QCM : Rolle et accroissements finis en maths sup (MPSI)
Ce QCM accroissements MPSI passe en revue les réflexes de concours sur la dérivation d’une variable réelle. Il commence par une équation de tangente, la dérivabilité en un point délicat et la dérivée d’une réciproque. Il enchaîne avec les points critiques, les hypothèses exactes du théorème de Rolle et son application itérée pour compter des zéros.
La seconde moitié porte sur l’égalité et l’inégalité des accroissements finis, les fonctions lipschitziennes, le théorème de la limite de la dérivée, une dérivée n-ième par Leibniz et le cas des fonctions à valeurs complexes. Réponds d’abord sans le cours, au brouillon. Ensuite, lis chaque explication : elle justifie la bonne réponse et donne pour chaque piège l’hypothèse oubliée ou le calcul faux.
Les 12 questions
Question 1
Quelle est l’équation de la tangente à la courbe de \(f(x)=\ln(1+2x)\) au point d’abscisse \(1\) ?
- \(y=\frac23x+\ln3\)
- \(y=\frac13(x-1)+\ln3\)
- \(y=\frac23(x-1)+\ln3\)
- \(y=\frac23(x-1)\)
Réponse C.
La tangente en \(a\) a pour équation \(y=f^{\prime}(a)(x-a)+f(a)\). Ici, \(f^{\prime}(x)=\frac{2}{1+2x}\), donc \(f^{\prime}(1)=\frac23\), et \(f(1)=\ln3\). La réponse \(\frac23x+\ln3\) oublie de remplacer \(x\) par \(x-1\). Le coefficient \(\frac13\) néglige le facteur \(2\) de la dérivée intérieure. Enfin, la droite sans \(\ln3\) ne passe pas par le point de la courbe.
Question 2
Laquelle de ces fonctions est dérivable en \(0\) ?
- \(x\mapsto |x|\)
- \(x\mapsto x\,|x|\)
- \(x\mapsto\sqrt[3]{x}\)
- \(x\mapsto\sqrt{|x|}\)
Réponse B.
Le taux d’accroissement de \(x\,|x|\) en \(0\) vaut \(|h|\), qui tend vers \(0\) : la fonction est dérivable, de dérivée nulle. Pour \(|x|\), ce taux vaut \(\pm1\) selon le signe de \(h\), donc les deux demi-tangentes diffèrent. La racine cubique a un taux \(h^{-2/3}\), qui tend vers \(+\infty\) : sa tangente est verticale. Enfin, \(\sqrt{|x|}\) donne un taux non borné, avec un point de rebroussement.
Question 3
La fonction \(f(x)=x^3+x+1\) est une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(\mathbb{R}\). Que vaut \((f^{-1})^{\prime}(3)\) ?
- \(\frac{1}{28}\)
- \(\frac14\)
- \(4\)
- \(\frac13\)
Réponse B.
On cherche d’abord l’antécédent : \(f(1)=3\). Ensuite, \(f^{\prime}(1)=3+1=4\neq0\), donc \((f^{-1})^{\prime}(3)=\frac{1}{f^{\prime}(1)}=\frac14\). La réponse \(\frac{1}{28}\) évalue la dérivée en \(3\) au lieu de l’antécédent \(1\). Le nombre \(4\) oublie de passer à l’inverse. Enfin, \(\frac13\) confond la dérivée de la réciproque avec l’inverse du point considéré.
Question 4
Soit \(f\) dérivable sur un intervalle ouvert \(I\), et \(a\in I\) tel que \(f^{\prime}(a)=0\). Que peut-on conclure ?
- \(a\) est un extremum local de \(f\)
- \(a\) est un extremum global de \(f\)
- \(f\) est constante au voisinage de \(a\)
- Rien de plus : \(a\) n’est pas forcément un extremum local
Réponse D.
Sur un ouvert, un extremum local est un point critique, mais la réciproque est fausse. Par exemple, \(t\mapsto t^3\) a une dérivée nulle en \(0\) alors qu’elle est strictement croissante. Le piège « extremum local » renverse donc l’implication du cours. L’option « global » aggrave la même erreur. Enfin, une dérivée nulle en un seul point ne dit rien sur les points voisins : seule une dérivée nulle sur tout un intervalle rend la fonction constante.
Question 5
Pourquoi le théorème de Rolle ne s’applique pas à \(f(x)=|x-1|\) sur \([0,2]\) ?
- Parce que \(f(0)\neq f(2)\)
- Parce que \(f\) n’est pas continue sur \([0,2]\)
- Il s’applique bien, et fournit le point \(c=1\)
- Parce que \(f\) n’est pas dérivable en \(1\)
Réponse D.
Rolle demande la continuité sur le segment, la dérivabilité sur l’intervalle ouvert et des valeurs égales aux bornes. Ici \(f(0)=f(2)=1\), et \(f\) est continue. Cependant, \(f\) n’est pas dérivable en \(1\), et sa dérivée vaut \(\pm1\) partout ailleurs, sans jamais s’annuler. Le piège sur les valeurs aux bornes est un calcul faux. La continuité ne pose aucun problème. Enfin, \(c=1\) est le point anguleux, où \(f^{\prime}(1)\) n’existe même pas.
Question 6
Une fonction \(f\) de classe \(C^2\) sur \(\mathbb{R}\) s’annule en quatre points distincts. Combien de zéros distincts \(f^{\prime\prime}\) possède-t-elle au moins ?
- \(3\)
- \(1\)
- \(2\)
- \(4\)
Réponse C.
On range les zéros \(x_1<x_2<x_3<x_4\). Rolle, appliqué sur chacun des trois intervalles, fournit trois zéros distincts de \(f^{\prime}\), un par intervalle. On recommence avec \(f^{\prime}\), et l’on obtient deux zéros distincts de \(f^{\prime\prime}\). La valeur \(3\) s’arrête à la dérivée première. La valeur \(1\) retire un zéro de trop. Enfin, \(4\) suppose que la dérivation conserve le nombre de zéros, ce qui est faux.
Question 7
Pour \(f(x)=x^2\) sur \([1,4]\), quel réel \(c\in\,]1,4[\) vérifie \(f(4)-f(1)=(4-1)\,f^{\prime}(c)\) ?
- \(c=\frac52\)
- \(c=2\)
- \(c=\frac{15}{2}\)
- \(c=5\)
Réponse A.
L’égalité s’écrit \(15=3\times2c\), donc \(c=\frac52\), le milieu du segment, comme toujours pour une parabole. La valeur \(2\) est la moyenne géométrique \(\sqrt{1\times4}\), sans rapport avec cette égalité. Le piège \(\frac{15}{2}\) oublie de diviser par la longueur \(4-1\) ; il sort d’ailleurs de l’intervalle. Enfin, \(c=5\) oublie le facteur \(2\) de la dérivée \(f^{\prime}(c)=2c\).
Question 8
Quelle est la plus petite constante \(k\) telle que \(|\ln x-\ln y|\leqslant k\,|x-y|\) pour tous \(x,y\in[2,+\infty[\) ?
- \(\frac12\)
- \(1\)
- \(\ln2\)
- \(2\)
Réponse A.
Sur \([2,+\infty[\), la dérivée \(\frac1x\) est majorée par \(\frac12\), donc l’inégalité des accroissements finis donne \(k=\frac12\). Cette constante est optimale, car le quotient tend vers \(\frac12\) lorsque \(x\) et \(y\) tendent vers \(2\). La valeur \(1\) convient, mais elle n’est pas la plus petite. Le piège \(\ln2\) majore la fonction elle-même au lieu de sa dérivée. Enfin, \(2\) prend l’inverse de la bonne borne.
Question 9
Laquelle de ces fonctions n’est pas lipschitzienne sur \([0,1]\) ?
- \(x\mapsto x^2\)
- \(x\mapsto\sin(3x)\)
- \(x\mapsto\sqrt{x}\)
- \(x\mapsto\left|x-\frac12\right|\)
Réponse C.
Pour \(\sqrt{x}\), le quotient \(\frac{\sqrt{x}-0}{x-0}=\frac{1}{\sqrt x}\) n’est pas borné près de \(0\). Aucune constante ne convient, bien que la fonction soit continue. En revanche, \(x^2\) a une dérivée majorée par \(2\) sur le segment, et \(\sin(3x)\) par \(3\). Enfin, \(\left|x-\frac12\right|\) est \(1\)-lipschitzienne par l’inégalité triangulaire renversée, malgré son point anguleux : dérivabilité et caractère lipschitzien sont deux notions distinctes.
Question 10
On pose \(g(x)=x^3\sin\left(\frac{1}{x^2}\right)\) pour \(x\neq0\) et \(g(0)=0\). Que peut-on affirmer ?
- \(g\) n’est pas dérivable en \(0\), car \(g^{\prime}\) n’a pas de limite en \(0\)
- \(g\) est dérivable en \(0\), mais \(g^{\prime}\) n’a pas de limite en \(0\)
- \(g\) est de classe \(C^1\) sur \(\mathbb{R}\)
- \(g^{\prime}(x)\) tend vers \(0\) quand \(x\) tend vers \(0\)
Réponse B.
Le taux \(\frac{g(x)}{x}=x^2\sin\left(\frac{1}{x^2}\right)\) tend vers \(0\), donc \(g^{\prime}(0)=0\). Pour \(x\neq0\), on a pourtant \(g^{\prime}(x)=3x^2\sin\left(\frac{1}{x^2}\right)-2\cos\left(\frac{1}{x^2}\right)\), qui oscille entre des valeurs proches de \(-2\) et \(2\). Le théorème de la limite de la dérivée donne une condition suffisante, pas nécessaire : conclure « pas de limite, donc pas dérivable » l’utilise à l’envers. Ainsi, \(g\) n’est pas \(C^1\), et \(g^{\prime}\) ne tend pas vers \(0\).
Question 11
Pour \(n\geqslant2\), que vaut la dérivée \(n\)-ième de \(h(x)=x^2e^{2x}\) au point \(0\) ?
- \(n(n-1)\,2^{n-1}\)
- \(2^n\)
- \(\frac{n(n-1)}{2}\,2^{n-2}\)
- \(n(n-1)\,2^{n-2}\)
Réponse D.
Par la formule de Leibniz, seuls trois termes subsistent, car \(x^2\) a une dérivée troisième nulle. En \(0\), \(x^2\) et \(2x\) s’annulent, donc il reste \(\binom n2\times2\times2^{n-2}=n(n-1)\,2^{n-2}\). La réponse \(n(n-1)\,2^{n-1}\) dérive \(e^{2x}\) une fois de trop. Le nombre \(2^n\) ne garde que le terme où \(x^2\) n’est pas dérivé, nul en \(0\). Enfin, \(\frac{n(n-1)}{2}2^{n-2}\) oublie que \((x^2)^{\prime\prime}=2\).
Question 12
Soit \(f:[a,b]\to\mathbb{C}\) de classe \(C^1\) avec \(|f^{\prime}|\leqslant M\). Quel résultat reste valable ?
- \(|f(b)-f(a)|\leqslant M(b-a)\)
- \(f(b)-f(a)=(b-a)f^{\prime}(c)\) pour un \(c\in\,]a,b[\)
- Si \(f(a)=f(b)\), alors \(f^{\prime}\) s’annule sur \(]a,b[\)
- \(|f(b)-f(a)|\leqslant M(b-a)^2\)
Réponse A.
Pour une fonction complexe, on écrit \(f(b)-f(a)=\int_a^b f^{\prime}(t)\,\mathrm{d}t\), puis on majore le module de l’intégrale. L’inégalité des accroissements finis subsiste donc. En revanche, \(t\mapsto e^{it}\) sur \([0,2\pi]\) reprend sa valeur initiale sans que sa dérivée \(ie^{it}\) s’annule : Rolle tombe. Par conséquent, l’égalité avec un point \(c\) tombe aussi. Enfin, le carré de \(b-a\) n’a aucune justification.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths sup (MPSI) sur rolle et accroissements finis
- S’exercer : exercices corrigés sur rolle et accroissements finis
- QCM précédent : QCM : Continuité et valeurs intermédiaires en maths sup (MPSI)
- QCM suivant : QCM : Convexité et inégalités classiques en maths sup (MPSI)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths sup (MPSI)
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