L1 de maths


























