QCM : Loi faible et séries génératrices en maths spé (MP)
Ce QCM génératrices MP réunit les deux outils de fin de programme de probabilités. La première partie porte sur les inégalités de concentration : Markov et ses hypothèses, Bienaymé-Tchebychev, puis une majoration chiffrée tirée de la loi faible des grands nombres et l’énoncé exact de ce théorème. La seconde partie travaille la fonction génératrice : rayon de convergence, reconnaissance d’une loi à partir de son expression, formules de l’espérance et de la variance, loi d’une somme indépendante et lecture d’un coefficient.
Réponds sans le cours, en faisant chaque dérivée en 1 au brouillon. Ensuite, lis les explications : elles justifient la bonne réponse et signalent l’erreur derrière chaque piège, par exemple un carré oublié dans Tchebychev ou un terme manquant dans la variance.
Les 12 questions
Question 1
Une variable \(X\) à valeurs positives vérifie \(E(X)=2\). Quelle majoration de \(P(X\geq10)\) donne l’inégalité de Markov ?
- \(\dfrac{1}{25}\)
- \(\dfrac{1}{5}\)
- \(\dfrac{4}{5}\)
- \(\dfrac{1}{20}\)
Réponse B.
Markov affirme que \(P(X\geq a)\leq E(X)/a\) pour \(a>0\). Ici, on obtient donc \(2/10=1/5\). La valeur \(1/25\) élève à tort le quotient au carré, comme dans Bienaymé-Tchebychev, qui demanderait une variance. De son côté, \(4/5\) est le complément de la borne, c’est-à-dire une minoration de \(P(X<10)\), et non la majoration cherchée.
Question 2
Quelle hypothèse est indispensable pour appliquer l’inégalité de Markov à \(X\) admettant une espérance ?
- \(X\) admet une variance
- \(X\) prend un nombre fini de valeurs
- \(X\) est à valeurs positives
- Le seuil \(a\) dépasse \(E(X)\)
Réponse C.
La preuve repose sur \(a\,\mathbf{1}_{X\geq a}\leq X\), qui exige \(X\geq0\). Sans positivité, l’inégalité tombe : une variable d’espérance nulle peut valoir 10 avec probabilité \(1/2\). En revanche, la variance ne sert que pour Tchebychev. Par ailleurs, un seuil inférieur à \(E(X)\) reste permis ; la borne obtenue dépasse alors 1, ce qui la rend inutile mais pas fausse.
Question 3
Une variable \(Y\) vérifie \(E(Y)=50\) et \(V(Y)=25\). Que donne Bienaymé-Tchebychev pour \(P(|Y-50|\geq10)\) ?
- Au plus \(\dfrac12\)
- Au plus \(\dfrac25\)
- Au moins \(\dfrac34\)
- Au plus \(\dfrac14\)
Réponse D.
L’inégalité s’écrit \(P(|Y-E(Y)|\geq\varepsilon)\leq V(Y)/\varepsilon^2\). Avec \(\varepsilon=10\), on obtient \(25/100=1/4\). Le piège \(1/2\) divise l’écart type 5 par 10, sans carré. Ensuite, \(2/5\) inverse le rapport entre 10 et 25. Enfin, la borne « au moins \(3/4\) » concerne l’événement contraire \(|Y-50|<10\).
Question 4
On lance \(10\,000\) fois une pièce équilibrée et \(F\) est la fréquence de pile. Quelle majoration de \(P(|F-0{,}5|\geq0{,}05)\) donne Tchebychev ?
- \(0{,}01\)
- \(0{,}02\)
- \(0{,}0005\)
- \(1\)
Réponse A.
La fréquence a pour variance \(p(1-p)/n=0{,}25/10\,000\). Ainsi, la borne vaut \(0{,}25/(10\,000\times0{,}0025)=0{,}25/25=0{,}01\). Le piège \(0{,}02\) remplace la variance \(0{,}25\) par l’écart type \(0{,}5\). De plus, \(0{,}0005\) oublie d’élever \(0{,}05\) au carré. Quant à la borne 1, elle divise seulement par \(\sqrt{n}\) et ne dit plus rien.
Question 5
Soit \((X_n)\) une suite i.i.d. admettant une variance, d’espérance \(m\), et \(S_n=X_1+\dots+X_n\). Que dit la loi faible des grands nombres ?
- Pour tout \(\varepsilon>0\), \(P\big(|S_n/n-m|\geq\varepsilon\big)\to0\)
- Pour tout \(\varepsilon>0\), \(P\big(|S_n-nm|\geq\varepsilon\big)\to0\)
- \(P\big(S_n/n=m\big)\to1\)
- Pour \(n\) assez grand, \(S_n/n=m\)
Réponse A.
Le théorème contrôle la moyenne empirique : la probabilité d’un écart fixé tend vers 0. Cependant, la somme \(S_n-nm\) a une variance \(n\sigma^2\) qui grandit, donc elle ne se concentre pas. Le piège \(P(S_n/n=m)\to1\) est faux, par exemple pour des Bernoulli de paramètre irrationnel. Enfin, l’égalité exacte pour \(n\) grand n’a aucun sens pour des variables aléatoires.
Question 6
Pour une variable \(X\) à valeurs dans \(\mathbb{N}\), que sait-on toujours de la série \(\sum P(X=n)t^n\) ?
- Son rayon de convergence vaut exactement 1
- Elle converge normalement sur \([-1,1]\)
- Son rayon de convergence est infini
- Sa somme en \(t=1\) vaut \(E(X)\)
Réponse B.
Pour \(|t|\leq1\), on a \(|P(X=n)t^n|\leq P(X=n)\), terme général d’une série convergente de somme 1. La convergence est donc normale sur \([-1,1]\), et le rayon vaut au moins 1. Il peut cependant être infini, comme pour une loi de Poisson, ou égal à 1 pour d’autres lois. Enfin, la valeur en 1 vaut toujours 1 ; l’espérance s’obtient avec la dérivée.
Question 7
La fonction génératrice de \(X\) est \(t\mapsto e^{3t-3}\). Quelle est la loi de \(X\) ?
- \(\mathcal{P}(3)\)
- \(\mathcal{P}(1/3)\)
- \(\mathcal{G}(1/3)\)
- \(\mathcal{B}(3,1/3)\)
Réponse A.
Pour \(X\sim\mathcal{P}(\lambda)\), on a \(E(t^X)=e^{-\lambda}\sum\lambda^nt^n/n!=e^{\lambda(t-1)}\). Or \(e^{3t-3}=e^{3(t-1)}\), donc \(\lambda=3\). Comme la fonction génératrice caractérise la loi, la conclusion est certaine. Le piège \(\mathcal{P}(1/3)\) inverse le paramètre. Par ailleurs, une binomiale aurait une génératrice polynomiale, et une géométrique une fraction rationnelle.
Question 8
Une variable \(X\) a pour fonction génératrice \(G_X(t)=\dfrac{t}{3-2t}\). Quelle est sa loi ?
- Géométrique de paramètre \(2/3\) sur \(\mathbb{N}^*\)
- Géométrique de paramètre \(1/3\) sur \(\mathbb{N}\)
- Poisson de paramètre \(2/3\)
- Géométrique de paramètre \(1/3\) sur \(\mathbb{N}^*\)
Réponse D.
On factorise : \(\frac{t}{3-2t}=\frac{\frac13t}{1-\frac23t}=\sum_{k\geq1}\frac13\left(\frac23\right)^{k-1}t^k\). Ce sont donc les probabilités de \(\mathcal{G}(1/3)\), sans terme constant. Le paramètre \(2/3\) confond la probabilité d’échec avec celle du succès. De plus, le facteur \(t\) au numérateur impose \(P(X=0)=0\), ce qui exclut le support \(\mathbb{N}\).
Question 9
Si \(G_X\) est deux fois dérivable en 1, quelle formule donne \(V(X)\) ?
- \(G_X^{\prime\prime}(1)-G_X^{\prime}(1)^2\)
- \(G_X^{\prime\prime}(1)\)
- \(G_X^{\prime\prime}(1)+G_X^{\prime}(1)\)
- \(G_X^{\prime\prime}(1)+G_X^{\prime}(1)-G_X^{\prime}(1)^2\)
Réponse D.
La dérivée seconde en 1 vaut \(E\big(X(X-1)\big)=E(X^2)-E(X)\), et non \(E(X^2)\). Par conséquent, \(E(X^2)=G_X^{\prime\prime}(1)+G_X^{\prime}(1)\), puis on retire \(E(X)^2\). Le piège sans le terme \(G_X^{\prime}(1)\) confond moment factoriel et moment d’ordre 2. Quant à \(G_X^{\prime\prime}(1)+G_X^{\prime}(1)\), c’est \(E(X^2)\) et non la variance.
Question 10
On a \(G_X(t)=\dfrac{(1+t)^4}{16}\). Que vaut \(V(X)\) ?
- \(3\)
- \(1\)
- \(5\)
- \(-1\)
Réponse B.
On calcule \(G_X^{\prime}(1)=4\cdot2^3/16=2\) et \(G_X^{\prime\prime}(1)=12\cdot2^2/16=3\). Donc \(V(X)=3+2-4=1\), cohérent avec \(\mathcal{B}(4,1/2)\) dont la variance est \(4\times\frac14\). La réponse 3 s’arrête à la dérivée seconde. Ensuite, 5 oublie de soustraire le carré de l’espérance. Enfin, une variance négative signale l’oubli du terme \(G_X^{\prime}(1)\).
Question 11
Soient \(X\sim\mathcal{B}(2,1/3)\) et \(Y\sim\mathcal{B}(3,1/3)\) indépendantes. Quelle est la loi de \(X+Y\) ?
- \(\mathcal{B}(5,2/3)\)
- \(\mathcal{B}(6,1/3)\)
- \(\mathcal{B}(5,1/3)\)
- \(\mathcal{B}(5,1/9)\)
Réponse C.
Grâce à l’indépendance, \(G_{X+Y}=G_XG_Y=\left(\frac23+\frac t3\right)^2\left(\frac23+\frac t3\right)^3=\left(\frac23+\frac t3\right)^5\). On reconnaît donc \(\mathcal{B}(5,1/3)\). Le piège \(\mathcal{B}(6,1/3)\) multiplie les nombres d’épreuves au lieu de les additionner. De même, \(1/9\) multiplie les paramètres, et \(2/3\) prend la probabilité d’échec.
Question 12
Une variable \(X\) à valeurs dans \(\mathbb{N}\) a pour fonction génératrice \(G_X(t)=\dfrac{1}{(2-t)^2}\). Que vaut \(P(X=2)\) ?
- \(\dfrac{3}{4}\)
- \(\dfrac{1}{16}\)
- \(\dfrac{3}{16}\)
- \(\dfrac{3}{8}\)
Réponse C.
On écrit \(G_X(t)=\frac14\left(1-\frac t2\right)^{-2}=\frac14\sum_{n\geq0}(n+1)\frac{t^n}{2^n}\). Le coefficient de \(t^2\) vaut donc \(\frac14\times\frac34=\frac{3}{16}\). La réponse \(3/4\) oublie le facteur \(1/4\) issu de la factorisation par \(2^2\). Quant à \(1/16\), elle développe \((1-u)^{-2}\) comme \((1-u)^{-1}\), sans le coefficient \(n+1\).
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths spé (MP) sur loi faible et séries génératrices
- S’exercer : exercices corrigés sur loi faible et séries génératrices
- QCM précédent : QCM : Espérance, variance et covariance en maths spé (MP)
- QCM suivant : QCM : Matrices orthogonales et rotations en maths spé (MP)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths spé (MP)
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