QCM : Espérance, variance et covariance en maths spé (MP)
Ce QCM covariance MP passe en revue les moments des variables aléatoires discrètes. Les premières questions portent sur l’espérance : formule des queues pour une variable entière, existence par domination, cas où l’espérance est finie sans que la variance le soit. Viennent ensuite la formule de transfert, les moments des lois géométrique et de Poisson, puis l’inégalité de Cauchy-Schwarz. Les dernières questions demandent de manier la covariance et la variance d’une somme de variables dépendantes.
Réponds d’abord sans le cours, en posant chaque calcul au brouillon : un indice décalé ou un coefficient non élevé au carré suffit à tomber dans un piège. Lis ensuite chaque explication. Elle justifie la bonne réponse et nomme l’erreur visée, comme une covariance nulle prise pour une preuve d’indépendance.
Les 12 questions
Question 1
Soit \(X\) une variable aléatoire à valeurs dans \(\mathbb{N}\). Quelle égalité, valable dans \([0,+\infty]\), est la formule des queues ?
- \(E(X)=\sum_{n\ge0}P(X\ge n)\)
- \(E(X)=\sum_{n\ge1}P(X>n)\)
- \(E(X)=\sum_{n\ge1}P(X\ge n)\)
- \(E(X)=\sum_{n\ge1}n\,P(X\ge n)\)
Réponse C.
On écrit \(X=\sum_{n\ge1}\mathbf{1}_{X\ge n}\), puisque exactement \(X\) indicatrices valent \(1\). En prenant l’espérance de cette somme positive, on obtient la formule. Ainsi, la somme commencée à \(n=0\) ajoute le terme \(P(X\ge0)=1\) et donne \(E(X)+1\). De même, la version avec \(P(X>n)\) décale d’un cran dans l’autre sens. Le facteur \(n\) confond avec la définition de l’espérance.
Question 2
Une variable \(X\) vérifie \(E(X)=5\) et \(\sigma(X)=2\). Quelle variable est la variable centrée réduite associée ?
- \(\dfrac{X-5}{4}\)
- \(\dfrac{X-5}{2}\)
- \(\dfrac{X-2}{5}\)
- \(\dfrac{X}{2}-5\)
Réponse B.
On retranche l’espérance pour centrer, puis on divise par l’écart type pour réduire. Dans ce cas, la variable obtenue a une espérance nulle et une variance \(\frac{4}{4}=1\). La division par \(4\) utilise la variance au lieu de l’écart type, ce qui donne une variance \(\frac14\). La forme \(\frac{X}{2}-5\) n’est pas centrée : son espérance vaut \(\frac52-5\), non nulle.
Question 3
Deux variables discrètes réelles vérifient \(|X|\le Y\), et \(Y\) est d’espérance finie. Que peut-on affirmer ?
- \(X\) est d’espérance finie seulement si \(X\ge0\)
- \(X\) est d’espérance finie et \(|E(X)|\le E(Y)\)
- \(E(X)\le E(Y)\), mais \(X\) peut ne pas être d’espérance finie
- \(X\) est d’espérance finie seulement si \(X\) et \(Y\) sont indépendantes
Réponse B.
La croissance de l’espérance pour les variables positives donne \(E(|X|)\le E(Y)<+\infty\). Par conséquent, \(X\) est d’espérance finie, et l’inégalité \(|E(X)|\le E(|X|)\) conclut. Le signe de \(X\) n’intervient pas, car on domine sa valeur absolue. L’indépendance ne joue aucun rôle ici : elle sert seulement pour l’espérance d’un produit.
Question 4
On pose \(P(X=n)=\dfrac{c}{n^3}\) pour \(n\in\mathbb{N}^*\), où \(c>0\) normalise la loi. Quel énoncé est correct ?
- \(X\) est d’espérance finie mais n’admet pas de variance
- \(X\) est d’espérance finie et admet une variance
- \(X\) n’est pas d’espérance finie
- \(X\) admet une variance mais n’est pas d’espérance finie
Réponse A.
L’espérance est la somme des \(\frac{c}{n^2}\), série de Riemann convergente. En revanche, \(E(X^2)\) est la somme des \(\frac{c}{n}\), qui diverge : il n’y a donc pas de variance. Une variance sans espérance finie est impossible, car l’existence d’un moment d’ordre \(2\) entraîne celle de l’espérance. Le piège « pas d’espérance finie » se trompe d’exposant dans la série de Riemann.
Question 5
Soit \(X\) de loi géométrique de paramètre \(p=\frac14\), à valeurs dans \(\mathbb{N}^*\). Que vaut \(V(X)\) ?
- \(3\)
- \(4\)
- \(16\)
- \(12\)
Réponse D.
Pour la loi géométrique, la variance vaut \(\frac{1-p}{p^2}\). Ici, on trouve \(\frac{3/4}{1/16}=12\). La réponse \(3\) divise par \(p\) au lieu de \(p^2\). La réponse \(4\) est l’espérance \(\frac1p\), confondue avec la variance. Enfin, \(16\) oublie le facteur \(1-p\) du numérateur.
Question 6
Soit \(X\) de loi de Poisson de paramètre \(3\). Que vaut \(E(X^2)\) ?
- \(9\)
- \(3\)
- \(12\)
- \(6\)
Réponse C.
Pour une loi de Poisson, l’espérance et la variance valent toutes deux \(\lambda\). La formule de König-Huygens donne alors \(E(X^2)=V(X)+E(X)^2=3+9=12\). On peut aussi passer par \(E(X(X-1))=\lambda^2\). La réponse \(9\) prend \(E(X)^2\) pour \(E(X^2)\). Quant à \(3\), c’est la variance seule.
Question 7
Les variables \(X\) et \(Y\) sont indépendantes, avec \(V(X)=1\) et \(V(Y)=4\). Que vaut \(V(X-2Y)\) ?
- \(9\)
- \(5\)
- \(-15\)
- \(17\)
Réponse D.
Par indépendance, la covariance est nulle, donc \(V(X-2Y)=V(X)+(-2)^2V(Y)=1+16=17\). Le coefficient passe au carré, ce qui rend aussi le signe moins sans effet. La réponse \(9\) multiplie \(V(Y)\) par \(2\) au lieu de \(4\). De même, \(5\) oublie le coefficient. Enfin, \(-15\) soustrait les variances, alors qu’une variance n’est jamais négative.
Question 8
Une variable \(X\) à valeurs dans \(\mathbb{N}\) vérifie \(P(X>n)=\dfrac{2}{(n+1)(n+2)}\) pour tout \(n\in\mathbb{N}\). Que vaut \(E(X)\) ?
- \(1\)
- \(\dfrac32\)
- \(+\infty\)
- \(2\)
Réponse D.
La formule des queues s’écrit aussi \(E(X)=\sum_{n\ge0}P(X>n)\). Or \(\frac{2}{(n+1)(n+2)}=\frac{2}{n+1}-\frac{2}{n+2}\), donc la somme télescope et vaut \(2\). La réponse \(1\) démarre la somme à \(n=1\) et perd le terme \(P(X>0)=1\). La réponse \(+\infty\) croit à tort que la série diverge, alors que ses termes sont en \(\frac{2}{n^2}\).
Question 9
Soit \(X\) de loi de Poisson de paramètre \(\lambda>0\). Par la formule de transfert, que vaut \(E\left(\frac{1}{X+1}\right)\) ?
- \(\dfrac{1-e^{-\lambda}}{\lambda}\)
- \(\dfrac{1}{\lambda+1}\)
- \(1-e^{-\lambda}\)
- \(\dfrac{e^{-\lambda}}{\lambda}\)
Réponse A.
On calcule \(\sum_{k\ge0}\frac{1}{k+1}e^{-\lambda}\frac{\lambda^k}{k!}=\frac{e^{-\lambda}}{\lambda}\sum_{k\ge0}\frac{\lambda^{k+1}}{(k+1)!}\). La dernière somme vaut \(e^{\lambda}-1\), car il manque le terme d’indice \(0\). Le piège \(\frac{1}{\lambda+1}\) remplace \(X\) par son espérance, ce qui est faux pour une fonction non affine. De son côté, \(\frac{e^{-\lambda}}{\lambda}\) oublie de sommer.
Question 10
Deux variables vérifient \(E(X^2)=4\) et \(E(Y^2)=9\). D’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz, quelle est la plus grande valeur possible de \(E(XY)\) ?
- \(6\)
- \(\dfrac{13}{2}\)
- \(13\)
- \(36\)
Réponse A.
L’inégalité donne \(|E(XY)|\le\sqrt{E(X^2)E(Y^2)}=\sqrt{36}=6\). De plus, cette borne est atteinte pour \(Y=\frac32X\), cas d’égalité. La valeur \(\frac{13}{2}\) vient de la majoration \(XY\le\frac{X^2+Y^2}{2}\), exacte mais moins fine. Quant à \(36\), elle oublie la racine carrée.
Question 11
\(X\) suit la loi uniforme sur \(\{-1,0,1\}\) et \(Y=X^2\). Quel énoncé est correct ?
- \(\mathrm{Cov}(X,Y)=0\), donc \(X\) et \(Y\) sont indépendantes
- \(\mathrm{Cov}(X,Y)=\frac23\), donc \(X\) et \(Y\) ne sont pas indépendantes
- \(\mathrm{Cov}(X,Y)=0\), mais \(X\) et \(Y\) ne sont pas indépendantes
- \(\mathrm{Cov}(X,Y)=-\frac23\), donc \(X\) et \(Y\) ne sont pas indépendantes
Réponse C.
On a \(\mathrm{Cov}(X,Y)=E(X^3)-E(X)E(X^2)\), et les deux termes sont nuls par symétrie. Cependant, \(P(X=0,Y=1)=0\) alors que \(P(X=0)P(Y=1)=\frac13\cdot\frac23\), donc les variables sont dépendantes. Une covariance nulle ne prouve jamais l’indépendance : c’est le piège principal. La valeur \(\frac23\) est en fait \(E(Y)\), pas la covariance.
Question 12
Trois variables de Bernoulli \(X_1,X_2,X_3\) de paramètre \(\frac12\) vérifient \(\mathrm{Cov}(X_i,X_j)=-\frac{1}{12}\) pour \(i\ne j\). Que vaut la variance de \(S=X_1+X_2+X_3\) ?
- \(\dfrac34\)
- \(\dfrac14\)
- \(\dfrac12\)
- \(\dfrac54\)
Réponse B.
La variance d’une somme vaut la somme des variances plus deux fois la somme des covariances sur les paires. Ici, on trouve \(3\cdot\frac14+2\cdot3\cdot\left(-\frac{1}{12}\right)=\frac34-\frac12=\frac14\). Le piège \(\frac34\) traite les variables comme indépendantes. Le piège \(\frac12\) compte chaque paire une seule fois. Enfin, \(\frac54\) ajoute les covariances au lieu de tenir compte de leur signe.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths spé (MP) sur espérance, variance et covariance
- S’exercer : exercices corrigés sur espérance, variance et covariance
- QCM précédent : QCM : Lois géométrique et de Poisson en maths spé (MP)
- QCM suivant : QCM : Loi faible et séries génératrices en maths spé (MP)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths spé (MP)
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