QCM : Intégrale et sommes de Riemann en maths sup (MPSI)

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Ce QCM Riemann MPSI reprend les méthodes du chapitre d’intégration qui reviennent dans les exercices de concours. Il commence par le théorème de Heine et les fonctions continues par morceaux, puis teste les propriétés de l’intégrale : inégalité triangulaire, cas d’une fonction positive d’intégrale nulle, valeur moyenne et périodicité. Le cœur du questionnaire porte sur les sommes de Riemann et sur les fonctions définies par une intégrale. La fin traite les formules de Taylor avec reste intégral et l’inégalité de Taylor-Lagrange.

Réponds d’abord sans le cours, en identifiant au brouillon la fonction et l’intervalle cachés derrière chaque somme. Lis ensuite les explications : elles justifient la bonne réponse et décrivent l’erreur visée par chaque piège, comme une borne d’intégration mal lue ou une hypothèse de continuité oubliée.

Les 12 questions

Question 1

Laquelle de ces fonctions est uniformément continue sur l’ensemble indiqué ?

  1. \(x\mapsto\sqrt x\) sur \([0,1]\)
  2. \(x\mapsto x^2\) sur \(\mathbb{R}\)
  3. \(x\mapsto\frac1x\) sur \(]0,1]\)
  4. \(x\mapsto\sin(x^2)\) sur \(\mathbb{R}\)

Réponse A.

La racine carrée est continue sur le segment \([0,1]\), donc uniformément continue d’après le théorème de Heine, même si sa dérivée explose en 0. En revanche, \(x^2\) a des écarts \((x+h)^2-x^2\) qui grandissent avec \(x\). De même, \(1/x\) varie de plus en plus vite près de 0 : l’intervalle n’est pas fermé. Enfin, \(\sin(x^2)\) oscille de plus en plus vite à l’infini.

Question 2

Laquelle de ces fonctions est continue par morceaux sur \([0,1]\) ?

  1. \(x\mapsto\lfloor3x\rfloor\)
  2. \(x\mapsto\frac1x\) prolongée par 0 en 0
  3. \(x\mapsto\sin\frac1x\) prolongée par 0 en 0
  4. l’indicatrice de \(\mathbb{Q}\cap[0,1]\)

Réponse A.

La partie entière de \(3x\) est constante sur \([0,\frac13[\), \([\frac13,\frac23[\) et \([\frac23,1[\) : c’est même une fonction en escalier. Cependant, une fonction continue par morceaux doit avoir des limites finies aux bornes de chaque morceau. Or \(1/x\) tend vers l’infini en 0, et \(\sin(1/x)\) n’y a pas de limite. Enfin, l’indicatrice des rationnels est discontinue en tout point.

Question 3

Pour \(f\) continue sur \([a,b]\) avec \(a<b\), laquelle de ces inégalités est toujours vraie ?

  1. \(\int_a^b|f|\le\left|\int_a^bf\right|\)
  2. \(\left|\int_a^bf\right|\le\int_a^bf\)
  3. \(\left|\int_a^bf\right|\le\int_a^b|f|\)
  4. \(\int_a^bf^2\le\left(\int_a^bf\right)^2\)

Réponse C.

Comme \(-|f|\le f\le|f|\), la croissance de l’intégrale, valable car \(a<b\), donne l’inégalité triangulaire intégrale. Le sens inverse échoue pour \(f(x)=x\) sur \([-1,1]\) : l’intégrale vaut 0, alors que celle de \(|f|\) vaut 1. De plus, l’intégrale de \(f\) peut être négative, ce qui ruine la deuxième inégalité. Enfin, la fonction constante égale à 1 sur \([0,\frac12]\) contredit la dernière.

Question 4

La fonction \(f\) est positive sur \([0,1]\) et vérifie \(\int_0^1f=0\). Que peut-on en conclure ?

  1. \(f\) est nulle dans tous les cas
  2. \(f\) est nulle si elle est continue
  3. \(f\) est nulle si elle est continue par morceaux
  4. \(f\) est nulle seulement si elle est dérivable

Réponse B.

Si \(f\) est continue, positive et non nulle en un point, elle reste au-dessus d’un seuil strictement positif sur un petit intervalle, ce qui rend l’intégrale strictement positive. Par conséquent, \(f\) est nulle. Cependant, la fonction en escalier valant 1 en \(\frac12\) et 0 ailleurs est positive, d’intégrale nulle, et non nulle : la continuité par morceaux ne suffit donc pas. Enfin, la dérivabilité n’est pas nécessaire.

Question 5

Quelle est la valeur moyenne de la fonction sinus sur \([0,\pi]\) ?

  1. \(2\)
  2. \(\frac{1}{\pi}\)
  3. \(0\)
  4. \(\frac{2}{\pi}\)

Réponse D.

La valeur moyenne vaut \(\frac{1}{\pi-0}\int_0^\pi\sin t\,dt\). Or \(\int_0^\pi\sin t\,dt=[-\cos t]_0^\pi=2\), donc la moyenne est \(2/\pi\), environ \(0{,}64\). La réponse 2 oublie de diviser par la longueur de l’intervalle. Ensuite, \(1/\pi\) provient d’une primitive mal évaluée en 0. Enfin, 0 est la moyenne sur une période entière \([0,2\pi]\), et non sur \([0,\pi]\).

Question 6

La fonction \(f\) est continue, \(2\pi\)-périodique, et \(\int_0^{2\pi}f=3\). Que vaut \(\int_5^{5+4\pi}f\) ?

  1. \(3\)
  2. \(12\)
  3. Cela dépend de la valeur de \(f\) en 5
  4. \(6\)

Réponse D.

Pour une fonction \(T\)-périodique, l’intégrale sur un intervalle de longueur \(T\) ne dépend pas de son point de départ. Ici, l’intervalle \([5,5+4\pi]\) couvre exactement deux périodes, donc l’intégrale vaut \(2\times3=6\). La réponse 3 ne compte qu’une période. En outre, 12 double la longueur deux fois. Enfin, le point de départ 5 n’a aucune influence, grâce à la relation de Chasles et à la périodicité.

Question 7

Que vaut \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{\sqrt{n^2+2kn}}\) ?

  1. \(2(\sqrt3-1)\)
  2. \(\frac{\sqrt3-1}{2}\)
  3. \(\sqrt3-1\)
  4. \(\sqrt3\)

Réponse C.

On factorise \(n\) sous la racine : le terme général s’écrit \(\frac1n\cdot\frac{1}{\sqrt{1+2k/n}}\). On reconnaît donc une somme de Riemann de \(x\mapsto(1+2x)^{-1/2}\) sur \([0,1]\), qui tend vers \(\left[\sqrt{1+2x}\right]_0^1=\sqrt3-1\). La réponse \(2(\sqrt3-1)\) oublie le facteur \(\frac12\) venu de la dérivée de \(1+2x\). Par ailleurs, \(\sqrt3\) néglige la valeur de la primitive en 0.

Question 8

Que vaut \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}\frac1n\sum_{k=1}^{2n}\left(\frac kn\right)^2\) ?

  1. \(\frac83\)
  2. \(\frac13\)
  3. \(\frac43\)
  4. \(8\)

Réponse A.

Les points \(k/n\) parcourent \([0,2]\) avec un pas \(\frac1n\), puisque \(k\) va jusqu’à \(2n\). La somme est donc une somme de Riemann de \(x\mapsto x^2\) sur \([0,2]\), qui tend vers \(\int_0^2x^2\,dx=\frac83\). Le piège \(\frac13\) intègre sur \([0,1]\) par réflexe. En outre, \(\frac43\) divise à tort par la longueur de l’intervalle, comme pour une valeur moyenne.

Question 9

On pose \(F(x)=\int_x^{x^2}e^{-t^2}\,dt\). Que vaut \(F^{\prime}(x)\) ?

  1. \(e^{-x^4}-e^{-x^2}\)
  2. \(2xe^{-x^4}-e^{-x^2}\)
  3. \(2xe^{-x^4}+e^{-x^2}\)
  4. \(2xe^{-x^2}-e^{-x^2}\)

Réponse B.

On note \(G\) une primitive de \(t\mapsto e^{-t^2}\), qui est continue. Alors \(F(x)=G(x^2)-G(x)\), et la dérivation d’une composée donne \(F^{\prime}(x)=2x\,G^{\prime}(x^2)-G^{\prime}(x)=2xe^{-x^4}-e^{-x^2}\). La réponse sans facteur \(2x\) oublie la dérivée de la borne \(x^2\). Ensuite, le signe plus néglige que \(x\) est la borne inférieure. Enfin, \(e^{-x^2}\) en premier terme évalue mal l’exposant \((x^2)^2\).

Question 10

La fonction \(f\) est seulement continue par morceaux sur \([0,1]\), et \(G(x)=\int_0^xf\). Que peut-on affirmer en général ?

  1. \(G\) est de classe \(C^1\) sur \([0,1]\)
  2. \(G\) est continue sur \([0,1]\)
  3. \(G\) est dérivable, de dérivée \(f\)
  4. \(G\) est en escalier sur \([0,1]\)

Réponse B.

Puisque \(f\) est bornée par un réel \(M\), on a \(|G(x)-G(y)|\le M|x-y|\) : la fonction \(G\) est lipschitzienne, donc continue. Cependant, en un point de saut de \(f\), elle présente un point anguleux. Par exemple, \(f=\mathbf{1}_{[1/2,1]}\) donne \(G(x)=\max(0,x-\frac12)\), non dérivable en \(\frac12\). Le théorème fondamental exige donc la continuité de \(f\). Enfin, \(G\) est affine par morceaux ici, pas en escalier.

Question 11

Pour \(f\) de classe \(C^2\) sur \(\mathbb{R}\), quel est le reste intégral dans \(f(x)=f(0)+xf^{\prime}(0)+R(x)\) ?

  1. \(R(x)=\int_0^x\frac{(x-t)^2}{2}f^{\prime\prime}(t)\,dt\)
  2. \(R(x)=\int_0^xt\,f^{\prime\prime}(t)\,dt\)
  3. \(R(x)=\int_0^x(x-t)f^{\prime}(t)\,dt\)
  4. \(R(x)=\int_0^x(x-t)f^{\prime\prime}(t)\,dt\)

Réponse D.

À l’ordre \(n\), le reste vaut \(\int_0^x\frac{(x-t)^n}{n!}f^{(n+1)}(t)\,dt\). Ici \(n=1\), d’où un noyau \(x-t\) et la dérivée seconde. On le retrouve par une intégration par parties sur \(\int_0^xf^{\prime}(t)\,dt\). Le noyau \(\frac{(x-t)^2}{2}\) correspond à l’ordre suivant, qui exige \(f^{(3)}\). De plus, le noyau \(t\) inverse le rôle des variables : il produit \(xf^{\prime}(x)-f(x)+f(0)\), sans rapport avec le reste cherché.

Question 12

On approche \(e^{0{,}1}\) par \(1{,}105\), soit \(1+0{,}1+\frac{0{,}1^2}{2}\), et l’on utilise \(e^{0{,}1}\le3\). Quelle majoration de l’erreur donne l’inégalité de Taylor-Lagrange ?

  1. \(3\times10^{-3}\)
  2. \(1{,}5\times10^{-3}\)
  3. \(5\times10^{-4}\)
  4. \(5\times10^{-5}\)

Réponse C.

L’inégalité s’écrit \(\left|e^{x}-\left(1+x+\frac{x^2}{2}\right)\right|\le\frac{M|x|^3}{3!}\), où \(M\) majore \(\exp\) sur \([0;0{,}1]\). Avec \(M=3\) et \(x=0{,}1\), on obtient \(\frac{3\times10^{-3}}{6}=5\times10^{-4}\). La réponse \(3\times10^{-3}\) oublie la factorielle. Ensuite, \(1{,}5\times10^{-3}\) divise par 2 au lieu de 6. Enfin, \(5\times10^{-5}\) utilise une puissance quatrième de \(x\).

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