QCM : Sous-espaces stables et spectre en maths spé (MP)
Ce QCM spectre MP prépare la réduction en reprenant ses fondations. Les premières questions portent sur les sommes directes de plusieurs sous-espaces et leurs projecteurs, puis sur le calcul par blocs : produit et déterminant d’une matrice triangulaire par blocs. Viennent ensuite la traduction matricielle d’un sous-espace stable et les propriétés de l’endomorphisme induit. La seconde moitié cherche des éléments propres sans polynôme caractéristique, examine la liberté des vecteurs propres et exploite la commutation.
Réponds d’abord sans le cours, en testant chaque affirmation sur un petit exemple. Ensuite, lis l’explication : elle justifie la bonne réponse et nomme le piège visé, comme une somme jugée directe sur les seules intersections, des blocs qui commuteraient d’office, ou une valeur propre complexe comptée dans un spectre réel.
Les 12 questions
Question 1
Dans \(\mathbb{R}^2\), on considère trois droites vectorielles distinctes \(D_1\), \(D_2\), \(D_3\). La somme \(D_1+D_2+D_3\) est-elle directe ?
- Non, car sa dimension vaut \(2\) et non \(3\)
- Oui, car les intersections deux à deux sont nulles
- Oui, car les trois droites sont distinctes
- Non, car deux des droites sont forcément égales
Réponse A.
Pour des sous-espaces de dimension finie, la somme est directe exactement lorsque sa dimension égale le total des dimensions, ici \(3\). Or la somme est contenue dans \(\mathbb{R}^2\), donc elle est au plus un plan. Le piège principal se contente des intersections deux à deux : ce critère ne suffit qu’avec deux sous-espaces. De plus, l’énoncé suppose les droites distinctes, ce qui écarte l’idée de deux droites égales.
Question 2
On suppose \(E=F_1\oplus\dots\oplus F_p\) et on note \(p_i\) le projecteur sur \(F_i\) parallèlement à la somme des autres. Quelle relation est vraie ?
- \(\sum_i p_i=0\) et \(p_i\circ p_j=\mathrm{id}\) si \(i\neq j\)
- \(\sum_i p_i=\mathrm{id}\) et \(p_i\circ p_j=0\) si \(i\neq j\)
- \(\sum_i p_i=\mathrm{id}\) et \(p_i\circ p_j=p_j\) si \(i\neq j\)
- \(p_1\circ p_2\circ\dots\circ p_p=\mathrm{id}\)
Réponse B.
Tout vecteur se décompose de façon unique en \(x=\sum x_i\), avec \(p_i(x)=x_i\). Par conséquent, la somme des projecteurs redonne \(x\). Ensuite, \(p_j(x)\) appartient à \(F_j\), dont la composante sur \(F_i\) est nulle si \(i\neq j\). Le piège \(p_i\circ p_j=p_j\) confond avec \(p_j\circ p_j\). Enfin, le produit de tous les projecteurs est nul dès que \(p\geq 2\).
Question 3
Soit \(M=\begin{pmatrix}A&B\\0&D\end{pmatrix}\), avec des blocs carrés \(A\) et \(D\). Que vaut \(M^2\) ?
- \(\begin{pmatrix}A^2&2AB\\0&D^2\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}A^2&B^2\\0&D^2\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}A^2&AB+BD\\0&D^2\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}A^2&AB+DB\\0&D^2\end{pmatrix}\)
Réponse C.
Le produit par blocs suit la règle du produit matriciel, en respectant l’ordre des facteurs. Le bloc en haut à droite vaut donc \(A\cdot B+B\cdot D\). Le piège \(2AB\) suppose que \(B\) et \(D\) commutent, ou même que \(D=A\). Ensuite, \(B^2\) calcule bloc par bloc comme un produit terme à terme. Enfin, \(DB\) inverse l’ordre, ce qui n’a souvent même pas de sens pour des tailles différentes.
Question 4
Une matrice carrée de taille \(5\) s’écrit \(M=\begin{pmatrix}A&C\\0&D\end{pmatrix}\), où le bloc \(A\) est carré de taille \(2\), avec \(\det A=3\) et \(\det D=-2\). Que vaut \(\det(2M)\) ?
- \(-192\)
- \(-12\)
- \(-48\)
- \(-6\)
Réponse A.
Pour une matrice triangulaire par blocs, \(\det M=\det A\times\det D=-6\), quel que soit le bloc \(C\). De plus, multiplier une matrice de taille \(5\) par \(2\) multiplie son déterminant par \(2^5=32\). Donc \(\det(2M)=-192\). Le piège \(-12\) traite le déterminant comme linéaire. Ensuite, \(-48\) n’utilise que la taille de \(D\). Enfin, \(-6\) oublie le facteur \(2\).
Question 5
Dans une base \((e_1,e_2,e_3,e_4)\) de \(E\), on note \(P\) le plan engendré par \(e_1\) et \(e_2\). À quelle condition sur la matrice de \(u\) le plan \(P\) est-il stable par \(u\) ?
- Le bloc \(2\times2\) situé en haut à droite est nul
- Le bloc \(2\times2\) situé en bas à gauche est nul
- La matrice est diagonale par blocs
- Le bloc \(2\times2\) situé en haut à gauche est inversible
Réponse B.
La stabilité signifie que \(u(e_1)\) et \(u(e_2)\) restent dans \(P\). Autrement dit, les deux premières colonnes ont des coordonnées nulles sur \(e_3\) et \(e_4\), ce qui annule le bloc en bas à gauche. Le piège du bloc en haut à droite traduit la stabilité du plan engendré par \(e_3\) et \(e_4\). Par ailleurs, la forme diagonale par blocs exige les deux stabilités à la fois.
Question 6
Le sous-espace \(F\) est stable par \(u\in\mathcal{L}(E)\), et \(u_F\) désigne l’endomorphisme induit. Quelle affirmation est toujours vraie ?
- Toute valeur propre de \(u\) est valeur propre de \(u_F\)
- \(F\) est un sous-espace propre de \(u\)
- Tout supplémentaire de \(F\) est stable par \(u\)
- Toute valeur propre de \(u_F\) est valeur propre de \(u\)
Réponse D.
Un vecteur propre de \(u_F\) est un vecteur non nul de \(F\) tel que \(u(x)=\lambda x\). C’est donc aussi un vecteur propre de \(u\). La réciproque est fausse : pour \(F=\{0\}\) ou une droite propre, le spectre induit est plus petit. Ensuite, un plan stable par une rotation de l’espace autour d’un axe n’est pas propre. Enfin, un bloc triangulaire non nul empêche le supplémentaire d’être stable.
Question 7
Sur \(\mathbb{R}_n[X]\), quel est le spectre de l’endomorphisme \(u:P\mapsto XP^{\prime}\) ?
- \(\{1,\dots,n\}\)
- \(\{0,1,\dots,n\}\)
- \(\{0\}\)
- \(\{0,1,\dots,n-1\}\)
Réponse B.
Pour chaque \(k\) entre \(0\) et \(n\), on a \(u(X^k)=kX^k\). Ainsi, chaque monôme est un vecteur propre, et la base canonique diagonalise \(u\). Le spectre contient donc \(n+1\) valeurs, sans aucun polynôme caractéristique à calculer. Le piège sans \(0\) oublie les constantes, dont la dérivée est nulle. Par ailleurs, \(\{0\}\) confond \(u\) avec la dérivation, qui est nilpotente.
Question 8
Soit \(K\) la matrice carrée de taille \(3\) remplie de \(2\). Quel est son spectre ?
- \(\{2\}\)
- \(\{0,2\}\)
- \(\{6\}\)
- \(\{0,6\}\)
Réponse D.
Les colonnes de \(K\) sont égales, donc \(K\) est de rang \(1\) et son noyau est un plan : \(0\) est valeur propre. De plus, \(K\) envoie le vecteur \((1,1,1)\) sur \((6,6,6)\), d’où la valeur propre \(6\). Le piège \(\{2\}\) lit les coefficients comme des valeurs propres, ce qui ne vaut que pour une matrice triangulaire. Ensuite, \(\{6\}\) oublie le noyau non trivial.
Question 9
Quel est le spectre réel de la matrice réelle \(R=\begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix}\) ?
- \(\{i,-i\}\)
- \(\{1,-1\}\)
- \(\varnothing\)
- \(\{0\}\)
Réponse C.
La matrice \(R\) représente le quart de tour du plan, qui ne laisse aucune droite invariante. En effet, \(R\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}=\lambda\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\) mène à \((\lambda^2+1)x=0\), impossible pour un réel \(\lambda\) et \(x\neq0\). Le piège \(\{i,-i\}\) donne le spectre complexe. Ensuite, \(\{1,-1\}\) correspond à une symétrie. Enfin, \(R\) est inversible.
Question 10
Pour \(u\in\mathcal{L}(E)\), on a \(u(x_k)=\lambda_kx_k\) avec \(x_k\neq0\) pour \(k=1,2,3\), et les réels \(\lambda_1\), \(\lambda_2\), \(\lambda_3\) sont différents. Que peut-on affirmer ?
- La famille \((x_1,x_2,x_3)\) est libre
- Le vecteur \(x_1+x_2+x_3\) est propre pour \(u\)
- La famille \((x_1,x_2,x_3)\) est une base de \(E\)
- Les vecteurs sont deux à deux orthogonaux
Réponse A.
Supposons \(a_1x_1+a_2x_2+a_3x_3=0\). En appliquant \(u-\lambda_3\mathrm{id}\), on élimine \(x_3\), puis on recommence avec \(\lambda_2\) : il reste \(a_1(\lambda_1-\lambda_2)(\lambda_1-\lambda_3)x_1=0\), donc \(a_1=0\). Ainsi, par récurrence, la famille est libre. Le piège de la somme propre échoue, car les valeurs propres diffèrent. Cependant, rien n’impose \(\dim E=3\), ni un produit scalaire.
Question 11
Un endomorphisme d’un espace de dimension \(5\) admet exactement \(3\) valeurs propres. On additionne les dimensions de ses espaces propres. Quel résultat obtient-on ?
- Toujours \(5\)
- Toujours \(3\)
- Un entier compris entre \(1\) et \(5\)
- Un entier compris entre \(3\) et \(5\)
Réponse D.
Des espaces propres associés à des valeurs différentes ne se chevauchent pas : leur somme est directe. Le total cherché est donc la dimension d’un sous-espace de \(E\), au plus \(5\). De plus, chacun contient au moins une droite, d’où un total d’au moins \(3\). Le piège « toujours \(5\) » suppose l’endomorphisme diagonalisable. De même, « toujours \(3\) » impose des droites propres, ce que rien ne garantit.
Question 12
Les endomorphismes \(u\) et \(v\) commutent, et le sous-espace propre de \(u\) pour \(\lambda\) est la droite \(\operatorname{Vect}(x)\). Que peut-on dire de \(x\) ?
- C’est un vecteur propre de \(v\) pour la même valeur \(\lambda\)
- Il appartient au noyau de \(v\)
- C’est aussi un vecteur propre de \(v\)
- C’est un vecteur propre de \(u\circ v\) pour \(\lambda^2\)
Réponse C.
Comme \(u\) et \(v\) commutent, \(u\) appliqué à \(v(x)\) donne \(v\) appliqué à \(\lambda x\), soit \(\lambda\,v(x)\). Donc \(v(x)\) reste dans le sous-espace propre de \(u\), qui est stable par \(v\). Or ce sous-espace est une droite, si bien que \(v(x)=\mu x\). Le piège « même valeur » impose \(\mu=\lambda\) sans raison. De même, \(u\circ v\) agit sur \(x\) par \(\lambda\mu\), pas par \(\lambda^2\).
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths spé (MP) sur sous-espaces stables et spectre
- S’exercer : exercices corrigés sur sous-espaces stables et spectre
- QCM précédent : QCM : Z/nZ, idéaux et théorème chinois en maths spé (MP)
- QCM suivant : QCM : Diagonaliser et trigonaliser en maths spé (MP)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths spé (MP)
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