QCM : Matrices orthogonales et rotations en maths spé (MP)
Ce QCM rotations MP vérifie la maîtrise des isométries d’un espace euclidien. Il part de la représentation des formes linéaires par un produit scalaire, puis des caractérisations d’une isométrie vectorielle. Il demande ensuite de reconnaître une matrice orthogonale et son déterminant, d’écrire la matrice d’une réflexion et de classer les isométries du plan. La fin du questionnaire porte sur la réduction en base orthonormée et sur les rotations de l’espace : axe, angle et orientation.
Réponds d’abord sans le cours, en vérifiant chaque matrice au brouillon : normes des colonnes, produits scalaires, trace et déterminant. Ensuite, lis chaque explication. Elle justifie la bonne réponse et décrit le piège visé : axe confondu avec la normale, facteur oublié dans le déterminant, angle trouvé au signe près sans orientation.
Les 12 questions
Question 1
Dans \(\mathbb{R}^3\) muni du produit scalaire canonique, on note \(\varphi(x,y,z)=2x-y+3z\). Quel vecteur \(a\) vérifie \(\varphi(v)=\langle a,v\rangle\) pour tout \(v\) ?
- \(a=(2,-1,3)\)
- \(a=(-2,1,-3)\)
- \(a=(2,1,3)\)
- \(a=\left(\frac12,-1,\frac13\right)\)
Réponse A.
En base orthonormée, \(\langle a,v\rangle\) est la somme des produits des coordonnées. Il suffit donc de lire les coefficients de \(\varphi\). L’unicité de ce vecteur est le théorème de représentation des formes linéaires. Le piège \((2,1,3)\) perd le signe du coefficient de \(y\). Quant aux inverses des coefficients, ils confondent produit scalaire et division terme à terme.
Question 2
Soit \(u\) un endomorphisme d’un espace euclidien \(E\). Laquelle de ces propriétés n’est pas équivalente au fait que \(u\) soit une isométrie ?
- \(u\) conserve le produit scalaire
- \(u\) envoie une base orthonormée sur une base orthonormée
- La matrice de \(u\) dans une base orthonormée est orthogonale
- \(u\) conserve l’orthogonalité de deux vecteurs
Réponse D.
L’homothétie \(x\mapsto2x\) conserve l’orthogonalité, cependant elle double les normes : ce n’est donc pas une isométrie. En revanche, conserver la norme équivaut à conserver le produit scalaire, grâce aux identités de polarisation. De même, l’image d’une base orthonormée reste orthonormée exactement pour une isométrie. Enfin, la matrice en base orthonormée vérifie alors \(M^{T}M=I_n\).
Question 3
On pose \(M=\dfrac13\begin{pmatrix}2&-2&1\\1&2&2\\2&1&-2\end{pmatrix}\). Quel énoncé est correct ?
- \(M\in SO_3(\mathbb{R})\)
- \(M\in O_3(\mathbb{R})\) et \(\det M=-27\)
- \(M\notin O_3(\mathbb{R})\), car ses colonnes ne sont pas orthogonales
- \(M\in O_3(\mathbb{R})\) et \(\det M=-1\)
Réponse D.
Chaque colonne a pour norme \(\frac13\sqrt{9}=1\), et les produits scalaires deux à deux sont nuls : \(M\) est donc orthogonale. Le déterminant de la matrice entière vaut \(-27\), puis on divise par \(3^3=27\). Ainsi \(\det M=-1\), et \(M\) n’est pas dans \(SO_3(\mathbb{R})\). Le piège \(-27\) oublie que le facteur \(\frac13\) sort au cube.
Question 4
Dans le plan euclidien orienté, quelle isométrie a pour matrice \(\dfrac15\begin{pmatrix}3&4\\4&-3\end{pmatrix}\) en base orthonormée ?
- La réflexion d’axe dirigé par \((2,1)\)
- La réflexion d’axe dirigé par \((1,-2)\)
- La réflexion d’axe dirigé par \((1,2)\)
- La rotation d’angle \(\arccos\frac35\)
Réponse A.
La matrice est orthogonale de déterminant \(-1\) : il s’agit donc d’une réflexion, pas d’une rotation. Son axe est le noyau de \(M-I_2\), donné par \(-2x+4y=0\), soit la droite dirigée par \((2,1)\). Le vecteur \((1,-2)\) est au contraire envoyé sur son opposé : c’est la normale à l’axe. Enfin, l’image de \((1,2)\) vaut \(\left(\frac{11}{5},-\frac25\right)\), donc ce vecteur n’est pas fixe.
Question 5
Dans \(\mathbb{R}^3\) euclidien canonique, quelle est la matrice de la réflexion par rapport au plan d’équation \(x+y=0\) ?
- \(\begin{pmatrix}0&1&0\\1&0&0\\0&0&1\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}-1&-2&0\\-2&-1&0\\0&0&1\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}0&-1&0\\-1&0&0\\0&0&1\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}0&-1&0\\-1&0&0\\0&0&-1\end{pmatrix}\)
Réponse C.
Avec la normale \(n=(1,1,0)\), la réflexion s’écrit \(x\mapsto x-2\frac{\langle n,x\rangle}{\|n\|^2}n\), donc sa matrice vaut \(I_3-nn^{T}\) car \(\|n\|^2=2\). La matrice avec des \(-2\) oublie de diviser par \(\|n\|^2\). Celle avec des \(+1\) est la réflexion par rapport au plan \(x=y\). Enfin, la matrice terminée par \(-1\) est un retournement autour d’une droite.
Question 6
Soit \(u\) une isométrie d’un espace euclidien de dimension \(n\). Que garantit le théorème de réduction ?
- Une base orthonormée où la matrice est diagonale par blocs de \(\pm1\) et de rotations planes
- Une base orthonormée où la matrice est diagonale à coefficients \(\pm1\)
- Une base orthonormée où la matrice est diagonale par blocs de réflexions planes
- Une base orthonormée où la matrice est triangulaire, de diagonale \(\pm1\)
Réponse A.
Les valeurs propres complexes d’une isométrie sont de module \(1\). Les valeurs réelles donnent des blocs \(\pm1\), tandis que chaque paire \(e^{\pm i\theta}\) donne un bloc de rotation plane. Par conséquent, une isométrie n’est pas toujours diagonalisable sur \(\mathbb{R}\) : une rotation plane d’angle \(\frac{\pi}{2}\) en est un contre-exemple. Les blocs de réflexions planes se diagonaliseraient en \(1\) et \(-1\).
Question 7
Parmi ces affirmations sur la composition des isométries, laquelle est vraie ?
- Deux rotations de l’espace commutent toujours
- Deux rotations du plan commutent toujours
- Deux réflexions du plan commutent toujours
- Une rotation et une réflexion du plan commutent toujours
Réponse B.
Une rotation plane d’angle \(\theta\) suivie d’une rotation d’angle \(\varphi\) donne la rotation d’angle \(\theta+\varphi\) : le groupe \(SO_2(\mathbb{R})\) est donc commutatif. En revanche, deux quarts de tour de l’espace autour de deux axes orthogonaux ne commutent pas. De même, deux réflexions planes composées dans les deux ordres donnent des rotations d’angles opposés. Par ailleurs, conjuguer une rotation par une réflexion change son angle en l’opposé.
Question 8
Dans l’espace euclidien de dimension \(3\), que vaut la composée de deux réflexions par rapport à deux plans distincts \(P_1\) et \(P_2\) ?
- Une rotation d’axe \(P_1\cap P_2\), d’angle égal à l’angle des plans
- Une réflexion par rapport à un plan bissecteur de \(P_1\) et \(P_2\)
- Une rotation d’axe orthogonal à \(P_1\) et à \(P_2\)
- Une rotation d’axe \(P_1\cap P_2\), d’angle double de l’angle des plans
Réponse D.
Le déterminant vaut \((-1)\times(-1)=1\), donc la composée est une rotation et non une réflexion. Elle fixe chaque vecteur de la droite \(P_1\cap P_2\), qui est donc son axe. Dans le plan orthogonal à cet axe, on retrouve deux réflexions planes, dont la composée tourne d’un angle double. L’angle simple est le piège classique. Enfin, aucun axe ne peut être orthogonal à deux plans distincts.
Question 9
Soit \(A\in SO_n(\mathbb{R})\) avec \(n\) impair. Que peut-on affirmer à coup sûr ?
- \(-1\) est valeur propre de \(A\)
- \(1\) est valeur propre de \(A\)
- \(A\) est diagonalisable sur \(\mathbb{R}\)
- \(A\) est symétrique
Réponse B.
On écrit \(\det(A-I_n)=\det(A)\det(I_n-A^{T})=\det(I_n-A)\). Or, \(n\) étant impair, \(\det(I_n-A)=-\det(A-I_n)\). Ce déterminant est donc nul, et \(1\) est valeur propre. Ainsi, en dimension \(3\), toute rotation possède un axe fixe. Le piège \(-1\) vaut pour une matrice de déterminant \(-1\). Une rotation d’angle \(\frac{\pi}{3}\) autour d’un axe n’est, quant à elle, ni symétrique ni diagonalisable.
Question 10
Une matrice \(M\in O_3(\mathbb{R})\) est symétrique, de déterminant \(-1\) et de trace \(1\). Que représente-t-elle ?
- Un retournement autour d’une droite
- Une réflexion par rapport à un plan
- L’application \(x\mapsto-x\)
- Une rotation d’angle \(\frac{\pi}{2}\)
Réponse B.
Une matrice orthogonale et symétrique vérifie \(M^2=I_3\), donc ses valeurs propres valent \(\pm1\). Le déterminant \(-1\) impose un nombre impair de \(-1\), et la trace \(1\) donne exactement le spectre \(1,1,-1\). C’est donc une réflexion. Le retournement a pour spectre \(1,-1,-1\), donc un déterminant égal à \(1\). De son côté, \(x\mapsto-x\) a pour trace \(-3\).
Question 11
Soit \(R=\begin{pmatrix}0&-1&0\\0&0&-1\\1&0&0\end{pmatrix}\), qui appartient à \(SO_3(\mathbb{R})\). Quels sont son axe et la mesure de son angle, au signe près ?
- Axe dirigé par \((1,1,1)\), angle \(\frac{2\pi}{3}\)
- Axe dirigé par \((1,-1,1)\), angle \(\frac{\pi}{2}\)
- Axe dirigé par \((1,-1,1)\), angle \(\frac{2\pi}{3}\)
- Axe dirigé par \((1,-1,1)\), angle \(\frac{\pi}{3}\)
Réponse C.
Le système \(Rx=x\) donne \(-y=x\), \(-z=y\) et \(x=z\) : l’axe est donc dirigé par \((1,-1,1)\). Ensuite, la trace vaut \(1+2\cos\theta=0\), d’où \(\cos\theta=-\frac12\). Le piège \(\frac{\pi}{2}\) oublie le terme \(1\) de la trace. Quant à \(\frac{\pi}{3}\), il se trompe de signe sur le cosinus. Enfin, l’axe \((1,1,1)\) est celui d’une permutation circulaire sans signes moins.
Question 12
On reprend \(R\), d’axe orienté par \(w=(1,-1,1)\). Avec \(x=(1,0,0)\), on a \(Rx=(0,0,1)\). Quelle est la mesure de l’angle orienté de \(R\) ?
- \(-\frac{2\pi}{3}\)
- \(\frac{\pi}{3}\)
- \(\frac{2\pi}{3}\)
- \(-\frac{\pi}{3}\)
Réponse C.
Le signe de \(\sin\theta\) est celui de \(\det(w,x,Rx)\), pour \(x\) hors de l’axe. Ici, le déterminant des colonnes \((1,-1,1)\), \((1,0,0)\) et \((0,0,1)\) vaut \(1\), qui est positif. Ainsi \(\theta=\frac{2\pi}{3}\). Le piège \(-\frac{2\pi}{3}\) inverse l’orientation ou l’ordre des vecteurs dans le déterminant. Les angles en \(\frac{\pi}{3}\) reprennent l’erreur de signe sur le cosinus.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths spé (MP) sur matrices orthogonales et rotations
- S’exercer : exercices corrigés sur matrices orthogonales et rotations
- QCM précédent : QCM : Loi faible et séries génératrices en maths spé (MP)
- QCM suivant : QCM : Matrices symétriques réelles en maths spé (MP)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths spé (MP)
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